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13 juin 1769 : la Corse devient française - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

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13 juin 1769 : la Corse devient française
(D’après « Éphémérides universelles, ou Tableau religieux, politique,
littéraire, scientifique et anecdotique, etc. » (Tome 6), édition de 1834)
Publié / Mis à jour le mardi 11 juin 2013, par LA RÉDACTION


 
 
 
Théâtre presque continuel de guerres sanglantes, la Corse fut, dès les temps les plus reculés, une proie toujours convoitée quoique toujours incertaine : accablée par des vainqueurs avides, elle leur était incessamment ravie par d’autres dominateurs

C’est ainsi que du joug des Carthaginois, qui l’avaient enlevée aux Phéniciens, elle passa sous celui des Romains, qui n’en purent être jamais tranquilles possesseurs ; ainsi, dans des temps plus rapprochés, les Sarrasins, après en avoir chassé les Goths, et l’avoir instituée en royaume, se la virent disputer parles chrétiens, au nom du saint Siège, qui longtemps en disposa comme d’un fief de sa mouvance.

Elle finit par tomber sous l’oppression de Gênes, qui plus d’une fois devait trafiquer de ses prétendus droits sur cette possession toujours prête à lui échapper. Dès 1465, cette république céda la Corse en presque totalité au duc de Milan, François Sforza, et la France se trouva y avoir également des prétentions, dont toutefois elle semble n’avoir jamais usé que comme d’un prétexte pour troubler la domination de ses ennemis durant ses querelles en Italie. Il est évident que Henri II n’avait point d’autre objet en vue lorsqu’il entreprit, en 1553, une expédition contre la Corse.

Pascal Paoli
Pascal Paoli
Malgré tous les obstacles qui s’opposaient à ce dessein, qu’il lui avait fallu souvent ajourner, et qu’elle épiait toujours l’occasion d’accomplir, Gênes, au prix de bien du sang répandu de part et d’autre, parvint à établir sa domination sur toute la Corse. Bien entendu qu’il fallut aux vainqueurs des dédommagements pour de si constants efforts : il ne fut plus permis aux Corses d’exporter leurs productions, qu’ils étaient obligés de vendre, sans concurrence, aux Génois, maîtres du prix. « Tous les deux ans on envoyait un Génois comme gouverneur, qui ne pensait qu’à s’enrichir ; et si l’on portait des plaintes au sénat, le crédit étouffait le cri de la justice. Les commissaires inférieurs et les lieutenants suivaient le même exemple avec la même impunité. »

La Corse languit des siècles entiers dans cette outrageuse dépendance, jusqu’à ce que, des intérêts de religion se joignant à ses légitimes motifs de haine contre un oppresseur cupide, le peuple s’insurgea, au péril d’aggraver encore sa misérable situation. La république de Gênes avait recueilli en 1677, et établi sur le territoire de la Corse une colonie de Grecs, sortis de la Morée au nombre de mille, et avait garanti à ces infortunés le libre exercice de leur culte. Aux yeux du Corse fanatique, cette louable tolérance de ses maîtres parut être le comble de l’insulte, et il vole aux armes, sous l’influence intéressée de Rome, de Rome dont aujourd’hui encore l’antique Laine milite si opiniâtrement contre l’affranchissement de Constantinople.

L’incendie si aisément allumé par le souffle des prêtres ne devait pas s’éteindre de longtemps. Aux émeutes comprimées succédaient aussitôt de nouvelles émeutes ; et le peuple corse se régénérait dans le sang dont l’inondaient ses prétendus souverains. L’insurrection, devenue de jour en jour plus violente, se régularisa en 1734 ; deux ans après, l’île s’instituait en royaume, soit par un orgueilleux souvenir, soit par prudence et pour intéresser plus sûrement les monarchies voisines, dont on pensait devoir ménager ainsi l’ombrageuse politique.

A la vérité ce fut une inspiration tout aussi peu féconde que celle qu’on avait eue précédemment de placer le pays sous la protection de l’Immaculée Conception. Dans la situation nouvelle où se trouvait l’Etat, il eût fallu créer d’autres ressources pour exciter et entretenir l’enthousiasme populaire. La fortune du baron de Neuhoff, proclamé roi sous le nom de Théodore, fut donc aussi éphémère qu’elle avait été rapide. Mais il fut permis quelque temps d’espérer que l’ère glorieuse commencée pour la Corse par Pascal Paoli répondrait par sa durée aux vues supérieures de ce législateur guerrier, salué par l’Europe du beau nom de vengeur de sa patrie.

Point de doute que ce grand homme ne lût en effet parvenu à assurer l’affranchissement de la Corse, s’il ne s’était agi que de briser le joug de Gênes, d’étouffer tout germe de divisions parmi ses compatriotes, et de leur donner de durables institutions. Mais en vain la bravoure et le génie de son plus grand citoyen lui traçaient un brillant avenir ; il était réservé à la Corse de n’avoir d’autre arbitre de son sort que le même égoïsme politique qui, de tout temps, disposa d’elle au mépris du droit et de la justice.

A diverses époques, Gênes avait employé contre la Corse insurgée les armes de l’Empire et celles de la France. Cette dernière puissance avait soumis entièrement le pays en 1740 ; mais ses troupes n’eurent pas plutôt évacué l’île, que les troubles y recommencèrent, et son affranchissement fit de rapides progrès jusqu’à la conclusion du traité d’Aix-la-Chapelle, qui lui fit perdre la protection qu’elle avait trouvée un moment auprès de l’Angleterre et de la Sardaigne. En 1764, le sénat de Gênes recourut encore à l’intervention de la France. A cette époque, le cabinet de Versailles projetait déjà l’acquisition de la Corse ; il visa donc à faire tourner sa médiation au profit de ses propres vues, et ne se chargea cette fois que de garder les places maritimes qui demeuraient sous la domination génoise.

Le terme de cette occupation était fixé à quatre années. Lorsqu’il fut expiré, le sénat se trouva moins capable que jamais de réduire le reste de l’île, tandis que dans ce même intervalle les moyens de résistance des Corses s’étaient accrus dans une progression telle qu’il devenait impossible à la république de ne pas perdre de son terrain de jour en jour. La facile conquête de Capraïa, faite par les troupes de Paoli au commencement de 1767, décida enfin le sénat génois à céder à la France une souveraineté qui n’était plus qu’un vain nom. Le traité fut signé à Compiègne, le 15 mai 1768. Une réserve illusoire autant que ridicule y était stipulée en faveur de la république, qui conservait le titre de roi de Corse, avec faculté de rentrer dans ses prétendus droits, en remboursant à la couronne de France les frais qu’avait entraînés sa conquête, ainsi que ceux qu’on avait faits en améliorations.

Si ce n’était pousser un peu loin le privilège des conjectures, on serait tenté d’expliquer par l’intention de rendre cette clause à jamais inexécutable, le choix que fit le ministère français du marquis de Chauvelin pour conduire la première expédition, entreprise en exécution de ce traité. L’inhabileté vraiment choquante de ce général eut en effet pour résultat de grossir les dépenses de la conquête et d’en faire paraître les difficultés bien autres qu’elles n’étaient en réalité. Telle fut la fatalité qui s’attacha à nos armes sous ce chef présomptueux, qu’à la fin de la malheureuse campagne de 1768 cinquante Corses suffirent pour battre huit compagnies de grenadiers français.

Et c’est à la suite du marquis de Chauvelin que l’on s’empressait d’expédier en Corse un Parlement, un intendant, des commis des fermes, des douaniers, des commis domaniaux, etc. : le tout formant un grand gouvernement, auquel serait préposé quelque seigneur gagé à soixante mille livres de rente, avec défense d’établir jamais sa résidence parmi ses administrés. « On en payait presque autant après la guerre à M. de Marbeuf, qui y commandait assez mal, dit un témoin oculaire, et autant à un intendant, qui opprimait le pays » (Vie et Mémoires du général Dumouriez).

Quelque disposés que fussent les Corses à s’abuser sur l’inévitable résultat de la lutte où ils étaient maintenant engagés, il leur fallut bientôt apprécier à leur juste valeur les succès incroyables qu’ils avaient obtenus contre le marquis de Chauvelin. Ce dernier était rappelé ; une nouvelle campagne s’ouvrait ; et, cette fois, un général aussi brave qu’habile était à la tête de l’année française, renforcée du double : aux vingt-deux bataillons dont elle se composait à l’ouverture de la campagne de 1768, étaient joints vingt autres bataillons, plus deux légions, et mille deux cents mulets.

Le lieutenant général comte de Vaux, à qui était confié le commandement de ces forces très-supérieures aux moyens de résistance des insulaires, avait fait anciennement contre les Corses la guerre de 1739 ; il connaissait parfaitement les lieux et les hommes qu’il s’agissait de réduire. Aussi cette dernière campagne ne fut-elle, à peu de chose près, qu’une promenade militaire. Le seul plan d’attaque en avait marqué d’avance le succès : il enveloppait toute la Corse, et, comme on l’a observé, nulle espèce de défense ne devait être possible aux insulaires, si la sécurité même qu’inspiraient les dispositions du comte de Vaux n’eût entraîné dans leurs détails quelques négligences dont profitèrent avidement, pour chercher une mort glorieuse, des braves résolus à ne pas survivre à l’indépendance de leur patrie.

Dumouriez a ébauché ce plan dans ses Mémoires déjà cités. « L’armée, dit-il, était divisée en deux colonnes, chacune de douze bataillons, marchant en front de bandière, l’une par le camp de Saint-Nicolas, l’autre par Sant-Antonio. M. de Narbonne, avec dix bataillons, opérait par Ajaccio sur Vico ; M. de Marbeuf, avec huit bataillons, débouchait par la plaine de Mariana pour remonter le long du Tavignano. Ces quatre corps menaçaient Corte. Le baron de Viomesnil, avec sa légion de Lorraine et quelques détachements, devait continuer le long de la mer, par la plaine d’Alévia, jusqu’à Porto-Vecchio. La garnison française de Bonifaccio, et quelques détachements débarqués dans le golfe de Valinco, devaient mar » cher sur Sartenne. »

Le fait le plus remarquable de cette campagne d’un mois est l’affaire de Ponte-Nuovo, où les Corses, au nombre de quinze cents, se jetèrent sur un gros de volontaires français, culbutèrent trois bataillons de grenadiers, accourus pour les secourir, et ne lâchèrent pied qu’après avoir soutenu, avec une incroyable témérité, le choc de forces aussi supérieures par le nombre que par les armes.

Il périt au moins six cents Corses dans ce combat, dont l’issue fut l’anéantissement du parti de Paoli et la prompte soumission de l’île à ses nouveaux maîtres, qui, vingt ans après, l’associèrent au bénéfice de leurs lois nouvelles, mais dont elle ne devait être pour toujours la sœur d’adoption qu’après avoir subi quelque temps la protection anglaise, recherchée par elle durant nos plus violents orages politiques.




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