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8 juin 1781 : incendie de l'Opéra au Palais-Royal - Histoire de France et Patrimoine


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8 juin 1781 : incendie de l’Opéra
au Palais-Royal
Publié / Mis à jour le mercredi 8 juin 2016, par LA RÉDACTION



 

On donnait Orphée. A la fin du dernier ballet, qui est fort long, un des chefs de la danse s’étant aperçu que le feu était à une toile, eut la présence d’esprit de finir tout à coup la danse, et de faire baisser la toile, pour ne point effrayer le public, qui eut ainsi le temps de sortir sans obstacle et sans désordre.

Cette toile enflammée était une de celles qu’on appelle frises ; on demanda de l’eau, il n’y en avait pas ; on cria de couper les cordes auxquelles la toile était suspendue ; on ne le fit que d’un côté ; la toile penchant alors perpendiculairement, donna plus d’aliment à la flamme, qui embrasant la toile du fond, parvint bientôt au cintre, et se communiqua à toutes les frises ; en moins de deux minutes le théâtre fut embrasé, tout secours devint alors inutile, et les spectateurs, repoussés par la fumée, cherchèrent leur salut dans la fuite.

Incendie de l'Opéra le 8 juin 1781
Incendie de l’Opéra le 8 juin 1781

Le feu gagna toute la salle. A une vapeur noire, succéda une colonne de feu haute de plus de trois cents pieds ; la charpente de l’édifice s’affaissa vers les neuf heures et demie. Par bonheur il pleuvait ; le vent constamment au sud-est était très faible, en sorte que, quoique le feu prît, à différentes reprises, au comble, des bâtiments de la cour des Fontaines et à ceux du grand escalier, les pompiers parvinrent toujours à l’éteindre.

On jouait dans cette salle depuis l’année 1770, qu’elle avait été élevée sur les ruines d’une autre, brûlée en 1765, le 6 avril ; et on avait joué dans celle-ci depuis le 5 novembre 1660, jour où la troupe de Molière y débuta.

Il périt dans cet incendie vingt-et-une personnes, étouffées par la fumée ou consumées par les flammes. Au bout de quatre mois, on fit l’ouverture d’une nouvelle salle à la porte Saint-Martin, abandonnée depuis, la Révolution ayant transporté l’Opéra dans la rue de Richelieu.

Agé d’environ 12 ans au moment des faits, Pierre-Louis de Jullian relate ainsi cet événement dans ses Souvenirs de ma vie, depuis 1774 jusqu’en 1814 :

« Quelques jours avant que j’entrasse au collège, arriva le terrible incendie de l’Opéra, alors situé à l’extrémité du Palais-Royal, sur l’emplacement du Lycée et de la rue de ce nom. Ce spectacle fit sur moi une impression très forte, que le temps n’a presque point affaiblie. C’était le vendredi, 8 juin 1781, à neuf heures et un quart ; on mettait le couvert lorsque je vis monter, de l’air le plus effaré, le valet de chambre de mon père, qui demanda à celui de mon oncle : — M. le chevalier n’est pas rentré ?Non, pas encore ; l’Opéra n’est pas fini. — C’est pour cela même que je voulais savoir s’il était ici ; le feu est à l’Opéra : entendez-vous crier dans la rue ? voyez déjà la flamme qui se réfléchit sur les cheminées.

« En effet, l’incendie commençait à peine, et déjà les progrès étaient effrayants. Il redoublait de moment en moment. L’effroi était au comble ; toutes les communications étaient interceptées ; on n’entendait que des cris de désespoir. Des toiles, des cartons enflammés, étaient poussés dans les airs par ce nouveau volcan, et menaçaient, à de grandes distances, tous les édifices qui l’environnaient ; on couvrait les toits de draps mouillés ; la pluie, qui avait commencé presqu’en même temps que l’incendie, et qui semblait redoubler avec lui, était une circonstance bien heureuse ; grâces à elle, les draps placés sur les maisons na cessaient pas d’être trempés. Les matières enflammées qui tombaient de toutes parts, venaient s’éteindre sur ces draps.

« Cette précaution a peut-être sauvé les quartiers voisins. Il est impossible d’imaginer un spectacle plus épouvantable à la fois, et plus magnifique : on me fit monter dans le grenier le plus élevé de l’hôtel, pour en jouir. Lorsque le vent variait de direction, et portait les flammes de notre côté, il fallait se retirer ; on était dévoré par une vapeur brûlante ; une pluie de feu semblait tomber du ciel, chaque goutte d’eau paraissait être une étincelle. La teinte de l’atmosphère changeait d’un moment à l’autre.

« La différence des éléments dont se composait l’incendie, donnait aux flammes des nuances diverses qui se réfléchissaient sur les nuages. L’instant où le plafond de l’édifice s’abîma, fut plus horrible et plus magnifique encore. Des cris d’épouvante se firent entendre de tous côtés. Des millions d’étincelles s’élevèrent à une hauteur infinie, et se mêlèrent à celles qui semblaient sortir des nuages. A tout instant, ceux qui échappaient à cet affreux désordre, malgré les précautions prises par l’autorité publique pour utiliser tous les bras, racontaient les détails les plus déplorables, et même les plus exagérés.

« On disait que le feu , qui n’avait pris heureusement qu’après le spectacle, et lorsque la salle avait été presque entièrement évacuée , avait éclaté pendant la représentation , et que tout le monde avait péri. Chacun tremblait pour les siens ; nous étions dans les alarmes les plus vives pour mon oncle, que nous savions être à l’Opéra, et dont, à dix heures trois quarts, nous n’avions encore aucune nouvelle. Enfin, à onze heures on frappa, à coups redoublés, à la porte de la rue ; on se précipite pour ouvrir ; c’était lui. Il n’avait couru aucun danger ; il attendait sa voiture sous le péristyle avec tout le monde, lorsque des cris, partis de l’intérieur de la salle , avoient annoncé que le feu venait d’y prendre.

« Toutes les portes étaient ouvertes ; comme l’issue était assurée, et qu’il commençait à pleuvoir, personne ne s’était pressé de sortir, dans l’espérance que ce ne serait qu’une fausse alarme, ou que le mal ne serait pas considérable. On a su depuis, que les seules victimes de ce terrible événement avoient été quelques danseurs, surpris dans les loges où ils se déshabillaient, et quelques hommes employés au service des machines, dans le cintre et dans les caves, parce que le feu s’étant communiqué rapidement à toutes les parties du théâtre, les escaliers avoient été embrasés en peu de temps, et n’avoient laissé à ces infortunés aucun passage pour s’échapper.

« Un seul danseur eut le courage de se précipiter d’un troisième étage, et le bonheur inouï de n’éprouver d’autre mal qu’une foulure ; son domestique qui l’accompagnait, n’ayant osé se précipiter avec lui, fut, un moment après , englouti par les flammes, à la vue d’un peuple immense rassemblé dans la Cour-des-Fontaines, et sans qu’il eût été possible de lui porter aucun secours.

« Mon oncle arriva dans un état qu’il est aisé de se peindre. Si un instant de gaîté eût pu trouver place au milieu de la terreur universelle, rien n’eût été plus propre à la faire naître, que la vue seule de son accoutrement. Il eût pu se soustraire facilement à l’ordre donné d’employer tout ce qui se trouvait là au service des pompes, ou à faire passer les seaux de main en main ; car les gens de la police et du guet n’arrêtaient point les personnes décorées, ni celles au costume desquelles on pouvait reconnaître qu’elles étaient peu propres à un semblable travail. Il ne s’était pas trouvé une seule goutte d’eau dans les réservoirs de l’Opéra, lorsque l’incendie avait commencé ; mais la pluie, qui tombait par torrent, en eut bientôt formé sur la place du Palais-Royal.

« Mon oncle n’avait pas voulu se retirer, et s’était réuni à ceux qui venaient offrir leurs secours, ou qu’on forçait à les donner. Enfin, épuisé de fatigue, il avait cédé sa place, et pouvait se soutenir à peine quand il rentra. Il portait un bel habit brodé, de velours d’été, qui n’avait plus ni forme, ni couleur ; son épée rompue, et dont il ne restait plus qu’un tronçon , était suspendue derrière lui ; son chapeau , à plumet blanc, et qu’il avait mis sur sa tête, était rempli d’eau et de boue , et lui tombait sur les deux oreilles. Sa bourse était perdue, et les cheveux des boucles et de la queue, trempés et flottant sur son dos et sur ses épaules, lui donnaient quelque ressemblance avec le roi Lear. Il changea de tout, et ma mère exigea qu’il se mît au lit.

« L’incendie s’apaisa dans la nuit. Le plus grand danger, celui des communications, n’existait plus : de toutes parts l’édifice avait été isolé, autant que cela avait été possible en si peu de temps. On savait, avec assez de précision, le nombre des personnes qui avoient été victimes de ce malheur. Il y en avait très peu de connues. On en parla quelques jours encore ; on l’oublia bientôt, comme tout s’oublie à Paris. »




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