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5 juin 1662 : Louis XIV adopte une devise et le soleil pour emblème lors du carrousel des Tuileries - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

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5 juin 1662 : Louis XIV adopte
une devise et le soleil pour emblème
lors du carrousel des Tuileries
(D’après « Le Magasin pittoresque » paru en 1836,
« Journal des demoiselles » paru en 1840,
« Le Roman de Louis XIV » (par Ivan Gobry) paru en 2014
et « Louis XIV : vérités et légendes » (par Jean-François Solnon) paru en 2015)
Publié / Mis à jour le samedi 6 mai 2017, par LA RÉDACTION



 
 
 
C’est à l’occasion d’un spectacle équestre donné en 1662 aux Tuileries, que Louis XIV, dont la naissance avait déjà été placée sous le signe du soleil naissant, prit comme emblème « un visage rayonnant de flammes au-dessus du globe terrestre » accompagné de la devise interprétée de mille façons : Nec pluribus impar

Que Louis XIV ait choisi le soleil comme emblème ne souffre aucun doute. Apollon-Soleil, peint ou sculpté, en carton-pâte, en marbre ou en bronze, chanté, dansé ou déclamé, paraît omniprésent à Versailles au cours des fêtes, dans l’appartement du roi et dans les jardins. Toutefois la référence à cet astre, image du droit divin, préexiste à son règne : ses prédécesseurs proches ou lointains, comme Charles VI, Louis XI, Henri IV et Louis XIII, l’avaient déjà adoptée.

Carrousel du 5 juin 1662 devant le Palais des Tuileries
Carrousel du 5 juin 1662 devant le Palais des Tuileries

Dès l’âge de quinze ans, au carnaval de 1653, le jeune Louis XIV avait tenu entre autres rôles celui du soleil levant dans le Ballet royal de la Nuit. Le thème, écrit par le poète Benserade, tournait autour de la disparition progressive de la lumière et de son bienfaisant retour. Les ténèbres étaient une allusion transparente à la Fronde, qui, pendant près de six ans, avait troublé le royaume et mis en péril la monarchie, tandis que le retour de l’astre lumineux célébrait la fin du cauchemar scellée par l’entrée du roi dans Paris le 21 octobre 1652, suivie par celle de Mazarin le 3 février suivant. Benserade avait notamment mit ces vers dans la bouche du roi :

Sur la cime des monts commençant d’éclairer
Je commence déjà de me faire admirer.
Je ne suis guère avant dans ma vaste carrière ;
Je viens rendre aux objets la forme et la couleur ;
Et qui ne voudrait pas avouer ma lumière
Sentira ma chaleur.

Déjà seul je conduis mes chevaux lumineux,
Qui traînent la splendeur et l’éclat après eux.
Une divine main m’en remis les rênes ;
Une grande déesse a soutenu mes droits.
Nous avons la même gloire : elle est l’astre des reine,
Je suis l’astre des rois.

Les Noces de Pélée et de Thétis, comédie italienne en musique entremêlée d’un ballet, le fait encore apparaître dès le prologue devant le public parisien sous la forme d’Apollon. Dans le ballet Ercole amante (Hercule amoureux), donné en février 1662 pour célébrer les noces du roi avec Marie-Thérèse, le Soleil est interprété par le monarque, et on remarque l’entrée du soleil et des douze heures :

Cet Astre à son Auteur ne ressemble pas mal,
Et si l’on ne craignait de passer pour impie
L’on pourrait adorer cette belle copie,
Tant elle approche près de son original.

Ses rayons ont de lui le nuage écarté ;
Et quiconque à présent ne voit point son visage,
S’en prend mal à propos au prétendu nuage,
Au lieu d’en accuser l’excès de sa clarté.

N’est-on pas trop heureux qu’il fasse son métier,
Dans ce char lumineux où rien que lui n’a place,
Mené si sûrement et de si bonne grâce,
Par un si difficile et si rude sentier ?

L’assimilation du roi au Soleil franchit un pas supplémentaire lors du célèbre carrousel — spectacle équestre — donné dans la cour des Tuileries — dans une vaste enceinte qui en a retenu le nom de place du Carrousel — les 5 et 6 juin 1662 pour célébrer la naissance du dauphin (le 19 novembre de l’année précédente). Le mot de carrousel, char du soleil, carrus solis en latin, carozela en italien, avait été rapporté d’Italie par Charles VII.

Louis XIV en empereur romain lors du Grand Carrousel de 1662. Gravure d'Israël Silvestre mise en couleur par Jacques Bailly (1670)
Louis XIV en empereur romain lors du Grand Carrousel de 1662.
Gravure d’Israël Silvestre mise en couleur par Jacques Bailly (1670)

« Devant une tribune officielle, raconte Jean-Christian Petitfils, et des gradins où s’entassaient plusieurs milliers de spectateurs, cinq quadrilles étaient appelés à se mesurer en une sorte de tournoi-ballet, fête sportive, mi-guerrière, mi-galante... Chaque quadrille, composé d’un chef et de dix chevaliers (avec timbaliers, trompettes, estafiers, palefrenier, page, aide de camp et maréchal de camp), figurait une nation : la première, dirigée par le roi, était celle des Romains ; la seconde, dont Monsieur était le chef, celle des Persans ; la troisième, derrière le prince de Condé, celle des Turcs ; la quatrième, conduite par le duc d’Enghien, celle des Indiens ; et la cinquième, par le duc de Guise, celle des Sauvages d’Amérique. »

La reine mère, la reine régente, la reine d’Angleterre, veuve de Charles Ier, oubliant alors ses malheurs, étaient sous un dais à ce spectacle. Le comte de Saulx, fils du duc de Lesdiguières, remporta le prix et le reçut des mains de la reine mère. Le roi, en tenue d’empereur romain, portait une cuirasse d’or, un casque en argent, un sabre d’or et un bouclier illustré du soleil où figurait l’inscription Ut vidi vici : « Dès que je vis, je vainquis. »

Le soleil ne resta pas ignoré. Louis XIV prit prétexte de la fête pour choisir une devise, composée par un érudit, le médailliste « antiquaire » Louis Douvrier. Un visage rayonnant de flammes au-dessus du globe terrestre était accompagné de la devise Nec pluribus impar, que Louis trouvait lui-même quelque peu obscure et pour laquelle les traductions, parfois libres, varient à l’infini : « Non inégal à plusieurs », « À nul autre pareil », « Supérieur à la plupart », « Au-dessus de tous », ou encore « Je suffis à plusieurs mondes », parmi lesquelles le roi proposa de comprendre que, « suffisant à tant de choses, je suffirais sans doute encore à gouverner d’autres empires, comme le soleil à éclairer d’autres mondes, s’ils étaient également exposés à ses rayons ».

Le monarque déclara avoir fait choix du Soleil, « par sa qualité d’unique », par son éclat, par la lumière qu’il communique, par le bien qu’il fait, produisant la vie, la joie et l’action, par son mouvement sans relâche, par sa course constante, et conclut : c’est « assurément la plus vive et la plus belle image d’un grand monarque ».

Carrousel donné à Louis XIV dans la cour des Tuileries le 5 juin 1662. Peinture anonyme du XVIIe siècle
Carrousel donné à Louis XIV dans la cour des Tuileries le 5 juin 1662. Peinture anonyme du XVIIe siècle

La devise choisie par Louis XIV ne faisait que continuer les cent autres devises faites pour lui, et où se retrouve presque toujours le soleil. En effet, lorsqu’il vint au monde, on ne vit en France, et dans toutes les cours où résidaient nos ambassadeurs, que ballets et réjouissance. Partout, d’un commun accord, on avait choisi, pour emblème de ce Dieudonné, comme l’on disait alors, l’image du soleil. La rencontre de sa naissance avec le jour que les anciens consacraient à ce dieu, et qu’on a depuis nommé dimanche, jour du Seigneur (dies dominica), donna l’idée d’une médaille qui représentait un enfant dans le char du soleil, et dont la légende était Ortus solis gallici (naissance du soleil français) ; autour étaient les signes du zodiaque dans la position où ils se trouvaient le 5 septembre 1638.

Jean-Baptiste Morin, professeur royal de mathématiques à l’Université de Paris, « tira la nativité » de l’enfant, et la présenta au cardinal de Richelieu. Campanella, dominicain réfugié en France pour échapper à l’inquisition contre un nouveau système de philosophie qui s’écartait de la doctrine d’Aristote, poussa l’adulation jusqu’à publier qu’au moment précis de la naissance du dauphin, le soleil, son emblème, s’était rapproché de la terre de 55 000 lieues. L’Université réfuta cette opinion. Le feu d’artifice tiré devant l’Hôtel de Ville de Paris, aux frais des bourgeois, avait pour sujet : Le soleil naissant.




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