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4 juin 1629 : début de la construction du Palais-Royal - Histoire de France et Patrimoine


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4 juin 1629 : début de la
construction du Palais-Royal
(D’après « Nouvelle histoire de Paris et de ses environs » (tome 4), paru en 1839)
Publié / Mis à jour le vendredi 3 juin 2016, par LA RÉDACTION



 

C’est le 4 juin 1629 que débuta la construction de ce qui allait être un ensemble de bâtiments nommé dans un premier temps Palais-Cardinal. C’est en effet le cardinal de Richelieu qui fit bâtir par son architecte, Jacques Lemercier, (1585-1654) au milieu de la rue Saint-Honoré, sur l’emplacement des hôtels d’Armagnac et de Rambouillet, un hôtel qui porta le nom de son propriétaire.

Quelques années après, en 1636, le premier ministre de Louis XIII fit de nouvelles acquisitions, et alors on vit s’élever, sous le nom de Palais-Cardinal, un somptueux édifice qui excita l’admiration du grand Corneille :

Non, l’univers entier ne peut rien voir d’égal
Aux superbes dehors du Palais-Cardinal.
Toute une ville entière, avec pompe bâtie,
Semble d’un vieux fossé par miracle sortie,
Et nous fait présumer, à ses superbes toits,
Que tous ses habitants sont des dieux ou des rois.

La principale entrée du Palais-Cardinal était, comme aujourd’hui, sur la rue Saint-Honoré. On avait construit dans l’aile droite une vaste salle de spectacle, qui pouvait contenir environ trois mille spectateurs. Ce fut sur ce théâtre que l’on représenta les deux tragi-comédies du cardinal, Europe et Mirame. L’aile gauche était occupée par une galerie, ornée de peintures représentant les principaux faits de la vie du cardinal. Sous l’aile gauche de la seconde cour était la galerie des hommes illustres, séparée de l’autre par la chambre de Richelieu.

Le Palais-Royal au XVIIe siècle, par Adam Perelle
Le Palais-Royal au XVIIe siècle, par Adam Perelle

Richelieu fit à Louis XIII une donation entre-vifs de son palais, le 6 juin 1636, et la renouvela par son testament, daté de Narbonne, en 1642 — Richelieu meurt le 4 décembre 1642. Le roi — qui mourut le 14 mai 1643 — n’habita point le Palais-Cardinal. Mais Anne d’Autriche quitta le Louvre, au commencement d’octobre 1643, avec ses deux fils, Louis XIV et le duc d’Anjou, encore enfants, et vint demeurer dans cette résidence qui prit alors le nom de Palais-Royal.

On acheva la démolition de l’hôtel de Sillery, que le cardinal avait fait commencer dans le but de faire une place devant son palais, et l’on abattit en même temps plusieurs édifices voisins et quelques chétives maisons d’un aspect irrégulier. Louis XIV, alors âgé de cinq ans, occupa la chambre de Richelieu, et la reine-régente se réserva un appartement beaucoup plus vaste et plus élégant. Elle ordonna de nombreux embellissements dans cette demeure, et se fit construire une salle de bains, un oratoire et une galerie. La galerie était placée à l’endroit le plus retiré ; c’est là que le grand conseil se tenait. Il fallait un appartement pour le duc d’Anjou, depuis duc d’Orléans, frère du roi. Pour le pratiquer, on détruisit, à l’aile gauche du palais, dans la cour qui donne sur la place, la vaste galerie consacrée à immortaliser les grandes actions du cardinal.

Le 21 octobre 1652, Louis XIV abandonna la résidence du Palais-Royal pour aller habiter le Louvre. Ce palais fut alors donné à la reine d’Angleterre, Henriette-Marie de France, sœur de Louis XIII et femme de l’infortuné roi Charles Ier exécuté le 30 janvier 1649. La fille de cette princesse épousa Monsieur, duc d’Orléans, frère de Louis XIV, dans la chapelle du Palais-Royal, le 31 mars 1661 ; ils eurent ce palais pour résidence.

Mais ce ne fut qu’au mois de février 1692, après le mariage du fils de ce prince, Philippe d’Orléans, alors duc de Chartres et depuis régent de France, avec Marie-Françoise de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV, que ce monarque donna les lettres-patentes qui constituaient la propriété du Palais-Royal au duc d’Orléans, son frère, à titre d’apanage. A cette occasion, le roi acheta divers terrains sur la rue de Richelieu ainsi que l’hôtel de Brion, et ce fut sur l’emplacement de ces acquisitions que Jules Hardouin-Mansart, premier architecte de Louis XIV et surintendant des bâtiments du roi, éleva une galerie décorée par Charles-Antoine Coypel, et représentant en quatorze tableaux les principaux sujets de l’Énéide. Monsieur fit orner en même temps cette superbe résidence et ajouta un grand appartement dans l’aile du côté de la rue de Richelieu.

Philippe d’Orléans (1674-1723), son fils, propriétaire du Palais-Royal, y fit exécuter de grands travaux. Il choisit Gilles-Marie Oppenord (1672-1742), qui passait pour le plus habile architecte de son temps, et lui confia le grand salon qui servait d’entrée à la vaste galerie construite par Mansart. Enfin lorsque Philippe d’Orléans eut été nommé régent, après la mort de Louis XIV en 1715, il forma au Palais-Royal cette magnifique galerie de tableaux qui fit pendant longtemps l’admiration de toute la France. Elle fut vendue à la Révolution ; lord Stafford en acheta la plus grande partie.

Le Palais-Royal au début du XVIIIe siècle, par Jacques Rigaud
Le Palais-Royal au début du XVIIIe siècle, par Jacques Rigaud

Louis d’Orléans (1703-1752), fils de Philippe, succéda à son père le 2 décembre 1723 ; le nouveau propriétaire du Palais-Royal se borna à faire l’acquisition d’une maison appartenant à l’abbé de Francière, pour en étendre les dépendances du côté du passage de l’Opéra, que l’on appelait alors Cour aux ris ou Court-Orry. Son fils, Louis-Philippe (1725-1785), occupa la même résidence. Ce fut sur la galerie du Palais-Royal, donnant sur le jardin, que Louise-Henriette de Bourbon-Conti, sa femme, lut, aux acclamations de la multitude, le bulletin de la bataille d’Hastenbeck gagnée, en 1757, par le maréchal d’Estrées sur l’armée du duc de Cumberland.

En 1763, la salle de l’Opéra, qui faisait partie du Palais-Royal (du côté de la Cour-des-Fontaines) fut incendiée avec une grande partie du corps principal de l’édifice. On répara ces désastres aux frais de la ville qui, depuis 1749, avait le privilège de l’Opéra. En 1780, le duc d’Orléans transmit son palais par avancement d’hoirie à son fils, Louis-Philippe-Joseph (1747-1793) — qui changera son nom en celui de Philippe Égalité sous la Révolution —, alors duc de Chartres, auquel il en fit cession par un acte légal. Ce prince forma le projet d’agrandir et d’embellir cette propriété déjà si magnifique. Victor Louis (1731-1800), son architecte, proposa d’isoler le jardin et de l’entourer de portiques surmontés de bâtiments dont la décoration et l’ordonnance devaient s’accorder avec celles de la grande façade du Palais.

Ce projet souleva de nombreuses oppositions ; les propriétaires des maisons qui environnaient le jardin et qui avaient des terrasses, des portes, des escaliers sur le jardin, protestèrent avec violence. « Tout le monde vous jette la pierre, dit-on au prince. — Tant mieux, répondit-il, les constructions iront plus vite. » Le parlement décida en faveur du duc, qui obtint, en 1784, la permission d’accenser [l’accensement d’un terrain était une aliénation à perpétuité, moyennant un cens annuel et non rachetable] les terrains des maisons bâties au pourtour du jardin, à raison de 20 sols par toise : le tout formant 3 500 toises.

Incendie de la salle de l'Opéra de Paris le 6 avril 1763
Incendie de la salle de l’Opéra de Paris le 6 avril 1763

Pour l’exécution du plan de Victor Louis, il fallut abattre une grande allée de marronniers superbes plantés par Richelieu, et qui formaient une promenade célèbre dans les écrits du temps. L’Opéra ayant été incendié une seconde fois, en 1781, on transféra ce spectacle dans la salle qui subsiste encore aujourd’hui sous le nom de théâtre de la Porte-Saint-Martin. L’architecte put alors exécuter son projet sur un plan plus vaste. En 1787 et 1788, on démolit successivement le grand corps de logis qui fermait le jardin des princes du côté du sud ; l’aile où se trouvait le salon d’Oppenord, ainsi que la grande galerie de Coypel qui séparait le jardin de la rue de Richelieu ; enfin l’aile, dite l’aile de la chapelle, qui le séparait de la seconde cour. La nouvelle salle du Palais-Royal, depuis le Théâtre-Français, fut terminée vers 1790 ; ce fut la dernière construction faite par le duc d’Orléans, Philippe Égalité, mort sur l’échafaud révolutionnaire en 1793.

Le Palais-Égalité fut alors réuni au domaine de l’État ; on le vendit ou on le loua en partie. Mais le Premier Consul chassa les locataires qui l’occupaient, et en 1802 le Palais-Royal prit le nom de Palais du Tribunat, parce que le tribunat y tint ses séances jusqu’en 1807. La salle des séances, bâtie en 1801, fut démolie en 1827 pour la continuation des grands appartements, après avoir servi, pendant treize ans, de chapelle. Après la dissolution du tribunat, le Palais-Royal fut réuni au domaine extraordinaire de la couronne. Le 18 mai 1814, le duc d’Orléans, fils de Philippe Égalité et qui deviendra en 1830 le roi des Français sous le nom de Louis-Philippe, reprit possession du palais ; la duchesse y donna le jour au duc de Nemours, le 25 octobre de la même année. Pendant les Cent-Jours, le Palais-Royal devint la résidence du prince Lucien Bonaparte.

De 1816 à 1830, le duc d’Orléans fit exécuter au Palais-Royal des travaux qui en ont fait l’un des plus beaux monuments de Paris. La galerie du rez-de-chaussée derrière le théâtre, qui était encore occupée par de vieilles échoppes en planches, ayant été incendiée le 31 octobre 1827, on dut opérer cette reconstruction, qui donna lieu à des améliorations importantes ; on continua, de ce côté de la cour, le système de boutiques établies sur les deux autres, et l’on rendit ainsi la circulation plus facile dans le portique qui conduit de la cour de Nemours aux galeries du jardin. Enfin, en 1829, on démolit les galeries de bois pour construire sur leur emplacement la belle galerie d’Orléans.

En 1787, le duc d’Orléans avait fait construire au centre du jardin un vaste cirque qui ne fut jamais entièrement achevé et qui fut incendié en 1798. Il fut remplacé par un bassin circulaire de soixante-un pieds de diamètre avec un jet d’eau construit entre deux grands parterres.

Des événements importants ont eu le Palais-Royal pour théâtre. Ce fut là que commença la guerre civile connue sous le nom de la Fronde. Le 18 janvier 1650, la régente, Anne d’Autriche, fit arrêter dans la salle du conseil les princes de Condé, de Conti et le duc de Longueville. En 1768, Christian VII, roi du Danemark, étant venu à Paris, le duc d’Orléans, Louis-Philippe, s’empressa de lui donner un bal magnifique au Palais-Royal ; ce fut en y dansant que ce prince se cassa le tendon d’Achille dans le salon d’Oppenord. Le même palais servit de théâtre aux désordres du régent et de sa cour.

Le Palais-Royal en 1830
Le Palais-Royal en 1830

Le jardin du Palais-Royal fut pendant la Révolution un lieu de rendez-vous pour les différents partis. C’est là que, le 12 juillet 1789, Camille Desmoulins proposa au peuple de prendre les armes et d’arborer une nouvelle cocarde comme signe de ralliement. Plus tard, après la Terreur, les jacobins y furent poursuivis. C’est chez Février, restaurateur au n°114, que, le 19 janvier 1793, Pâris, ancien garde du corps, assassina Pelletier de Saint-Fargeau, membre de la Convention, qui avait voté la mort du roi.

Aujourd’hui, le Palais-Royal abrite le Conseil d’État, le Conseil constitutionnel et le ministère de la Culture.




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