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20 mai 1795 : insurrection populaire contre la Convention et assassinat de Féraud (1er prairial an III) - Histoire de France et Patrimoine


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20 mai 1795 : insurrection populaire
contre la Convention et
assassinat de Féraud
Publié / Mis à jour le vendredi 20 mai 2016, par LA RÉDACTION



 

La journée du 12 germinal (1er avril 1795) n’avait pas résolu la question de la constitution. Pendant un mois les partis, le parti de la Terreur et le parti thermidorien, se disposèrent à combattre sur ce dernier terrain. D’un côté on réclamait l’exécution d’un acte sanctionné par le peuple ; de l’autre on l’attaquait, d’abord avec réserve, bientôt plus ouvertement ; enfin une députation sectionnaire alla jusqu’à nommer la constitution de 1793 une constitution décemvirale dictée par la terreur.

Les insurgés demandent du pain et la Constitution de 1793
Les insurgés demandent du pain et la Constitution de 1793
L’indignation et l’alarme se répandirent chez ses partisans, qui organisèrent un soulèvement pour la maintenir. « Ce fut un nouveau 31 mai, aussi terrible que l’autre, mais qui, n’ayant pas l’appui d’une commune toute puissante ; qui, n’étant pas dirigé par un commandant général ; qui, ne rencontrant pas une Convention épouvantée et des sections soumises, n’eut point le même résultat », explique Mignet.

La journée du 1er prairial (20 mai) s’exécuta au nom du peuple insurgé pour obtenir du pain et reprendre ses droits. Les conjurés avaient décrété d’avance l’abolition du gouvernement révolutionnaire, l’établissement de la constitution démocratique de 1793, la destitution des membres actuels du gouvernement et leur arrestation, la mise en liberté des patriotes, la convocation des assemblées primaires pour le 25 prairial, la convocation de l’Assemblée législative destinée à remplacer la Convention pour le 25 messidor, la suspension de toute autorité non émanée du peuple ; en outre, ils avaient résolu de s’emparer des barrières, du télégraphe, du canon d’alarme, des tocsins, des tambours ; ils invitèrent les canonniers, les gendarmes, les troupes à pied et à cheval, à se ranger sous les drapeaux du peuple, et ils marchèrent sur la Convention.

Celle-ci délibérait sur les moyens d’empêcher l’insurrection, quand on vint l’avertir que l’insurrection était à ses portes. Aussitôt l’Assemblée se déclara en permanence, rendit Paris responsable de la sûreté des représentants de la république, fit fermer son enceinte, mit tous les chefs d’attroupements hors la loi, appela aux armes tous les chefs des sections, et nomma huit commissaires pour les commander. A peine ces mesures étaient-elles prises, qu’un bruit se fit entendre : une des portes extérieures venait d’être forcée , et des femmes se précipitent dans les tribunes en criant : Du pain et la Constitution de 93 !

La Convention, à laquelle son président Vernier donne l’exemple, les reçoit avec une contenance ferme. Les tribunes sont évacuées ; mais bientôt les insurgés des faubourgs forcent tous les accès à coups de hache et de marteau. « L’enceinte des séances devint alors un champ de bataille. Les vétérans et les gendarmes, auxquels était confiée la garde de l’Assemblée, crient aux armes ; le député Auguis, le sabre à la main, se met à leur tête, et parvient d’abord à repousser les assaillants ; on leur fait même quelques prisonniers.

« Mais les insurgés, plus nombreux, retournent au pas de charge, et envahissent de nouveau l’enceinte de la Convention. Le député Féraud rentre précipitamment, poursuivi par les insurgés, qui tirent plusieurs coups de fusil dans la salle. Ils couchent en joue Boissy-d’Anglas, qui siégeait à la place de Vernier. Féraud s’élance à la tribune pour le couvrir de son corps ; il y est assailli à coups de pique et de sabre ; il tombe dangereusement blessé. Les insurgés l’entraînent dans les couloirs, et, le confondant avec Fréron, ils lui coupent la tête, qu’ils placent au bout d’une pique.

« Après ce combat ils s’étaient rendus maîtres de la salle. La plupart des députés avaient pris la fuite ; il ne restait que des hommes de la crête [c’est ainsi qu’on appelait alors les débris de la Montagne], et Boissy-d’Anglas, qui, calme, couvert, insensible aux outrages et aux menaces, protestait toujours, au nom de la Convention, contre les violences populaires. On lui présenta la tête sanglante de Féraud, et il s’inclina avec respect devant elle. On voulut le forcer, les piques sur la poitrine, à mettre aux voix les propositions des insurgés, et il leur opposa constamment le plus courageux refus.

« Mais les crêtois, qui approuvaient l’émeute, s’emparèrent des bureaux, occupèrent la tribune, et décrétèrent, au milieu des applaudissements de la multitude, tous les articles contenus dans le manifeste de l’insurrection. Le député Romme se rendit leur organe. Ils nommèrent de plus une commission exécutive, composée de Bourbotte, Duroy, Duquesnoy, Prieur de la Marne, et un commandant général de la force armée, le député Soubrany. Ils préparèrent ainsi le retour de leur domination. Ils décrétèrent le rappel de leurs collègues détenus, la destitution de leurs ennemis, la constitution démocratique, et le rétablissement des jacobins. Mais il ne suffisait pas d’envahir momentanément l’assemblée, il fallait vaincre les sections, car c’était avec elles seulement qu’il pouvait y avoir bataille.

« Les commissaires envoyés auprès des sections les avaient promptement rassemblées. Les bataillons de la Butte-des-Moulins, de Lepelletier, des Piques, de la Fontaine-Grenelle, qui étaient les moins éloignés, occupèrent bientôt le Carrousel et ses principales avenues. Alors tout changea de face. Legendre, Kervelegan, Auguis, assiégèrent à leur tour les insurgés à la tête des sectionnaires. Ils éprouvèrent d’abord quelque résistance ; mais bientôt ils pénétrèrent, la baïonnette en avant, dans la salle où délibéraient encore les conjurés, et Legendre s’écria : Au nom de la loi, j’ordonne aux citoyens armés de se retirer. Ils hésitèrent un moment ; mais l’arrivée des bataillons, qui entraient par toutes les portes, les intimida, et ils évacuèrent la salle dans le désordre d’une fuite.

« L’assemblée se compléta, les sections furent remerciées, on reprit les délibérations. Toutes les mesures adoptées dans l’intervalle furent annulées, et quatorze représentants, auxquels on en joignit quatorze autres, furent arrêtés comme coupables d’avoir organisé l’insurrection, ou de l’avoir approuvée par leurs discours. Il était alors minuit, et à cinq heures du matin les prisonniers étaient déjà à six lieues de Paris.

Telle fut la journée du 1er prairial, dont les conséquences se développèrent dans les journées suivantes. Les faubourgs, quoique vaincus, conservaient encore toute leur force ; le lendemain, 2 prairial, ils reparurent avec leurs milices et leurs canons dans la cour du Carrousel. Un de leurs députés fut accueilli par l’Assemblée, et ils se retirèrent après avoir reçu l’assurance que la Convention s’occupait des subsistances, et publierait bientôt les lois organiques de la constitution de 93. L’assassin de Féraud avait été découvert, condamné ; mais le 4 prairial, jour de son exécution, un attroupement parvint à le délivrer. Une clameur générale s’éleva contre cet attentat, et la Convention saisit le moment favorable pour ordonner le désarmement des faubourgs et pour l’opérer.

Cernés par toutes les sections intérieures, ils voulurent opposer quelque résistance, et cédèrent presque aussitôt, abandonnant quelques-uns de leurs meneurs, leurs armes et leur artillerie. « Le parti démocratique avait perdu ses chefs, ses clubs, ses autorités ; il ne lui restait plus qu’une force armée qui le rendait encore redoutable, et des institutions qui pouvaient lui faire tout reconquérir. A la suite de son dernier échec, la classe inférieure fut entièrement exclue du gouvernement de l’Etat ; les comités révolutionnaires, qui formaient ses assemblées, furent détruits ; les canonniers, qui étaient sa troupe, furent désarmés ; la constitution de 93, qui était son code, fut abolie, et le règne de la multitude finit là ».




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