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12 avril 1704 : mort de Bossuet - Histoire de France et Patrimoine


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12 avril 1704 : mort de l’écrivain
et prédicateur Jacques-Bénigne Bossuet
Publié / Mis à jour le lundi 11 avril 2016, par LA RÉDACTION



 

« Que dirai-je, dit la Bruyère, de ce personnage qui a fait parler si longtemps une envieuse critique, et qui l’a fait taire ; qu’on admire malgré soi ; qui accable par le grand nombre et par l’éminence de ses talents ? Orateur, historien, théologien, philosophe ; d’une rare érudition, d’une plus rare éloquence, soit dans ses entretiens, soit dans ses écrits, soit dans la chaire ; un défenseur de la religion, une lumière de l’Église ; parlons d’avance le langage de la postérité, un Père de l’Église : que n’est-il point ? Nommez, messieurs, une vertu qui ne soit pas la sienne. »

Jacques-Bénigne Bossuet, évêque de Condom, et ensuite de Meaux, était né à Dijon, en 1627, d’une famille de robe, noble et ancienne. Ses talents pour l’éloquence se montrèrent de si bonne heure, qu’à l’âge de seize ans il prêcha à l’hôtel de Rambouillet, un sermon improvisé sur un sujet qu’on lui donna. Le jeune prédicateur trouva tant de ressources dans son imagination, que le sermon se prolongea jusqu’à onze heures du soir ; ce qui fit dire à Voiture « qu’il n’avait jamais entendu prêcher ni si tôt ni si tard. »

Il prêcha devant le roi et la reine-mère, en 1661. Ses discours, soutenus d’une action noble et touchante, les premiers qu’on eût encore entendus à la cour, qui approchassent du sublime, eurent un si grand succès, que le roi fit écrire, en son nom, à son père, intendant de Soissons, pour le féliciter d’avoir un tel fils.

Jacques-Bénigne Bossuet
Jacques-Bénigne Bossuet

Cependant, quand Bourdaloue parut, Bossuet ne passa plus pour le premier prédicateur. Il s’était déjà livré à ce genre d’éloquence, dans lequel il ne devait point avoir d’égal. L’oraison funèbre de la reine d’Angleterre, veuve de Charles ler, qu’il prononça en 1669, parut presque en tout un chef-d’œuvre. L’éloge funèbre de Madame, enlevée à la fleur de son âge, et morte entre ses bras, eut le plus grand et le plus rare des succès, celui de faire verser des larmes à la cour. Il fut obligé de s’arrêter après ces paroles :

« O nuit désastreuse ! ô nuit effroyable ! où retentit tout à coup comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle, Madame se meurt ! Madame est morte ! » Tout l’auditoire éclata en sanglots, et la voix de l’orateur fut interrompue par ses soupirs et par ses pleurs. Ce fut par l’oraison funèbre du grand Condé, que Bossuet termina sa carrière oratoire. Il finit par son chef-d’œuvre, et par cette belle péroraison, qui est le dernier terme de l’éloquence humaine :

« Pour moi, s’il m’est permis, après tous les autres, de venir rendre les derniers devoirs à ce tombeau, ô prince, le digne sujet de nos louanges et de nos regrets, vous vivrez éternellement dans ma mémoire ; votre image y sera tracée, non point avec cette audace qui promettait la victoire : non, je ne veux rien voir en vous de ce que la mort y efface : vous aurez dans cette image des traits immortels : je vous y verrai tel que vous étiez à ce dernier jour, sous la main de Dieu, lorsque sa gloire sembla commencer à vous apparaître : c’est là que je vous verrai plus triomphant qu’à Fribourg et à Rocroi ; et ravi d’un si beau triomphe, je dirai en actions de grâces, ces belles paroles du bien-aimé disciple : Et haec est victoria quae vincit mundum, a fides nostra, (La véritable victoire, celle qui met sous nos pieds le monde entier, c’est notre foi).

« Jouissez, prince, de cette victoire ; jouissez-en éternellement, par l’immortelle vertu de ce sacrifice : agréez ces derniers efforts d’une voix qui vous fut connue : vous mettrez fin à tous ces discours. Au lieu de déplorer la mort des autres, grand prince, dorénavant je veux apprendre de vous à rendre la mienne sainte : heureux si averti par ces cheveux blancs du compte que je dois rendre de mon administration, je réserve au troupeau que je dois nourrir de la parole de vie, les restes d’une voix qui tombe et d’une ardeur qui s’éteint. »

Après avoir porté à un si haut degré ce genre d‘éloquence, Bossuet en inventa un nouveau, qui ne pouvait guère avoir de succès qu’entre ses mains. Il appliqua l’art oratoire à l’histoire même, qui semble l’exclure. Son Discours sur l’Histoire universelle, composé pour l’éducation du Dauphin, n’a ni modèle ni imitateurs. Si le système qu’il adopta, pour concilier la chronologie des Juifs avec celle des autres nations, a trouvé des contradicteurs chez les savants, son style n’a trouvé que des admirateurs. On fut étonné de cette force majestueuse dont il décrit les mœurs, le gouvernement, l’accroissement et la chute des grands empires, et de ces traits rapides d’une vérité énergique, dont il peint et dont il juge les nations.

« On a accusé Bossuet, dit d’Alembert, d’avoir été dans ce chef-d’œuvre, plus orateur qu’historien, et plus théologien que philosophe ; d’y avoir parlé trop des Juifs, trop peu des peuples qui rendent si intéressante l’Histoire ancienne, et d’avoir en quelque sorte sacrifié l’univers à une nation que toutes les autres nations détestent. Il répondait à ce reproche : que s’il avait paru dans un si grand tableau, négliger le reste de la terre pour le seul peuple à qui le vrai Dieu fût connu, c’est qu’il avait cru devoir, non seulement à ce Dieu dont il était le ministre, mais encore à la France, dont le sort était confié à ses leçons, de montrer partout au jeune prince, dans cette vaste peinture, l’objet le plus propre à forcer les rois à être justes, l’Être éternel et tout puissant, dont l’œil sévère observe, et dont l’arrêt terrible doit les juger. »

Quelques écrivains, qui aiment sans doute les anecdotes extraordinaires, ont avancé qu’il y eut un contrat de mariage secret entre Bossuet, encore très jeune, et mademoiselle Desvieux, fille d’un rare mérite ; que cette demoiselle fit le sacrifice de sa passion et de son état, à la fortune que l’éloquence de son amant devait lui procurer dans l’Église ; qu’elle consentit à ne jamais se prévaloir de ce contrat, qui ne fut point suivi de la célébration ; que Bossuet, cessant ainsi d’être son mari, entra dans les Ordres, et qu’après la mort du prélat, ce fut la famille des Secousse qui régla les reprises et les conventions matrimoniales.

Jamais cette demoiselle n’abusa, dit-on, du secret dangereux qu’elle avait entre les mains ; elle vécut toujours l’amie de l’évêque de Meaux, dans une union sévère et respectée. Il lui donna de quoi acheter la petite terre de Mauléon, à cinq lieues de Paris ; elle prit alors le nom de Mauléon, et y a vécu près de cent années. On raconte qu’ayant dit au jésuite la Chaise, confesseur de Louis XIV : « On sait que je ne suis pas janséniste », la Chaise répondit : « On sait que vous n’êtes que mauléoniste. »

Cette anecdote, appuyée par Voltaire, est révoquée en doute par d’Alembert ; à la vérité, dans le tome septième des Mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, dans l’éloge de l’abbé Boutard, on trouve que mademoiselle de Mauléon était dans l’usage d’envoyer tous les ans à Bossuet, le jour de sa fête, une paire de pigeons, et que l’abbé Boutard, dans sa jeunesse, avait quelquefois composé les vers qui accompagnaient le présent, ce qui avait été le commencement de sa fortune ; mais Sainte-Radegonde envoyait aussi fort souvent des fleurs, des fruits à Saint-Fortunat, évêque de Poitiers, qui lui adressait en retour de très galantes pièces de vers, sans qu’il y eût jamais eu de contrat passé entre tous les deux, et sans que la piété la plus scrupuleuse ait été alarmée de ces gages mutuels d’une liaison vertueuse, et de ces jeux d’esprit innocents, qui ne rendent la vertu moins austère que pour la rendre plus aimable.

Bossuet mourut à soixante-dix-sept ans, des douleurs de la pierre (lithiase urinaire, maladie résultant de la formation de calculs dans les reins ou les voies urinaires).




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