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30 mars 1707 : mort du maréchal de Vauban - Histoire de France et Patrimoine


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30 mars 1707 : mort du
maréchal de Vauban
Publié / Mis à jour le jeudi 28 mars 2013, par LA RÉDACTION



 

Sébastien le Prestre, seigneur de Vauban, maréchal de France, chevalier des ordres du roi, commissaire général des fortifications, grand-croix de l’ordre de Saint-Louis, gouverneur de la citadelle de Lille, membre de l’Académie des sciences, naquit le 15 mai 1633, à Saint-Léger-de-Foucheret, diocèse d’Autun.

Sébastien le Prestre, marquis de Vauban
Sébastien le Prestre, marquis de Vauban
La gloire des batailles sous Louis XIV se partage entre les Turenne, les Condé, les Luxembourg, les Catinat ; celle des sièges est propre à Vauban. On ne place aucun nom dans ce genre à côté du sien. Nul siège, sous Vauban, sans un succès certain ; et presque aucun siège fameux sous Louis XIV, sans Vauban. Louis XIV, à qui Vauban avait soumis tant de villes, voulut que son fils et son petit-fils apprissent de Vauban l’art de prendre des villes. Quand le dauphin prit Philisbourg, le vertueux Montausier, son gouverneur, lui écrivit une lettre qui loue Vauban d’une manière aussi énergique que précise, et qui, à ce titre, mérite de trouver place ici :

« Monseigneur, je ne vous fais pas de compliment sur la prise de Philisbourg : vous aviez une bonne armée, une excellente artillerie, et Vauban. Je ne vous en fais pas non plus sur les preuves que vous avez données de bravoure et d’intrépidité : ce sont des vertus héréditaires dans votre maison. Mais je me réjouis avec vous de ce que vous êtes libéral, généreux, humain, faisant valoir les services d’autrui, et oubliant les vôtres : c’est sur quoi je vous fais compliment. »

Dans la guerre de 1701, Vauban eut à reprendre des places qu’il avait fortifiées dans le temps où elles appartenaient à la France ; Brisach était du nombre : le duc de Bourgogne l’assiégeait, en faisant sous Vauban son apprentissage. Le prince lui fit une de ces plaisanteries, qu’on ne fait qu’à ceux dont la gloire y a répondu d’avance : « Il faut nécessairement, lui dit-il, que vous perdiez votre honneur devant cette place ; ou nous la prendrons, et on dira que vous l’avez mal fortifiée ; ou nous échouerons, et l’on dira que vous m’avez mal secondé. — Monseigneur, dit Vauban, on sait comment j’ai fortifié Brisach ; on ignore si vous savez prendre les villes que j’ai fortifiées, et c’est de quoi j’espère que vous convaincrez bientôt le public. » Le duc de Bourgogne en convainquit le public à l’aide de Vauban.

C’est toujours avec la moindre perte possible que Vauban obtenait tous ses succès. Devant les places les mieux défendues, il parvenait quelquefois à perdre moins de monde que les assiégés. Ennemi de toute attaque brusquée, de tout combat hasardé, de toute expédition sanglante, n’estimant que les succès dus au travail et à la combinaison, il voyait avec horreur ces sacrifices coupables que tant de généraux font sans scrupule à leur gloire personnelle. Au siège de Cambrai, on proposa de brusquer l’attaque d’un fort ; il s’y oppose. « Vous perdrez peut-être tel homme, dit-il, qui vaut mieux que la place. » L’autre avis l’emporta, le fort est pris après qu’on a perdu cinq cents hommes ; mais il est repris à l’instant. Vauban opère selon ses principes ; il ne perd que trois hommes, reprend le fort et le conserve. Le roi, présent à cette expédition, connut alors Vauban tout entier. « Une autre fois, lui dit-il, nous vous laisserons faire. »

On a regretté que Vauban n’ait jamais eu à défendre les places qu’il avait fortifiées. Cette défense eût fait époque dans l’histoire militaire, et servirait aujourd’hui de modèle aux guerriers. Il y eut un moment où on se flatta de recevoir de lui cette grande leçon. Les ennemis, en 1689, menaçaient à la fois Dunkerque, Bergues et Ypres : Vauban eut ordre de s’enfermer dans celle de ces trois places qui serait assiégée ; aucune ne le fut ; et Fontenelle nous en dit la raison : « Son nom les en préserva. » On voit par les lettres de Louvois, combien on employait de stratagèmes pour tromper l’ennemi sur la marche de Vauban, pour lui faire craindre sa présence où il n’était pas , et espérer son absence où il avait résolu de se rendre. Mais s’il n’a point eu de villes à défendre, il a quelquefois sauvé des provinces entières. En 1706, il sauva la Flandre, qui allait tomber au pouvoir des ennemis, après la funeste bataille de Ramillies.

Fontenelle nous a donné cette liste des exploits de Vauban : « Il s’est trouvé à cent quarante actions de vigueur ; il a conduit cinquante-trois sièges, dont trente ont été faits sous les ordres du roi en personne, ou de Monsieur, frère du roi, ou du duc de Bourgogne, et les vingt-trois autres sous différents généraux ; il a fait travailler à trois cents places anciennes, et en a fait trente-trois neuves. »

Les autres grands capitaines du siècle de Louis XIV ne défendirent l’Etat que pendant leur vie : Vauban l’a défendu, même après sa mort, par ces innombrables et puissantes barrières dont la France est hérissée, et dont il a varié le plan et la forme d’après les différences du site, la nature diverse du terrain, le voisinage des mers ou des fleuves, l’inégalité des montagnes, l’uniformité des plaines. Brest, Rochefort, Toulon, rendirent notre marine florissante, Dunkerque devint la terreur de la marine anglaise. « Dunkerque, le chef-d’œuvre de Vauban, dit Fontenelle, et par conséquent celui de son art. »

Ces monuments, qu’on pouvait croire superflus dans les beaux jours de notre grandeur et de notre gloire, vers la fin du dix-septième siècle, devaient être notre dernière ressource dans ces temps malheureux marqués pour terme à la puissance de Louis XIV. Vauban n’était plus ; mais Lille, qu’il avait fortifiée, arrêta pendant quatre mois Eugène et Marlborough ; et après mille disgrâces, Landrecies, faible et dernier reste de tant de barrières dont Vauban nous avait entourés, prépara, par sa résitance, la victoire de Denain, qui sauva la France.

Vauban ne connaissait de grandeur et de dignité, que de servir et d’être utile. « Par une fatalité remarquable, dit Noël dans l’éloge de Vauban, couronné par l’Académie française en 1790, nos disgrâces commencent au moment où la première dignité militaire prive la France des talents et des services de Vauban. Dans l’inaction forcée où le réduisait les courtisans, dont l’art profond trouve dans les récompenses mêmes un moyen d’enchaîner le mérite qui leur fait ombrage, il pleure les malheurs de sa patrie, et proteste plus d’une fois qu’il foulerait aux pieds avec joie les marques de sa dignité pour la servir encore. Vains regrets ! le siège de Turin est résolu, et ce n’est pas Vauban qui doit le conduire. Fier de l’alliance de Chamillard, qui, pour assurer à son gendre l’honneur de cette entreprise, a prodigué les ressources de plusieurs campagnes, la Feuillade voit avec complaisance toutes les forces qui se rassemblent pour préparer son triomphe, et s’applaudit déjà de sa conquête.

« En vain le généreux Vauban s’offre-t-il à servir sous un officier moins avancé que lui dans la carrière militaire, le roi, prévenu par le ministre, lui représente que c’est compromettre sa dignité. Sire, s’écrie Vauban, ma dignité est de servir l’Etat. Je laisserai mon bâton de maréchal à la porte, et j’aiderai peut-être M. de la Feuillade à prendre Turin. — Je prendrai Turin à la Cohorn, dit le présomptueux favori. Le succès même le plus rapide n’eût pu excuser cette vaine jactance. La défaite de l’armée française dans ses lignes, une retraite honteuse et précipitée, la perte de nos immenses et dispendieux préparatifs, tous ces revers en sont la juste punition, et Vauban, loin de se réjouir de l’humiliation du courtisan, n’y voit qu’un sujet d’affliction pour lui-même, parce que c’en est un pour la France. »

Les plus intimes amis de Vauban furent Catinat et Fénelon : ces trois hommes formaient comme un triumvirat de gloire et de bienfaisance, digne d’expier ces triumvirats de sang et de fureur, qui souillent l’histoire romaine. « Vauban, Fénelon, Catinat : quels noms, s’écrie l’éloquent panégyriste de Vauban : et qu’ils doivent être chers aux Français ! Pourquoi faut-il qu’une conformité fâcheuse pour la gloire de Louis XIV, rapproche le sort des grands hommes qui, sous son règne, se distinguèrent par leur amour pour l’humanité ?

« Comme si défendre les droits des hommes eût été l’étendard de la révolte contre le pouvoir des rois, Catinat, Fénelon, et même le tendre Racine expièrent dans la disgrâce leur sensibilité patriotique ; et Vauban, dans lequel Louis semblait avoir pris plaisir à couronner sa propre gloire, Vauban, dédaigné d’un maître qu’il a si bien servi, se retire avec la douleur de voir repousser l’hommage de la Dîme royale, comme un attentat à l’autorité, oublier ses longs services, suspecter la droiture de ses intentions ; et cette douleur le conduit au tombeau. »

Un homme moins connu que Catinat et Fénelon, mais occupé comme eux du bien public, Boisguillebert mérita aussi l’amitié de Vauban : cette liaison et des ouvrages du même genre lui ont fait attribuer le livre de la Dîme royale. C’est une erreur : cet ouvrage est véritablement de Vauban. On en trouva dans ses papiers plusieurs copies corrigées de sa main.

On ne sera pas fâché de trouver ici le portrait de Vauban, tracé par le duc de Saint-Simon, dont l’humeur caustique et maligne est si connue, et dans la bouche duquel l’éloge n’est pas suspect. « Vauban s’appelait le Prêtre ; petit gentilhomme de Bourgogne, tout au plus, mais peut-être le plus honnête homme et le plus vertueux de son siècle, et avec la plus grande réputation du plus savant homme dans l’art des sièges et de la fortification, le plus simple, le plus vrai, le plus modeste : c’était un homme de médiocre taille, assez trapu, qui avait fort l’air de guerre, mais en même temps un extérieur rustre et grossier, pour ne pas dire brutal et féroce.

« Il n’était rien moins : jamais homme plus doux, plus compatissant, plus obligeant, mais respectueux sans nulle politesse, et le plus avare ménager de la vie des hommes, avec une valeur qui prenait tout sur lui, et donnait tout aux autres. Il est inconcevable qu’avec tant de droiture et de franchise, incapable de se porter à rien de faux ni de mauvais, il ait pu gagner, au point qu’il fit, l’amitié et la confiance de Louvois et du roi. Ce prince s’était ouvert à lui un an auparavant, de la volonté qu’il avait de le faire maréchal de France. Vauban le supplie de faire réflexion que cette dignité n’était point faite pour un homme de son état, qui ne pourrait jamais commander les armées, ce qui le jetterait dans l’embarras, si, faisant un siège, le général se trouvait moins ancien maréchal de France que lui. Un refus si généreux, et appuyé de raisons que la seule vertu fournissait, augmenta encore le désir du roi de le couronner.

« Vauban avait fait cinquante-trois sièges en chef, dont une vingtaine en présence du roi, qui crut devoir le faire maréchal lui-même, et honorer ses propres lauriers en donnant le bâton à Vauban. Il le reçut avec autant de modestie qu’il avait marqué de désintéressement. Tout applaudit à ce comble d’honneur, où aucun autre de ce genre n’était parvenu avant lui et n’est arrivé depuis. »




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