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20 mars 1730 : mort de l’actrice Adrienne Lecouvreur - Histoire de France et Patrimoine


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20 mars 1730 : mort de l’actrice
Adrienne Lecouvreur
(D’après « Biographie universelle ancienne
et moderne » (tome 23), paru en 1819)
Publié / Mis à jour le vendredi 18 mars 2016, par LA RÉDACTION



 

Adrienne Lecouvreur, née près d’Epernay le 5 avril 1692, est une des plus célèbres actrices qui ait paru sur la scène française, opérant une révolution dans la déclamation théâtrale. Son père, pauvre chapelier, étant venu s’établir à Paris, près de la Comédie française, ce voisinage fit naître dans l’esprit d’Adrienne le désir de suivre la carrière du théâtre : les applaudissements qu’elle obtint à l’âge de 15 ans, dans diverses sociétés d’amateurs où l’on jouait la tragédie, lui valurent bientôt de puissantes protections. Le comédien Legrand lui donna d’utiles conseils.

Ayant pris un engagement au théâtre de Strasbourg, elle ne tarda pas à recevoir l’ordre de revenir à Paris, pour débuter à la Comédie française, où le public lui fit l’accueil le plus flatteur. Elle joua d’abord le rôle de Monime (14 mai 1717), puis ceux d’Electre, de Bérénice, etc. ; et, un mois après son début, elle fut reçue comédienne ordinaire du roi pour les premiers rôles tragiques et comiques.

Pendant les treize aimées qui s’écoulèrent entre cette époque et sa mort, elle n’eut pas la douleur de voir un seul instant se refroidir l’enthousiasme qu’elle avait généralement inspiré. Elle était pourtant moins convenablement placée dans la comédie que dans la tragédie ; et l’on dit qu’elle avait toujours manqué certains rôles, au nombre desquels on comptait la Célimène du Misanthrope. Mais, lors même qu’elle s’y montrait au-dessous de sa réputation, les spectateurs la traitaient avec toute sorte d’égards, craignant sans doute de décourager une actrice chérie, dont aucune autre, même Mlle Duclos, sa rivale, ne pouvait balancer les succès dans le genre tragique.

Adrienne Lecouvreur
Adrienne Lecouvreur

Il est difficile d’analyser le talent d’Adrienne Lecouvreur d’après des traditions de théâtre qui ne s’accordent pas bien entre elles. Il paraît, néanmoins, que cette actrice joignait à une profonde intelligence, beaucoup d’âme et de vérité. Elle savait, comme le fameux Michel Baron (1653-1729) — ami de Molière et formé par lui —, parler naturellement la tragédie ,en évitant également le ton d’une familiarité triviale et l’emphase de la déclamation. Quoiqu’elle ne se fît pas scrupule de rompre la mesure des vers, lorsqu’elle voulait varier et rendre plus naturels les mouvements de son débit, elle respectait toujours l’harmonie de la phrase poétique ; et ce n’étaient, d’ailleurs, que les vers de détail qu’elle se permettait ainsi de sacrifier à l’effet de l’action.

Elle n’était pas d’une taille fort élevée : mais elle savait se grandir sur la scène, et sa démarche, ainsi que les traits de son visage, avaient l’expression la plus imposante ; aussi disait-on d’elle, par comparaison avec ses camarades : « C’est une reine parmi des comédiens. » On a depuis appliqué cet éloge à Mlle Clairon. Sa voix était un peu voilée ; mais elle en savait si habilement ménager et varier les inflexions, qu’aucune actrice peut-être, si ce n’est Mlle Duménil, ne posséda au même degré ce qu’on nomme l’accent tragique.

Les rôles qu’elle a constamment joués avec une étonnante supériorité sont : Jocaste, Pauline, Athalie, Zénobie, Roxane, Hermione, Eriphile, Emilie, Marianne, Cornélie, et surtout la Phèdre de Racine. On composerait un volume de toutes les pièces de vers que lui adressèrent les poètes contemporains. Parmi ces hommages rendus à son talent, on distingue une Epître de Lefranc de Pompignan intitulée, L’Ombre de Racine à Mlle Lecouvreur ; une de Beauchamp, et cinq ou six pièces de Voltaire, qui fut, dit-on, lié avec cette actrice par d’autres nœuds que ceux d’une simple amitié.

Nous ne transcrirons point ici les diverses anecdotes que rapportent les chroniques scandaleuses au sujet d’Adrienne Lecouvreur. Le plus célèbre de ses adorateurs fut le comte Maurice de Saxe : à l’époque où ce héros, jeune encore, fut nommé duc de Courlande, elle mit généreusement en gage ses pierreries et sa vaisselle pour une somme de 40 000 francs qu’elle lui fit accepter. Ce fait, qui n’est ignoré de personne, a été dénaturé et lié à une autre anecdote beaucoup moins authentique, dans une petite comédie intitulée Adrienne Lecouvreur, qui fut représentée avec peu de succès au Théâtre-Français, le 2 août 1817.

On prétend que les infidélités du comte firent mourir de chagrin cette grande actrice. D’autres n’ont même pas craint de dire qu’elle fut empoisonnée par ordre d’une princesse, sa rivale. D’après le rapport des médecins, elle succomba en trois jours à une violente hémorragie d’entrailles. Ce fut le 20 mars 1730. Le clergé s’étant opposé à ce que son corps reçût la sépulture ecclésiastique — elle était en effet refusée aux comédiens, frappés alors d’excommunication —, des portefaix furent obligés de choisir une heure de la nuit pour l’enterrer clandestinement près des bords de la Seine, au coin de la rue de Bourgogne.

Une particularité de ce genre ne pouvait guère manquer de causer quelque rumeur. Voltaire en parle avec beaucoup d’amertume dans quelques-unes de ses lettres ; et ce fut à ce sujet qu’il publia sa pièce de vers commençant ainsi : « Que vois-je ! quel objet ! quoi ces lèvres charmantes ! »

Il consacra à l’enterrement de Mlle Lecouvreur les vers suivants, dont le ton léger et badin annonce que la douleur du poète s’était calmée avec le temps, et que les horreurs du trépas avaient un peu refroidi sa dévotion à son Saint-Denis. Il dit dans sa préface de Zaïre :

Et que l’aimable Lecouvreur,
A qui j’ai fermé la paupière,
N’a pas eu même la faveur
De deux cierges et d’une bière ;
Et que monsieur de Laubinère
Portât la nuit par charité,
Ce corps autrefois si vanté
Dans un vieux fiacre empaqueté,
Vers le bord de notre rivière.

Le comédien Grandval prononça l’éloge de Mlle Lecouvreur, à la clôture du théâtre (24 mars 1730). Ce n’était pas seulement par la supériorité de son talent qu’Adrienne Lecouvreur avait mérité l’affection des hommes les plus distingués de la cour et de la ville : elle avait de l’esprit, du désintéressement, et des manières sociables. Elle a écrit des lettres pleines de noblesse et de sentiment, dont le style n’aurait peut-être pas été désavoué par les femmes les plus célèbres dans le genre épistolaire. Elle laissa deux filles, dont l’une épousa Francœur, directeur de l’Opéra.




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