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10 mars 1793 : institution du Tribunal révolutionnaire et conspiration des Orléanistes - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

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10 mars 1793 : institution du
Tribunal révolutionnaire et
conspiration des Orléanistes
Publié / Mis à jour le samedi 9 mars 2013, par LA RÉDACTION



 

Le projet des conspirateurs était de dissoudre la Convention nationale, en massacrant les députés auxquels on donnait le nom de Girondins, d’hommes d’Etat, et qu’on accusait d’entraver les grandes mesures qui pouvaient seules sauver la république.

Dans les premiers jours du mois de mars, les conjurés tinrent des conférences nocturnes chez le duc d’Orléans. On lui présenta l’état des sommes qu’exigeait d’avance le succès de la conspiration. Pour se les procurer, il vendit ses meubles, ses bijoux, ses livres, sa vaisselle, cette magnifique galerie de tableaux qui faisait l’admiration des connaisseurs, et cette riche collection de pierres gravées qu’il tenait de la magnificence de ses aïeux. Les émissaires du duc d’Orléans, ceux de Danton, de Robespierre, de Marat et de la municipalité de Paris, entraient avec une égale ardeur dans cette conspiration ; mais ils cachaient avec grand soin à leurs co-associés leurs vues sécrètes de s’exterminer ensuite les uns les autres.

Dans la matinée du 10 mars, les tribunes de la Convention se remplirent de satellites féroces armés de sabres et de pistolets. Toutes les femmes furent renvoyées ; elles auraient gêné l’expédition : c’était le mot consacré par les conspirateurs, depuis les massacres du 2 septembre. Plusieurs députés furent insultés aux portes de l’assemblée ; des commissaires envoyés par les sections de Paris, déclarèrent que le peuple exigeait qu’un tribunal révolutionnaire fût érigé sans délai. Cette proposition fut couverte d’applaudissements : Lanjuinais seul osa s’y opposer ; les cris forcenés dont la salle et les tribunes retentissaient ne permettaient pas de l’entendre.

Une séance du Tribunal révolutionnaire
Une séance du Tribunal révolutionnaire

Danton, qui revenait de Belgique, voulant augmenter le nombre des partisans de la conjuration dans le moment qu’elle allait éclater, fit une motion en faveur des débiteurs, laquelle n’étant amenée par aucune circonstance, paraissait évidemment préparée pour favoriser un mouvement populaire. Elle fut adoptée avec enthousiasme par la Montagne ; tous les détenus pour dettes furent aussitôt mis en liberté. Dans la soirée on envoya des brigands armés chez les journalistes qui prêchaient encore la modération et la justice. Ils échappèrent aux poignards, mais leurs imprimeries furent dévastées.

On proposa ensuite de changer tout le ministère et les agents du gouvernement ; on jeta les fondements de ce fameux Comité de Salut public. On décida l’envoi dans les déparlements de commissaires revêtus de pouvoirs illimités. Collot-d’Herbois proposa d’arrêter que tous les députés qui avaient voté l’appel au peuple, fussent exclus de ces commissions. Ce vœu, sans être décrété, fut exécuté dans la pratique.

Un membre fit un projet d’organisation du tribunal révolutionnaire. Plusieurs membres de l’assemblée se soulèvent contre ce projet de carnage. Les tribunes et la Montagne les traitent de contre-révolutionnaires. On crie au président de mettre aux voix le projet. Vergniaud demande qu’il soit discuté : aussitôt des cris de rage, des huées longtemps prolongées étouffent sa voix ; le tumulte le plus effroyable régnait dans l’assemblée.

Il était quatre heures : quelques députés proposaient de lever la séance. Danton monte à la tribune : « La république ne marche pas, s’écrie-t-il. Clairfayt s’avance sur nos frontières ; les traîtres s’agitent dans l’intérieur. Le tribunal, les ministres, la dictature, le régulateur, il faut tout décréter sur-le-champ sans désemparer. » Malgré tous ses efforts, la séance fut levée ; on se sépara pour une heure.

La reprise de la séance s’ouvrit par l’organisation du tribunal révolutionnaire. « Soyons terribles, dit Danton, pour dispenser le peuple de l’être. Oui, le salut du peuple exige les plus terribles mesures ; et puisqu’on parle sans cesse de ces malheureuses journées de septembre, je dirai, moi, que si un tribunal révolutionnaire eût alors existé, les bons citoyens n’auraient pas à gémir de ces journées sanglantes, qu’on reproche si souvent et si cruellement au peuple. »

Robespierre demande que le tribunal révolutionnaire soit chargé de frapper non seulement tous les traîtres, mais encore ceux qui cherchent à apitoyer sur la mort du dernier tyran des Français. Marat présente une liste des membres qui doivent composer le tribunal. Plusieurs députés réclament avec force, en reconnaissant les noms des principaux égorgeurs de septembre. Marat menace d’appeler les sicaires qui remplissaient, en grand nombre, les tribunes et les issues de la salle. La plupart étaient les complices du fameux Jourdan d’Avignon, et prenaient eux-mêmes le nom de Compagnie de la Glacière. La liste de Marat est décrétée sans opposition.

Cependant les Jacobins s’étaient déclarés en permanence. Un commandant de Marseille s’élance à la tribune, et dit : « Frères et amis, on veut donc nous la ravir, cette liberté sainte... C’en est fait... Levons-nous, et n’épargnons pas nos ennemis. Souvenez-vous que César fut assassiné au milieu du sénat, lorsqu’il voulut anéantir cette liberté... C’est vous en dire assez... Marchons. »

Le club des Cordeliers adressait en même temps une adresse au peuple français, dans laquelle on engageait tous les citoyens qui voulaient sauver la patrie, à se réunir sur-le-champ autour de la salle des Jacobins, afin d’aller ensuite exterminer tout ce qui ne marchait pas dans le sens strict du 2 septembre. Pendant ce temps, quelques-uns des conjurés s’étaient rendus chez le duc d’Orléans ; ils lui disent « que l’exécution du projet n’est pas sans périls ; que la majorité de la Convention ne paraissait pas abattue par la terreur ; cependant que le temps pressait, et que s’il voulait se rendre à la maison commune, il serait probablement déclaré lieutenant-général de l’Etat. » D’Orléans ne sait que résoudre ; il hésite, il pâlit, il se cache. Les conjurés l’abandonnent, et publient que, par son extrême lâcheté, il ne mérite plus que le mépris de tous les partis.

A dix heures, douze cents hommes armés entrent dans la salle des Jacobins ; là ils se divisèrent en deux bandes, dont l’une devait se rendre à la Convention pour venger le peuple, en punissant de mort ses mandataires infidèles, et l’autre investir le lieu des séances du conseil exécutif, pour égorger tous les ministres, et faire, disaient-ils, maison nette.

Les députés proscrits, prévenus par les inspecteurs de la salle du sort dont ils étaient menacés, ne s’étaient pas rendus au commencement de la séance du soir. La plupart d’entre eux y serpient peut-être venus un peu plus tard, si la marche bruyante des conjurés ne leur avait montré le seul parti qu’ils avaient à prendre. La Plaine était presque déserte. Marat en marquait hautement son dépit. « Ils passaient bien les nuits, dit-il, quand ils espéraient de sauver le tyran. Leur place est vide, aujourd’hui qu’il s’agit de punir les ennemis du peuple. » Un autre s’exprimant encore avec plus de clarté, demandait : « Que sont devenus Gensonné, Buzot, Guadet, Barbaroux, Brissot, Kervélégan ? » D’autre part, les ministres, au lieu d’attendre les conjurés dans le lieu des séances du conseil exécutif, s’étaient réfugiés chez leurs amis. Il y avait un bataillon de volontaires du Finistère, qui, joint à soixante ou quatre-vingt Nantais, formaient un corps de cinq cents hommes. Kervélégan alla réveiller le commandant. Le bataillon fut bientôt sous les armes, et prêt à marcher au secours de la Convention, renforcé d’environ cent députés, qui s’étaient réunis pour défendre leur vie. Beurnonville, ministre de la guerre, apprenant que sa maison était investie , escalada les murs de son jardin, et se réunit, avec quelques amis, aux bataillons du Finistère et de Nantes.

Une pluie abondante, qui tomba pendant toute la nuit, ralentissait beaucoup l’ardeur des conjurés, et diminuait à chaque instant leur nombre. Ceux qui s’étaient chargés d’égorger les ministres, ne les trouvant pas dans le lieu des séances du conseil exécutif, se séparèrent pour la plupart à la nouvelle qu’un corps d’infanterie, précédé de plusieurs pièces de canon, s’avançait pour les combattre ; d’autres se joignirent à ceux de leurs compagnons qui marchaient vers la Convention, et leur communiquèrent leurs craintes. La terreur et la désertion se mettent aussitôt dans les rangs, et tous les conjurés se dispersent.

Les municipaux, assemblés à l’Hôtel de ville, attendaient avec inquiétude la tournure qu’allait prendre cette affaire. Leurs émissaires, qui revenaient des sections, rapportaient unanimement qu’elles étaient désertes, et que le mauvais tems retenant chez eux la majorité des citoyens, il paraissait impossible d’organiser un de ces grands rassemblements, sur lequel on pût rejeter la mesure révolutionnaire, de tirer le canon d’alarme, de sonner le tocsin, de battre la générale. Bientôt on apprit que les conjurés, saisis d’une terreur panique, s’étaient dispersés.

Alors, les municipaux, redoutant les suites de la responsabilité qui pesait sur leurs têtes, prirent le parti, à une heure après minuit, de dénoncer à la Convention le projet de fermer les barrières et d’égorger plusieurs conventionnels, mais sans nommer les chefs de la sédition, ni l’endroit d’où l’attroupement était parti. « Quelques propos incendiaires ont été tenus dans la maison commune, dit Santerre, à la barre du corps législatif : on répandait l’opinion qu’il fallait un dictateur pour rétablir les affaires ; les uns proposaient le duc d’Orléans, d’autres voulaient rappeler son fils de l’armée de Dumouriez, et lui donner le commandement de la garde nationale de Paris ; mais ces projets, informes et sans cohérence, n’avaient rien de bien alarmant : quelques rassemblements incapables par eux-mêmes de troubler la tranquillité publique, ont été aisément dissipés par la surveillance municipale. »

Plusieurs membres de la Montagne appuyèrent le rapport de Santerre. Un d’eux s’écria : « Que les seuls auteurs de la conspiration étaient les Brissotins, qui cherchaient eux-mêmes à se faire couper la tête tout exprès et par pure malice, afin d’avoir un prétexte de calomnier les Jacobins. »

On verra cette même conspiration éclater une seconde fois , et réussir complètement dans les journées des 31 mai et 2 juin.




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