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6 mars 1577 : mort de Remy Belleau, poète de la Pléiade - Histoire de France et Patrimoine


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6 mars 1577 : mort de Remy Belleau,
poète de la Pléiade
(D’après « Larousse mensuel illustré : revue
encyclopédique universelle », paru en 1921)
Publié / Mis à jour le mercredi 1er mars 2017, par LA RÉDACTION


 
 
 
Comptant parmi les sept poètes qui formaient la Pléiade française, Remy Belleau, à l’abri du besoin en devenant précepteur du fils du général des galères de France, acquit une certaine notoriété grâce à ses pastorales et son poème Amours et Nouveaux Eschanges de pierres précieuses, et était qualifié de « peintre de la nature » par Ronsard, qu’il avait connu sur les bancs du collège

Remy Belleau naquit en 1528, à Nogent-le-Rotrou, d’une famille demeurée obscure, mais appartenant à la petite noblesse. On ignore à peu près tout de son enfance et de ses études. On sait seulement qu’il disposait d’une claire intelligence et que l’appétit de science était grand en lui.

A vingt-deux ans, il entra dans la familiarité d’un personnage puissant par ses relations et parentés, Christofle de Choiseul, abbé de Mureaux, épicurien qui, à cette époque, gaspillait en délices de toutes sortes les revenus de ses biens ecclésiastiques. Cet abbé était un admirateur des bonnes lettres et un humaniste distingué. Peut-être ne prit-il auprès de lui le jeune Remy Belleau, hellénisant déjà remarquable, que pour obtenir de lui une traduction des œuvres d’Anacréon. Toujours est-il que Remy Belleau, réduit à la misère par des événements inconnus, trouva dans les domaines champenois où vivait son protecteur une sécurité qui l’encouragea au travail. En 1552, il s’acheminait vers Paris, le gousset bien garni, pour y achever son Anacréon et y compléter son bagage de science.

C’était le temps où, sous la direction de Dorat au collège Coqueret, de Muret au collège du Cardinal-Lemoine, et d’autres savants au collège Boncourt, se formait ce groupe d’humanistes, affamés d’érudition, auquel s’agrégèrent les poètes de la PIéiade. Remy Belleau descendit, rue Bordet, au collège Boncourt, qui hébergeait des pensionnaires et, tout aussitôt, fréquenta avec ardeur les maisons de savoir. Il connut très vite Ronsard sur les bancs du collège Coqueret et quelques illustres, comme l’historien De Thou. Les sympathies allèrent rapidement, vers ce grave jouvenceau, désireux d’acquérir l’universalité des connaissances et qui, studieusement, se plongeait dans Callimaque, Nicandre, Aratus, Orphée, Théocrite, Eschyle.

Remy Belleau
Remy Belleau

Les fortes études ne l’empêchaient point d’écrire quelques poésies, dont les premières parurent dans les Cantiques de Denisot. Dès ses premières publications, Ronsard le salua comme l’un des meilleurs parmi les porteurs de lyre qui l’environnaient. Il aimait, et tous appréciaient, autour de lui, cet homme doux et loyal. Il semble que, de son côté, Belleau subissait l’influence du jeune maître. Il fit partie de tous les divertissements, souvent pimentés, de la brigade. Il tint un rôle dans les pièces d’écoliers, notamment dans la Cléopâtre de Jodelle. À Arcueil et à Gentilly, aux fameuses promenades le long de la Bièvre, dont Baïf nota les douceurs, lors de la mémorable bacchanale du Bouc, chantée par Ronsard, partout où les poètes s’attardaient pour l’amour et pour le vin, Belleau était présent : mais il se montrait l’un des plus modérés parmi ces fols enivrés de rythmes et de rimes, et Ronsard le considérait comme un « trop sec biberon ».

Belleau, visiblement, préférait l’étude à la bacchanale. Il suivit les cours de Ramus au collège Royal, et quand, en 1555, ce professeur donna sa Dialectique, il y publia des traductions en vers, généralement ignorées, de Parménide, de Martial et d’Ovide. Il possédait, dès lors, une connaissance approfondie des littératures antiques et passait pour l’un des meilleurs hellénistes. Plus savant que Ronsard et que Baïf (sa science se révèle dans son commentaire du second livre des Amours de Ronsard), il subit, néanmoins, dans sa traduction des Odes d’Anacréon (1556), la domination du premier, qui sut, plus adroitement que lui, s’assimiler les grâces légères, la bonhomie, l’épicurisme du lyrique grec.

Tout en savourant la fraîcheur et la finesse de ce dernier, Belleau, à la même époque, se plongeait dans le fatras d’Aratus, qui, dans ses Phénomènes et ses Pronostics, versifia les connaissances astronomiques de son époque. Cependant, Belleau devait interrompre brusquement sa carrière littéraire pour embrasser, au moins momentanément, la carrière des armes. Le duc de Guise et le cardinal de Lorraine entreprenaient cette fameuse expédition de Naples, qui se termina si misérablement. Avide de gloire, désireux de connaître cette Italie exubérante de beauté et où vivaient les plus ardents humanistes de l’Europe, il s’enrôla sous les ordres de Jean, baron de Langues, frère de l’abbé de Mureaux, qui commandait la compagnie d’ordonnance de René, marquis d’Elbeuf, frère cadet des Guises. Le motif public de l’expédition était de sauver le pape, menacé par le duc d’Albe. Belleau ne parut point pénétrer les ambitions cachées des princes.

Animé par une humeur guerrière que raillera Ronsard, il chanta, dans son Chant pastoral de la paix (1559), les âpres délices du combat à cheval. Son Ode présentée à Mgr duc de Guise (1558) contient une image de la campagne, de ses triomphes et de ses misères, parmi les rigueurs de l’hiver.

A Rome, Belleau rencontra du Bellay, qui, de son côté, exaltait, par ses chants, le courage français. Il assista aux sièges et sacs de Campli, Nocella, Teramo, Giula, puis au désastre de Nova Civitella et à toutes les épreuves qui suivirent. Il prit part au ravitaillement et à la défense de Palliano. Dans ses Larmes (1566), il loua, plus tard, les prouesses du marquis d’Elbeuf. La campagne s’acheva en septembre 1557, sans que le poète ait vraiment admiré la beauté italienne. Il rapportait de ces dures tribulations la sympathie de René d’Elbeuf, qu’il parait avoir suivi dans ses expéditions maritimes, quand ce dernier, succédant à son frère, François de Lorraine, comme général des galères, tenta de purger la Méditerranée de ses corsaires barbaresques.

Peu après, Remy Belleau se retrouvait à Paris dans une situation peu brillante, cherchant des protecteurs, vivotant et languissant. L’abbé de Mureaux l’assista encore « contre l’effort et la violence de la nécessité ». En l’an 1558, le poète revit sa ville natale, Nogent-le-Rotrou. En grande solennité, la noblesse, le clergé, le tiers s’y réunissaient pour dresser et enregistrer les droits et coutumes. En tête de la publication qui fut faite en cette conjoncture, Belleau plaça une épigramme grecque et une ode où il exalta sa terre originelle.

De 1560 à 1563, Remy Belleau, délaissant la sereine poésie, se mêla activement à la politique. Après le tumulte d’Amboise et la répression sanglante qui s’ensuivit, le poète prit violemment parti pour les protestants et s’enrôla délibérément parmi les pamphlétaires. Il publia l’Innocence prisonnière (1561), défense et apologie du prince de Condé. Il fut, avec ardeur, anti-guisard. La guerre civile, les atrocités des reîtres allemands au service de Condé, le fanatisme des ministres, l’étroitesse de la morale calviniste, l’influence peut-être aussi de Ronsard ne tardèrent pas à provoquer son évolution. Patriote, désapprouvant la violence de ces luttes fratricides, il combattit le prince insurgé et ses partisans. Le Dictamen metrificum de bello huguenotico et reistrorum piglamine ad sodales, poème macaronique, et une comédie posthume : la Reconnue, reflétèrent ses sentiments nouveaux.

Il appelait la pacification et la concorde de tout son être. Lorsque, en 1563, fut promulgué l’édit de pacification d’Amboise, il ne put s’empêcher d’exalter, dans une Ode pour la paix, la reine, qui comblait ses désirs. Plus tard, il reniera son passé huguenotisant et stigmatisera la rébellion de Condé.

Alors, il est vrai, il appartiendra complètement aux Guises. Ce fut entre juillet et novembre 1563 qu’il fut appelé au service de ces princes. Pendant la campagne d’Italie, René d’Elbeuf avait apprécié le mérite, le caractère sérieux, le talent poétique et la haute culture de Remy Belleau. Quand il voulut donner à son fils Charles un précepteur digne d’élever et de nourrir son esprit, il songea tout naturellement au poète. Remy Belleau était tout près de retomber dans la misère. L’emploi qu’on lui offrait, auprès d’un enfant de sept ans, lui procurait une sécurité définitive. Il l’accepta avec reconnaissance.

Le château de Joinville, où il allait désormais habiter, était situé en Champagne, sur une haute colline, dans une nature variée d’aspects, heureusement corrigée par les jardiniers du temps. Belleau en admira les magnificences architecturales, les colonnades, les galeries, les tapisseries et richesses artistiques, les jardins, les forêts, les vignobles et en laissa une description enthousiaste dans sa Bergerie.

La Bergerie, de Remy Belleau
La Bergerie, de Remy Belleau (1565)
Antoinette de Bourbon, duchesse douairière de Guise, régnait sur ce château. Elle était veuve, n’allait plus à la cour, vivait dans ce domaine où, dit le poète, « la chasteté avait fait sa retraite ». La piété, la bienfaisance et une « perpétuelle méditation de la mort » occupaient, avec ses devoirs domestiques, cette haute dame. Nulle mélancolie, cependant, en ce lieu. De belles jeunes filles nobles de la région, que la duchesse élevait, lui servaient de demoiselles d’honneur. Nombreux aussi, les gentilshommes pauvres l’entouraient. Jouvencelles et jouvenceaux se distrayaient en plaisirs de leur âge. Remy Belleau, les louangeant tour à tour dans ses poésies, les nomme et montre leurs occupations. Il faisait office de poète de cour dans cette compagnie, où il choisira les bergers et les bergères de sa Bergerie. L’amour parait avoir suscité parmi ces personnages les discussions les plus ardentes.

Remy Belleau disposait de maint loisir. Son élève était docile, et il le conduisit plutôt « de bouche que de main, de bride que d’éperon ». Il glanait là, comme ailleurs, les amitiés vives. À la mort de René d’Elbeuf, il redouta, un instant, d’être rendu, « le poil grison », au dénuement ; mais les Guises, qui appréciaient sa modestie, sa civilité, son génie, le gardèrent dans leur clientèle.

Dans ce milieu, Remy Belleau renonça, sans retour, à la science, qu’il eût avidement absorbée en regagnant Paris, mais qui eût fait de lui un pédant. Plus près de la nature, il s’humanisa jusqu’à écrire pour les dames des mignardises. De temps à autre, il allait se retremper dans l’atmosphère intellectuelle de la capitale (1565, 1566, 1567). On l’y recevait comme un maître. Il siégea parmi les jurys du collège Royal, qui examinaient les aptitudes des candidats aux chaires de ce collège. Tous les professeurs et savants, Denis Lambin, Adrien Turnèbe, Duchesne, s’honorèrent de le compter parmi leurs amis. Présenté à Charles IX, il écrivit des devises pour Anna d’Aquaviva, maîtresse de ce roi, et fit au môme souverain lecture de son Discours sur la vanité, paraphrase de l’Ecclésiaste ; mais il ne chercha point à devenir, comme Ronsard, courtisan bien renté.

Vers la fin de sa vie, ses tendances religieuses se précisèrent dans ses ouvrages. Il versifia quelques chapitres de Job, composa les Amours de David et Bethsabée, et des églogues tirées du Cantique des Cantiques. Cependant, le plus souvent, il mélangeait bizarrement la galanterie à l’Ecriture.

Les guerres civiles qui déchiraient la France continuaient à exciter l’indignation de Remy Belleau. Dans l’un de ses principaux ouvrages : les Amours et Nouveaux Eschanges de pierres précieuses (1576), il fit, au milieu de ses descriptions de gemmes rares, des allusions parfois vives aux discordes des Français. La plupart de ses pierres étaient dédiées à des dames qui jouaient ou dont les maris jouaient des rôles dans la tragédie. Il y flétrissait la guerre et suppliait la pierre précieuse et, par suite, sa dédicataire, d’apaiser les esprits.

On ne sait pas grand-chose de ses dernières années. Il était à Paris, quand il mourut. Ses amis, Jean Galland, Ronsard, Baïf, Desportes, Amadis Jamyn, portèrent le 7 mars 1577, au lendemain de sa mort et à la manière grecque, son cercueil sur leurs épaules, de sa demeure au couvent des Grands-Augustins, où il avait voulu. sreposer. Ils recueillirent ses papiers, composèrent son Tombeau et, en 1578, publièrent ses Œuvres poétiques complètes. C’était le plus bel hommage qu’ils pouvaient rendre à sa mémoire. Aucun d’entre eux ne l’oublia, car tous savaient combien étaient grande sa beauté morale et belle l’intégrité de sa vie.

De son oeuvre la postérité n’a guère retenu que la Bergerie. C’est un recueil de poésies, encadré dans un récit en prose, qui contient la description idéalisée des plaisirs du poète au château de Joinville. L’ouvrage est divisé en deux journées. Il est déparé parfois par de nombreux emprunts à son modèle : l’Arcadie, de Sannazar, poète latin italien, et à quelques autres prédécesseurs : Théocrite, Moschus, Tibulle, Longus, Navagero, Jean Second, etc.

La composition en est quelquefois défectueuse. Néanmoins, Remy Belleau y montre, dans ses descriptions, les qualités d’un excellent peintre réaliste. Il y témoigne aussi d’un vif sentiment de la nature, que ses contemporains admirèrent. Enfin, il y a atteste que, seul peut-être parmi les poètes de la Pléiade, il consacra à l’art décoratif de son temps une étude approfondie et lui voua une vénération ardente. A bien des titres, mais à ce titre surtout, la Bergerie vaut d’être lue. Elle est l’expression littéraire la plus remarquable de l’art de la Renaissance.




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