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Légendes, croyances, superstitions. Pluies d'insectes, papillons, hannetons, grenouilles, poussière, sang. Fléaux naturels - Histoire de France et Patrimoine


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Légendes, Superstitions

Légendes, superstitions, croyances populaires, rites singuliers, faits insolites et mystérieux, récits légendaires émaillant l’Histoire de France


Pluies (Les) d’insectes, de poussière
ou de sang sèment la terreur
à travers les âges
(D’après « Le Journal de la jeunesse. Nouveau
recueil hebdomadaire illustré », paru en 1881)
Publié / Mis à jour le mercredi 4 novembre 2015, par LA RÉDACTION



 
 
 
Dévastant les cultures et semant la terreur parmi les habitants des contrées touchées, les pluies d’insectes tels que hannetons ou papillons, de poussière ou encore de « sang » émaillent l’histoire de nos provinces ainsi que celle de nombreux pays : aux explications irrationnelles nourries de superstitions, se substituèrent, tardivement, des justifications scientifiques n’entamant cependant pas l’aversion suscitée par ces fléaux

En juin 1879, une véritable pluie de papillons s’abattit sur Paris. Ces insectes appartenaient la famille des Belles dames ou des Vanesses. Cette pluie d’insectes tomba non seulement à Paris, mais dans un grand nombre de villes de France, en Silice, en Espagne...

A l’observatoire du Puy-de-Dôme, on constata que les papillons marchaient par groupes de 2, 3, 4, 5 ou 6. « La largeur de la colonne qu’ils formaient dans leur ensemble, à la hauteur de Clermont, avait au moins 8 kilomètres ; mais il est probable qu’elle avait une dimension beaucoup plus grande. En se basant sur des chiffres moyens, le nombre des papillons serait de trois millions. »

Ces insectes étaient d’ailleurs parfaitement inoffensifs. On sait qu’il n’en fut pas toujours ainsi et, pour n’en citer qu’un exemple, il suffit de rappeler que de véritables pluies de sauterelles venaient trop fréquemment dévaster notre colonie algérienne. « Les sauterelles arrivent, soutenues par les vents, s’abattent, et changent en désert la contrée la plus fertile. Vues de loin, leurs bandes innombrables ont l’aspect de nuages orageux. Ces nuées sinistres cachent le soleil. Aussi haut et aussi loin que les yeux peuvent porter, le ciel est noir et le sol inondé de ces insectes. Le bruissement de ces millions d’ailes est comparable au bruit d’une cataracte. Quand l’horrible armée se laisse tomber à terre, les branches des arbres cassent. En quelques heures, et sur une étendue de plusieurs lieues, toute végétation a disparu. Les blés sont rongés jusqu’à la racine, les arbres dépouillés de leurs feuilles. Tout a été détruit, scié, haché, dévoré. Quand il ne reste plus rien, le terrible essaim s’enlève, comme à un signal donné, et repart, laissant derrière lui le désespoir et la famine. »

L’historien Mézeray rapporte qu’au mois de janvier 1613, sous Louis XII, les sauterelles firent invasion dans la campagne d’Arles. En sept ou huit heures, les blés et les fourrages furent dévorés jusqu’à la racine, sur une étendue de pays de 1500 arpents. Elles passèrent ensuite le Rhône, vinrent à Tarascon et à Beaucaire, où elles mangèrent les plantes potagères et la luzerne.

Enfin, elles furent heureusement détruites en grande partie par les étourneaux et d’autres oiseaux insectivores accourus par bandes immenses à cette curée formidable. Les consuls d’Arles et de Marseille firent ramasser les œufs ; Arles dépensa pour cette chasse 25000 francs. Trois mille quintaux d’œufs furent enterrés ou jetés dans le Rhône. En comptant 1 750 000 œufs par quintal (100 kilogrammes), cela donnerait un total de 5 milliards 250 millions de sauterelles détruites en germe et qui, sans cela, auraient bientôt renouvelé les ravages dont le pays venait d’être victime.

Les historiens anciens nous apprennent qu’ils furent témoins de pluies de grenouilles et même de pluies de poissons. Citons nos auteurs. Philarcus raconte que « Dieu fit pleuvoir des grenouilles autour de la Poenie et de la Dardanie, en si grande quantité que les maisons et les chemins en étaient remplis. On ferma les habitations et on en tua un grand nombre ; on trouvait des grenouilles mêlées aux aliments et cuites avec eux ; les eaux en étaient remplies ; on ne pouvait poser le pied à terre. La décomposition de leurs cadavres donna une odeur tellement infecte, qu’il fallut déserter le pays. »

Diligence arrêtée par une pluie de hannetons en 1832
Diligence arrêtée par une pluie de hannetons en 1832

Enfin, on a vu de véritables pluies de hannetons. Figuier rapporte « qu’en 1688, dans le comté de Galway, en Irlande, ils formaient un nuage si épais, que le ciel en était obscurci l’espace d’une lieue, et que les paysans avaient peine à se frayer un chemin dans les endroits où ils s’abattaient. Ils détruisirent toute la végétation, de sorte que le paysage revêtit l’aspect désolé de l’hiver. Leurs mâchoires voraces faisaient un bruit comparable à celui que produit le sciage d’une grosse pièce de bois, et le soir le bourdonnement de leurs ailes ressemblait à des roulements lointains de tambours. Les malheureux Irlandais furent réduits à faire cuire leurs envahisseurs et à les manger à défaut d’autre nourriture. »

Notre gravure représente une scène qui eut lieu en 1832 sur la route de Gournay à Gisors. « Le 18 mai, à neuf heures du soir, une légion de hannetons assaillit une diligence avec une telle violence, que les chevaux, aveuglés et épouvantés, refusèrent d’avancer, et que le conducteur fut obligé de rétrograder jusqu’au village, pour y attendre la fin de cette grêle d’un nouveau genre. »

Tous ces phénomènes qui étaient autrefois considérés comme des prodiges, s’expliquent aujourd’hui de la manière la plus naturelle quand on se rappelle avec quelle force le vent soulève et transporte à de grandes distances les objets les plus pesants. On a vu certaines trombes enlever des troupeaux, des hommes, des arbres centenaires et les rejeter à plus de mille mètres ; soulever l’eau des rivières, entraîner les poissons et les projeter au loin avec une force considérable.

Les pluies d’insectes ne sont pas les seuls prodiges de cette nature qui aient frappé l’imagination superstitieuse des anciens. Les vieilles chroniques nous rapportent qu’à plusieurs reprises le ciel fit tomber sur la terre des croix, du lait, de la poussière, du sang. Sans crier au miracle, nous observons fréquemment des chutes de poussière ; il est bien vrai qu’à certains moments, dans le sud de l’Europe par exemple, ces chutes présentent un caractère tout particulier. Parmi les nombreuses descriptions qui ont été données des pluies de poussière, retenons celle de Thornburn, dans son travail sur le Bannu, district de Pendjab dans l’Indoustan.

« C’est un spectacle grand et solennel que le commencement d’un orage de poussière, dans une journée d’été, pour l’observateur placé sur une des collines qui s’élèvent en amphithéâtre autour de la plaine du Marwal. Le Marwal, lac desséché, est aujourd’hui une vaste plaine, dénuée d’arbres et couverte de sable onduleux. D’abord apparaît un point noir au bout de l’horizon ; il s’allonge rapidement et ne tarde pas à s’étendre de l’est à l’ouest ; c’est alors une puissante et terrible muraille, épaisse de mille pieds et longue de 50 kilomètres. Elle s’approche avec un bruit étourdissant. Tantôt une aile est poussée en avant, tantôt une autre ; mais la masse s’avance de plus en plus. Elle est précédée par une nuée d’oiseaux de proie, milans, aigles et vautours.

« Les villages, situés au bas de la colline d’où l’on observe ce phénomène, disparaissent les uns après les autres sous les nuages de poussière. Encore quelques minutes et le sommet du Skekhbudin, qui se baignait un instant auparavant dans les rayons du soleil, est enveloppé de nuages jaunes, qui fuient et s’éloignent rapidement. Un moment suffit pour faire disparaître ce spectacle grandiose ; il n’en reste qu’une poussière étouffante, désordonnée, affluant et refluant dans toutes les directions, pénétrant dans toutes les fissures. Hors des demeures, on ne peut voir que des ténèbres palpables ; on n’entend que le sifflement du vent, mais, dans l’intérieur des maisons, on allume les lampes et, au bout d’un quart d’heure, l’orage, qui a exercé ses ravages sur les flancs des coteaux, s’apaise et se calme peu à peu. »

Les pluies de poussière sont dues soit au sable du désert entraîné par les vents, soit aux cendres qui s’échappent des volcans au moment des éruptions. « Une des éruptions volcaniques qui ont causé le plus de terreur dans les temps modernes est celle du volcan Coseguina, situé au sud de la baie de Fonseca, dans l’Amérique centrale. La quantité de cendres vomies par le volcan atteignit des proportions formidables. Une immense nappe de poussière s’étendit dans le ciel ; elle fut portée par le vent jusqu’à plus de 500 lieues vers l’ouest. La superficie de terre et d’eau sur laquelle s’abattit la poussière, a été évaluée à 4 millions de kilomètres carrés, et, quant à la masse vomie, elle n’a pas été inférieure à 50 millions de mètres cubes.

Pluie de sang en Provence en 1608
Pluie de sang en Provence en 1608

« En 1815, un volcan de l’île Sumbava, le Timboro, recouvrit de cendres une surface de terre et de mer supérieure à celle de l’Allemagne. L’imagination populaire fut tellement frappée de ce cataclysme, qu’à Bruni, dans l’île de Bornéo, où des amas de la poussière vomie par le Timboro à 1400 kilomètres au sud, avaient été portés par le vent, on compte les années à dater de la grande chute de cendres. »

Ces chutes de poussière vont nous faire comprendre de quelle nature était ce singulier prodige connu sous le nom de pluie de sang. L’historien Plutarque nous raconte que ces pluies de sang apparaissent souvent après les batailles meurtrières, et il explique sérieusement que la vapeur du sang répandu s’élève dans l’air, se fixe dans les nuages et retombe sur la terre avec la pluie ! Nous pourrions dresser une longue liste des pluies de sang relevées par les historiens ; il nous suffira d’emprunter à Grellois le récit de ce qui se passa à Aix en juillet 1608 :

« Une pluie de sang tomba à Aix et s’étendit à une demi-lieue de la ville. L’effroi était dans tous les esprits. Heureusement un homme instruit, M. de Peiresc, se livra sur ce soi-disant prodige à des recherches assidues. Il reconnut que les matières rouges qui existaient dans l’eau de pluie n’étaient autre chose que les excréments de papillons qu’on avait observés en abondance dans les commencements de juillet. Il s’empressa de montrer le fait aux amis du miracle, mais le peuple des faubourgs continua de ressentir une véritable terreur à la vue de ces larmes sanglantes qui tachaient le sol de la campagne. »

Les pluies de sang ne sont pas uniquement colorées par des excréments d’insectes ; elles contiennent le plus souvent un sable rouge très fin, enlevé au désert par ces violentes tempêtes connues sous le nom de Simoun. Ainsi, la science a définitivement renversé la légende en ce qui concerne les pluies de sang. On sut que les pluies rouges tombant sur le sud de l’Europe étaient dues aux sables du Sahara qu’un vent impétueux soulève et transporte à d’énormes distances.

A certaines époques de l’année, plus particulièrement en février et en mars, de violents tourbillons atmosphériques se forment au nord de l’Europe, descendent assez rapidement vers l’Afrique, où ils forment de véritables tempêtes dans le Sahara et soulèvent des quantités énormes de sable. Ces tempêtes éprouvent alors un mouvement de recul, reviennent du sud au nord vers leur point de départ et amènent avec elles le sable rouge du désert.


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