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28 décembre 1708 : mort du botaniste Joseph Pitton de Tournefort - Histoire de France et Patrimoine


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28 décembre 1708 : mort du botaniste
Joseph Pitton de Tournefort
(D’après « Nouvelle biographie générale depuis
les temps les plus reculés jusqu’à nos jours » (Tome 45)
et « Biographie universelle ancienne
et moderne » (Tome 46), paru en 1826)
Publié / Mis à jour le jeudi 22 décembre 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
Se livrant avec passion à la recherche des plantes dès son plus jeune âge, Tournefort, dont la vocation fut un temps contrariée en raison de la volonté paternelle, fit avancer la classification en botanique et acquit une solide réputation sitôt publié son premier ouvrage

Joseph Pitton de Tournefort naquit à Aix-en-Provence le 3 juin 1656. Le nom de Tournefort était celui d’une terre possédée par sa famille. Il fit ses études au collège des Jésuites, dans sa ville natale. On ne peut douter du soin qu’il mit à s’instruire dans les langues anciennes. Les connaissances qu’il y acquit servirent de base à cette érudition dont nous trouvons tant de traces dans ses ouvrages, et surtout dans son Voyage du Levant.

Mais la passion de la botanique domina bientôt chez lui toutes les autres. Dès son enfance, elle s’était manifestée : il était né botaniste, comme on naît poète. Il se livra donc avec ardeur à la recherches des plantes. Il parcourait les campagnes environnantes, et quelquefois ses herborisations lui faisaient manquer la classe. Aussi apprit-il, en peu de temps, à connaître toutes les plantes de cette partie de la Provence. Il termina ses études par son cours de philosophie ; mais son esprit droit et positif ne pouvait s’accommoder d’un enseignement aussi vague que celui qui régnait alors. Son père, qui le destinait à l’état ecclésiastique, désira qu’il étudiât la théologie, et il le fit entrer dans un séminaire. Fils soumis, le jeune Tournefort embrassa cette carrière ; mais sa tendresse filiale ne put le faire triompher de ses goûts. Il joignit même à ses études habituelles celle de la physique, de la chimie et de la médecine.

Joseph Pitton de Tournefort
Joseph Pitton de Tournefort

La mort de son père, arrivée en 1677, lui rendit sa liberté. L’année suivante, il parcourut les montagnes du Dauphiné et de la Savoie, d’où il rapporta un grand nombre de plantes : ce fut le commencement de son herbier. En 1679, il se rendit à Montpellier, dans le dessein de s’y livrer plus spécialement à l’anatomie et à la médecine. Il y passa deux ans, occupé de ces sciences et de la recherche des végétaux du pays, et il s’y lia avec Magnol, qui lui eut par la suite de grandes obligations. Le midi de la France ne suffisait plus à Tournefort. En 1681, il visita la Catalogne, puis les Pyrénées, où il herborisa depuis le printemps jusqu’à la fin de l’année.

Pendant ce temps, son ardeur pour la science et la force de sa constitution furent mises à de très rudes épreuves. Réduit au plus strict nécessaire, il fut néanmoins dépouillé plusieurs fois par les miquelets, et il ne réussit à sauver son argent qu’en le cachant dans le pain noir et dur dont il faisait sa subsistance, et qui n’excitait que le dédain de ces brigands. Il courut un danger plus grand encore. Une cabane dans laquelle il couchait s’écroula, et il resta enseveli sous les décombres, d’où il ne fut tiré qu’au bout de deux heures. Le spectacle des richesses dont il était entouré, le dédommageait de ces contrariétés, et il rapporta une abondante moisson de plantes.

Quoique Tournefort n’eût rien publié, son nom parvint à Fagon, alors médecin de la reine, qui l’attira à Paris (1683), et qui lui procura la place de professeur de botanique au Jardin royal des plantes (Jardin du roi). Cette position n’amortit en rien chez lui la passion des voyages. Il retourna en Espagne, se préoccupa de la fécondation des palmiers en Andalousie, et passa en Portugal. Il alla aussi en Angleterre et en Hollande, et vit à Leyde le célèbre Hermann, qui voulut l’avoir pour successeur.

Ce ne fut qu’en 1694 que Tournefort fit sa première publication ; déjà depuis 1692 il était membre de l’Académie des sciences, où il avait été admis par les soins de l’abbé Bignon. Ce premier ouvrage, auquel il travaillait depuis plusieurs années et ayant pour titre Éléments de botanique, ou Méthode pour connaître les plantes, fonda la réputation du grand botaniste et la rendit bientôt européenne. En 1698 eut lieu sa réception de docteur, et sa thèse fut dédiée à Fagon. Sa soutenance fut entourée d’un très grand appareil, autant à cause de la réputation du récipiendaire que de la position de l’illustre médecin qui la présidait.

Sur la proposition de Pontchartrain, Tournefort reçut de Louis XIV l’ordre d’aller dans le Levant et en Afrique. Après avoir été présenté au roi, il quitta Paris le 9 mars 1700, accompagné d’Aubriet, dessinateur habile, et d’un jeune médecin allemand, Gundelsheimer. Il visita Candie et toutes les îles de l’Archipel, Constantinople, les côtes méridionales de la mer Noire, l’Arménie turque et persane, la Géorgie, le mont Ararat, et revint par l’Asie Mineure jusqu’à Smyrne. Il était de retour à Marseille le 3 juin 1702. La peste qui sévissait à Alexandrie l’empêcha d’explorer l’Égypte et la Syrie.

De retour en France, il montra avec quel zèle et quelle intelligence il avait rempli sa mission ; antiquités, observations de mœurs et de coutumes, remarques relatives au commerce et aux produits territoriaux des lieux qu’il avait visités, zoologie, botanique, minéralogie, tout avait attiré son attention, et 1356 plantes, la plupart nouvelles et habilement décrites, vinrent prendre place dans le catalogue des richesses végétales alors connues. Tournefort, peu après son retour, fut nommé professeur de médecine au Collège de France.

A partir de ce moment sa vie n’offre aucun incident remarquable. Les devoirs du professorat, la direction du Jardin des plantes, l’arrangement de ses collections, de plus en plus considérables, et qu’il légua par testament au Cabinet d’histoire naturelle de Paris, occupaient tout son temps. Cependant s’il eût vécu, il pouvait acquérir encore de nouveaux titres à l’estime des savants par d’importantes publications, lorsque, dans la rue Copeau, il fut atteint par une charrette ; le coup violent qu’il en reçut était mortel ; il languit pendant un mois, et expira à l’âge de cinquante-deux ans et demi. Il avait profité du court répit que lui laissait la mort pour mettre en ordre ses manuscrits, notamment celui qui devait terminer son Voyage.

Tournefort, s’il n’égale pas en mérite Linné, l’a du moins formé par ses ouvrages, et l’illustre Suédois se plaît à le reconnaître. Ses premières analyses de fleurs furent faites d’après la méthode de Tournefort. Il ne connaissait en 1729 que la nomenclature de l’auteur français ; il écrivit à Haller qu’aucun système aussi naturel n’avait paru et n’a paru depuis lui ; les labiées, les crucifères, les liliacées, les ombellifères, les papilionacées sont des classes excellentes, qui n’auraient besoin que de bien légères modifications pour être parfaites.

Le système dont il est ici question, et qui a dominé la science pendant plus d’un siècle, est, comme on sait, fondé sur la forme de la corolle, organe qui a sa valeur taxonomique sans doute, mais qui ne peut fournir qu’un petit nombre de classes, considéré dans ses principales modifications, et qui en donnerait un nombre presque indéfini si l’on voulait les accepter toutes. Tournefort, qui a senti cet inconvénient, a créé sa Xle classe, les anomales, pour y renfermer les corolles qui s’éloignaient des formes les plus tranchées ; encore doit-on dire que sa IIIe, les personnées, est elle-même anomale.

Pour arriver à constituer un nombre suffisant de classes, il a, cédant en cela aux idées de son temps, divisé les plantes en herbacées et en ligneuses, soumettant les unes et les autres aux mêmes bases taxonomiques, la forme de la corolle, sa régularité, la liberté ou l’union de ses parties. Il est facile de comprendre tout ce que les affinités naturelles ont dû souffrir d’une pareille séparation ; aussi pouvait-on prévoir que cette méthode n’avait en elle aucune condition sérieuse de durée. Mais si les classes sont établies sur des caractères de faible valeur, il n’en est pas de même des ordres, habilement établis, presque tous naturels, ainsi que les genres ; le temps en a si bien démontré la valeur, que, malgré l’esprit d’innovation qui tourmente les botanistes, plus de 130 des genres fondés par Tournefort ont été conservés.

Comme botaniste descripteur Tournefort est au premier rang. Ses descriptions sont parfaites ; il sépare nettement les espèces des variétés, et fait voir quels sont les caractères inconstants sur lesquels on ne peut rien statuer. Près de 500 planches accompagnent l’édition latine des Éléments de botanique ; les premières et les dernières sont consacrées à faire connaître la fleur et à bien déterminer ce que l’auteur entend par corolle campaniforme, infundibuliforme, rotacée, crucifère, etc. ; les autres constituent un véritable genera. Chaque genre est habilement analysé ; les planches ont été gravées sur les dessins d’Aubriet, qui a reproduit avec un rare bonheur la forme des parties les plus mystérieuses de la fleur et du fruit.




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