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27 décembre 1585 : mort du poète Pierre de Ronsard - Histoire de France et Patrimoine


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27 décembre 1585 : mort du poète
Pierre de Ronsard
Publié / Mis à jour le mardi 20 décembre 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
Placé au premier rang des poètes français par les savants les plus distingués, Pierre de Ronsard, figure majeure de la littérature poétique de la Renaissance, s’attira l’affection et suscita les éloges de plusieurs souverains, parmi lesquels Charles IX qui ne voulait pas voyager sans l’avoir à ses côtés

Pierre de Ronsard naquit en septembre 1524 au château de la Poissonnière, dans le Vendômois, de Louis de Ronsard, chevalier de l’ordre du roi et maître d’hôtel de François Ier. Claude Binet, premier biographe du poète, prétend que la famille de Ronsard était originaire des confins de la Hongrie et de la Bulgarie : on y voyait, dit-il, « une seigneurie appelée le marquisat de Ronsard » ; c’est ce que confirme le poète lui-même dans une Élégie adressée à Remi Belleau :

Plus bas que la Hongrie, en une froide part,
Est un seigneur nommé le marquis de Ronsart.

Il paraît que le vrai nom de cette famille était Roussard. Jean Bouchet, de Poitiers, qui parle souvent du père de Ronsard, dans ses Épîtres, ne le nomme jamais que Louis Roussart, sieur de La Poissonnière ; et Marin, dans une Élégie composée en 1550, appelle le poète, Roussart. On sait, par tradition, dit La Monnoye dans ses Remarques sur les Jugements des savants de Baillet, que Pierre Ronsard avait les cheveux roux. Il conjecture que le nom de Roussart a pu être donné à la famille parce qu’on y naissait rousseau, et que ce nom a depuis été changé en celui de Ronsard.

Suivant Binet, ce fut un Baudouin Ronsard qui, à la tête d’une compagnie de gentilshommes, vint, du fond de la Germanie, offrir ses services à Philippe de Valois. Il ajoute que Baudouin, ayant fait de grandes prouesses contre les Anglais, fut comblé de bienfaits par ce monarque, et qu’il s’établit dans le Vendômois.

Quoi qu’il en soit de cette origine, Pierre de Ronsard fut envoyé à Paris, à l’âge de neuf ans, au collège de Navarre (octobre 1533) ; mais, après six mois d’études, qui n’étaient pas de son goût, il entra, en qualité de page, auprès du dauphin François, fils aîné de François Ier ; puis, à la mort du dauphin (août 1536), au service du duc Charles d’Orléans, troisième fils du roi ; et, bientôt après (1537), il fut attaché, dans le même emploi, à Jacques Stuart, roi d’Écosse, qui était venu épouser, en France, Marie de Lorraine. Ronsard suivit ce prince en Écosse, et passa trois années en Grande-Bretagne. De retour en France, il fut encore attaché au duc d’Orléans, qui l’envoya, pour quelques affaires secrètes, en Irlande, en Zélande, et ensuite en Écosse. Le vaisseau qui le portait, battu de la tempête, se brisa en entrant au port ; mais le poète et l’équipage furent sauvés.

Pierre de Ronsard, par Michel Lasne (1595-1667), graveur ordinaire du roi de France
Pierre de Ronsard, par Michel Lasne (1595-1667), graveur ordinaire du roi de France

Ronsard n’avait encore que seize ans lorsqu’il accompagna Lazare de Baïf, envoyé, par François Ier, à la diète de Spire. Bientôt après, il suivit, en Piémont, M. de Langey. Ces voyages lui donnèrent, avec la connaissance de plusieurs langues, de précoces infirmités. Il devint sourd ; et cet accident, en ne lui permettant plus de se rendre agréable dans le monde, et surtout à la cour, fut la première cause de la gloire qu’il acquit dans les lettres. Il s’enferma au collège de Coqueret, et suivit, pendant cinq ans, avec ardeur et sans distraction, les leçons de Jean Daurat, d’Adrien Turnèbe, et devint grand helléniste. Il traduisit en vers le Plutus d’Aristophane, et fit jouer cette pièce au collège.

Ses premières poésies eurent un succès prodigieux. Il fut couronné aux jeux floraux. Au lieu de la fleur accoutumée (l’églantine), les magistrats de Toulouse lui décernèrent une Minerve d’argent massif et rendirent au Capitole un décret qui proclama Ronsard le Poète français par excellence. Mellin de Saint-Gelais (1491-1558), qui ambitionnait le même honneur, se déchaîna souvent contre lui, devant François Ier ; et Ronsard composa une prière, dans laquelle il disait, s’adressant à Dieu :

... Fais que devant mon prince
Désormais plus ne me pince
La tenaille de Melin.

Cependant la cour était partagée entre Ronsard et Saint-Gelais. Joachim du Bellay avait aussi ses partisans. Enfin le monarque restaurateur des lettres se prononça pour Ronsard et lui adjugea tout l’héritage de gloire de Clément Marot. Ronsard fut ébloui de sa fortune. Il se regarda comme le conquérant du Parnasse français, et prétendit en être le premier et le souverain législateur.

Il affecta tant d’érudition dans ses vers et même dans ses livres d’Amours, que ses maîtresses avaient besoin, pour l’entendre, du secours dangereux des commentateurs étrangers. On eût dit qu’il se plaisait à mettre ses lecteurs à la torture ; et « toutefois longtemps », selon Boileau, il « eut un heureux destin ». Aucun poète ne fut ni plus loué, ni mieux récompensé. Le grave historien De Thou le compare et l’égale aux premiers poètes de l’antiquité : il le place au-dessus de plusieurs d’entre eux, et le déclare le poète le plus accompli qui ait paru depuis les temps d’Horace et de Tibulle. Les savants les plus distingués du XVIe siècle, les Scaliger, les Turnèbe, les Muret, les Pithou, les Sainte-Marthe, les Pasquier, lui assignent le premier rang sur le Parnasse français ; et plusieurs n’ont pas craint de faire asseoir Ronsard entre Homère et Virgile.

Montaigne, qui le nomme avant Du Bellay, trouve que, dans la partie où il excelle, il n’est guère éloigné de la perfection ancienne. Henri II, Charles IX et Henri III, élevèrent encore la haute estime dont il avait joui sous François Ier. Charles IX lui montra surtout une affection particulière : il ne voyageait point sans Ronsard ; il voulait qu’il fût logé avec lui. Il lui écrivait, comme à un ami : « Il faut suivre ton roi qui t’aime par sus tous ».

La réputation de Ronsard avait franchi les mers. Ses poésies consolaient Marie Stuart dans sa captivité. Cette reine infortunée fit faire un Parnasse d’argent, qu’elle lui adressa, avec cette inscription gravée : « A Ronsard, l’Apollon de la source des Muses ». Lorsque Chastelard, téméraire amant de cette princesse, fut décapité, il ne voulut d’autre viatique que les vers de Ronsard. « Le jour venu, dit Brantôme, ayant été mené sur l’échafaud, avant mourir, prit en ses mains les Hymnes de M. Ronsard, et, pour son éternelle consolation, se mit à lire tout entièrement l’Hymne de la mort, qui est très bien fait, ne s’aidant autrement d’autre livre spirituel, ni de ministre, ni de confesseur. »

L’état ecclésiastique qu’avait embrassé Ronsard permit à Charles IX d’ajouter aux pensions qu’il faisait à son poète l’abbaye de Bellosane et deux autres prieurés. De Thou fait aussi Ronsard curé d’Évailles, et ajoute qu’il marcha à la tête de la noblesse armée de la Touraine et du Vendômois (1562), pour châtier les brigands qui pillaient les églises. On ignore où est située cette cure d’Évailles — à moins que l’on ne suppose qu’il s’agit d’Évaillé, dans la Sarthe, près de Saint-Calais — ; et Ronsard dit plusieurs fois, dans ses vers, qu’il n’a point été élevé aux fonctions du sacerdoce. Cependant, il est qualifié de conseiller et aumônier ordinaire du roi et de Madame de Savoie dans les lettres patentes données le 23 février 1558, et contenant privilège pour l’impression de ses ouvrages.

Ainsi, l’on peut difficilement admettre que ce poète n’ait pas été prêtre, mais selon certains auteurs il n’était pas digne de l’être : De Thou, par exemple, convient que la vie de Ronsard était peu régulière, et que, dans sa conduite et dans ses mœurs, il n’y avait rien de pastoral. « Quoi qu’il fût, dit-il, aussi robuste qu’il était bien fait de sa personne, ses débauches et ses excès ruinèrent ses forces et détruisirent sa santé. » La goutte et d’autres infirmités précipitèrent sa vieillesse. Il passa ses dernières années retiré du monde, et mourut dans son prieuré de Saint-Côme, près de Tours, le 27 décembre 1585. Il se montra chrétien sur son lit funèbre : les derniers vers qu’il dicta à ses amis sont deux sonnets, dans lesquels il excite son âme à s’envoler dans le sein de la Divinité, et à se reposer dans sa miséricorde. Les moines de son prieuré l’enterrèrent sans pompe.

Mais, deux mois après sa mort, le 24 février 1586, un service solennel fut célébré pour lui à Paris, dans la chapelle du collège de Boncour. Le roi y envoya sa musique ; la cour et le parlement y assistèrent : Duperron, évêque d’Evreux, depuis cardinal, prononça l’oraison funèbre. La foule fut si considérable que le cardinal de Bourbon et plusieurs autres princes et seigneurs se retirèrent. A l’oraison funèbre succéda la déclamation d’une Églogue française, composée par Claude Binet. D’autres discours, d’autres vers furent, le lendemain, publiquement récités dans divers collèges de Paris. Toutes les Muses, grecques, latines, françaises, italiennes, s’empressèrent de payer leur tribut aux mânes de Ronsard. Mais tous ces éloges, prodigieusement emphatiques, pouvaient à peine égaler ceux que Ronsard vivant s’était donnés lui-même. Faisait-il des Odes, il disait : « Je Pindarise ». Il prétendait que de Ronsard on avait fait rossignol. Quelques biographes lui font dire qu’il était né l’an du désastre des Français devant Pavie, « comme si le ciel avait voulu, par là, dédommager la France de ses pertes », mais cette réflexion singulière est de l’historien De Thou, qui paraît avoir épuisé, pour Ronsard, toutes les formules de l’éloge.

Vingt-quatre ans après sa mort, Joachim de La Chétardie, conseiller-clerc au parlement de Paris, et prieur commandataire de Saint-Côme, fit élever à Ronsard un magnifique tombeau, qui renferma ses cendres. Scévole de Sainte-Marthe appelait Ronsard le Prodige de la nature, le Miracle de l’art. L’historien et magistrat Etienne Pasquier (1529-1615) ne pouvait croire que Rome eût produit un plus grand génie. Jules Scaliger lui dédia un ouvrage, comme au prince des poètes français.




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