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28 novembre 1721 : supplice du brigand Louis-Dominique Cartouche - Histoire de France et Patrimoine


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28 novembre 1721 : supplice du brigand
Louis-Dominique Cartouche
Publié / Mis à jour le vendredi 27 novembre 2015, par LA RÉDACTION



 

Cartouche annonça de bonne heure ce qu’il serait un jour : il avait à peine onze ans, que dans le collège où il faisait ses classes, il commettait une multitude de petites friponneries. S’étant évadé du collège et de la maison paternelle, il erra quelque temps dans les provinces, et acheva de se perfectionner dans une bande de voleurs qui ravageait la Normandie.

Louis-Dominique Cartouche
Louis-Dominique Cartouche
Il revint ensuite exercer son métier dans la capitale, avec un succès qui passa ses espérances ; mais, malgré toute son habileté, ayant su qu’il était déjà signalé, il va trouver hardiment d’Argenson, lieutenant de police, et lui propose de lui découvrir tous les voleurs qui étaient dans la capitale ; d’Argenson accepte et lui assigne un écu par jour. Mais bientôt Cartouche s’engage et part pour le régiment ; c’est là qu’il devint un brigand consommé.

Revenu dans la capitale après la fin de la guerre, avec plusieurs soldats, il leur persuada de s’associer avec lui, pour exercer en commun leurs brigandages. On s’occupa d’abord d’augmenter le nombre des associés, et en peu de temps il devint considérable. Cartouche leur dit alors qu’il fallait élire un chef et faire un code de discipline. On convoqua à cet effet une assemblée générale, dans un lieu désert, quoique voisin de Paris. Cartouche y harangua sa troupe avec une éloquence qui lui mérita, par acclamation, le titre de chef suprême, avec le droit de vie et de mort sur chacun des membres. Ils se lièrent tous ensuite par les serments les plus terribles.

Bientôt on n’entendit parler dans Paris et les environs que de vols et de meurtres effroyables. Les magistrats ne pouvant parvenir à faire arrêter Cartouche, firent proclamer une récompense à ceux qui le mettraient dans les mains de la justice. Cartouche ayant découvert qu’un membre de sa troupe avait été ébranlé par l’appât de la récompense, résolut de faire un exemple qui effrayât les autres. Il convoqua une assemblée générale ; il dit à celui qu’il soupçonnait de le trahir d’approcher ; après lui avoir fait les reproches les plus violents sur sa lâcheté, il ordonne qu’on l’égorge, ce qui est exécuté sur-le-champ.

L’exemple que venait de faire Cartouche fut inutile : un de ses camarades le trahit encore et le fit prendre dans un cabaret situé entre Belleville et Ménil-Montant, pendant qu’il dormait étendu sur un mauvais grabat ; il fut mis dans un cachot de la tour de Montgommery. Interrogé sur ses complices, il répondit qu’il n’en avait point : lorsqu’on lui confronta ceux qui étaient dans les prisons de la Conciergerie, il nia hardiment qu’il en connût aucun ; et ceux-ci, à leur tour, dirent qu’ils ne le connaissaient pas.

Il soutint toujours que son nom était Charles Bourguignon, fils de Thomas Bourguignon, et qu’il était originaire de Bar-sur-Seine. Un jour qu’on l’interrogeait, il demanda une bouteille de vin de Bourgogne, et dit en plaisantant : « Mon amour pour ce vin prouve que je suis du même pays que lui, et que je suis bon patriote. »

Il avait toujours affecté une contenance ferme et tranquille ; mais un accident imprévu vint déconcerter toute sa sécurité. On trouva dans la poche d’un de ses habits un passeport signé du duc de Lorraine ; on lui montra ce passeport qu’il croyait déchiré depuis longtemps ; on lui demanda d’où il l’avait ; il pâlit à cette demande imprévue : aussitôt parurent sa mère et son frère cadet ; on leur demanda s’ils le connaissaient, ils assurèrent que oui, et qu’il était Louis-Dominique Cartouche. Le pauvre Cartouche, étourdi d’un pareil coup, fit tous ses efforts pour se remettre, et leur répondit qu’ils étaient des imposteurs gagés pour le perdre ; mais malgré toutes ses dénégations, comme on avait acquis des preuves plus que suffisantes, il fut enfin condamné à être rompu vif.

Cartouche dans sa prison, exhorté au repentir par deux moines
Cartouche dans sa prison, exhorté
au repentir par deux moines
Avant d’aller au supplice, Cartouche fut appliqué à la question ; mais on ne put lui arracher un seul mot contre ses complices ; son confesseur ne réussit pas mieux. Cartouche traita de lâche et de parjure un de ses compagnons qui avait succombé à la huitième pinte d’eau.

Le moment fatal étant enfin arrivé, il fut conduit à la Grève sur les cinq heures du soir. Toutes les fenêtres étaient pleines, et les places retenues depuis plus d’un mois. Cartouche, en arrivant sur la place, voyant quatre roues et deux potences environnées d’archers du guet à pied et à cheval, dit tout haut : « Voilà un vilain aspect. » Son confesseur voulut profiter de ce moment de frayeur pour l’engager à satisfaire à sa conscience et à la justice, par une déclaration entière de ses crimes et de ses complices ; mais il protesta qu’il n’avait rien à dire, et monta d’un air intrépide sur l’échafaud. Alors il regarda de tous les côtés pour voir si ses complices ne venaient pas le délivrer, comme ils s’y étaient tous engagés par les plus forts serments. Voyant que la terreur leur avait fait oublier leurs promesses, il se crut lui-même dégagé des siennes ; il demanda son confesseur, et lui dit qu’il voulait parler à ses juges, et qu’il avait des secrets importants à leur communiquer avant de mourir ; on le conduisit sur-le-champ à l’Hôtel de Ville.

Il commença par reconnaître tous les crimes dont on l’avait accusé, et en déclara qu’on ignorait ; il dénonça ensuite ses complices, détailla les crimes de ceux qui étaient déjà prisonniers, et déclara où l’on trouverait ceux qui ne l’étaient pas encore ; en attendant que ces derniers fussent pris, il se retira dans un coin de la salle avec son confesseur, dont il écouta les exhortations avec beaucoup de ferveur et de repentir.

Cependant les archers qu’on avait envoyés de tous côtés dans Paris pour arrêter ses camarades, en surprirent un grand nombre, et les conduisirent à l’Hôtel de Ville. « Messieurs, leur dit Cartouche, mon confesseur m’a commandé, de la part de Dieu, de faire à la justice une déclaration entière de ce que je savais ; je le ferai avec d’autant plus de raison, que vous avez manqué à la parole formelle que vous m’aviez donnée de me délivrer au péril de votre vie. » Alors il désigna les noms de chacun en particulier, et déclara leurs crimes. Il nomma en outre plus de quatre-vingts personnes qui avoient déjà pris la fuite. Il dénonça quarante personnes qui s’étaient mises à la suite de mademoiselle de Montpensier, qui allait en Espagne.

Il indiqua la demeure de ses maîtresses, et l’on envoya sur-le-champ des archers qui les amenèrent devant lui : il en avait trois. L’une était une fille, grande, bien faite, qu’il appelait sa Sœur grise. Il déclara qu’elle avait eu plusieurs enfants de lui, et qu’elle en avait tué un. Sur les preuves qu’il en donna, elle fut conduite dans un cachot.

Sa seconde maîtresse, qu’il appelait la Sultane régnante, parut ensuite d’un air hardi, et avec des habits magnifiques, toute couverte de pierreries ; il ne chargea point celle-là. Ainsi, on se contenta de la raser en sa présence et de la renfermer pour dix ans.

La troisième était une de ces fameuses poissonnières, de la Halle, qu’il accusa d’avoir recelé ses vols. En effet, on trouva chez elle une montre et un collier, dont il l’avait priée de se charger.

Enfin, il désigna un endroit au Bois de Boulogne, où l’on trouverait des hardes enfouies, avec beaucoup de vases sacrés et de bijoux : on y envoya sur-le-champ des personnes qui trouvèrent ces effets, et les rapportèrent. On le ramena ensuite à l’échafaud, où il subit le supplice qu’il n’avait que trop mérité.




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