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19 novembre 1665 : mort du peintre Nicolas Poussin à Rome - Histoire de France et Patrimoine


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19 novembre 1665 : mort du peintre
Nicolas Poussin à Rome
(D’après « Dictionnaire universel, historique, critique
et bibliographique, etc. » (Tome 14), édition de 1810)
Publié / Mis à jour le dimanche 13 novembre 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
Considéré comme « le Raphaël de la France », Nicolas Poussin fut nommé le « peintre des philosophes et des gens d’esprit », parce que dans toutes ses productions il se montra plus jaloux d’émouvoir l’âme par la grandeur de la pensée et la force de l’expression, que de charmer les yeux par les prestiges de l’art

Né aux Andelys (Normandie) le 15 juin 1594 d’une famille noble et très pauvre, ce peintre, qu’on peut appeler le Raphaël de la France, fit ses premières études sous des maîtres médiocres ; ses progrès furent néanmoins rapides. Son mérite avait déjà éclaté, et il était fort employé lorsqu’il partit pour l’Italie, toujours animé du désir de se perfectionner dans son art.

Le cavalier Marin, célèbre par son poème d’Adonis, connut Poussin à Rome, se lia d’amitié avec lui, et lui fit goûter la lecture des poètes, où ce peintre trouva beaucoup à profiter pour ses compositions. Marin étant mort, Poussin se trouva tout à coup sans secours, et fut obligé, pour subsister, de vendre ses œuvres à un très bas prix. Mais ces circonstances fâcheuses n’affaiblirent point son courage : sans cesse occupé d’acquérir les connaissances propres à la peinture, il apprit la géométrie, la perspective, l’architecture et l’anatomie ; sa conversation, ses lectures, et ses promenades, étaient d’ordinaire relatives à sa profession. Il ne consultait la nature que pour le paysage, qu’il a rendu avec beaucoup d’intelligence.

Nicolas Poussin. Autoportrait réalisé en 1649. Un second autoportrait sera peint l'année suivante
Nicolas Poussin. Autoportrait réalisé en 1649. Un second autoportrait sera peint l’année suivante

On a beaucoup loué, et avec raison, un tableau de Poussin en ce genre, dont l’invention, digne de Tibulle, dévoile à la fois l’esprit, le sentiment et le génie. On y voit des bergers livrés à la joie qu’inspirent la jeunesse et le printemps, former par groupe des danses légères dans un bocage riant ; et tandis qu’ils foulent, en folâtrant, les fleurs de la prairie, on aperçoit un peu à l’écart un tombeau simple et orné de gazon que couronne un cyprès, avec cette inscription : Je fus aussi, dans mon temps, pasteur d’Arcadie !...

L’antique servit toujours à Poussin pour la figure ; il modelait très bien les statues et les bas-reliefs, et serait devenu un excellent sculpteur s’il eût voulu tailler le marbre. Poussin a longtemps raisonné et longtemps médité ses sujets, avant de les confier à la toile. On ne trouve point d’épisodes inutiles dans ses inventions : toutes les figures de ses tableaux ont l’attitude et le mouvement propres à leur situation ; elles parlent entre elles ; elles sont bien à la scène : on n’y voit rien de trop ni de trop peu.

« Nicolas Poussin, a dit Voltaire, dans son Histoire du siècle de Louis XIV, fut élève de son génie ; il se perfectionna à Rome. On l’appela le peintre des gens d’esprit ; on pourrait aussi l’appeler celui des gens de goût. Il n’a d’autre défaut que celui d’avoir outré le sombre du coloris de l’école romaine. Il était dans son temps le plus grand peintre de l’Europe. Rappelé de Rome à Paris, il céda à l’envie et aux cabales ; il se retira : c’est ce qui est arrivé à plus d’un artiste. Poussin retourna à Rome, où il vécut pauvre et content. Sa philosophie le mit au-dessus de sa fortune. »

Voici le motif de son départ. Denoyers, surintendant des bâtiments, admirateur de la peinture, avait sollicité de Louis XIII et du cardinal de Richelieu la permission de le faire venir de Rome pour décorer de peinture et d’architecture la grande galerie du Louvre ; et Poussin, qui avait reçu à ce sujet le brevet de premier peintre ordinaire du roi, arriva à Paris vers la fin de 1640. Cependant Jacques Fouquiers, peintre, moins fameux par son paysage que par le sobriquet de baron à longues oreilles, avait aussi un brevet qui l’autorisait, disait-il, à décorer la galerie de ses seuls tableaux.

Poussin, en rentrant dans Paris, eut donc à lutter contre ce baron et contre Lemercier, architecte du roi, qui venait de surcharger cette même galerie de décorations et d’architecture ; décorations de mauvais goût, que Poussin, à peine entré en exercice de sa charge, venait de faire abattre. Il eut encore à lutter contre toute l’école de Simon Vouet, en faveur auprès de la reine.

Poussin, arrivant de Rome, est présenté à Louis XIII par le cardinal de Richelieu (1640). Peinture de Jean Alaux dit Le Romain
Poussin, arrivant de Rome, est présenté à Louis XIII par le cardinal de Richelieu (1640).
Peinture de Jean Alaux dit Le Romain

C’était trop d’ennemis à combattre pour un peintre philosophe, uniquement livré à l’amour de son art ; et cette tourbe, aussi orgueilleuse qu’ignorante, s’agita tellement dans tous les sens ; elle abreuva Poussin de tant de dégoûts, qu’il repartit pour Rome, d’où il ne revint plus, et y mourut le 19 novembre 1665, à l’âge de 71 ans, d’une attaque de paralysie. Ce départ précipité arriva vers la fin de septembre 1642, époque à laquelle il s’occupait pour la galerie du Louvre, des cartons représentant une suite des actions d’Hercule.

Le peintre comme le poète posséda dans sa main le trait de la satire ; et Poussin usa d’un droit exclusivement accordé aux hommes de génie. Avant de quitter sa patrie, il fit un tableau foudroyant contre ses adversaires, qu’il laissa à Paris pour se venger à jamais de ses ennemis.

Nicolas Poussin ne cessa de vivre dans la médiocrité, quoique Louis XIV lui eût toujours conservé son titre de premier peintre et ses pensions. Sa maison était montée sur le ton le plus modeste. Un jour il reconduisait lui-même, la lampe à la main, le cardinal Mancini ; ce prélat ne put s’empêcher de lui dire : « Je vous plains beaucoup, monsieur Poussin, de n’avoir pas seulement un valet. — Et moi, répondit Poussin, je vous plains beaucoup plus, monseigneur, d’en avoir un si grand nombre. » La gloire était son seul mobile. Il ne faisait jamais de prix pour ses tableaux ; il marquait derrière la somme qu’il en voulait, et renvoyait ce qu’on lui présentait en sus de son estimation. Il était encore dans l’usage d’accompagner son ouvrage d’une lettre, pour en rendre un compte détaillé et raisonné.

Ce peintre est un de ceux qui ont le mieux connu le beau idéal ; ce qui le remplit de vénération pour les anciens, chez lesquels seuls on peut le trouver, et lui inspira de l’éloignement pour l’école flamande qui, comme l’on sait, éprise du coloris, néglige ce beau idéal. « C’est la nature qu’ils aiment, nous dit-on ; c’est la nature qu’ils copient ; c’est la nature qu’on voit dans leurs ouvrages. Eh ! que m’importe dans un tableau la réunion de vingt têtes communes ? C’est un beau caractère, une grande expression que je désire ; c’est la finesse, la gravité, la majesté d’une tête que je recherche. Je n’aime point la lance d’Achille dans Ia main d’un nain décharné, quoique souvent la force s’unisse à la maigreur, à la petitesse de la taille. Je ne veux point que Laure soit laide, si l’on me peint Pétrarque soupirant à ses pieds, quoiqu’elle le fût en effet. La postérité qui ne connaît les grands hommes que par les faits qui sont dignes d’elle, dont l’imagination s’exalte, s’agrandit, s’embellit en songeant aux Scipions, aux César, aux Brutus, est blessée de leur voir des formes flamandes, et choquée quand on leur prête l’attitude et l’action d’un pesant bourgmestre hollandais. On ne doit rendre certaines difformités, que quand elles sont consacrées par l’histoire ou par la sculpture. » (Essai sur la Vie et sur les Tableaux du Poussin).

Poussin a montré un grand jugement dans tout ce qu’il a fait ; il dessinait avec beaucoup de correction : sa composition est sage, et en même temps pleine de noblesse. On ne peut rien lui reprocher contre l’érudition et la convenance. Ses inventions sont ingénieuses, son style grand et héroïque. Aucun maître particulier n’eut la gloire de former ce grand homme : il n’a lui-même fait qu’un seul élève, Guaspre Dughet, sou beau-frère, qui s’est rendu célèbre par la beauté de ses paysages ; quoiqu’il soit fort inférieur à son maître, pour la majesté, la richesse de la composition et la variété des sites.

Ce peintre avait spécialement étudié les œuvres du Titien ; c’est pourquoi ses premiers tableaux sont mieux coloriés. Mais il craignit, à ce qu’il disait lui-même, « que le charme du coloris ne lui fît négliger le dessin », et il n’apporta point à cette partie qui fait la magie de l’art toute l’attention nécessaire. Son goût pour l’antiquité est trop sensible dans ses tableaux. Les connaisseurs vont jusqu’à remarquer les tableaux qui lui ont servi de modèles. Les plis de ses étoffes sont en trop grand nombre : il n’a pas assez contrasté ses attitudes, ni assez varié ses airs de tête et ses expressions. A ces défauts près, il peut être comparé aux plus célèbres artistes d’Italie.




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