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10 novembre 1630 : journée des Dupes ou l'habileté politique du jeune Louis XIII - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

Les événements du 10 novembre. Pour un jour donné, découvrez un événement ayant marqué notre Histoire. Calendrier historique


10 novembre 1630 : journée des Dupes
ou l’habileté politique
du jeune Louis XIII
(D’après « Histoire générale de France depuis les temps les
plus reculés jusqu’à nos jours » par Abel Hugo (Tome 5), paru en 1843
et « Histoire des Français depuis le temps des Gaulois
jusqu’en 1830 » par Théophile Lavallée (Tome 3), paru en 1839)
Publié / Mis à jour le vendredi 9 novembre 2012, par LA RÉDACTION



 
 
 
Si dans un premier temps la reine mère, Marie de Médicis, soutient le cardinal de Richelieu, elle s’alarme par la suite de la puissance croissante de sa créature, et c’est un différend entre eux au sujet de la campagne d’Italie qui la décide à vouer la perte du ministre

Mère de Louis XIII, Marie de Médicis avait cru trouver en Richelieu un ministre toujours dévoué à ses volontés, qui subirait toute sa politique étroite et passionnée ; elle voyait toujours en lui le pauvre prêtre qu’elle avait chargé de l’intendance de sa maison, espèce de domestique qui ne devait avoir de pensée que par elle, instrument docile par lequel elle dominerait son fils.

Mais Richelieu se lassa bientôt de la reconnaissance qu’elle lui imposait, des obstacles qu’elle mettait à ses plans, de ses jalousies emportées, de ses affections pour l’Espagne. La discorde éclata ouvertement sur la question de Mantoue, en Italie. La reine, entièrement opposée à la guerre, conçut la plus violente haine contre le ministre, et résolut de le perdre. Dans sa passion de vengeance, elle chercha à faire échouer la campagne d’Italie, en entravant l’arrivée des munitions et des soldats.

La reine mère Marie de Médicis demande à son fils Louis XIII la démission de Richelieu, le 10 novembre 1630. Dessin de Maurice Leloir (1910)
La reine mère Marie de Médicis demande à son fils Louis XIII la démission de Richelieu,
le 10 novembre 1630. Dessin de Maurice Leloir (1910)

Le cardinal de Richelieu, en sa qualité de généralissime, avait pris le commandement supérieur de l’armée entrée en Piémont. Mais en septembre 1630, « le roi [à quelques jours de ses 29 ans] était tombé malade à Lyon, explique dans ses Mémoires le marquis de Montglat, et cette maladie avait obligé le cardinal de quitter l’armée pour l’aller trouver. A son arrivée, il vit que ses affaires étaient en méchant état, car le roi était à l’extrémité, et s’il venait à mourir, il restait, lui, exposé à la merci de tous ses ennemis. Monsieur, qui ne l’aimait point, succédant à la couronne. »

Il faut préciser ici que Louis XIII reçut l’extrême-onction le 27 septembre 1630, jour anniversaire de sa naissance. Pendant cinq jours on désespéra de sa vie. Ce fut dans ce temps d’anxiété pour tout le monde que le duc de Montmorency offrit au cardinal de Richelieu, si le roi mourait, une retraite et un asile dans son gouvernement du Languedoc.

« La reine mère [Marie de Médicis], poursuit Montglat, tenait tous les jours des conseils chez elle, où l’on décidait de la fortune du cardinal, et de quelle façon on le traiterait. Les plus violents le condamnaient à mort ; ceux qui l’étaient moins à une prison perpétuelle, et les plus doux à l’exil à Rome : mais ils furent tous trompés, car le cardinal surmonta toutes ces difficultés, et on remarqua qu’il les châtia tous de la même peine à laquelle ils l’avaient destiné.

« Quelque habile homme qu’il fût, le cardinal ne voyait alors aucune ressource à sa perte ; car il n’y avait qu’un coup du ciel qui pût le sauver. Ce coup éclata heureusement pour lui, par un abcès qui creva dans le ventre du roi, et dont il se trouva si soulagé, que petit à petit il recouvra entièrement sa santé. On n’osait au commencement parler d’affaires à Sa Majesté, de peur de lui rien dire qui le fâchât ; tellement que toutes choses demeurèrent en surséance jusqu’au retour à Paris (19 octobre). Seulement on remarqua que quand la nouvelle arriva de la paix d’Italie, la reine mère fit tirer des fusées dans sa cour, et dit à la princesse de Conti que ce n’était pas du bonheur du duc de Mantoue qu’elle se réjouissait, mais de la ruine du cardinal, parce que le roi lui avait promis de le chasser dès que l’affaire d’Italie serait terminée...

« La reine, qui n’avait que cela en tête, pressa le roi, dès qu’elle fut arrivée à Paris, d’exécuter sa promesse : mais elle n’y trouva pas de disposition ; car le succès de l’affaire de Mantoue avait affermi le roi dans le dessein de garder le cardinal, et de se servir de lui. Il fit connaître sa résolution à sa mère, en lui refusant d’éloigner son ministre, lui demandant pardon pour lui, et l’assurant qu’il ne lui donnerait jamais sujet de se plaindre de sa conduite ; mais qu’il aurait toujours pour elle le respect qu’il devait à sa maîtresse et bienfaitrice. Ce refus mit la reine en colère, et lui fit répondre avec un ton d’aigreur, au roi son fils, qu’il pouvait se servir de qui il lui plairait, mais que, pour elle, elle ne s’en servirait plus.

« Et, en effet, elle ôta dès l’heure la surintendance de sa maison au cardinal, et, pour marquer sa haine, elle chassa la dame de Combalet, sa nièce, qui était sa dame d’atour. La Meilleraye, son cousin germain, qui était capitaine de ses gardes, et ne voulut plus voir Bouthillier (qui avait été secrétaire de ses commandements, et lors était secrétaire d’État), parce qu’il lui avait été donné de la main du cardinal...

« Le roi ne se rebutait pas pour cela, mais il pressait la reine de lui pardonner : et un jour [le 10 novembre] étant enfermés tous deux au Luxembourg, le cardinal entra dans le cabinet sans y être appelé, et leur dit : Je vois bien que l’on parle de moi ; dont la reine, surprise, rougit, et lui reprocha son ingratitude, lui défendant de jamais se présenter devant elle. »

Louis XIII était dévoré de soucis et plein de fièvre : « L’obstination de ma mère me fera mourir, disait-il ; elle veut que je chasse un ministre habile pour confier mon royaume à des ignorants, qui préfèrent leur intérêt à celui de l’État. » Puis comment renvoyer le cardinal au moment où il voyait se développer ses plans avec tant de succès, au moment où les intérêts politiques de l’Europe se compliquaient et allaient exiger un travail de gouvernement dont il se sentait lui-même incapable ?

« Ce fut alors que le cardinal demanda son congé au roi, nous apprend Montglat ; mais il savait bien qu’il ne l’obtiendrait pas. Néanmoins, sur les pleurs que la reine répandait en reprochant à son fils qu’il préférait un valet à sa mère, le roi voulut la contenter en quelque sorte ; et pour cela il fit dire (le 11 novembre) au cardinal de se retirer pour quelques jours à Pontoise, disant que quand la reine ne le verrait plus, elle serait plus aisée à apaiser. Le jour même le roi fut coucher à Versailles.

Louis de Nogaret d'Epernon, cardinal de La Valette et aumônier de Louis XIII. Peinture de Jean-Pierre Franque (1839)
Louis de Nogaret d’Epernon, cardinal de La Valette et aumônier de Louis XIII.
Peinture de Jean-Pierre Franque (1839)

« En même temps le bruit se répandit dans Paris de la disgrâce et de l’exil du cardinal, tellement que tout le monde courut au Luxembourg pour se réjouir avec la reine de sa victoire, et la presse était si grande, qu’on ne s’y pouvait tourner. En effet, le cardinal était chez lui prêt à partir pour Pontoise, lorsque le cardinal de La Valette y arriva, et lui dit qu’il se gardât bien de quitter le roi de vue, parce que, quelques paroles qu’il lui eût données, dès qu’il ne le verrait plus il l’oublierait aisément ; et se trouvant entouré de la reine mère et de tous ses ennemis, il ne permettrait jamais son retour, et qu’il serait ainsi perdu sans ressource ; qu’il allât à Versailles trouver le roi, sous prétexte de prendre congé de lui, et là, qu’il tâchât de faire changer le dessein de sa retraite à Pontoise.

« Le cardinal suivit ce conseil, et partit pour Versailles, où il trouva le roi dans le lit. Il l’y entretint plus de deux heures ; et, par son adresse, il lui fit changer de projet, lui persuadant de prendre hautement sa protection, et d’ôter d’auprès de la reine sa mère ceux qui lui donnaient des conseils contraires à ses volontés. Dès l’heure le roi envoya demander les sceaux au garde des sceaux de Marillac, et le fit en même temps arrêter, donnant les sceaux à Châteauneuf, ancien conseiller d’État. Le lendemain (12 novembre) il retourna à Paris, le cardinal étant à la portière de son carrosse. Cette nouvelle surprit fort la reine mère et tous ceux de son parti, et diminua la foule qui était au Luxembourg, laquelle s’éclaircit en peu de temps. »

Ce fut pour cette raison que la journée du 10 novembre 1630, décisive quant à la suite des événements, fut appelée la journée des Dupes.




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