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21 octobre 1794 : mort du médecin Antoine Petit - Histoire de France et Patrimoine


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21 octobre 1794 : mort du
médecin Antoine Petit
(D’après « Médecine : contenant 1° l’hygiène, 2° la pathologie, 3° la séméiotique
et la nosologie, 4° la thérapeutique ou matière médicale, etc. »
par Félix Vicq d’Azyr et Jacques-Louis Moreau (Tome 11), paru de 1787 à 1830)
Publié / Mis à jour le vendredi 14 octobre 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
Né à Orléans d’un père tailleur, Antoine Petit fut un des plus célèbres médecins de son époque, n’ayant de rival ni comme praticien, ni comme professeur

Antoine Petit doit être placé au premier rang parmi les médecins les plus distingués du XVIIIe siècle, dont il a été le contemporain, tels que Jean-Baptiste Sénac (1693-1770) — premier médecin du roi Louis XV —, Antoine Louis (1723-1792) — chirurgien militaire qui contribua à l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert —, Théophile de Bordeu (1722-1776), Michel-Philippe Bouvart (1717-1787) — professeur au Collège de France et docteur régent de la Faculté de Paris —, Félix Vicq-d’Azyr (1748-1794), Anne-Charles Lorry (1726-1783), Jean-Nicolas Corvisart (1755-1821) — qui sera le médecin personnel de Napoléon Ier — : il se distingua par l’indépendance de son esprit et par le point de vue particulier sous lequel il considérait la médecine.

Antoine Petit naquit à Orléans le 23 juillet 1722, dans une famille obscure. Cette circonstance et les premières impressions qu’il reçut dans ses études, jetèrent de bonne heure dans son âme le germe d’une liberté dans les opinions, et d’une fierté dans les setliments, qui faisaient de la lecture des Anciens le fonds de son caractère, et qu’il laissa voir avec rudesse ou avec exaltation, jusque dans un âge très avancé.

II porta ces dispositions de son esprit dans l’étude de la médecine : à peine avait-il commencé à s’y livrer, qu’il jugea avec une sévérité et une indépendance d’opinion extraordinaires pour son âge et pour son inexpérience, les médecins et la médecine de cette époque ; il fut même conduit à reconnaître que ce qui lui était enseigné dans les écoles de l’antique Faculté n’était pas ce qu’il lui importait le plus d’apprendre. II réunissait d’ailleurs les qualités et les dispositions les plus favorables à l’exercice de l’art de guérir, une âme sincère et bienveillante, une grande sagacité dans ses jugements ou dans ses aperçus, une rectitude extraordinaire dans ses idées, enfin une pénétration rare, une rapidité de coup d’œil et un esprit d’observation hors du commun.

Antoine Petit. Gravure d'Ambroise Tardieu
Antoine Petit. Gravure d’Ambroise Tardieu

Tels étaient les avantages avec lesquels Antoine Petit se présentait dans la carrière de la médecine, et qu’il développa et mit rapidement à profit, en acquérant par lui-même les connaissances qui lui étaient indispensables : tout son intérêt, toute son attention, se portèrent d’abord vers l’anatomie et la chirurgie, qu’il regardait comme l’introduction et la base de la médecine proprement dite. Déjà célèbre, lorsqu’il n’était encore qu’un simple étudiant, il n’en fut pas moins refusé par le collège de chirurgie, auquel il se présenta pour obtenir la maîtrise, le malheur de sa position ne lui permettant pas d’acquitter le prix d’une réception.

Plus juste et plus éclairée dans cette circonstance, la Faculté de Paris accueillit Antoine Petit qui ne l’a jamais oubliée, et qui se refusa dans la suite, conduit par la reconnaissance, à prendre place dans la Société royale, bien que le but, les motifs et les premiers succès de cette nouvelle institution académique n’aient pu être méconnus par un esprit aussi éclairé. Le nouveau membre de la Faculté se livra à l’instruction dans les écoles avec la plus grande distinction, et de telle sorte que sa renommée franchit bientôt la modeste enceinte de l’amphithéâtre où elle paraissait devoir le renfermer.

Un des premiers travaux d’Antoine Petit eut pour objet une édition nouvelle de l’Anatomie chirurgicale de Jean Palfin (1650-1730) — Jan Palfijn, né dans le comté de Flandre et inventeur du forceps en 1722. Le médecin et anatomiste Antoine Portal (1742-1832), alors très jeune et qui voulait se faire connaître en attachant son nom à une grande renommée, critiqua sans mesure cette publication. Il fut vivement attaqué à son tour par le médecin Claude Duchanoy (1742-1827), ce qui occasionna une polémique : Bouvart n’ayant pas été ménagé dans cette lutte littéraire, Duchanoy fut exclus pendant quelques années de la Faculté.

En 1757 Antoine Petit prononça pour l’ouverture de ses leçons un discours fort remarquable sur la chirurgie ; discours dans lequel l’auteur établissait l’accord, les rapports intimes de la chirurgie et de la médecine proprement dite, si longtemps, si ridiculement divisées, et que la nouvelle organisation des écoles de médecine en France a réunies dans un seul et. même enseignement.

Les ouvrages que nous venons de rappeler, et la réputation qu’Antoine Petit avait acquise et comme médecin praticien et comme professeur, lui assignaient une place dans l’Académie des sciences où en effet il fut reçu en 1760. Quelques années après cette réception, il fut appelé à traiter, sous le point de vue de la médecine légale, plusieurs questions de la plus haute importance : la première qui se présenta avait pour objet les naissances tardives que le célèbre professeur admit contre l’opinion d’Antoine Louis et contre le sentiment de Michel-Philippe Bouvart, qui montra dans cette discussion scientifique un talent d’écrire très distingué rappelant quelquefois la manière et le style des Provinciales.

Antoine Petit se décida contre la négative, appuyé de notions exactes et d’une connaissance pratique de l’art qui manquaient entièrement à ses adversaires. Avant la publication de son Mémoire, il s’était occupé avec le dessein de répandre quelques nouvelles lumières sur la médecine spéciale des femmes, de la structure de l’utérus, de son développement et de ses phénomènes dans la grossesse ; du mécanisme de l’accouchement et de la liaison de toutes ces choses avec plusieurs causes occasionnelles qui devaient les modifier et retarder ou avancer l’époque de la naissance. Ce fut d’après ces données, et en rappelant les résultats les plus lumineux de ses études, qu’il traita une question que l’on voulait décider avant lui, avec des autorités et des citations, oubliant que l’observation immédiate de la nature et la pratique de l’art pouvaient offrir seules les données nécessaires pour la solution d’un semblable problème.

Le succès de Petit dans cette circonstance l’encouragea sans doute à se livrer avec un nouveau zèle à la médecine spéciale des femmes ; et lorsqu’on lui reprochait de compromettre la dignité académique dans les détails abandonnés jusqu’alors à des hommes d’un ordre inférieur dans la hiérarchie médicale, il répondait « que l’on ne pouvait jamais déroger et se dégrader, que lorsqu’on se servait de son bras pour poignarder et maltraiter ses semblables. »

II ne s’était pas exprimé avec moins de force à l’occasion de ses conclusions sur les naissances tardives qui ne paraissaient pas assez sévères à quelques esprits étroits et prévenus. « J’ai cherché la vérité, disait-il à ce sujet, et j’ai proclamé avec assurance ce qui m’a paru en offrir les caractères. La vérité est toujours bonne, toujours bienfaisante, toujours digne de nos respects et de notre amour : elle n’entraîne rien après elle dont nous avons quelque mal à craindre ; l’erreur seule, et surtout l’erreur intolérante et volontaire est nuisible, malfaisante, source de tous maux. »

L’avantage et les inconvénients de l’inoculation occupaient vivement les classes élevées de la société, à l’époque où Antoine Petit commençait à jouir de toute sa renommée et à devenir une puissante autorité dans toutes les matières qui appartenaient à sa profession. II fut officiellement engagé à exprimer son opinion sur celte question, ce qu’il fit dans deux Mémoires.

Ses consultations médico-légales concernant le suicide du briquetier de Liège, et une accusation non motivée d’infanticide, ne sont pas moins remarquables que ses Mémoires. Jamais peut-être la médecine légale ne s’était alors montrée ni plus imposante ni plus utile que dans cette circonstance, puisqu’elle prévint des erreurs judiciaires.

Antoine Petit qui jouissait alors de toute sa célébrité, fut successivement nommé professeur d’anatomie au Jardin du roi (1768) et inspecteur des hôpitaux militaires du royaume. Placé sur un théâtre plus élevé, il ne pouvait manquer alors de voir augmenter sa réputation de professeur. L’élégance, la facilité de sa diction, un art particulier de répandre un intérêt général sur des matières qui n’en paraissent pas susceptibles ; cet art, à la richesse de son expérience, l’heureux choix des faits, des exemples, ou même quelquefois des anecdotes qu’il savait rappeler à propos et mêler sans affectation aux discussions les plus techniques et les plus abstraites, donnaient un charme, un attrait tout particulier à ses leçons, et font très bien comprendre comment les hommes de toutes les classes venaient l’entendre avec empressement, et se ranger parmi ses admirateurs et ses disciples. Il n’obtint pas moins d’ailleurs de succès comme médecin praticien que comme professeur, et son existence, considérée sous ce rapport, offrirait, si l’on voulait s’y arrêter, un fonds inépuisable de détails curieux et de particularités très instructives.

Chirurgien habile, savant anatomiste, il était entré dans le domaine de la médecine proprement dite, avec des connaissances positives qui rendirent sa pratique bien différente de la manière dont la médecine était entendue et exercée à cette époque. Sans méconnaître les affections générales et les altérations de la totalité de l’organisation, Antoine Petit cherchait constamment à découvrir le siège de chaque affection morbide, et à se rendre compte, d’après des vues de détails et d’après quelques données exactes d’anatomie, de différents symptômes sur lesquels il est si facile de se méprendre avec tout autre mode d’investigation.

Le coup d’œil de l’anatomiste et du physiologiste donnait aussi à l’observation de ce médecin une grande justesse, une grande pénétration, et l’art, en devenant alors moins incertain, devenait aussi plus efficace et plus utile. Antoine Petit était éloigné d’ailleurs de négliger les bons observateurs qui l’avaient précédé ; et souvent une maladie qui se présentait à lui avec des formes nouvelles ou avec une complication inaccoutumée, le faisait s’enfermer pendant plusieurs heures dans sa bibliothèque pour chercher, ou dans sa méditation ou dans ses éludes, des lumières et des secours qu’il ne trouvait pas dans son expérience.

Antoine Petit en 1774. Dessin d'André Pujos (1738-1788)
Antoine Petit en 1774. Dessin d’André Pujos (1738-1788)

La sagacité de cet excellent homme égalait au reste sa profonde sensibilité. Un artiste célèbre du temps, ne connaissant pas encore Antoine Petit, ne l’ayant jamais vu, se présenta un jour à sa consultation publique pour lui demander des conseils. Un assez grand nombre de personnes étaient réunies pour le même objet dans le même salon, et chacun était appelé à son tour, d’après l’invitation de Petit, qui manquait rarement de jeter d’abord un coup d’œil sur cette multitude rassemblée journellement chez lui pour implorer ses lumières. L’artiste, qui était placé un des premiers, ne fut cependant appelé que lorsque tous les autres patients eurent obtenu leur audience. « Vous êtes surpris du retard que vous avez éprouvé, lui dit Antoine Petit, le voyant entrer, et en lui faisant l’accueil le plus agréable. Je vous dois l’explication de cette singularité. Un rapide coup d’œil m’a suffi pour vous distinguer parmi toutes les autres personnes qui me demandaient la santé : je crois, à votre air, que vous êtes un artiste, un peintre par exemple, et j’aime beaucoup les hommes de votre profession. Je me sens porté à vous accorder un vif intérêt et le plus sincère attachement. Voilà pourquoi je vous ai fait attendre, afin de vous garder un peu plus longtemps que les autres ; maintenant causons et dites votre affaire. » L’artiste était en effet peintre, et l’un des peintres les plus célèbres du XVIIIe siècle. Antoine Petit l’avait deviné à l’air d’un tact physiognomonique qu’il possédait au plus haut degré, et qui résultait de sa pénétration naturelle et d’une grande expérience. Dès lors il devint son ami.

En 1776, il se retira à Fontenay-aux-Roses, dans une modeste maison de campagne, où il avait désiré, sans pouvoir y parvenir, terminer doucement une vie laborieuse et agitée. L’empressement du public, ce besoin impérieux des conseils d’un médecin justement célébré et d’une expérience consommée, faisait violer continuellement son asile et troubler sa retraite.

Sa santé qui s’affaiblissait et le pronostic funeste qu’il porta lui-même sur sa situation l’engagèrent à se retirer à Olivet, près d’Orléans sa ville natale, où il voulut mourir. Il y termina en effet une utile et glorieuse carrière, à l’âge de soixante-douze ans, le 21 octobre 1794. Il avait fondé deux chaires au sein de la Faculté de Paris — l’une d’anatomie, l’autre de chirurgie — et des secours pour les pauvres à Fontenay-aux-Roses. A Orléans, il employa plus de cent mille livres à une fondation ayant pour but la nomination de quatre médecins et de deux chirurgiens, chargés de donner des soins aux malades indigents de la ville, et, les jours de marché, des consultations à ceux de la campagne dans un édifice construit à cet effet. Deux avocats et un procureur, ayant aussi des appointements fixes, remplissaient à des jours marqués leur ministère auprès des pauvres, qui venaient le réclamer. Petit voulut que le concierge de l’édifice consacré aux consultations gratuites, fût toujours un pauvre tailleur de la ville d’Orléans, en mémoire de son père, dont il s’honorait.




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