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22 octobre 1797 : premier saut en parachute d'une hauteur de 1000 mètres effectué par André-Jacques Garnerin - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

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22 octobre 1797 : premier saut en parachute
d’une hauteur de 1000 mètres
effectué par André-Jacques Garnerin
(D’après « Histoire des ballons et des ascensions célèbres », paru en 1876)
Publié / Mis à jour le samedi 15 octobre 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
C’est la prison et l’impossibilité de conquérir autrement que par la voie des airs la liberté, qui inspira à André-Jacques Garnerin, le premier qui se soit en se confiant à un parachute, jeté du haut d’un ballon à terre, la pensée et le désir de le tenter

Près de 25 ans plus tôt, le 26 novembre 1783, Louis-Sébastien Lenormand, plus tard professeur au Conservatoire des arts et métiers, mena en secret une expérience préparatoire : il attacha au manche de deux parasols de 30 pouces les extrémités de leurs baleines, et, en tenant un dans chaque main, se laissa tomber de la hauteur d’un premier étage. Bientôt, aidé de l’abbé Bertholon qui avait eu vent de sa tentative par un passant témoin de la scène, il fit une autre tentative : à un parasol de la même dimension que ceux dont il s’était déjà servi, furent attachés divers animaux : lancés du haut de la tour de l’Observatoire de Montpellier, ils touchèrent terre sans encombre.

Expérience du parachute faite par Louis-Sébastien Lenormand, du haut de l'Observatoire de Montpellier, le 26 décembre 1783
Expérience du parachute faite par Louis-Sébastien Lenormand, du haut
de l’Observatoire de Montpellier, le 26 décembre 1783

« D’après cette expérience, dit Lenormand, je calculai la grandeur du parasol capable de garantir d’une chute, et je trouvai qu’un diamètre de quatorze pieds suffisait, en supposant que l’homme et le parachute n’excèdent pas le poids de deux cent livres, et qu’avec ce parachute un homme peut se laisser tomber de la hauteur des nuages sans risquer de se faire de mal. » (Annales de physique et de chimie, tome XXXVI) Sans tenter de descendre d’aussi haut, Lenormand voulut au moins exécuter lui-même l’expérience qu’il venait d’imposer à des animaux qui représentaient son poids et sa grosseur. Pendant la session des États du Languedoc, il se jeta le 26 décembre 1783 du haut de la tour de l’Observatoire et prit terre heureusement.

Élève du physicien Jacques Charles (1746-1823), André-Jacques Garnerin, né en 1769, qui avait embrassé les idées révolutionnaires et avait été très jeune encore envoyé comme commissaire à l’armée du Nord, fut pris dans un combat d’avant-poste à Marchiennes et traîné pendant plusieurs années de prison en prison : il se rappela l’expérience faite par Lenormand à Montpellier, et s’efforça de réunir les objets nécessaires pour la tenter à son tour ; mais ses préparatifs furent découverts et force lui fut de renoncer à ses projets.

Il ne cessa point d’y songer cependant. « L’amour de la liberté, dit-il dans le programme de sa première descente en parachute, si naturel à un prisonnier, m’inspira plus d’une fois le désir de m’affranchir de ma rigoureuse détention. Surprendre la vigilance de mes sentinelles, briser d’énormes grilles de fer, percer des murs de dix pieds d’épaisseur, se précipiter du haut en bas d’un rempart, sans se fracasser, sont des projets qui me servirent quelquefois de récréation. L’idée de Blanchard de présenter de grandes surfaces à l’air, pour neutraliser, par sa résistance, l’accélération du mouvement dans la chute des corps, me parut n’avoir besoin que d’une bonne théorie pour être employée avec succès. Je me suis appliqué à en poser les bases. Après avoir déterminé les dimensions d’un parachute pour se précipiter du haut d’un rempart ou d’une montagne très escarpée, je m’élevai, par une progression naturelle, jusqu’aux proportions que devrait avoir un parachute destiné à un voyageur aérien dont le ballon ferait explosion à trois ou quatre mille toises. »

André-Jacques Garnerin
André-Jacques Garnerin

Dès qu’il fut libre (1797), Garnerin en profita pour tenter l’expérience qu’il n’avait en prison que trop longtemps méditée. « Le 1er brumaire an XI (22 octobre 1797), raconte l’astronome de Lalande, à 5 heures 28 minutes du soir, le citoyen Garnerin s’éleva à ballon perdu au parc de Monceau ; un morne silence régnait dans l’assemblée, l’intérêt et l’inquiétude étaient peints sur les visages. Lorsqu’il eut dépassé la hauteur de 350 toises [1000 mètres], il coupa la corde qui joignait son parachute et son char avec l’aérostat, ce dernier fit explosion, et le parachute sous lequel le citoyen Garnerin était placé descendit très rapidement.

« Il prit un mouvement d’oscillation si effrayant qu’un cri d’épouvante échappa aux spectateurs, et des femmes sensibles se trouvèrent mal. Cependant le citoyen Garnerin descendit dans la plaine de Monceau ; il monta à cheval sur-le-champ et revint au parc de Monceau, au milieu d’une foule immense qui marquait son admiration pour le talent et le courage de ce jeune aéronaute. En effet, le citoyen Garnerin est le premier qui ait osé entreprendre cette expérience hasardeuse. J’allai annoncer ce succès à l’Institut national qui était assemblé, et l’on m’entendit avec un extrême intérêt. »

Garnerin a lui même écrit une relation de son ascension et de sa descente en parachute : « On ne saurait croire tous les obstacles qu’il me fallut vaincre pour arriver à l’expérience du parachute, que j’ai faite au parc de Monceau. J’ai été obligé de construire mon parachute en deux jours et deux nuits. Pour que le parachute fût prêt le jour indiqué, je fus non seulement contraint de renoncer aux projets de précaution que commandait la prudence dans un essai de cette importance, mais je fus encore obligé de supprimer beaucoup des agrès nécessaires à ma sûreté.

« Le 1er brumaire, jour indiqué pour l’expérience, j’éprouvai encore d’autres contretemps. A deux heures, je n’avais pas encore reçu une goutte d’acide sulfurique, pour obtenir le gaz inflammable propre à remplir mon aérostat. L’opération commença plus tard ; un vent violent contrariait les manœuvres ; à quatre heures et demie, je doutais encore que mon ballon pût m’enlever avant la nuit. Le ballon d’essai, qui devait m’indiquer la direction que j’allais suivre, manqua ; en suspendant le parachute au ballon, le tuyau qui lui servait de manche se rompit, et le cercle qui le tenait se cassa.

« Malgré tous ces accidents, je partis, emportant avec moi cent livres de lest, dont je jetai subitement le quart dans l’enceinte même, pour franchir les arbres sur lesquels je craignais d’être porté par le vent. Je dépassai rapidement la hauteur de trois cents toises, d’où j’avais promis de me précipiter avec mon parachute.

Saut en parachute d'André-Jacques Garnerin, le 22 octobre 1797
Saut en parachute d’André-Jacques Garnerin, le 22 octobre 1797

« Je fus porté sur la plaine de Monceau, qui me parut très favorable pour consommer l’expérience aux yeux des spectateurs. Aller plus loin, c’eût été en diminuer le mérite pour eux, et c’était prolonger trop longtemps leur inquiétude sur l’événement. Tout combiné, je prends mon couteau et je tranche la corde fatale au-dessus de ma tête. Le ballon fit explosion sur-le-champ, et le parachute se déploya en prenant un mouvement d’oscillation qui lui fut communiqué par l’effort que je fis en coupant la corde, ce qui effraya beaucoup le public.

« Bientôt j’entendis l’air retentir de cris perçants. J’aurais pu ralentir ma descente en me débarrassant d’un lest de 750livres qui restait dans ma nacelle ; mais j’en fus empêché par la crainte que les sacs qui le contenaient ne tombassent sur la foule des curieux que je voyais au-dessous de moi. L’enveloppe du ballon arriva à terre longtemps avant moi.

« Je descendis enfin sans accident dans la plaine de Monceau où je fus embrassé, caressé, porté, froissé et presque étouffé par une multitude immense qui se pressait autour de moi.

« (...) Je laisse aux témoins de cette scène le soin de décrire l’impression que fit sur les spectateurs le moment de ma séparation du ballon et de ma descente en parachute ; il faut croire que l’intérêt fut bien vif, car on m’a rapporté que les larmes coulaient de tous les yeux, et que des dames, aussi intéressantes par leurs charmes que par leur sensibilité, étaient tombées évanouies. »

Le Journal de Paris, qui publia cette lettre, la fit suivre des réflexions suivantes :

« On a tremblé, on a pleuré, on s’est évanoui à la vue du péril imminent que courait le jeune et intéressant physicien. Nous achevions de lire la relation de son voyage et de sa captivité, et, du point de Montmartre où nous nous étions rendu le 1er brumaire, nous avons fermé les yeux au moment où l’aéronaute a coupé la corde. Malheureux ! nous sommes-nous écrié, c’est toi, ce n’est pas la Parque qui tranche le fil de tes jours. Nous sommes rentrés sans avoir eu le courage d’aller apprendre le résultat, en cherchant tristement à deviner comment un jeune homme échappé aux horreurs de la plus barbare et de la plus longue captivité, et dont la vie pouvait être encore utile à la République, avait pu avoir seulement la pensée de l’immoler en une minute à quoi, à qui, et par quel motif ? Qu’il réussisse, on dira : Il a pourtant réussi, et voilà tout. Qu’il périsse, on dira : Qu’allait-il faire dans cette galère ?

« (...) Nous avons admiré un jeune homme de 25 ans, qui accepte du Comité de salut public, en 1793, une commission hasardeuse, qui fait la revue du camp de Ronsonnet, qui se bat à Marchiennes, qui est pris par les Anglais, qui, interrogé par eux, fait des réponses dignes d’un fier républicain ; livré ensuite par les Anglais aux Autrichiens, conduit à Bude, endurant dix-huit mois les traitements les plus barbares, n’ayant pas changé de paille et n’ayant pas montré un instant de faiblesse, pas perdu un atome de la dignité française, etc. ; et nous avons cessé d’appeler folie la descente de Monceau.

« Ce jeune homme, nous sommes-nous dit, n’aura pas voulu qu’un autre qu’un Français eût la gloire de l’expérience du parachute. Cela lui a suffi : gloire nationale d’une part, engagement personnel d’une autre. Et de là nous avons conclu que, quand même sa belle Éléonore eût été présente, elle n’y eût fait œuvre. Il n’y a amour qui tienne contre une âme sincèrement éprise du nom français, sous quelque face qu’elle se présente. »

Garnerin avait réussi ; mais les oscillations qu’avait subies son parachute pendant la descente lui avaient prouvé qu’il y devait apporter encore quelques perfectionnements : dès sa seconde ascension, en effet, l’appareil dont il se servit avait à son sommet une ouverture circulaire, que surmontait un tuyau d’un mètre de hauteur : l’air avait ainsi une issue assurée.




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