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29 septembre 1364 : bataille d'Auray, décidant du sort de la Bretagne - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

Les événements du 29 septembre. Pour un jour donné, découvrez un événement ayant marqué notre Histoire. Calendrier historique


29 septembre 1364 : bataille d’Auray,
décidant du sort de la Bretagne
(D’après « Victoires, conquêtes, revers et guerres civiles des Français
depuis les Gaulois jusqu’en 1792 » (Tome 4), paru en 1822)
Publié / Mis à jour le dimanche 25 septembre 2016, par LA RÉDACTION



 

Il s’agit du dernier épisode de la guerre de Succession de Bretagne, ce conflit n’étant lui-même qu’un des nombreux autres émaillant la guerre de Cent Ans : à la mort, en 1341, du duc Jean III de Bretagne sans héritier mâle, Jeanne de Penthièvre et Jeanne de Flandre se disputent l’héritage, leurs époux respectifs s’impliquant dans cette lutte, à savoir Jean IV de Bretagne, connu sous le nom de Jean III de Montfort, ayant prêté hommage au roi d’Angleterre Édouard III qui s’est proclamé roi de France en 1337, et Charles de Blois ayant, lui, prêté allégeance au roi de France en titre, Philippe VI de Valois — qui mourra en 1350. Depuis l’arrêt de Conflans en date du 7 septembre 1341, infructueuse tentative de régler le conflit à l’amiable, la guerre était ouverte entre les deux familles.

Ainsi, la bataille d’Auray oppose les troupes anglo-bretonnes de Jean de Montfort à celles, franco-bretonnes, de Charles de Blois. Le roi d’Angleterre, qui s’était montré jusqu’alors assez peu empressé de terminer cette querelle, bien qu’il eût promis, par le traité de Brétigny (1360), d’employer sa médiation, avait fait voir ouvertement qu’il n’était pas fâché de laisser subsister en France un foyer de guerre capable d’occuper toutes ces grandes compagnies de partisans et d’aventuriers, qui n’infestaient pas moins les provinces cédées aux Anglais, que les autres contrées du royaume.

Sceau de Jean IV de Bretagne (Jean III de Montfort)
Sceau de Jean IV de Bretagne (Jean III de Montfort)

Les capitaines anglais John Chandos et Robert Knolles, tous les deux en réputation, étaient dans l’armée de Jean de Montfort. Celui-ci, après la prise de quelques châteaux, vint investir Auray, et Charles de Blois, averti du danger que courait cette place, réunit ses troupes, dans l’intention de forcer son rival à lever le siège. Bientôt Bertrand Du Guesclin, quittant la Normandie, joignit sa petite armée victorieuse à celle de l’allié de son maître. Indépendamment de ce précieux renfort, une foule de chevaliers français et bretons, tous éprouvés dans les combats, s’étaient fait un honneur et un devoir de se ranger sous les bannières du comte de Blois.

Tandis que ce prince, plein de confiance, se préparait à faire valoir les droits d’une épouse trop ambitieuse, le comte de Montfort prenait des mesures, dont la sagesse semblait lui promettre la ruine de son redoutable adversaire. Il avait cru d’abord devoir envoyer un héraut pour réclamer de nouveau l’exécution du dernier traité, et protester, à la face de l’armée de Charles de Blois, que ce prince répondrait devant Dieu de la misère des peuples et du sang de la noblesse de Bretagne, que son obstination allait faire répandre. Cette démarche de Montfort inspira une nouvelle confiance, une ardeur nouvelle à ses troupes.

La place d’Auray fut attaquée et prise dès le premier assaut ; mais la résistance que fit le château donna au comte de Blois le temps d’approcher pour le secourir. Une prairie, traversée par un ruisseau, séparait les deux armées. Du Guesclin, chargé du commandement en chef des troupes de Charles de Blois, en forma trois corps ou batailles, et un quatrième de réserve ou d’arrière-garde, chacun composé d’environ quinze cents hommes d’armes et de mille archers ou aventuriers. Il se chargea de conduire en personne le premier ; les comtes d’Auxerre et de Joigny étaient en tête du suivant, Charles de Blois du troisième ; à l’arrière-garde commandaient les sires de Rieux, de Raix, de Tournemine et du Pont.

Le comte de Montfort avait confié le commandement de son armée au célèbre John Chandos, réputé le meilleur capitaine de l’Angleterre, En considérant l’ordre de bataille que Du Guesclin venait de donner aux troupes du comte de Blois, le héros anglais ne put s’empêcher de rendre hommage aux talents d’un tel adversaire, et disposa les siennes de la même manière ; mais il ne se réserva la conduite en personne d’aucun des corps de bataille, afin d’être plus libre de veiller à l’ensemble du mouvement.

Les armées restèrent deux jours en présence sans combattre, parce que le seigneur de Beaumanoir, prisonnier du comte de Montfort, « s’entremettant, dit Mézerai, et portant diverses paroles de part et d’autre, obtint surséance d’armes pendant cet intervalle de temps ; mais enfin la malice de Chandos, qui avait charge de son maître de faire combattre les Français les uns contre les autres, à quelque prix que ce fût, rompit toutes les négociations commencées. » Quoi qu’il en soit, le 29 septembre, le sort de la Bretagne fut décidé par une des plus sanglantes actions qu’on eût vues depuis longtemps en Europe.

Charles de Blois
Charles de Blois

L’armée du comte de Blois s’ébranla la première, et s’avança dans l’ordre le plus serré. Chandos avait défendu à ses troupes de commencer le combat avant qu’elles n’eussent été jointes par leurs adversaires ; et Montfort, malgré l’impétuosité qui lui était naturelle, dut suivre le conseil du général anglais. Du Guesclin n’avait pu obtenir le même empire sur Charles de Blois. Emporté par un courage aveugle, ce prince, qui commandait la gauche de la ligne de bataille, passa rapidement le ruisseau qui le séparait de son ennemi ; le centre et la droite furent obligés de le suivre. Attentif à ce mouvement, le comte de Monfort se présente en bon ordre. Comme les troupes, extrêmement serrées et couvertes de leurs pavois ou boucliers, rendaient les traits inutiles, les archers, après avoir fait leurs décharges, se retirèrent et rentrèrent dans les rangs des hommes d’armes. Les deux corps de bataille, commandés par les comtes de Blois et de Montfort, se trouvaient naturellement les premiers aux prises.

Ce choc fut terrible, chaque homme d’armes attaquant vigoureusement la bannière opposée, ou défendant la sienne à coups de lance, de marteau, de hache et d’épée. Au centre, le corps de Du Guesclin joignit celui que commandait l’anglais Knolles, et le comte d’Auxerre attaqua Olivier de Clisson et Eustache d’Auberticourt, qui étaient à la tête du corps de gauche de l’armée de Montfort.

« On combattait de toutes parts, dit Mézerai, avec grande présence d’esprit et puissant effort ; et les corps de bataille étant agités s’étaient tous confondus en un seul. Les seigneurs bretons de Laval, de Rieux, de Rochefort, de Rohan, de Dinant, de Tournemine et les autres, étaient autant de tourbillons qui poussaient, brisaient, renversaient des rangs entiers ; mais Jean Chandos et Olivier de Clisson l’emportaient encore par dessus tous ceux-là, si bien que les bataillons, tantôt reculaient, tantôt repoussaient : on les voyait rompus, et ensuite ralliés, selon que la valeur de ces chevaliers les attaquait ou les secourait. Les gens du comte de Montfort avaient deux notables avantages, leur gros de réserve qui les soutenait à point nommé, et leurs archers, hommes robustes, armés de longues haches, lesquels entremêlés avec leurs gens d’armes, coupaient les jambes aux chevaux du parti de Blois, fendaient la tête aux chevaliers, et faisaient un grand fracas et un horrible carnage. Ils se mêlèrent dans les troupes du comte d’Auxerre, et en même temps Chandos et Clisson s’y comportèrent si vaillamment, qu’ils les mirent en déroute ; ils attaquèrent ensuite les troupes du comte de Blois, qui au commencement obtint quelque avantage. »

Cette journée devait fixer irrévocablement la fortune des deux protagonistes ; le vaincu, avec la couronne ducale, devait perdre la vie : ainsi l’avaient résolu les principaux seigneurs des deux partis. Etrange décision, dont l’inflexibilité de l’un et l’autre prince paraissait faire une nécessité. C’était probablement le motif qui avait porté Montfort à couvrir de sa cotte d’armes un des chevaliers attachés a sa personne. Ce gentilhomme paya cher l’honneur que lui faisait son maître. Charles de Blois, trompé par cette apparence, fondit sur lui avec impétuosité, et, d’un coup de hache, le renversa mort. Fier de son triomphe, il s’écriait : « Bretagne ! Bretagne ! Montfort est tué ! » lorsque celui-ci se montre, fait évanouir cette fausse joie, et dissipe l’impression funeste produite par l’exclamation du comte désabusé.

Dans ce même temps, la réserve de Montfort prenait en queue le corps de Charles de Blois et l’enveloppait. En vain ce prince fit des prodiges de valeur, ses troupes ne purent soutenir les efforts concertés des assaillants ; la confusion était sans remède : les sires de Laval et de Rohan, intrépides et généreux amis de Charles de Blois, rallient autour de lui l’élite de leurs hommes d’armes, et lui font un rempart de leurs corps ; mais, pressé de plus en plus, il ne reste au malheureux époux de Jeanne d’autre espoir qu’une mort glorieuse. Un Anglais l’atteint, le saisit par son casque, et lui plonge l’épée dans la gorge, au défaut de la cuirasse.

Bataille d'Auray
Bataille d’Auray

Les troupes que conduisait Du Guesclin résistaient encore, mais les rangs étaient rompus, les hommes d’armes qui n’étaient point blessés, ou qui ne l’étaient pas assez grièvement pour ne plus faire usage de leurs armes, quelques-uns de leurs suivants, un petit nombre d’aventuriers, ne combattaient plus que par pelotons isolés sur un terrain couvert de morts, de mourants, de chevaux et de débris d’armures, A l’aspect de ce désordre, l’intrépide Bertrand, reportant ses regards vers le ciel, s’écria : « Grand Dieu, protecteur de la justice ! Charles, prince infortuné, il est donc décidé que tu dois perdre aujourd’hui l’honneur, tes états et la vie ! » En ce moment on vint lui annoncer que le comte de Blois était tué, et Chandos, accourant d’autre part, lui dit : « Messire Bertrand, rendez-vous, la journée n’est pas vôtre. » A ces mots, Du Guesclin rendit son épée, et dès lors il n’y eut plus de résistance. Toutefois les gens de Montfort continuèrent à faire une sanglante boucherie des fuyards, il n’en échappa guère, d’autant que presque tous les chevaux avaient été tués ou estropiés dans le combat, et que les hommes d’armes qui les avaient donnés à leurs valets, n’avaient pas le loisir de les chercher.

Ainsi fut décidée, après vingt-trois ans de vicissitudes et de combats, la querelle des deux prétendants au duché de Bretagne ; ainsi fut terminée une guerre que l’ambition de deux femmes et les intérêts du roi d’Angleterre alimentaient depuis trop longtemps. Montfort versa des larmes en contemplant le cadavre de son rival : « Ah ! mon cousin, s’écria-t-il, par votre opiniâtreté, vous avez causé beaucoup de maux à la Bretagne, Dieu vous le pardonne. — Monseigneur, reprit Chandos, en éloignant le comte de ce triste spectacle, vous ne pouviez avoir votre cousin en vie et le duché tout ensemble ; remerciez Dieu et vos amis. »




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