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22 septembre 1688 : mort du médecin et voyageur François Bernier - Histoire de France et Patrimoine


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22 septembre 1688 : mort du médecin
et voyageur François Bernier
(D’après « Arts asiatiques », paru en 1995)
Publié / Mis à jour le lundi 19 septembre 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
Philosophe et astronome surnommé Le Grand Moghol et le joli philosophe, médecin et voyageur du XVIIe siècle, François Bernier s’embarqua en 1656 pour de longues pérégrinations orientales : sur les bords du Nil, à la cour du Moghol ou dans les vallées retirées du Cachemire, il applique aux réalités les plus diverses un art d’observer et un sens critique hors du commun, publiant à son retour un témoignage précieux au sein de ses Mémoires du sieur Bernier sur l’Empire du Grand Moghol.

François Bernier, eut, au cours de sa vie, deux surnoms : Le Grand Moghol et le joli philosophe, devant devait le premier à son séjour dans l’Inde et à ses amis Epicuriens, et le second à l’un d’eux, Saint Evremond.

Moghol, François Bernier, né le 25 septembre 1620, le fut pendant une huitaine d’années. Après une enfance angevine, il fait, grâce à un oncle et parrain curé de campagne, des études brillantes au Collège de Clermont à Paris, où il rencontre Chapelle et Molière puis le philosophe Gassendi dont il suit les cours d’astronomie en 1645. Il voyage en Pologne, Allemagne et Italie avec le Seigneur de Merveilles en mission diplomatique, entre 1647 et 1650, et s’inscrit, le 15 mai 1652, à trente-deux ans, à la Faculté de médecine de Montpellier.

Aurangzeb, empereur des Moghols sous le nom d'Âlamgir Ier de 1658 à 1707
Aurangzeb, empereur des Moghols sous le nom
d’Âlamgir Ier de 1658 à 1707
Trois mois plus tard, le 26 août, il est docteur en médecine. Il assiste son maître Gassendi lorsque celui- ci meurt en 1655 puis il choisit l’aventure, grâce aux largesses du Seigneur de Merveilles, en partant pour la Syrie et l’Egypte en 1656, d’où il arrive deux ans plus tard, en 1658, en Inde, au moment où Aurangzeb, le troisième fils de Shâh Jahân, vient de se faire couronner empereur des Moghols (sous le nom d’Âlamgir Ier).

Bernier est parti pour l’Orient avec l’intention de s’initier à de nouvelles civilisations plutôt que pour y exercer la médecine. Bientôt privé de ressources, il s’engage au service du Grand Vizir d’Aurangzeb, Dânishmand Khân, personnage puissant et savant. Avant 1659, il rencontre Dârâ, le frère malheureux d’Aurangzeb, qui le force à le suivre dans ses campagnes « parce qu’il n’avait point de médecin ». Puis il accompagne Aurangzeb en 1662-1664, pendant un voyage de convalescence au Cachemire, toujours en compagnie de l’âgâ Dânishmand Khàn, avec lequel, selon ses écrits, il s’entretient, en persan qu’il parle couramment, de philosophie, de médecine et des récentes découvertes de Harvey et de Pecquet — Harvey (1578-1657), médecin anglais qui avait découvert la circulation du sang, et Pecquet (1622-1674), médecin et anatomiste français, les canaux chylifères.

En 1665, François Bernier accompagne Tavernier, le célèbre marchand joaillier, vers Qasim Bazar et Hoogly. Lorsqu’il est de retour en France, à Marseille en 1669, étant parti de Surate en avril 1668 et étant passé par Shirâz le 10 juin, puis par l’Egypte, il rédige ses Mémoires du sieur Bernier sur l’Empire du Grand Moghol qu’il publie en 1670-1671 puis retourne à la philosophie en compagnie de ses amis Epicuriens, Ninon de Lenclos, Madame de La Sablière (qui l’avait recueilli ainsi que La Fontaine), Molière et Boileau. Il se rend à Londres en 1685 pour rencontrer Saint Evremond, qui y réside auprès de la duchesse de Mazarin, et meurt le 22 septembre 1688. En 1699 puis en 1710, 1711 et 1724, paraissent, à Amsterdam, des éditions de son œuvre sous le titre des Voyages de François Bernier, Docteur en Médecine de la Faculté de Montpellier, contenant la description des Etats du Grand Moghol.

Portrait présumé de François Bernier. Miniature de la Rampur Raza Library
Portrait présumé de François Bernier. Miniature de la Rampur Raza Library

Moghol, il le fut donc pendant au moins une huitaine d’années, ayant ses entrées à la cour grâce à son amitié avec le vizir et y observant soigneusement tout ce qui s’y passe. Ses Voyages mentionnent à quelques reprises ses activités médicales, ses appointements et sa réputation dans ce domaine mais jamais sous le titre de médecin de l’empereur, qui a d’ailleurs ses propres médecins mahométans. Les différents textes sur la vie d’Aurangzeb ne le mentionnent pas davantage.

Joli, Bernier le fut sans doute puisque Saint Evremond le décrit comme « le plus joli philosophe que j’ai connu ; joli philosophe ne se dit guère, mais sa figure, sa taille, ses manières, sa conversation l’ont rendu digne de cet épithète-là ». Aucun portrait français, connu à ce jour, ne permet pourtant d’en juger. Michel Bégon (1638-1710), intendant de Rochefort, magistrat et amateur d’estampes, avait eu l’ambition de composer un recueil de portraits des hommes illustres de son siècle. Il écrit : « M. Bernier, l’Indien, est aussi sur ma liste. Je vous prie de m’envoyer un mémoire des livres qu’il a faits, que je ferai aussi acheter avec son portrait que je n’ai pas ». Mais Michel Bégon renonce bientôt à ce travail et Charles Perrault, l’auteur des Contes, se sert des estampes rassemblées pour son Histoire des hommes illustres (1697-1700), dans laquelle ne figurent aucune notice ni portrait de Bernier, ce qui tendrait à prouver que Michel Bégon n’avait pas réussi dans ses recherches.

Niccolo Manucci
Niccolo Manucci, médecin et voyageur vénitien

En outre, aucune des nombreuses thèses de médecine, consacrées à Bernier, ne mentionne de portrait connu du personnage et l’une d’elles (Elie Stora, 1937) insiste même sur le fait que l’on ne possède aucun portrait du philosophe-médecin. Pourtant Bamber Gascoigne, dans The Great Mughals, Delhi, 1971, publie en page 218 « A mid-17th century Moghul portrait said to be of François Bernier ». En effet, la Rampur Raza Library dans l’Uttar-Pradesh, au nord de l’Inde, conserve une miniature, que nous avons insérée en début d’article et représentant un Européen sur fond de paysage, sur laquelle est collée une étiquette dactylographiée : « François Bernier, M.D. of the Faculty of Montpellier, born at Jane near Gonnand (?) in Arjan A.D. 1620. Came to India in 1659. Famous for his travels in the Moghul Empire. Entitled by Alamgir Hakeem Khan Frangi. » Sur le portfolio qui protège la miniature, on peut lire, manuscrit : « Portrait of François Bernier, a french traveller and physician. Mughal. Aurangzëb period, c. 1659-66 s.d. N° 4/9. » Au-dessus du portrait, une inscription en caractères persans : « Shabîh-i Hakïm Khân Farangî » (portrait d’un noble médecin européen).

Le personnage, un homme aux cheveux, à la moustache et à la barbe ondulés et blond roux, est assis au pied d’un banian. Il est vêtu d’une robe bleue, boutonnée par cinq boutons et ceinturée, et d’une cape rouge brique retenue par une cordelette. Sous l’encolure de la robe, apparaît le liseré blanc d’une chemise. Les pieds, plus sombres que les mains, semblent porter des bas bruns (les orteils ne sont pas distincts contrairement aux personnages moghols qui sont représentés pieds nus). La main gauche porte une bague à l’index ; le visage est légèrement penché en avant, regard clair dirigé vers le livre posé au sol.

Devant le personnage, au sol, un livre fermé sur la couverture duquel on peut lire, en persan : « Hakïm Khân » et un livre ouvert orné de caractères qui semblent grecs. Derrière, un chapeau à la haute calotte cernée à sa base d’une sorte de passementerie à motifs dorés. Entre le chapeau et le livre, un objet doré : une tête sur un petit socle, sur le front de laquelle on voit nettement un point rouge encadré par une sorte de pointe de flèche rouge. Elle évoque une statuette vishnuite. Le tertre découpé sur lequel est assis le personnage, est bordé d’une rivière que l’on voit se prolonger à droite vers le fond de la miniature. Au-delà du chapeau et de la rivière, on aperçoit un ensemble de maisons devant lesquelles passent deux petits personnages stylisés, l’un dessiné en noir et de face, menant une vache (?), l’autre dessiné en rouge et de profil tenant un long bâton ; au premier plan, un animal massif, du type sanglier.

Jean-Baptiste Tavernier
Jean-Baptiste Tavernier, voyageur et pionnier français du commerce avec l’Inde

Si l’on compare le pseudo portrait de Bernier avec ceux que nous connaissons de ses contemporains, Niccolo Manucci (1638-1715) ou Jean-Baptiste Tavernier (1605-1689) par exemple, autres célèbres voyageurs en Inde, on constate que ceux-ci sont vêtus à l’orientale d’une robe croisée, retenue par une large ceinture, d’un turban et de babouches ou de bottes, costume plus conforme à leurs activités et au climat du pays. On pourrait donc conclure que le pseudo portrait de Bernier est un portrait de convention d’un médecin européen dans le style de la fin du XVIe siècle ou du début du XVIIe siècle, de l’école d’Akbar, inspiré, comme tant d’autres, par un modèle européen. Les légendes qui lui ont été adjointes à notre siècle, seraient alors sans fondement.

La mention, en persan, du titre de médecin (Hakïm), du titre de noblesse (Khân) et de l’adjectif farangï (étranger) désigne par contre très précisément l’un de ces médecins ou pseudo-médecins européens qui exercèrent leurs talents avec succès auprès des princes moghols et de leur harem. Manucci, qui parle de lui-même sous le titre de Hakim Niccolao fut l’un de ses « quack doctors » ou charlatans qui se firent passer pour médecins et connurent une grande célébrité auprès des Moghols, grâce à quoi il put relater ses expériences de la cour dans sa Storia do Mogor, tout comme Bernier relata les siennes dans son Voyage dans les États du Grand Moghol.




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