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Histoire des Français. Sainte Geneviève arrête Attila chef des Huns à Paris (Lutèce) en 451. Invasions barbares - Histoire de France et Patrimoine


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Histoire des Français

L’Histoire des Français : systèmes politiques, contexte social, population, économie, gouvernements à travers les âges, évolution des institutions.


Sainte Geneviève arrête Attila
et les Huns à Lutèce en 451
(D’après « Faits mémorables de l’Histoire de France », paru en 1844)
Publié le dimanche 23 février 2014, par LA RÉDACTION


 
 
 
 
La tradition affirme que lors du siège de Paris en 451 par les Huns ayant pour chef un Attila dont l’historiographie chrétienne brosse un portrait des plus sombres, une jeune fille de 28 ans, Geneviève, à laquelle dès l’âge de 7 ans on avait prédit un exceptionnel destin, convainc par sa force de caractère les Parisiens de ne pas fuir devant les Barbares et exhorte notamment les femmes à empêcher l’abandon de la cité. Attila épargnera Paris.

Après avoir traversé l’Allemagne, ne laissant derrière lui que la ruine et la désolation, Attila pénétra dans les Gaules en 451, suivi de cette multitude furieuse , enivrée de ses sanglants succès, qu’il avait amenée des bords du Danube. C’était le dernier mais le plus terrible flot de ce torrent de barbares qui, depuis trois siècles, parcourait l’Europe en effaçant sur son passage et les villes et les nations.

Jusqu’alors les peuples qui des profondeurs de l’Asie se précipitaient vers l’Occident s’étaient pour ainsi dire aisément rassasiés de leurs triomphes ; et, à mesure qu’ils approchaient du monde civilisé, leur farouche courage s’amollissait : ils avaient fini par s’arrêter étonnés des splendeurs de l’empire romain , essayant d’imiter ses mœurs et les merveilles de sa civilisation.

Attila, chef des Huns
Attila, chef des Huns
Mais, cette fois, le vainqueur était impitoyable, il dédaignait les recherches du luxe ; aux grandeurs des cités de l’empire romain, à leurs palais de marbre, à leurs magnifiques monuments , il préférait la solitude de son village de bois, peint et tapissé ; aux kiosques nombreux, aux couleurs variées ; les vastes espaces des vertes prairies du Danube convenaient mieux à ses libre allures que les villes resserrées par une ceinture de murailles.

Dans son camp, où s’entassaient les richesses que Rome lui envoyait humblement en tribut, Attila, abandonnant à ses compagnons les vaisselles d’or et d’argent, les étoffes de pourpre et tous les brillants trophées de la victoire, recevait, assis sur un escabeau, devant une table chargée de plats de bois et de mets grossiers, les envoyés des empereurs d’Orient et d’Occident. Étranger à tout ce qui émeut le cœur de l’homme, il se plaisait dans la terreur qu’il inspirait et se donnait lui-même avec une sombre fierté le surnom de Fléau de Dieu.

La tradition rapporte que sa figure, son extérieur, tout en lui, d’après le portrait qu’en ont tracé les historiens, répond à la terrible renommée qu’il a laissée : sa taille courte et ramassée, sa large poitrine, attestaient la force ; son nez écrasé, son front large, percé de deux yeux ardents, ses cheveux épars, rappellent à la fois son origine et sa destinée. Rien d’humain ne semble enfin avoir pénétré dans cette âme, animée seulement du besoin de la destruction, et qui s’éteint devant Rome après avoir accompli sur l’Europe entière son œuvre d’extermination.

La Gaule, tant de fois dévastée par les barbares, vit avec consternation approcher cet inflexible exterminateur, qui disait : « L’herbe ne croît plus partout où le cheval d’Attila a passé », et répondait aux ambassadeurs de Théodose : « Croyez-vous qu’il puisse exister une forteresse ou une ville s’il me plaît de la faire disparaître du sol ? »

Un hasard, prétend-on, avait conduit les Huns vers l’Occident ; une biche leur avait indiqué une route à travers les Palus-Méotides : un hasard également avait armé Attila. Un pâtre se blesse au pied dans un pâturage ; il découvre une épée sous l’herbe, il la porte au chef tartare : Attila la saisit, et jure ses droits à la domination du monde. « L’étoile tombe, la terre tremble, s’était-il écrié, je suis le marteau de l’univers. » La constance même de ses succès, l’inflexibilité plus qu’humaine de son cœur, tout remplissait les esprits d’un mystérieux et craintif étonnement, et paraissait révéler au monde une mission fatale.

La présence d’Attila s’annonça dans les Gaules, comme d’habitude, par le pillage, le massacre et l’incendie. Il menait avec lui une meute dévorante, qui n’attendait qu’un signe du maître pour se ruer sur les cités. Trêves, la métropole du Nord, Metz et une foule de villes furent ruinées par cette effrayante invasion, et ce fut précédé de ces sinistres éclats qu’il se présenta sous les murs de Paris ou plutôt de Lutèce.

Quand ils virent s’étendre sous leurs remparts cette foule de barbares , dont on portait le nombre à cinq cent mille hommes, les Parisiens considérèrent avec terreur sur les deux rives de la Seine ces hommes étranges, d’un aspect farouche, à peine couverts d’une misérable tunique, coiffés d’un grossier bonnet de peau, qui à cette heure étaient les maîtres du monde.

Épouvantés à leur approche, ils ne songent même pas à résister ; la fuite leur semble l’unique chance de salut, et, réunissant toutes les barques qu’ils peuvent trouver, ils se préparent à abandonner Paris aux Huns. Dans cette population désolée un cœur seul garde sa confiance, une voix s’élève pour engager les habitants à se défendre : c’est celle d’une jeune fille de dix-neuf ans à peine, consacrée à Dieu dès son enfance, de sainte Geneviève.

Née en 423 au village de Nanterre près de Paris, sainte Geneviève n’avait encore que sept ans lorsque saint Germain d’Auxerre, qui se rendait en Angleterre, la distingua parmi ses compagnes et lui annonça à quelle sainte mission le ciel la réservait. « Veillez sur cette jeune fille, dit-il à ses parents, au jour de sa naissance le ciel a dû se réjouir, car elle est venue au monde pour le salut de plusieurs. Elle sera grande devant Dieu et devant les hommes. »

Geneviève ne trompa point ces pieuses prévisions. A quinze ans elle avait pris le voile ; et, retirée à Paris dans la demeure de sa marraine, elle se livrait aux exercices de la plus rigoureuse austérité, quand l’arrivée d’Attila la fit sortir de sa retraite. Se rappelant sans doute l’œuvre de salut que saint Germain lui avait prédite, elle assemble les femmes, les exhorte à empêcher l’abandon de la cité pure et sans tache où jamais l’ennemi du Christ n’a pénétré, les entraîne, et les conduit au baptistère prier Dieu de réveiller la foi et le patriotisme éteints dans le cœur de leurs époux, de leurs frères et de leurs enfants.

Sainte Geneviève
Sainte Geneviève

La légende prétend qu’ensuite, se rendant au milieu de l’assemblée des citoyens : « Pourquoi fuyez-vous ? leur dit la courageuse vierge ; celui qui a dit à la mer : Sépare tes flots ; et au Jourdain : Remonte vers ta source, ne saura-t-il pas élever une digue entre vous et le torrent ? Paris n’a rien à craindre de ce roi barbare qui se prétend la terreur du genre humain et le fléau de Dieu. Votre ville sera conservée, tandis que celle où vous voulez vous retirer sera pillée ou saccagée. Ayez confiance en Dieu, implorez son secours, et ne trahissez point par votre fuite la cause du ciel et de la patrie. »

Mais ses efforts sont inutiles, une invincible crainte à frappé les Parisiens ; et la multitude, dominée par la peur, accable sainte Geneviève d’outrages, l’appelant fausse prophétesse et sorcière. Bientôt des injures on passe aux menaces, des cris de mort partent du milieu de l’assemblée. « A la Seine, s’écrie-t-on, à la Seine l’hypocrite, qu’elle soit punie de ses mensonges ! » Déjà sa perte paraissait certaine, on s’excitait à la lapider ou à la noyer, quand l’archidiacre d’Auxerre pénètre dans la foule, apportant à sainte Geneviève, de la part de saint Germain, des eulogies, présents que les évêques adressaient en signe de respect et d’amitié.

Cet hommage, rendu si publiquement à la vertu de sainte Geneviève, change aussitôt les dispositions des Parisiens : ils écoutent les conseils de la vierge de Nanterre, et se préparent à défendre la cité contre l’invasion des Huns. Mais ils n’eurent pas même à combattre ; les prières de sainte Geneviève avaient été exaucées : pour la première fois Attila recule et se détourne de sa route, durant la nuit il part avec ses sauvages compagnons ; Paris est épargné, et la haine que la veille sainte Geneviève inspirait se change en une admiration profonde.

Attila, le terrible dominateur des peuples, que les maîtres de Rome n’abordaient qu’en tremblant, qui traînait à sa suite tant de tribus soumises, s’arrêtait devant une jeune fille qui n’avait pour elle que la ferveur de sa foi. C’était le triomphe de la religion de l’esprit et du dévouement sur la force matérielle ; victoire touchante qui inaugure dans la Gaule les premiers temps du christianisme, et place sous une douce et pure protection cette contrée qui, plus tard, devait être la France.

Sainte Geneviève, après avoir, dans une autre occasion, sauvé de la famine Paris assiégé par Childéric, en se mettant courageusement à la tête de ceux qui allaient chercher des vivres ; après avoir vu les barbares, dans la personne de Clovis, adopter le christianisme, et sauvé la Gaule des erreurs de l’hérésie, sainte Geneviève mourut en 512, laissant dans les plus saintes légendes un nom honoré par quatre-vingts années de vertu et de piété.

Paris reconnaissant plaça le cercueil de sainte Geneviève à côté de celui de Clovis, dans la basilique de Saint-Pierre et Saint-Paul, et choisit pour patronne dans le ciel celle qui deux fois l’avait gardé de la colère des barbares.

 

 

 

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