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10 août 1536 : le dauphin François, fils du roi de France François Ier, meurt d'un éventuel empoisonnement - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

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10 août 1536 : le dauphin François,
fils du roi de France François Ier,
meurt d’un éventuel empoisonnement
Publié / Mis à jour le samedi 6 août 2016, par LA RÉDACTION



 

Charles-Quint, descendu en Provence avec les forces les plus redoutables, menaçait de conquérir la France ; le roi était au camp de Valence ; le dauphin François, son fils, s’embarqua sur le Rhône pour l’aller joindre ; il fut attaqué à Tournon d’une maladie subite et violente, dont il mourut le quatrième jour. Déjà échauffé par les plaisirs, il voyageait au milieu des ardeurs d’un été si sec et si chaud, que dans des provinces moins chaudes que celles qu’il parcourait, les rivières étaient presque entièrement taries.

S’étant arrêté à Tournon, il voulut jouer à la paume, qu’il aimait beaucoup, et s’y échauffa excessivement. Excédé de fatigue, de soif et de chaleur, il but de l’eau fraîche avec intempérance, et il est assez vraisemblable qu’il mourut d’une pleurésie. On ne voulut pas croire que les voluptés, toujours si meurtrières, que l’intempérie des saisons, sources de contagions et de mortalités, que le combat de la fraîcheur et de la chaleur excessive, eussent pu causer la mort d’un jeune prince : on aima mieux concevoir les plus affreux soupçons. Charles-Quint était en Provence, et voulait conquérir la France ; il fallait bien que ce fût lui qui eût fait périr le dauphin ; le peuple voulut absolument que le dauphin eût été empoisonné.

Le dauphin François peu avant sa mort, par Corneille de Lyon
Le dauphin François peu avant sa mort, par Corneille de Lyon

On arrêta le comte Sébastien de Montecuculli, italien ; et comme une erreur en fortifie une autre, quelques connaissances qu’il avait en médecine, sa patrie, tout fut érigé en présomptions contre lui : on l’accusa d’avoir versé dans le vase du prince un poison mortel ; on le mit à la question, moyen quelquefois assez efficace de faire avouer ce qui est déjà cru, ou ce qu’on veut qui le soit ; il y révéla d’étranges choses. Il avait, disait-il, été poussé à ce crime par Antoine de Lève, et par Ferdinand de Gonzague, généraux de l’empereur ; ce prince, sans lui rien prescrire, l’avait beaucoup questionné sur tout ce qui se passait à la cuisine du roi de France, car Montecuculli avait déjà été précédemment en France ; après cette conversation, l’empereur l’avait envoyé à de Lève et à Gonzague, qui lui avaient confié le plan du complot, et l’avaient chargé de l’exécution ; et suivant ce complot, il devait attenter de même à la vie du roi et des deux princes ses fils.

Ni les mœurs du temps, qui étaient celles de la chevalerie, ni le caractère de l’empereur, qui se permettait la ruse, jamais le crime, ni l’intérêt de ce prince qui ne pouvait être de se rendre odieux par des crimes nécessairement inutiles, puisque le roi n’aurait jamais manqué de successeurs ni de vengeurs ; ni la confiance avec laquelle Charles-Quint passa, trois ans après, par la France, pour aller dans les Pays-Bas, ni la manière dont il fut alors accueilli en France, rien ne permet d’apercevoir la moindre ombre de vraisemblance dans cette accusation.

Si l’on veut absolument trouver quelqu’un qui eût intérêt, non à faire périr les trois princes avec ou sans leur père, mais à empoisonner le dauphin ; si la maxime que celui à qui le crime est utile, en est présumé l’auteur, doit être adoptée, c’est sur Catherine de Médicis que pourraient tomber des soupçons plus raisonnables ; ce serait elle qui aurait voulu, par la mort du dauphin, son beau-frère, procurer le trône à son mari le duc d’Orléans, pour devenir reine. Cette idée, qui du moins ne présente qu’un seul crime, montre en même temps un grand intérêt de le commettre. Aussi fut-ce Catherine de Médicis qu’accusa l’indignation des Impériaux, en repoussant le soupçon qui les accusait eux-mêmes, et le caractère de Médicis n’aide pas à la justifier.

Montecuculli fut écartelé à Lyon, comme convaincu, selon l’arrêt (du 7 octobre 1536) d’avoir empoisonné le dauphin, et d’avoir voulu empoisonner le roi. François Ier, pour venger son fils, voulut qu’on donnât à ce jugement la plus grande solennité ; il y assista lui-même, il y fit assister les princes du sang, tous les prélats qui se trouvèrent alors à Lyon, tous les ambassadeurs, tous les seigneurs, même étrangers, qui l’avaient accompagné, parmi lesquels il y avait beaucoup d’Italiens.

Faut-il croire que, pour donner une victime aux mânes du dauphin et à la douleur du roi, on se soit fait un jeu barbare de faire périr un innocent dans des tourments affreux, et qu’une politique infernale ait voulu saisir cette occasion d’exciter, par la calomnie, une haine universelle contre l’empereur ? Ou bien faut-il croire que la jeune Médicis, au crime horrible d’avoir empoisonné son beau-frère, ait su joindre, à dix-sept ans, le crime habile de tourner vers l’empereur les soupçons d’un peuple, qui, à la vérité, désirait de le trouver coupable ?

Ou bien enfin ce Montecuculli était-il un de ces aventuriers moitié scélérats, moitié fous, qui, sans complices comme sans motifs, dans un accès de superstition religieuse ou politique, attentent à la vie des princes qu’ils ne connaissent pas, et troublent un Etat sans servir personne ?

Mais presque tous les auteurs qui ont cru Montecuculli coupable, l’ont regardé comme un instrument employé par de Lève ou par Gonzague, sous la direction de l’empereur ; les autres ont accusé Catherine de Médicis, qui ne paraît pas avoir été crue coupable en France, ou ils ont jugé qu’il n’y avait ni crime ni coupable, et que le dauphin avait péri d’une mort naturelle ; ce qui rendrait l’arrêt inexplicable et inconcevable.

Le dauphin François enfant, par Jean Clouet
Le dauphin François enfant, par Jean Clouet

Des pièces du temps témoignent que le peuple exerça sur le cadavre déchiré de Montecuculli, toutes ces barbaries, toutes ces horreurs qui lui sont familières. L’arrêt fournit une circonstance qui mérite d’être révélée, c’est que Montecuculli s’était donné un complice, qu’il avait accusé le chevalier Guillaume de Dinteville, seigneur des Chenets, d’avoir eu connaissance de son projet d’empoisonner le roi. Il prétendait le lui avoir confié à Turin et à Suze ; mais cette accusation ayant été reconnue fausse , l’arrêt condamne Montecuculli a faire une réparation publique à Dinteville, et adjuge à celui-ci une amende considérable sur les biens confisqués de son téméraire accusateur.

L’arrêt offre encore une circonstance qui n’est pas indifférente, c’est qu’on trouva un traité de l’usage des poisons, écrit de la main de Montecuculli. Au reste, l’arrêt garde le plus profond silence sur l’empereur, ou sur tout autre instigateur du crime, il ne punit et ne nomme qu’un coupable ; il faut n’en pas chercher davantage, et reconnaître qu’il manque bien des lumières sur cette funeste aventure. On ignore si le célèbre Raimond, comte de Montecuculli, généralissime des armées de l’empereur d’Allemagne, et rival de Turenne, était de la même famille que le malheureux Sébastien. Tous deux étaient Italiens, l’un de Ferrare, l’autre du Modénois.

Actuellement, la thèse plus admise relative à la cause de la mort du dauphin François, est la mort naturelle des suites d’une pleurésie qu’il aurait contractée au sein des forteresses insalubres espagnoles lorsqu’il était otage de Charles-Quint — son emprisonnement ayant été, à l’époque, une des conditions de la libération de François Ier




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