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4 août 1477 : Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, est décapité aux Halles - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

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4 août 1477 : Jacques d’Armagnac,
duc de Nemours, est décapité aux Halles
(D’après « Nouvelle biographie universelle depuis les temps
les plus reculés jusqu’à nos jours » (Tome 37), paru en 1863)
Publié / Mis à jour le samedi 30 juillet 2016, par LA RÉDACTION



 

Né en 1433, Jacques d’Armagnac était fils de Bernard d’Armagnac, comte de Pardiac (second fils du connétable d’Armagnac), et de Éléonore de Bourbon, comtesse de la Marche et de Castres, duchesse de Nemours. Son père avait été le gouverneur du dauphin (depuis Louis XI) ; lui-même fut en grande faveur au commencement du règne de ce prince.

Louis XI lui donna en avril 1462 le duché-pairie de Nemours, auquel il avait quelques droits par sa mère, Éléonore de Bourbon. La même année il le mit à la tête des sept cents lances françaises, qu’il envoyait au secours du roi d’Aragon contre les Catalans, soulevés. En échange de ce secours, le roi d’Aragon céda le Roussillon à la France ; mais il aurait bien voulu conserver cette province, et il excita une sédition à Perpignan. Le duc de Nemours fut chargé d’aller réduire cette place, entreprise qui offrit peu de difficulté.

Jacques d'Armagnac, duc de Nemours
Jacques d’Armagnac, duc de Nemours

Malgré les bienfaits dont il avait été comble par le roi, Jacques d’Armagnac entra dans la ligue du Bien public — révolte de princes entre mars et octobre 1465 contre l’accroissement des pouvoirs du roi Louis XI. Il fut un des premiers à négocier ; mais il fit, en son nom et au nom des autres chefs de la ligue, des demandes si exorbitantes que Louis XI les rejeta, marcha contre les rebelles, enfermés dans Riom, et les força de consentir à un armistice. Cependant les circonstances devinrent bientôt si fâcheuses pour Louis XI que le duc de Nemours obtint le gouvernement de Paris et de l’Ile-de-France, avec une pension, la solde de deux cents lances et la nomination aux offices et bénéfices dans ses seigneuries.

Peu après ce traité, lui et ses cousins, le comte d’Armagnac et le sire d’Albret, prêtèrent serment au roi de le servir contre tous, même contre le duc Charles, son frère. Ce serment fui mal tenu. Si les deux d’Armagnac ne s’unirent pas ouvertement aux ducs de Bourgogne et de Guyenne, ils traitèrent avec le roi d’Angleterre et le pressèrent d’envoyer une armée dans la Guyenne ; en attendant ils se mirent en campagne avec quelques bandes de pillards (1469). Le roi envoya contre eux le comte de Dammartin en l’autorisant à traiter.

Nemours n’essaya pas de résister. Par un accord conclu à Saint-Flour, le 17 janvier 1470, « il confessa que bien que le roi l’eût agrandi et lui eût fait de grands biens, il en avait été si méconnaissant, qu’il s’était soulevé contre lui, qu’il avait débauché ses sujets et ses serviteurs, avait machiné sa prise et la détention de sa personne, avait faussé ses serments, avait pris son argent, et au lieu d’apaiser les autres, comme il l’avait promis, les avait animés contre le roi. Il s’engagea à perdre tous ses domaines et les privilèges de la pairie s’il manquait de nouveau à ses serments, et consentit à ce que tous ses serviteurs fissent un serment direct au roi. »

En prêtant ce serment, Nemours était peut-être sincère, et il mit dès lors une grande réserve dans sa conduite. Il voyait avec effroi suspendue sur sa tête la colère de Louis XI, qui, devenant chaque jour plus puissant, pensait à tirer vengeance des seigneurs qui l’avaient trahi en 1465. Par l’ordre du roi de France, le comte d’Armagnac fut tué en 1473. Quelques lettres du duc de Nemours, trouvées dans les papiers du comte, convainquirent le roi que les deux cousins continuaient à agir de concert avec les princes mécontents. Cependant comme Jacques d’Armagnac n’avait pas fait de démarche ostensible, le roi le laissa pour le moment en repos.

Jacques d'Armagnac, duc de Nemours
Jacques d’Armagnac, duc de Nemours
Mais dès que la défaite du duc de Bourgogne à Grandson — bataille opposant les Bourguignons aux Suisses, remportée par ces derniers le 2 mars 1476 — l’eut rassuré du coté de son principal adversaire, il ne ménagea plus rien et chargea le sire de Beaujeu d’aller assiéger le duc de Nemours dans son château de Carlat. Le duc fat fait prisonnier et conduit à Vienne en Dauphiné, où Louis XI était alors. Le roi, refusant de le voir, le fit enfermer au château de Pierre-Encise, d’où, le 4 août 1476, il fut transféré à la Bastille. Sa femme, Louise d’Anjou, fille du comte du Maine et nièce du roi René, que le roi lui avait fait épouser en 1462, mourut en couches de douleur et d’effroi pendant le siège de Carlat.

Nemours avait été coupable en 1465 et 1469 ; mais il était couvert par plusieurs traités, et depuis 1470 il s’était tenu paisible. « D’ailleurs parmi les grands seigneurs du royaume, dit Thomas Basin dans son Histoire des règnes de Charles VII et de Louis XI (faussement attribuée à Amelgard), il n’y en avait aucun de mœurs plus douces, d’un gouvernement plus juste envers ses vassaux, enfin d’une renommée plus honorable. » Le sire de Beaujeu, en le faisant prisonnier, lui avait promis de bonnes conditions ; mais aucune de ces considérations ne toucha le roi, qui montra contre cet ancien favori qui l’avait trompé une férocité impitoyable. Il ordonna de l’enfermer dans une cage de fer, et de le « gehenner bien étroit pour le faire parler clair ». Précisons, à ce sujet, que ces célèbres cages de fer, contribuant à la légende noire de Louis XI forgée au XIXe, étaient en réalité destinées à enfermer seulement la nuit, de surcroît les prisonniers importants, ceux-ci regagnant leur geôle le jour.

La procédure s’instruisit, non devant le parlement, mais devant une commission présidée par le sire de Beaujeu. Pour être plus sûr des commissaires, Louis XI leur distribua les domaines de l’accusé. La torture n’arracha aucune révélation au duc de Nemours, et on ne put établir contre lui aucune charge positive. Enfin, sur quelques bonnes paroles du roi, il s’imagina qu’il l’apaiserait par une franche confession. Il lui écrivit une longue et touchante lettre dans laquelle, après des aveux explicites, mais qui n’établissaient pas cependant sa participation aux complots qu’il avait connus, il faisait appel à la clémence du roi et signait le pauvre Jacques. Une fois muni de cette lettre, Louis XI pensa qu’il obtiendrait facilement une condamnation du parlement, et il permit que Nemours fût jugé par cette cour, qui fut mandée à Noyon et présidée par Beaujeu, lieutenant et gendre du roi.

Exécution de Jacques d'Armagnac, duc de Nemours
Exécution de Jacques d’Armagnac, duc de Nemours

Sous la pression de l’autorité royale, le parlement condamna, le 10 juillet 1477, Jacques d’Armagnac, duc de Nemours, à être décapité comme coupable de lèse-majesté. Ses biens furent confisqués. L’arrêt reçut son exécution, le 4 août suivant, aux halles. Une foule immense assista à ce triste spectacle et montra beaucoup de pitié pour cet illustre seigneur, dont on oubliait les fautes, et qui paraissait sacrifié moins à la justice qu’à la vengeance. Le duc de Nemours laissait trois fils.

Signalons là encore une légende vivace, acceptée pourtant par de graves historiens tels Mézerai, Bossuet, Garnier, et appuyée par Voltaire, cependant qu’on la sait aujourd’hui dénuée de toute réalité : la tradition rapporta en effet longtemps que les jeunes enfants du duc de Nemours condamné, auraient été conduits, vêtus de blanc, sous l’échafaud de leur père, afin que son sang coulât sur leur tête. Dans son Histoire des ducs de Bourgogne de la maison de Valois, Amable de Barante explique qu’ « aucun des narrateurs contemporains, même de ceux qui se sont le plus apitoyés et indignés sur ce supplice, ne fait mention de cette circonstance. L’avocat qui, au nom des malheureux orphelins, laissés sans biens et sans secours, présenté requête aux états du royaume, assemblés en 1483, après la mort du roi, ne parla pas non plus de cette cruauté ; pourtant il n’omit rien de ce qui pouvait exciter une juste pitié en faveur de ces pauvres enfants, et ne garda point de ménagements pour la mémoire détestée de leur persécuteur. »




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