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27 juillet 1794 : chute de Robespierre - Histoire de France et Patrimoine


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27 juillet 1794 : chute de Robespierre
(D’après « Éphémérides politiques, littéraires et religieuses », édition de 1812)
Publié / Mis à jour le mercredi 27 juillet 2016, par LA RÉDACTION



 

Maximilien Robespierre, natif d’Arras, fut élevé à Paris au collège de Louis-le-Grand, où ses maîtres et ses camarades détestèrent également son caractère mutin, insolent, opiniâtre et jaloux. Au sortir de ses études, il suivit le barreau de la capitale, où les succès de ses rivaux furent le tourment de son orgueil et de son impuissance. Rappelé dans sa ville natale par l’espoir d’y obtenir des succès plus faciles, son ambition eut encore la honte d’échouer sur un plus petit théâtre.

Lors de la convocation des Etats-généraux, il brigua les suffrages de ses concitoyens : repoussé par les habitants de la ville d’Arras, il se tourna vers les habitants des campagnes, dont il gagna aisément la faveur, par des écrits contre la noblesse et le clergé. C’est ainsi qu’il se glissa dans l’assemblée constituante.

Cet homme, dont le règne d’une année a formé l’époque la plus sanglante de la Révolution, commença sa carrière politique le 27 juillet 1789, par le discours suivant, qu’il prononça dans L’assemblée constituante. On discutait la question du secret des lettres :

« La première de toutes les lois est le salut du peuple. Obligé par le plus impérieux de tous les devoirs, de venger l’attentat projeté contre les représentants de la nation, on doit se servir de tous les moyens possibles. Le secret des lettres est inviolable ; mais il est des circonstances où on doit le violer. Qu’on ne cite pas l’exemple de Pompée, qui brûla les lettres adressées à Sertorius ; Pompée était un tyran, un oppresseur de la liberté publique, et nous, nous en sommes les restaurateurs ».

Le 27 juillet 1790, on voit Robespierre exciter, avec Marat, un mouvement populaire contre la cour et contre l’assemblée nationale. Voici quelques traits de la harangue que Marat avait prononcée au Palais-Royal, le foyer de toutes les conspirations et de tous les crimes révolutionnaires :

« Citoyens de tout âge et de tout sexe, volez à Saint-Cloud [le roi y était allé passer quelques jours avec sa famille], ramenez le roi et le dauphin dans vos murs : renfermez l’Autrichienne et son beau-frère ; qu’ils ne puissent plus conspirer ; arrêtez tous les ministres, mettez-les aux fers ; assurez-vous du chef de la municipalité, et gardez à vue le général ; enlevez le parc d’artillerie de la rue Verte ; emparez-vous de tous les magasins et moulins à poudre ; courez, courez aux armes ! Cinq ou six cents têtes abattues vous auraient assuré repos, liberté et bonheur. Une fausse humanité a retenu vos bras et suspendu vos coups ; elle va coûter la vie à des millions de vos frères ».

Maximilien Robespierre
Maximilien Robespierre

Le 27 juillet 1793, Robespierre est nommé membre du Comité de salut public, en place du député Gasparin, qui avait donné sa démission. De tous les membres de la Convention, Robespierre était alors celui qui jouissait de la plus grande faveur parmi le peuple. Toute sa politique fut d’avoir su apprécier de bonne heure la puissance de la multitude, à une époque où la société semblait ramenée à son origine, par l’anéantissement des autorités régulières, et par la disparition de toutes les supériorités de convention. II avait aussi remarqué des premiers, que pour rester en crédit auprès des dernières classes du peuple, il fallait, dans toute espèce de système, aller toujours plus loin que les autres ; on ne peut entraîner que par excès, les hommes dénués d’éducation ; et comme leur esprit est incapable de saisir aucune nuance, la modération, la retenue ne leur paraissent qu’une trahison ou qu’un repentir.

Ainsi, les chefs du parti républicain dans l’assemblée législative, le maire de Paris et les officiers municipaux de ce temps-là conservèrent une grande autorité parmi le peuple, tant qu’ils l’animèrent contre la cour, tant qu’ils l’excitèrent à une insurrection contre le monarque et contre la royauté ; mais lorsqu’ils voulurent, immédiatement après l’adoption du gouvernement républicain, le ramener aux idées d’ordre et de subordination ; lorsqu’ils lui demandèrent de passer rapidement de son état de convulsion à un sentiment de respect pour les lois, ils perdirent tout leur ascendant, et d’autres chefs démocrates tournèrent contre eux l’esprit d’effervescence et d’irritation, dont ils avaient été les promoteurs.

Robespierre calcula fort bien la position de ces fondateurs de la république ; et comme son orgueil ne pouvait supporter le rang qu’ils s’adjugeaient dans la Révolution, il mit tout en usage pour les écarter de sa route, et s’emparer de l’autorité première ; mais une fois parvenu au faîte du crédit, une fois en jouissance de tout le pouvoir dont le peuple investit ses tribuns dans un temps de trouble, il n’eut garde de laisser à personne l’espoir de l’emporter sur lui dans la carrière du crime.

Un autre caractère marquant de la politique de Robespierre, et qui contribua beaucoup à son agrandissement, fut la promptitude avec laquelle il abandonnait ses amis, quand leur sacrifice était utile à son ambition, ou simplement à son orgueil et à sa vanité. Il s’était allié au parti qui, dans l’assemblée législative, avait provoqué la journée du 10 août ; mais sitôt que ce parti voulut jouir du triomphe, Robespierre devint son plus cruel ennemi, et cette haine fut la principale cause du 31 mai. Il s’était fait le patron de la municipalité de Paris, et avec son secours, il avait exterminé les chefs du parti dont nous venons de parler ; mais lorsque cette municipalité voulut se fier à ses propres forces ; lorsque ses officiers briguèrent une popularité qui leur fût personnelle, Robespierre oublia leurs services, et les immola.

Il avait eu, pour collègue de révolution, un homme d’un caractère prononcé, d’une éloquence impétueuse, et qui s’était montré le premier dans toutes les occasions où il fallait entraîner aux grandes mesures, les jacobins et le Convention nationale. On ne les vit, dans aucune circonstance, opposés l’un à l’autre ; leur doctrine révolutionnaire s’accordait dans tous les points ; mais une simple rivalité de réputation était, auprès de Robespierre, un tort irrémissible ; Danton, l’homme dont il est ici question, ne l’ignorait pas, car il disait : « Tout ira bien encore, tant qu’on dira Robespierre et Danton. Malheur à moi, si l’on disait jamais Danton et Robespierre. »

Celui-ci craignit qu’on ne vînt à le dire, et Danton fut livré au tribunal révolutionnaire. Un autre député de quelque talent (Desmoulins), périt en même temps victime du délaissement perfide de Robespierre, avec lequel il était lié par une de ces amitiés de collège, ordinairement si sacrées et si durables. Il avait voulu, dans une feuille hebdomadaire, disposer insensiblement le peuple jacobin, au ralentissement des jugements sanguinaires, dont les patriotes craignaient de devenir à leur tour les victimes ; il s’était assuré de l’approbation secrète du tyran ; mais le moment de cette doctrine n’était pas encore arrivé ; Robespierre le sentit, et pour se mettre entièrement à couvert, il abandonna, sans hésiter, son ami de collège au supplice.

Ce qu’il y eut d’original dans la situation de Robespierre, fut l’obligation où il se trouvait d’avoir pour complices, non pas seulement un comité dominateur dont il était l’âme et le mouvement, mais une assemblée de législateurs, une assemblée de sept cents représentants de la nation ; il fallait la pénétrer habituellement de terreur, et quelquefois lui rendre le calme après l’avoir mise en alarme ; il fallait lui montrer du respect quand elle était docile, et du mépris quand elle témoignait une disposition à la résistance ; c’est ainsi qu’il prétendait en imposer à la nation ; c’est ainsi qu’il jouait le rôle de serviteur de la loi, en violant tous les principes de justice ; et qu’il se couvrait de l’apparence hypocrite d’une obéissance à la volonté générale, en dominant tous les suffrages, et asservissant toutes les voix.

Le ciel eut enfin pitié de la France, et la chute de Robespierre étonna, par sa rapidité, ceux-là même qui étudiaient attentivement sa politique, et qui étaient placés le plus près de ses artifices. On ne saura qu’imparfaitement les mystères de son ambition ; on doute qu’il ait jamais eu de confident admis à connaître ses arrières-pensées : son âme vivait solitaire, et la retraite de sa conscience semblait n’être éclairée que par les torches des Furies.

Arrestation de Robespierre
Arrestation de Robespierre

On n’explique d’aucune manière satisfaisante le parti qu’il prit, six semaines avant sa catastrophe, de s’éloigner des séances du Comité de salut public, de ce Comité dominateur, armé de tous les pouvoirs. Il y restait présent à la vérité, par l’assistance habituelle de deux conjurés entièrement à lui, Couthon et Saint-Just ; et dans la même temps il dirigeait, sur la partie de la police, cette administration avec laquelle son bras vengeur atteignait à tout. On ne peut douter cependant que son absence affectée d’un comité, où se traitaient les plus grandes affaires de l’Etat, ne tînt à quelque combinaison secrète. Prévoyait-il le moment où la populace de Paris, qui se lasse de tout, même du sang, ne supporterait plus les abominables exécutions dont on lui donnait chaque jour le spectacle ? Prévoyait-il que tôt ou tard il éclaterait une insurrection contre les inventeurs et les artisans d’un système que la milice infernale aurait eu peine à soutenir ? Avait-il conçu le projet de se mettre lui-même à la tête de ce parti, et se ménageait-il ainsi le moyen de renverser un comité qui, l’égalant en fureur, ne laissait plus à son ambition d’autre ressource que la priorité de la clémence ?

Dans ce cas, on a peine à comprendre comment il montra si peu de prudence dans son plan d’attaque ; comment il se laissa pénétrer avant d’avoir assuré sa marche par aucun préparatif, par aucune disposition habilement concertée : aveuglé par de longs succès, il se crut toujours le maître ou de déterminer les mouvements de l’assemblée, ou de calculer à temps la force des oppositions pour y proportionner ses combinaisons nouvelles. Il fut déconcerté par la rapidité de l’attaque, et cette attaque fut elle-même déterminée par l’urgence du moment. Il eut la maladresse (la veille du 9 thermidor) de dénoncer à l’opinion publique la conduite de plusieurs comités qui étaient encore dans leur force, et d’indiquer vaguement à plusieurs députés la proscription dont ils étaient menacés. Ces députés se virent dans la nuit ; ils convinrent aisément du péril de leur situation, et du sort qui les attendait, s’ils ne perdaient pas leur ennemi dès le lendemain.

Ce lendemain était le 27 juillet 1794 (le 9 thermidor), jour célèbre dans la Révolution française. Un des députés qui étaient le plus menacés, attaqua Robespierre ouvertement, et avec la plus grande force. Le signal de l’attaque une fois donné, plusieurs députés se rangèrent sous l’étendard levé par Tallien, et quand un rang d’agresseurs eut formé, comme une sorte de parapet, derrière lequel les moins hardis se crurent en sûreté, l’agression devint générale : Robespierre voulut parler à la tribune ; mais de toute part on criait : A bas le tyran ! et il ne put jamais se faire entendre.

Bientôt un décret d’accusation fut rendu contre lui, contre son frère, et contre trois de ses créatures, Couthon, Saint-Just et Lebas, membres du Comité de salut public. On le conduit à la maison d’arrêt du Luxembourg ; mais son pouvoir était encore si grand, que le concierge de la prison refusa de le recevoir, et que ses gardes le conduisirent à l’Hôtel-de-Ville ; il y trouva des officiers municipaux disposés à le défendre ; mais leurs efforts tardifs devinrent impuissants ; une grande force armée obéissant à la Convention, occupa avec célérité toutes les avenues ; un détachement entra dans la salle d’assemblée.

Un gendarme de l’escadron des hommes du 14 juillet, qui commandait une partie de la force armée, Charles-André Méda (depuis chef d’escadron au 7e régiment de hussards), pénétra, malgré les coups dont il fut assailli, jusque dans la salle du secrétariat de la commune, où il tira un coup de pistolet sur Robespierre, et lui cassa la mâchoire inférieure. Robespierre tombe aussitôt baigné dans son sang. On le relève, et après avoir mis un appareil à ses blessures, on le conduit au comité de sûreté générale, et le lendemain il périt sur le même échafaud où il avait immolé tant de victimes.

Paris eut peine à revenir de son étonnement, en apprenant la défaite si prompte d’un homme qui, la veille encore, paraissait le maître absolu de la France. Cette opinion générale de son pouvoir était bien propre à entretenir l’inaction et la réserve de ses ennemis, et l’on ne peut douter qu’il ne se soit perdu par une aveugle inconsidération. Il se brouille volontairement avec des comités qui se fussent contentés de l’exercice d’une tyrannie subalterne ; il désigne du doigt les hommes qui doivent encore tomber sous ses coups ; il développe ses vues dans un discours prononcé le matin à la Convention, le soir aux Jacobins, et il n’a rien de prêt pour sortir victorieux de ce combat. Il se fia trop à la terreur qu’il avait inspirée ; il se méprit sur la rapidité des secours qu’il pouvait attendre de la municipalité de Paris, des Jacobins et des sociétés populaires ; enfin, et plus que tout cela, son heure était venue.




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