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8 mai 1429 : Jeanne d'Arc délivre Orléans des Anglais. Levée du siège de la ville - Histoire de France et Patrimoine


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Événements marquants

Evénements ayant marqué le passé et la petite ou la grande Histoire de France. Faits marquants d’autrefois.


8 mai 1429 : Jeanne d’Arc délivre Orléans
et lève le siège des Anglais
(D’après « Histoire de Charles VII et de son époque » (Tome 2), paru en 1863)
Publié / Mis à jour le jeudi 8 mai 2014, par LA RÉDACTION


 
 
 
Historien et archéologue chargé, au milieu du XIXe siècle, de rédiger une chronologie du règne de Charles VII, Auguste Vallet relate notamment la libération de la ville d’Orléans par Jeanne d’Arc le 8 mai 1429. La Pucelle arrive le 29 avril devant la ville. Le trajet s’était effectué par la rive de Loire, qui forme le côté de la Sologne. Sur cette rive, le convoi dépassa Orléans et vint s’arrêter devant Chécy, entre les assiégeants et Jargeau. Les Orléanais, munis de barques, se portèrent à sa rencontre. Jeanne, le soir même, vers huit heures, entra dans la ville. Voici le récit de Vallet.

Elle était montée sur un cheval blanc, ayant à sa gauche le bâtard d’Orléans — Jean de Dunois, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc — et derrière elle les principaux capitaines. La population se pressait à flots sur son passage. Tous, gens de guerre, hommes, femmes, enfants, témoignaient leur joie « comme se ils veissent Dieu descendre entre eulx. Ils se sentoient jà reconfortez et comme désassiégez par la vertu divine qu’on leur avoit dit estre en ceste simple pucelle. » (Journal du siège)

Jean de Dunois dit le Bâtard d'Orléans
Jean de Dunois dit le Bâtard d’Orléans
Nul ne pouvait se rassasier de la voir. Chacun voulait toucher son cheval, rapprocher de plus près. Elle souriait à tous avec une angélique bienveillance. Quelques-uns, dans leur empressement, armés de torches, mirent le feu à son étendard. Jeanne, se dégageant avec aisance, manœuvra son cheval comme l’aurait pu faire un écuyer des plus habiles, et, de sang-froid, elle éteignit aussitôt ce petit incendie. Escortée ainsi parla ville entière, elle descendit à l’hôtel de Jean Boucher, trésorier du duc d’Orléans. Elle était accompagnée de ses deux frères et de ses compagnons de Vaucouleurs. Jeanne, cette nuit et les suivantes, eut pour compagne de sa couche, la fille du trésorier.

Le 17 avril, Poton de Xaintrailles était revenu à Orléans de son ambassade auprès de Philippe le Bon. Ce duc avait accueilli favorablement la requête des Orléanais. Il vint lui-même à Paris plaider la cause du duc d’Orléans. Philippe proposa de mettre la ville en séquestre, et neutralisée, entre ses mains. Ce terme moyen et amiable fut repoussé par le conseil anglais de Paris. Le duc de Bourgogne, blessé de ce rejet imprévu, donna ordre immédiatement à tous les Bourguignons qui combattaient à Orléans, parmi les Anglais, de quitter le siége. Le héraut ducal, porteur de cet ordre, accompagna l’ambassadeur qui retournait à Orléans. Les Anglais perdirent ainsi quinze cents auxiliaires ; et l’entente cordiale qui les unissait au duc Philippe reçut en outre une nouvelle atteinte.

Mais cet heureux incident pâlissait devant l’éclatante nouveauté qui remplissait les esprits et qui faisait tout oublier : la venue de la Pucelle. Une fausse mesure fut prise à l’insu de cette dernière et contre ses ordres. C’est pourquoi le convoi ne put entrer que partiellement le 29 avril, à Orléans. Il fallut attendre plusieurs jours l’arrivée complète de ce secours, avant de tenter aucun mouvement important. Jeanne, dans cet intervalle, prit possession des lieux, visita les églises, opéra des reconnaissances, affermit le moral des assiégés et s’adressa par voie pacifique aux Anglais. Dès le mois de mars, un jour, à Poitiers, l’un des clercs qui l’examinaient lui demanda ce qu’elle était venue faire. « Avez-vous de l’encre et du papier », répondit Jeanne ? Et, sur l’affirmative : « Eh bien ! dit-elle, écrivez ce que je vais vous dicter. » La Pucelle ébaucha dès lors, séance tenante, son manifeste ou lettre aux Anglais.

Elle compléta bientôt celte pièce, qui ne tarda pas à circuler en de nombreuses copies. La Pucelle est tout entière dans ce document remarquable, lancé au début de sa carrière. Pour beaucoup de lecteurs, la rouille du temps ou du langage est un voile qui rendra, malheureusement, impénétrable le sens complet de cet écrit, surtout dans ses naïves finesses et dans ses gauloises beautés de détail. Mais la signification générale frappera tous les esprits. Nous en transcrirons ci-après les principales parties sans altérer une syllabe.

« Roy d’Angleterre, faictes raison au roy du ciel de son sang royal. Rendez les clefz à la Pucelte, de toutes les bonnes villes que vous avez enforcées [violées]. Elle est venue de par Dieu pour réclamer le sang royal et est toute preste de faire paix, se vous voulez faire raison, par ainsi que vous mettez jus et paiez de ce que vous l’avez tenue [à condition que vous mettiez bas les armes et que vous payiez une indemnité pour avoir occupé indûment ces villes].

« Roy d’Angleterre, se ainsi ne le faictes, je suis chief de guerre, en quelque lieu que je attendrai voz gens en France, se ilz ne veulent obéir, je les feray yssir, veuillent ou non ; et se ilz veulent obéir, je les prendrai à merci La Pucelle vient de par le roy du ciel, corps pour corps vous bouter hors de France. Et vous promet et certifie la Pucelle que elle y fera si gros hahay [tintamarre, terme populaire et familier] que encore a mil ans en France ne fut veu si grant.

Le Siège d'Orléans
Le Siège d’Orléans

« Guillaume de la Poule, comte de Suffort ; Jehan, sire de Talbort, et Thomas, sire de Scalles, lieuxtenans du duc de Bethford, soy disant régent du royaume de France pour le roy d’Angleterre, faictes réponse se vous voulez faire paix à la cité d’Orléans (...)

« Duc de Bethford, qui vous dictes régent de France, (...) la Pucelle vous prie et requiert que vous ne vous faictes mie destruire. Se vous ne lui faictes raison, elle fera que les François feront le plus beau fait qui oncques feust fait en la christianté.

« Escripl le mardy de la grant sepmaine [c’est-à-dire le mardi de la semaine sainte, 22 mars 1429].

« Suscription : Entendez les nouvelles de Dieu et de la Pucelle. »

De grossières invectives furent la réponse des Anglais à cette lettre, où les plus impérieux commandements de la raison avaient pour organe la bouche la plus candide. Le 4 mai 1429, le complément des troupes de renfort arriva de Blois, suivi d’artillerie et de tout le matériel, avec une forte escorte. La Pucelle était allée les recevoir cette fois du côté de la Beauce. Là se trouvaient les travaux d’attaque les plus formidables des ennemis. De même que le premier jour, les prêtres marchaient en tête. Parvenus à portée de la première bastille des Anglais, ces lévites entonnèrent le Veni Creator, hymne du treizième siècle composée par Etienne Langton, archevêque de Cantorbéry.

Ce spectacle inouï glaça les assiégeants. Etonnés, stupéfaits, ils n’osèrent tirer sur cette phalange inoffensive : ils n’osèrent immoler une légion de martyrs. Celte femme, venue de Dieu, ou pour eux de l’enfer, faisait succéder à la terreur du sacrilège un autre genre d’épouvante. Comme la Pucelle l’avait prévu, le convoi passa tout entier sous les yeux des Anglais, sans atteinte et sans coup férir. Il entra ainsi dans la ville.

Le soleil venait seulement de se lever. Après quelques heures de repos, Jeanne entraîna immédiatement les troupes à l’assaut de l’une des bastilles, dite de Saint-Loup. Cet ouvrage fut emporté le même jour. Chassés du boulevard, les Anglais se réfugièrent dans le clocher, qui subsistait, de l’église, sur les ruines de laquelle cette bastille avait été construite. Les Français y pénétrèrent à la suite d’une lutte nouvelle et acharnée. Ils voulaient tuer tous les ennemis qui s’y rencontraient. Cependant plusieurs de ces derniers, trouvant sous leur main des vêtements ecclésiastiques, s’en étaient affublés. Jeanne, avertie de ce stratagème, n’en fut point dupe ; mais elle vit dans ce prétexte une occasion de miséricorde et de générosité. Elle les prit sous sa protection en disant, par plaisanterie, qu’il ne fallait pas « verser le sang des prêtres. » Et leur vie fut de la sorte épargnée.

Le lendemain 5 mai, jour de l’Ascension, la Pucelle interrompit toute opération militaire et fit célébrer religieusement cette grande fête. Le 6 mai fut marqué par la prise de la bastille des Augustins, dont il fallait s’emparer avant que de parvenir à la tête du pont ou bastille des Tourelles. Celte position, comme on sait, était la citadelle des assiégeants. Ils y avaient établi de tels ouvrages, que, le 6 au soir, les capitaines français victorieux renonçaient à l’espoir de s’en rendre maîtres. Il fallait, disaient-ils, au moins un mois de siège pour la réduire.

Le 7, de grand matin, la ville fut sur pied, par ordre de la Pucelle. L’assurance et la gaieté rayonnaient sur son front. Au moment où elle partait, tout armée, de son logis, un pêcheur apporta une alose à son hôte Jacques Boucher, qui la lui offrit. « Gardez-la pour le souper, répondit-elle ; je vous amènerai ce soir un godon [un Anglais prisonnier], qui en prendra sa part. » Elle annonça également qu’elle reviendrait par le pont d’Orléans, c’est-à-dire après avoir conquis les Tourelles. Pour bien comprendre ce dialogue, il convient de se rappeler que les prisonniers étaient un butin, une marchandise courante. Jeanne répond à la politesse d’une alose que lui fait le trésorier, par l’offre d’un godon.

Le Siège d'Orléans
Le Siège d’Orléans

A six heures du matin, la lutte commença et dura toute la journée, soutenue par l’élite de la chevalerie d’Angleterre. « L’assault fut fier et merveilleux, plus que nul qui eust esté oncques vu de la mémoire des vivants. » A midi, la Pucelle plantait une échelle. En ce moment un carreau ou gros trait, lancé de haut en bas, lui traversa les muscles de la poitrine, au-dessus du sein droit, entre le cou et l’épaule, sur un trajet de sept à huit centimètres. Elle céda un moment à la douleur, et se tirant à l’écart, elle pleura. Puis elle fit venir son aumônier et se confessa. Cependant, le trait enlevé, le sang qui coulait abondamment de sa blessure fut étanché. On posa ensuite sur la plaie un premier appareil, composé de lard frais et d’huile d’olives. La Pucelle raffermie moralement et pansée, retourna sur l’heure au combat.

Les Anglais déployaient toujours la plus grande énergie. Au soleil couchant, le bâtard d’Orléans, désespérant du succès, fit sonner la retraite, contre l’avis de la Pucelle. Jeanne se détourna quelques instants seule dans une vigne et se recueillit à genoux. Elle revint, décidée à reprendre la lutte. En cet instant, la bannière de la Pucelle fut accidentellement agitée. Les troupes, croyant à un signal de ralliement, remontèrent à l’assaut avec une nouvelle ardeur. Les Anglais avaient épuisé leur dernier projectile et se disposaient d’eux-mêmes à se retirer. Au nombre de six cents, ils furent en un clin d’œil culbutés par les assaillants.

Quatre cents périrent sur la place, par le feu, le fer ou l’eau. W. Glasdale, un des principaux capitaines, avait violemment insulté la Pucelle. Jeanne, le tenant à merci, lui cria : « Rends-toy, rends-toy... J’ai pitié de ton âme ! » Glasdale se trouvait sur le pont de bois en ruine, au-dessous duquel les Orléanais venaient de mettre le feu. A ces mots, le frêle appui s’écroula ; Glasdale et beaucoup d’autres Anglais tombèrent dans la Loire, au milieu du fracas et de débris enflammés. Jeanne, témoin de cette scène, s’émut d’une pitié profonde et manifesta par ses lamentations et ses larmes les sentiments dont elle était pénétrée.

Les vainqueurs, pour ne pas faire mentir la Pucelle, rétablirent à la hâte une tête de pont et revinrent par celte route à Orléans. Ils reconduisirent en triomphe à la ville leur libératrice. Jeanne rentra, suivie de deux cents godons, pour un qu’elle avait promis. Restait à débarrasser la rive droite. Pendant la nuit, les Anglais plièrent bagage, et les Orléanais, le 8 mai, au matin, n’eurent qu’à contempler leur départ. L’ensemble des troupes se divisa en deux colonnes : W. Pole, comte de Suffolk, dirigea l’une sur Gergeau ; l’autre, conduite par Talbot, regagna Meung-sur-Loire. La Pucelle, en quatre jours, avait accompli le premier acte de sa mission. Le siège d’Orléans était levé.




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