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Chevalier Bayard. Masse d'armes du chevalier sans peur et sans reproche - Histoire de France et Patrimoine


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Anecdotes insolites

Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques


Masse d’armes (La) du chevalier
Bayard vraiment retrouvée ?
(D’après « Revue savoisienne », paru en 1895)
Publié / Mis à jour le dimanche 10 janvier 2010, par LA RÉDACTION


 
 
 
Au XIXe siècle, un catalogue du musée de Turin mentionnait à propos d’une masse d’armes qui y était conservée, qu’il y avait lieu de présumer que cette masse était celle avec laquelle Bayard combattit au célèbre tournoi donné en son honneur à Carignan en 1499 par la duchesse Blanche de Monferrat, veuve de Charles Ier à la cour desquels Bayard avait été élevé en qualité de page. Quid de cette assertion ?

Cette masse d’armes, dont la tête est une sphère armée de vingt-et-une pointes pyramidales, alternées sur trois lignes, et d’une plus grande au milieu, toutes dorées, possède un manche tronconique.

Le chevalier Bayard
Le chevalier Bayard
Le major Angelucci, rédacteur d’une version ultérieure du catalogue, avança dans une une dissertation très documentée, appuyée sur Guichenon, Bertolotti et Petitot, que le tournoi de 1499 ne fut pas donné par la duchesse Blanche en l’honneur de Bayard, mais par ce dernier en l’honneur de la duchesse, ce qui est plus conforme d’ailleurs aux mœurs de l’époque et à ce que nous savons de la galanterie du bon chevalier ; que dans ce tournoi on combattit, non à la masse mais seulement à la lance et à l’épée. Le major eût pu ajouter d’ailleurs qu’à la fin du XVe siècle, dans les tournois à armes courtoises, lorsque par exception on se servait de masses, celles-ci étaient toujours en bois ou du moins dépourvues de pointes. L’usage du marteau d’armes et de la masse, permis dans les pas d’armes dans la première moitié du XVe siècle, avait été interdit comme trop meurtrier.

Du résultat de ses recherches, le major Angelucci conclut naturellement que Bayard ne se servit pas de cette masse au tournoi de 1499. Mais il va plus loin et déclare qu’il regarde l’attribution comme démentie par les documents cités qui n’ont trait qu’au tournoi. De ce que Bayard n’a pas combattu avec cette arme dans le tournoi de 1499, il semble toutefois hasardeux de tirer cette conséquence qu’elle ne lui a pas appartenu. L’auteur cité dit, il est vrai, qu’il regarde cette masse comme datant de la seconde moitié du XVe siècle : mais rien dans sa forme ni dans sa décoration d’ailleurs soignée ne présente de caractère assez précis pour en fixer la date à quelques années près.

La forme qui est celle désignée dans les ouvrages traitant des armes anciennes sous le nom allemand de Morgenstern, a été usitée pendant le XVe et le XVIe siècle. Quant à la décoration, ce n’est plus, il est vrai, le style du XVe siècle, et l’influence de la Renaissance est déjà marquée ; mais, si Bayard est né en 1476, il est mort en 1524 ; il n’a donc pas vécu qu’au XVe siècle et rien ne s’oppose à ce qu’il ait possédé des armes décorées en style de la Renaissance.

Dans un ouvrage qui ne semble pas, d’après son titre, fournir des renseignements sur les armes anciennes, Les Poëmes de Messire Claude Expilly, l’auteur après avoir dit comment Bayard arma François Ier chevalier, ajoute (page 400) :

« Bayart après cette action fit une grande révérance, et baizant son épée, dit : glorieuze épée qui aujourd’huy as eu l’honeur de faire chevalier le plus grand Roy du monde, ie ne t’amployeray jamais plus que contre les infidèles annemis du non chrétien. Cette épée a été mal conservée. Ceux qui restent de son nom ne savent qu’elle êt devenüe : le duc Charles-Emanuel de-Savoye. petit fis du Roy François, qui vaillant comme luy, aime les vaillans et honore leur mémoire, a déziré de l’avoir pour la mettre parmy un nombre de chozes rares qu’il conserve an sa galerie à Thurin, mais, ne l’ayant peu recouvrer, quele dilijante recherche qu’il an ave faite, il a mis an sa place la masse d’armes dont le chevalier se servoit an guerre qu’il a retirée avec instance de Charles du Motet, sieur de Chichiliane, brave et sage jantilhôme du Daufiné qui la conservoit soigneuzement. Il luy écrivit une fort honête letre le priant de luy an faire prezant et qu’il la chériroit comme chose très précieuze adjoutant pour l’honeur du chevalier que parmy le contantemant qu’il auroit de voir cette pièce au lieu plus digne de sa gallerie il était déplaizant de quoy ele ne seroit an si bonnes mains que celles de son premier maitre ».

Voilà qui est catégorique ; or Expilly n’est pas ici une autorité à dédaigner. Originaire de Voiron, en Dauphiné, province où Bayard avait vu le jour, et né le 21 décembre 1561, trente-sept ans seulement après la mort du héros, il avait dû recueillir sur Bayard bien des anecdotes que le temps n’avait pu altérer encore, et avait probablement connu chez son père, capitaine au régiment de Piémont et maréchal de camp à l’armée du roi, d’anciens compagnons d’armes du Chevalier sans peur et sans reproche. Le séjour qu’il fit en Italie pour achever son éducation lui permit de compléter encore ses souvenirs d’enfance sur ce sujet, et, plus tard, de publier, le premier après le Loyal Serviteur une histoire du héros, sous le titre de Supplément à l’histoire du Chevalier Bayard.

François Ier se fait adouber par Bayard le 15 septembre 1515
François Ier se fait adouber par Bayard le 15 septembre 1515
En ce qui concerne la demande de la masse de Bayard faite par le duc Charles-Emmanuel au sire de Chichiliane (Séchilienne), là encore, Expilly mieux que personne est à même de nous renseigner. En relation pendant sa vie avec tout ce que le Dauphiné comptait d’illustre, il connaissait sûrement le sire de Chichiliane et avait probablement vu la lettre du duc de Savoie dont il semble citer le texte exact.

De plus, sa situation toute particulière de magistrat français ayant exercé de hautes fonctions en Savoie pendant l’occupation française de 1600 et 1601 l’avait mis en rapport avec la Cour de Piémont, et, bien qu’il garde le silence sur ce détail, il n’est pas impossible qu’il n’ait lui-même servi d’intermédiaire pour la demande de cette masse d’armes. Expilly, en effet, a été plusieurs fois choisi pour des négociations entre les Cours de France et de Savoie ; dans une de ces missions à Turin, Victor-Amédée Ier, successeur de Charles-Emmanuel, lui aurait adressé, s’il faut en croire un historiographe du temps, les paroles les plus flatteuses.

Ainsi, par le lieu de sa naissance, par l’époque à laquelle il a vécu, par les recherches particulières qu’il a été amené à faire, par les fonctions qu’il a exercées, Expilly était l’homme du monde le mieux à même de donner sur la question qui nous occupe les renseignements les plus précis et les plus sûrs. Dans son récit, il n’est toutefois pas question du tournoi de 1499, loin de là, c’est « la masse d’armes dont le Chevalier se servait en guerre » que le duc Charles-Emmanuel obtient du seigneur de Chichiliane. Nous reviendrons plus loin sur cette observation.

Voyons maintenant si la tradition de cette attribution si nettement affirmée par Expilly s’est conservée après lui. Dans un ouvrage publié 171 ans après Les Poëmes de Claude Expilly, et qui, bien que contenant certaines erreurs archéologiques aujourd’hui relevées, résumait toutes les connaissances de l’époque sur les armes anciennes, La Panoplie de J.-B.-L. Carré, se trouve le passage suivant (page 229 de l’édition de 1795) : « Le Duc Emmanuel de Savoie, petit-fils du roi François, plein d’estime pour les grands hommes, fit des recherches les plus exactes pour découvrir l’épée avec laquelle Bayard avait donné l’accolade à son aïeul à la bataille de Marignan et la mettre à Turin dans sa collection. Mais il ne put avoir d’éclaircissement que sur sa masse d’armes ; il l’obtint du sieur Chichilien qui la conservait avec le plus grand soin ».

Carré a-t-il eu connaissance du récit d’Expilly ? C’est peu probable ; l’orthographe même du nom du sieur Chichilien qu’il écrit tout autrement que le président Expilly suffirait à prouver le contraire. A quelque source qu’ait été puisé ce renseignement concordant exactement avec la version Expilly, il en découle qu’en 1783 et 1795 la tradition attribuant cette masse à Bayard survivait intacte avec la même indication de provenance.

Pas plus d’ailleurs que le président Expilly, Carré ne parle du tournoi de 1499 si victorieusement battu en brèche par le major Angelucci ; mais il n’est pas difficile d’imaginer comment cette tradition erronée a pu venir se greffer sur la véritable et donner à cette dernière une apparence de fausseté. Nous avons suivi notre attribution jusqu’à la fin du XVIIe siècle. A ce moment, en Italie comme en France, les collections et leurs catalogues, avec les documents à l’appui, furent dispersés par la Révolution et les invasions. Lorsqu’en 1833, Charles-Albert fit commencer les recherches pour la création de l’Armeria reale, et que le colonel Omodei lui offrit cette masse d’armes recueillie par lui avec la tradition qui s’y rattachait, quelque flatteur aura cru devoir broder sur cette tradition la légende du tournoi de 1499 pour faire jouer à cette arme un rôle la rattachant à l’histoire de la maison de Savoie.

Hypnotisé par cette assertion d’une fausseté par trop évidente pour qui connaissait comme lui l’histoire des armes et des tournois, le major Angelucci a perdu de vue le véritable côté de la question. Il a enlevé par suite à l’arme dont il s’agit une attribution doublement importante, et parce que celui auquel cette arme paraît avoir réellement appartenu a été le héros de son époque, et parce qu’aucune autre collection publique ou particulière ne compte dans son catalogue une arme ayant appartenu à Bayard.




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