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Corruption, affaires, scandales politiques et économiques. Réforme nécessaire de l'Etat suite à affaire Stavisky - Histoire de France et Patrimoine


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L’Histoire éclaire l’Actu

L’actualité au prisme de l’Histoire, ou quand l’Histoire éclaire l’actualité. Regard historique sur les événements faisant l’actu


Scandales politico-financiers :
impunité décriée et crise de confiance
(D’après « L’Illustré du Petit Journal », paru en 1934)
Publié / Mis à jour le mardi 12 juillet 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
Dans un climat social délétère, quelques semaines après la mise au jour du scandale Stavisky – décès mystérieux d’Alexandre Stavisky, protagoniste de l’affaire des bons de Bayonne, détournement de fonds impliquant des personnalités politiques –, A. Fauchere publie en février 1934 une série de trois articles dénonçant les faux-fuyants utilisés et destinés à endormir l’opinion publique et appelant à une réforme en profondeur de l’Etat afin que les responsables soient lourdement sanctionnés. C’était il y a 80 ans...

Fauchere publie un premier article relatif à ce scandale le 4 février 1934, qu’il intitule : L’enlisement.

Le flot de boue monte, monte sans arrêt. Après Alexandre le Grand qui a escroqué 500 millions, voilà Alexandre le Petit qui n’a réussi qu’à escroquer 150 millions.

L’épargne, défendue par une loi qui remonte seulement à 1930, le sera plus encore par la loi qui a été votée ces jours derniers à la Chambre. Mais le Français moyen, obligé de constater que toutes les lois votées pour protéger l’épargne se révèlent plus inopérantes les unes que les autres, se demande anxieusement ce que deviendra, sous ces coups répétés, son avoir dans les prochains mois.

Camille Chautemps
Camille Chautemps, président du Conseil
du 26 novembre 33 au 27 janvier 1934
L’agitation et la confusion progressent de jour en jour. Le public, qui souhaite la paix intérieure et sait que la France doit faire face à de redoutables problèmes extérieurs, est écœuré. Il se demande avec anxiété si nos dirigeants n’ont pas perdu la notion la plus élémentaire de leurs responsabilités.

Il est vrai que le Gouvernement a commis une faute psychologique qui est à la base de toutes les difficultés actuelles. Après le premier débat sur le scandale Stavisky, au cours duquel le président du Conseil avait remporté un incontestable succès, il fallait, sans perdre une minute, donner à l’instruction une impulsion décisive et frapper sans défaillance les coupables, en commençant par les plus haut placés.

On a commis la faute de paraître indécis et surtout celle de soumettre à la Chambre deux projets de lois qui ont immédiatement donné au pays l’impression qu’on cherchait des faux-fuyants destinés à égarer et à endormir l’opinion publique. Après tant de lois déjà votées, et reconnues totalement inutiles, c’était pousser l’ironie un peu loin, alors qu’il s’agissait non pas de prévenir d’éventuelles escroqueries, mais de réprimer celles qui venaient de coûter un demi-milliard à l’épargne.

Mais où l’on a véritablement dépassé la mesure, c’est en demandant aux Chambres de voter une loi contre la liberté de la presse. Là, on a donné l’impression qu’on se moquait totalement du monde. Un escroc a détroussé les épargnants, de 500 millions, avec d’évidentes complicités politiques. Va-t-on rechercher les coupables ? Non pas, on va museler préventivement ceux qui pourraient aider à les démasquer. On est confondu que des hommes qui devraient être parmi les plus grands esprits du pays n’aient pas vu l’énormité de la proposition qu’ils allaient présenter au Parlement !

Par la suite, des démentis enfantins, opposés à des faits dont la matérialité était évidente, sont venus renforcer l’impression qu’en haut lieu on avait entièrement perdu la tête. Le ministère Chautemps est mort de ces fautes originelles. Il part en nous laissant dans la plus invraisemblable confusion, à l’un des moments les plus graves de l’histoire d’après guerre.

On comprend, dans ces conditions, que les réactions du public se fassent de plus en plus violentes et qu’elles prennent même le caractère de véritables émeutes. Les politiciens finiront-ils par comprendre le danger de leur jeu ? Qu’ils s’entre-déchirent et qu’ils se déshonorent, cela nous laisse froids tant que leurs seules personnes sont en jeu. Mais aujourd’hui, les conséquences de leurs louches combinaisons ont des conséquences plus graves. Elles ternissent la réputation d’une nation foncièrement honnête qui ne demande qu’à travailler dans la paix et dans l’honneur. Agriculteurs qui me lisez, groupez-vous pour donner à la France des représentants dignes de ses vertus.

La semaine suivante, A. Fauchère poursuit avec un article intitulé : A quand la réforme de l’Etat ?

Il paraît bien que les hommes politiques continuent à ne point comprendre l’état d’esprit du peuple de France. Ainsi que je le disais dans mon précédent article, M. Chautemps avait signé l’arrêt de mort de son cabinet en déposant, au début de l’affaire Stavisky, deux projets de loi malencontreux, qui ont donné l’impression qu’on cherchait une diversion pour détourner l’attention du public d’un scandale qui, venant après tant d’autres, l’écœure au suprême degré.

La même faute a été commise par le successeur de M. Chautemps, sous une forme différente, mais avec des conséquences identiques. On vient de déplacer plusieurs hauts fonctionnaires dans des conditions telles que les deux préfets de Paris ont démissionné. Le Français moyen ne comprend pas. Ou bien ces hauts fonctionnaires sont coupables, et il fallait les frapper sans pitié, car, dans ce cas, les peines qu’on leur applique sont dérisoires, ou bien ils ne le sont pas, et il fallait les laisser tranquilles, car les mesures prises contre eux sont iniques. Voilà ce que dans son honnêteté profonde pense le Français moyen.

Il en résulte de toute manière que sa confiance dans le Gouvernement est ébranlée une fois de plus. Il va falloir que, dans les tout prochains jours, le cabinet Daladier donne l’impression qu’il entend faire rapidement et impitoyablement la lumière sur les scandales qui occupent l’opinion publique, pour que l’on revienne sur la fâcheuse impression qu’ont développée dans le public les mesures prises dans la journée de samedi dernier.

Les hommes politiques ont le tort de tout ramener à des questions de partis. Il y a heureusement en France un nombre considérable de braves gens qui savent encore s’abstraire de ces misérables contingences et qui pensent qu’il faut frapper les gredins, quelle que soit la couleur du drapeau dont ils se prévalent. Ce que l’on ne comprend pas, surtout dans nos campagnes, c’est qu’une escroquerie de l’envergure et de la nature de celle qu’a réalisée Alexandre le Grand puisse se perpétrer sans que des fautes administratives puissent être immédiatement décelées.

La complexité de notre administration, la confusion des pouvoirs qui diluent l’autorité ont également pour conséquence d’éparpiller et même de supprimer les responsabilités, de telle sorte qu’en fin de compte il n’y a point, à proprement parler, de responsabilités directes. Et c’est pourquoi il faut tant de temps pour atteindre les fautifs... quand on y parvient en toute certitude.

Une séance de la Commission d'enquête de l'affaire Stavisky
Une séance de la Commission d’enquête de l’affaire Stavisky

De ceci il résulte que la refonte de tout notre système gouvernemental et administratif s’impose. Il ne devrait pas être si difficile, pourvu qu’on le veuille sincèrement, d’organiser l’Etat de manière que tous ceux qui disposent d’une parcelle de pouvoir aient une parcelle correspondante de responsabilités et que les sanctions puissent les atteindre presque automatiquement quand il se produit une faute dans leur service.

Il ne faut toutefois pas nous dissimuler qu’une réforme de l’Etat dans le sens indiqué rencontrera bien des résistances, car il est infiniment plus agréable pour ceux qui nous gouvernent et nous administrent de vivre sous le régime actuel que sous un autre où toute faute entraînerait une sanction précise et rapide.

Cependant, si la République veut guérir des blessures très graves que viennent de lui faire ceux qui prétendent la défendre, il est indispensable qu’elle s’organise tout de suite pour donner aux citoyens l’impression qu’elle s’est décidée à gouverner le pays suivant les règles du plus élémentaire bon sens.

Une semaine plus tard, notre journaliste concluait par un article intitulé : Après la bagarre.

Mon dernier article n’avait pas encore paru que déjà s’était réalisé ce que j’y prévoyais : l’effondrement du ministère qui ne pouvait survivre longtemps à l’erreur énorme qu’il avait commise en ne comprenant pas qu’il devait tout de suite donner au public l’impression que toute la lumière serait faite immédiatement sur le scandale de Bayonne.

Malheureusement, le départ du ministère a été précédé de désordres très graves qui n’ont pas arrangé la situation et c’est dans des conditions bien difficiles que M. Doumergue prend le pouvoir. Ce qu’il faut souhaiter, c’est que tous les Français comprennent qu’il est de leur devoir, comme de leur intérêt, que le nouveau cabinet réussisse à maîtriser une situation qui nous achemine rapidement vers les plus graves difficultés.

Ne nous dissimulons pas d’ailleurs que nous payerons largement les fautes de la semaine dernière et celles qu’on nous prépare pour la semaine prochaine. A l’heure actuelle, les ouvriers et les employés souffrent surtout du chômage. Or, que faudrait-il pour atténuer le chômage ? Que les affaires reprennent et pour cela que la confiance renaisse. Au lieu de s’employer à restaurer la confiance on s’évertue à la détruire, par conséquent à aggraver le mal dont souffrent tant de braves gens.

Les hommes politiques qui nous ont acculés aux terribles événements de la semaine dernière auraient évité les malheurs que nous déplorons si, au lieu de penser en politicien, ils avaient pensé comme le plus modeste citoyen. Je suis certain que la municipalité de la plus petite commune rurale de France aurait, dans les dernières semaines, traité les affaires du pays mieux que ne l’ont fait les hommes d’Etat qui prétendaient diriger nos destins, parce qu’elle aurait jugé avec bon sens au lieu de le faire avec esprit de parti.

Eh bien ! je pense que les dirigeants des organisations ouvrières sont en train de commettre une faute du même ordre que celle qui est reprochée aux hommes politiques. A quoi rime une grève générale dans le moment actuel ? Vous prétendez qu’elle effrayera les classes dirigeantes ? Très bien. Je suppose que vous atteigniez votre but, qu’arrivera-t-il ? Ceci : que les affaires se restreindront encore, que le chômage s’accroîtra et que vous aurez augmenté les souffrances de ceux qui ne subsistent que par leur travail quotidien.

Ce n’est pas le but vers lequel on tend, c’est cependant celui auquel on aboutira fatalement et il suffit d’un peu de bon sens pour s’en convaincre.

A. Fauchere ajoute en post-scriptum : Je lis à l’instant que les percepteurs feront grève lundi. Je leur prédis une popularité sans exemple s’ils consentent à se mettre en grève pour toujours. Les percepteurs sont des humoristes.




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