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Il n'y a plus de saisons ? Pluie et beau temps. Prévisions météorologiques - Histoire de France et Patrimoine


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Anecdotes insolites

Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques


Saisons déréglées ? Ou de la conviction
qu’ « il n’y a plus de saisons ! »
(D’après « L’Intransigeant », n° du 19 septembre 1925)
Publié le dimanche 29 avril 2012, par LA RÉDACTION


 
 
 
 
En 1925, l’abbé Gabriel, astronome et secrétaire de la Commission météorologique du Calvados renommé pour ses remarquables prévisions du temps, aborde la question de la croyance populaire au dérèglement des saisons, chacun imaginant que le rythme de la Nature était auparavant respecté, tandis qu’il ne le serait plus du tout

« Véritablement les saisons n’existent plus ou du moins sont déréglées », entendons-nous dire un peu partout. « Autrefois nous avions des hivers plus froids et des étés plus chauds. Maintenant, c’est à peine si nous sommes obligés d’allumer du feu pendant la mauvaise saison et voilà qu’il nous faut endosser des pardessus ou attraper des rhumes dès les premiers jours de septembre. Ne pensez-vous pas que cette arrivée précoce des températures hivernales présente quelque chose d’anormal ? »

En répondant aux nombreux amis qui m’ont posé cette question, écrit l’abbé Gabriel, je satisferai également la curiosité des autres lecteurs inconnus qui, certainement, ont entendu développer le même thème sur un mode plus ou moins différent. Et d’abord, est-il vrai que les saisons ne soient plus aussi tranchées aujourd’hui comme elles l’étaient il y a trente, quarante ou cinquante ans ?

A ce point de vue tout particulièrement il convient de se défier de sa mémoire. Dans le domaine du passé, les phénomènes se projettent sur un même plan d’où émergent seulement des faits, parfois insignifiants, qui nous ont touché fortement, ont atteint nos intérêts ou aiguillonné notre sensibilité. Les variations atmosphériques qui fournissent un aliment banal aux conversations comptent, somme toute, parmi les faits indifférents, et, en ce qui les concerne, rien ne peut remplacer l’observation journalière, méthodiquement inscrite, et conservée pour les siècles à venir.

Interrogez quelqu’un sur les grands hivers dont il a gardé le souvenir et vous serez surpris des erreurs de date manifestes incluses dans ses réponses. Un ancien poilu de la dernière guerre se souviendra du rude hiver pendant lequel sa boule de pain était agrémentée à l’intérieur de petits diamants scintillants ; il sait que le vin a gelé dans les fûts, mais si vous lui demandez de préciser la date, vous le trouverez embarrassé pour fixer cette période de la mi-janvier à la mi-février 1917.

Un officier me parlait un jour des hivers de l’Est, indubitablement plus froids que ceux de la Normandie. Il citait avec admiration ce fait qu’une année on avait pu patiner pendant six semaines à Verdun. Renseignements précisés, il s’agissait du terrible hiver de 1895, qui fut général en Europe.

Les hommes de ma génération se souviennent des souffrances endurées à l’école ou en pension pendant le long hiver de 1890-1891. Les anciens vous parlent, avec une émotion d’ailleurs justifiée, du grand hiver de 1879-1880. Quant à celui de 1870-1871, l’Histoire se charge de le rappeler à la mémoire de tous les Français. A cette liste se borne la série des grands hivers subis depuis une cinquantaine d’années. Parmi les étés singulièrement secs et chauds, on citera 1893, 1911 et 1921.

De cette énumération, faut-il conclure que l’opinion du public n’est pas justifiée ? Nullement ; pour être exagérée, elle n’en renferme pas moins une grande part de vérité. Il est bien certain que nous tous avons conservé le souvenir des chutes de neige survenues pendant notre enfance ; or la jeune génération actuelle connaît à peine l’existence de ce phénomène atmosphérique. Les sociétés de patinage, fondées un peu partout, il y a une trentaine d’années, ont dû renoncer à demander une cotisation à leurs adhérents, la matière première nécessaire à leur noble jeu faisant défaut régulièrement tous les hivers.

J’ajouterai que, scientifiquement, la modification actuelle du climat est reconnue sans contestation possible. Lorsque, l’an dernier (1924), j’ai calculé les moyennes de température des cinquante premières années d’observation faites dans le Calvados, à Sainte-Honorine-du-Bay, j’ai constaté que la moyenne générale de l’année n’avait pas changé, mais que les moyennes calculées pour les quarante premières années étaient nettement relevées pour les mois d’hiver, et, par compensation, abaissées pour les mois d’été.

Nous avons traversé effectivement pendant une dizaine d’années une série d’hivers relativement doux, suivis de saisons estivales inférieures à la normale. Cette série va-t-elle continuer ? Je ne le pense pas ; il me paraît probable que, pendant une période d’une dizaine d’années en particulier, nous allons retrouver des hivers et des étés plus nettement marqués.

Les anomalies constatées actuellement dans les saisons correspondent à des irrégularités déjà notées précédemment et qui se reproduisent en général avec le même rythme. La terminaison hâtive de l’été n’a pas surpris les personnes qui étaient au courant de mes prévisions publiées par certains journaux.

Pour 1924, j’avais annoncé un été tardif et la période de beau temps est venue en septembre. L’année 1925 devait avoir un été précoce et nous avons joui d’un temps magnifique pendant le mois de juin. Astronomiquement nous sommes entrés dans l’automne.

Les quelques belles journées ensoleillées dont nous avons joui n’appartiennent plus à la saison chaude. Nous aurons des alternatives de journées pluvieuses et d’éclaircies. Mais dans son ensemble, la saison d’automne de 1925 sera normalement fraîche et pluvieuse.

 

 


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