Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie

AJOUTER

Dons

Fil RSS

Facebook

Google +

Twitter

Blog

Videos
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme

« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)



Jeter le froc aux orties. Origine, signification proverbe, expression populaire. Dictionnaire locutions - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Expressions, Proverbes > Jeter le froc aux orties

Expressions, Proverbes

Proverbes et expressions populaires d’usage courant : origine, signification d’expressions proverbiales de la langue française


Jeter le froc aux orties
Publié / Mis à jour le vendredi 2 décembre 2011, par LA RÉDACTION



 
 
 
Ces mots s’emploient, par extension, pour désigner l’acte de toute personne qui, par inconstance ou par découragement, renonce à exercer une profession ou à terminer ce qui était commencé

Dans le sens propre, c’est se dépouiller de la robe ecclésiastique pour prendre le costume civil, c’est-à-dire quitter l’église pour reprendre un rang dans le commerce du monde. Avant d’employer le mot froc, on appelait floc une houppe placée au capuchon du manteau des gens d’église. En dernier lieu, froc a servi à désigner la partie de l’habit monacal qui couvre la tête et tombe sur l’estomac et sur les épaules ; ce n’est que, par extension, que l’on a appliqué ce mot au vêtement tout entier.

Ainsi donc, prendre le froc, c’est se faire religieux ; porter le froc, c’est être moine et quitter le froc ou jeter le froc, c’est sortir du ministère de sa propre volonté ou malgré ses supérieurs. Quant au mot orties qui complète cette phrase, il a dû y être ajouté pour donner à entendre que le moine qui quittait le froc le faisait avec un tel empressement qu’il laissait accrocher et déchirer son vêtement aux orties qui bordaient les haies des champs et les murs des maisons et qu’il semblait ainsi se débarrasser de son froc en s’enfuyant.

Les exemples de l’emploi du mot froc ne manquent pas. On le rencontre d’abord chez un auteur du XVIe siècle, Régnier (1573-1613) qui l’a mis dans ce vers de sa satire 2 : « Il n’est moine si saint qui n’en quitta le froc », et dans un autre de la satire 9 : « L’on se couvre d’un froc pour tromper un jaloux. »

Notre grand Boileau (1636-1711) l’a intercalé dans ces vers :

L’ambition partout chassa l’humilité
Dans la crasse du froc logea la vanité.

et dans la satire 8, nous retrouvons ces autres vers à l’adresse d’un homme versatile et changeant volontiers d’état ou de parti :

Il tourne au moindre vent, il tombe au moindre choc,
Aujourd’hui dans un casque et demain dans un froc.

On peut encore citer les deux vers de Gresset, poète du XVIIIe siècle (1709-1777) qui, après avoir débuté dans l’état ecclésiastique, le quitta en 1735, et nous laissa ses réflexions à ce sujet sous la forme poétique :

Je laisse au froc la vertu trop fardée,
Qu’un plaisir fin n’a jamais déridée.

Si, quittant les poètes, nous voulons rechercher l’emploi de ce mot froc parmi les prosateurs, nous trouvons chez Madame de Sévigné (XVIIe siècle) cette phrase : « J’espère bien jeter un peu cet hiver le froc aux orties dans notre jolie auberge. » Puis, nous voyons dans Lesage (1668-1747) les lignes suivantes : « Je vous dirai que j’ai le dessein d’en faire un moine ; je le crois né pour le froc. » Ailleurs, il se sert encore de cette expression : « Il ne me croyait pas homme à pousser la dévotion jusqu’à vouloir prendre le froc. »

Citons encore pour terminer ces deux exemples ; le premier, emprunté à Grimm, l’un des plus célèbres critiques du XVIIIe siècle et auteur de contes très appréciés, voici la phrase : « M. de Mirabeau ne voit dans un moine qu’un homme qui vit de cinq sous par jour et voilà ce qui concilie son estime pour le froc. » Sainte-Beuve, un auteur contemporain, écrivait ceci sur Rabelais qui avait, comme Gresset, tâté de l’état ecclésiastique : « Rabelais quitta l’habit régulier, c’est-à-dire monacal, pour prendre l’habit de prêtre séculier ; il jeta, comme on dit, le froc aux orties et alla à Montpellier pour étudier la médecine. »

De toutes ces citations, prises un peu partout, il faut remarquer que le mot froc était du XVe au XVIIIe siècle d’un usage très fréquent, mais que, s’il n’est plus employé de nos jours, il a servi au moins à former deux mots dont l’un, aujourd’hui démodé, frocaille, désignant les gens de froc, a été employé par Piron, poète du XVIIIe siècle dans les vers suivants :

Tremblez, méchants ! la frocaille en tumulte
Passait déjà de l’espoir à l’insulte !

L’autre mot formé du mot froc est le mot défroque d’un emploi un peu vulgaire, il est vrai, mais que l’usage a consacré définitivement pour désigner de vieux habits, tout râpés et rapiécés. On emploie toujours cette expression avec une idée de mépris.




Nos 500 expressions et proverbes
les plus pittoresques

La quintessence de la sapience
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 
 
 

 

 

 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 

 

 

 Vertes-Velles (Les) : étranges créatures recueillant l'âme noire du sorcier de Noirmoutier
 
 Choix d'un prénom jadis et avènement des registres le consignant
 
 Hydromel et hypocras : les heures de gloire de boissons ancestrales
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
 Des anciennes boutiques aux grands magasins : naissance d'un commerce nouveau
 
 L'ENCYCLOPÉDIE du temps jadis
    > Cliquez ici
 
BON À SAVOIR
 Les maladies viennent à cheval et s'en retournent à pied
 
 Etre réduit au bâton blanc
 
MANIFESTATIONS
 Plongée dans Les temps mérovingiens au musée de Cluny
 
 Exposition gourmande sur le chocolat d'Annecy
 
 
 
 

 

 


Les plus récents
 
 Pousser des soupirs à faire tourner des moulins à vent
 
 Entre chien et loup
 
 Pain dérobé réveille l'appétit
 
 Raisonner comme une huître
 
 
Et puis aussi...
 
 Dans le doute, abstiens-toi
 
 Fortune de Baradas
 
 Il ne faut pas chercher à faire accroire que les cochons sont des moutons
 
 Il n'y a pas de si petit chez soi
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 585 ARTICLES

 

 
 
Pinterest FrPittoresque
 

 

Vous pouvez opter pour un montant libre
Votre don nous est précieux : EN SAVOIR +

 

 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2017 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI, la SGDL et l'APP (infos légales)
 
Audité par Xiti et Hit-Parade | Optimisé pour Internet Explorer et Firefox
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
 
 
Librairie : contes et légendes Librairie : coutumes et traditions Librairie : vie d'antan
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Google +

Twitter

Pinterest

Tumblr

YouTube

Paris pittoresque

Prénoms

Citations latines

Contacts, Publicité, Services