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Coup d'Etat manqué du général Malet contre l'empereur Napoléon en 1812. Campagne et retraite de Russie, Conspiration contre l'Empire, Bonaparte - Histoire de France et Patrimoine


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Événements marquants

Evénements ayant marqué le passé et la petite ou la grande Histoire de France. Faits marquants d’autrefois.


Coup d’État manqué du général Malet
contre l’Empire le 22 octobre 1812
(D’après « Le Petit Parisien » paru le 26 mars 1911 et « La conspiration
du général Malet d’après les documents authentiques » paru en 1869)
Publié / Mis à jour le lundi 22 octobre 2012, par LA RÉDACTION



 
 
 
En 1812, profitant de la campagne de Russie et d’un éloignement géographique de Napoléon, son plus farouche adversaire, l’audacieux général Malet, fomente un coup d’État en annonçant la mort de l’empereur et la formation d’un gouvernement provisoire, répandant la fausse nouvelle dans les casernes de la capitale et poussant la supercherie jusqu’à obtenir la libération de prisonniers politiques pour l’épauler

La conspiration du général Malet reste comme une aventure unique dans l’histoire. Qu’un détenu politique sorte d’une maison de santé, et, avec trois ou quatre autres conspirateurs de second plan, réussisse à mettre en péril l’un des empires les plus solidement construits de tous les temps — celui de Napoléon Ier —, qu’il soit pendant quelques heures le maître de Paris, et qu’il s’en faille d’un rien qu’il devienne le maître de la France, c’est là un épisode extraordinaire, et auquel, même maintenant, on a peine à croire.

Le général Malet
Le général Malet
C’était en 1812 ; les rares informations qui arrivaient de la campagne de Russie montraient que l’empereur se heurtait à des difficultés inattendues, et l’opinion, anxieuse, se demandait comment s’achèverait la formidable expédition. Des républicains incorrigibles, et des chouans qui n’avaient pas renoncé, étaient internés au faubourg Saint-Antoine, dans la maison du docteur Dubuisson. Le général Malet, parmi eux, s’était révélé comme le plus farouche adversaire de Bonaparte. Il avait jadis projeté d’enlever le Premier Consul en Italie. Une autre fois, en mars 1808, il avait placé chez un marchand de vins de Chaillot des canons avec lesquels il voulait bombarder l’empereur.

Son imagination surchauffée produisait toujours de nouveaux projets de vengeance. Il accueillit avec enthousiasme une idée que lui avait suggérée un de ses compagnons de détention, l’abbé Lafon, qui nourrissait aussi de vieilles haines contre Napoléon. Il s’agissait tout simplement pour Malet, revêtu de son uniforme de général, de détourner quelques bataillons, et, cette force constituée, de publier un faux sénatus-consulte annonçant au pays la mort de l’empereur et la formation d’un gouvernement provisoire. En ce temps où le chef de l’Etat était très loin, à quelques centaines de lieues de la capitale, et où les communications restaient lentes, le tour pouvait être joué avant que nul ne fut en mesure de dénoncer la supercherie.

Dans la nuit du 22 au 23 octobre 1812, à 11 heures du soir, Malet quitta la maison Dubuisson en sautant dans le jardin avant de franchir le mur et de gagner la rue ; il avait douze francs dans sa poche ; Lafon l’accompagnait, tenant dans un portefeuille le fameux sénatus-consulte. Les deux acolytes se dirigèrent aussitôt chez un certain abbé de Caamagno, moine qui occupait un taudis dans le passage Saint-Pierre, et Malet endossa son uniforme. Ils y trouvèrent également trois chevaux sellés, des armes, des uniformes et une ceinture tricolore commandée la veille. Caamagno croyait bonnement qu’il s’agissait d’aller enlever Ferdinand VII, prisonnier à Valençay. Rateau et un professeur nommé Boutreux étaient également au rendez-vous. « Eh bien, dit Malet à Rateau, je vous avais promis de l’avancement, prenez cet habit ; vous voilà capitaine, je reprends du service et vous fais mon aide de camp. » Boutreux ceignit l’écharpe tricolore et fut transformé en commissaire de police.

On monta à cheval et les trois conspirateurs se présentèrent à deux heures du matin, à la porte du quartier des Minimes, où était casernée la dixième cohorte commandée par le colonel Soulier. La pluie tombait à torrents. Rateau frappant rudement à la porte de la caserne, la sentinelle placée devant les armes appela le commandant du poste, qui parut aussitôt. Malet se fit reconnaître et lui ordonna d’aller prévenir immédiatement le colonel de sa présence. Il le suivit et se présente avec lui devant Soulier, réveillé en sursaut et stupéfait à la vue du général, d’un aide de camp et d’un commissaire de police éclairés, au pied du lit, par le falot du poste.

« Qu’y a-t-il ? dit Soulier en se frottant les yeux.
– Je vois bien que vous n’avez pas été averti, lui dit le général d’un ton dégagé ; l’empereur est mort ; le sénat assemblé a proclamé la République... Voici des ordres que j’ai à vous transmettre de la part du général Malet ; je dois m’assurer de leur exécution. »

A ces mots, Soulier pâlit, son front se couvrit de sueur, tandis que le commissaire de police Boutreux lui donnait gravement lecture du sénatus-consulte et d’un ordre où se trouvaient notamment les articles suivants :

« Le général de division commandant en chef la force armée de Paris et les troupes de la première division, à M. Soulier, commandant la dixième cohorte. Au quartier général de la place Vendôme, le 23 octobre 1812, à une heure du matin.

« Monsieur le commandant,

« Je donne ordre à M. le général Lamotte de se transporter à votre caserne, accompagné d’un commissaire de police pour faire, à la tête de la cohorte que vous commandez, la lecture de l’acte du Sénat, par lequel est annoncée la mort de l’empereur, l’abolition du gouvernement impérial. Ce général vous donnera aussi connaissance de l’ordre du jour de la division, par lequel vous verrez que vous avez été promu au grade de général de brigade, et qui vous indiquera les fonctions que vous avez à remplir.

« Vous ferez prendre les armes à la cohorte dans le plus grand silence et avec le plus de diligence possible. Pour remplir ce but plus sûrement, vous défendrez qu’on avertisse les officiers qui seraient éloignés de la caserne. Les sergents-majors commanderont les compagnies où il n’y aurait pas d’officiers. Lorsque le jour sera arrivé, les officiers qui se présenteront seront envoyés à la p’ace de Grève où ils attendront les compagnies qui devront se réunir, après avoir exécuté les ordres qui seront donnés par le général Lamotte, et auxquels vous voudrez bien vous conformer en le secondant de tout votre pouvoir.

« Lorsque ces ordres seront exécutés, vous vous rendrez à la place de Grève pour y prendre le commandement qui vous est indiqué dans l’ordre du jour. »

Suit le dénombrement des troupes dont le colonel prendra le commandement, de celles qu’il doit envoyer sur plusieurs points, et l’ordre de garder soigneusement toutes les avenues de l’hôtel de ville....

« Vous placerez au clocher Saint-Jean un détachement pour être maître de sonner le tocsin au moment où cela deviendrait nécessaire.

« Ces dispositions faites, vous vous porterez chez M. le préfet, qui demeure à l’hôtel de ville, pour lui remettre le paquet ci-joint ; vous vous concerterez avec lui pour faire préparer une salle dans laquelle devra s’assembler le gouvernement provisoire, et un emplacement commode pour recevoir mon état-major qui s’y transportera avec moi sur les huit heures, etc..

« Signé : Malet. »

Le timbre placé à côté de la signature portait le chiffre L. Malet ajoutait en post-scriptum :

« Le général Lamotte vous remettra un bon de cent mille francs, destiné à payer la haute solde accordée aux soldats et les doubles appointements aux officiers. Vous prendrez aussi des arrangements pour faire vivre vos troupes qui ne rentreront à la caserne que lorsque la garde nationale de Paris sera assez organisée pour prendre le service. »

Prison de La Force à Paris
Prison de La Force à Paris
Malet se doubla en commençant ; il joua le personnage du général Lamotte qui fut arrêté, incarcéré et détenu pendant plusieurs mois, malgré ses déclarations et l’évidence ; Camacérès et Clarke voulaient absolument qu’il eût pris part au mouvement. Après la lecture des pièces, le général Lamotte (Malet) enjoignit au colonel de le suivre. Ils vinrent ensemble au quartier où se trouvait déjà l’adjudant-major Piquerel qui avait mis la troupe sous les armes. Malet échangea, en arrivant, des regards d’intelligence avec quelques officiers. La mort de Bonaparte, l’abolition du régime impérial et le rétablissement de la république excitèrent un vif enthousiasme. Il promit, au nom du gouvernement provisoire, de l’avancement, des récompenses et des congés. Il termina sa brillante allocution par le cri mille fois répété de Vive la nation. Ces troupes, fascinées par le regard, la voix et l’attitude imposante du général qui leur parlait avec tant de chaleur, l’auraient suivi partout ; on exécuta rapidement les ordres qu’il prescrivit. L’élan fut le même dans toutes les casernes.

Malet ne perdit pas un moment. Il forma, de ses douze cents hommes, quatre détachements, se mit en tête du premier, rallia en passant une patrouille de dragons dont il se fit des ordonnances et se porta de sa personne à la Force. Pendant ce temps, des plantons et ordonnances répandaient les dépêches sur tous les points ; les barrières, occupées par des piquets, se fermaient. le Luxembourg était gardé par cent grenadiers, et Rabbe, colonel de la garde de Paris, faisait prendre les armes à son régiment, lui lisait les ordres du Sénat et se mettait à la disposition du nouveau gouvernement.

Le commissaire de police Boutreux, qui devançait partout le général, sonna à la Force. Le concierge, voyant à travers le guichet un général, des officiers et des soldats, ouvrit avec empressement et se trouva face à face avec Malet qui lui ordonna de faire sortir sur-le-champ les généraux Lahory – ancien chef d’état-major du général Moreau, détenu depuis dix ans et qui était désigné pour la déportation en Amérique – et Guidal – impliqué dans un mouvement républicain du Midi, et qui allait être envoyé par-devant le conseil de guerre siégeant à Marseille. Ce dernier arriva avec sa valise ; il croyait partir pour Marseille où il devait être jugé. Quant à Lahory, il s’habilla très lentement et ce retard fut nuisible. Il apparut enfin sur le seuil de la porte ; Guidal qui venait de tout apprendre sautait de joie et endossait son uniforme. Lahory s’était arrêté stupéfait en revoyant, après dix ans, Malet qu’il croyait prisonnier, en habit brodé, entouré d’officiers et de soldats qui encombraient la petite rue de la Force.

« Eh bien, lui dit Malet, l’empereur est mort ; tu es libre et ministre de la police : va prendre possession de ton hôtel et enlève-moi Savary mort ou vif. » Puis il embrassa avec effusion les deux généraux et tendit la main à Boccheiampe, prisonnier d’Etat qu’on venait de délivrer aussi. Il donna à chacun d’eux des ordres brefs et précis qu’ils .devaient exécuter avec la plus grande diligence, pour se réunir ensuite à l’hôtel de ville, où il devait lui-même se rendre vers neuf heures. « Allons, leur dit-il, il n’y a pas un moment à perdre ; mettez-vous en mouvement. »

Lahory et Guidal coururent à la tête de deux cents hommes s’emparer du ministère de la police. Ils parcouraient en route les papiers que le général Malet leur avait remis. Boccheiampe et Boutreux s’empressèrent, de leur côté, de prendre possession de la préfecture de police. Tous ces points furent occupés sans opposition. Lahory pénétra au ministère de la police générale, à la tête des troupes qui enfoncèrent les portes à coups de crosse. Savary, réveillé en sursaut, parut en chemise au milieu de tous ces militaires qui remplissaient son hôtel. Un officier voulait lui passer son épée à travers du corps. Lahory le retint, et dit au ministre, son ancien camarade à l’armée du Rhin : « Rassure-toi, tu tombes dans des mains généreuses. » Savary s’habilla en tremblant, on le plaça dans son cabriolet, Guidal l’enleva et le conduisit à la Force. Chemin faisant, le ministre voulut s’évader, il s’élança et tomba rudement sur le pavé du quai de l’Horloge ; mais le peuple qui encombrait, à cette heure, les abords du palais de justice, courut après lui, le reprit et le rejeta au fond de la voiture. Arrivé a la Force, Savary, tout essoufflé, dit au concierge : « Mon ami, je ne sais ce qui se passe. C’est étrange, inconcevable. Dieu sait ce qu’il en résultera !... Place-moi dans un cachot écarté, donne-moi des vivres et jette la clef dans un puits. »

Quant au préfet de police Pasquier, il fut saisi comme un mouton et transporté a la Force avec le chef de la haute police Desmarets. Boutreux installa Boccheiampe à la préfecture, et, conformément aux ordres de Malet, il consigna tous les agents, saisit tous les papiers et organisa une surveillance rigoureuse et active au dehors. Malet maintint le comte Frochot, né pour être préfet, dans ses fonctions. Il sentait qu’en se débarrassant des hauts dignitaires sans toucher aux rangs inférieurs, il attirait à lui cette masse d’employés qui suit toujours le mouvement du plus fort. En dispersant les divers corps par détachements, Malet annulait l’influence des officiers supérieurs. Il était assuré du concours des officiers subalternes.

A huit heures, le colonel Soulier s’ébranla, ainsi qu’il en avait reçu l’ordre, et vint occuper la place de l’Hôtel de Ville avec un demi-bataillon. Les dispositions de Malet s’exécutaient à merveille. Les postes étaient soumis ; la banque, la trésorerie gardées, et les administrations occupées. L’obéissance était générale. « Dans les deux régiments de la garde de Paris, dit Savary, qui faisaient le service de la place, pas une objection ne fut opposée aux ordres de Malet. » Mais ici commence la faiblesse, ou plutôt l’incurie des principaux agents de la conspiration. Guidal qui était arrivé trop tard pour enlever le ministre de la guerre, parce que Lanory avait commis l’énorme faute de l’envoyer conduire Savary à la Force, manqua tout a coup d’activité. Il ne songea pas que, dans des opérations semblables, le moindre retard est funeste. Quant à Lahory, après avoir harangué ses employés et reçu leurs rapports, il fit atteler la voiture du ministre, et vint visiter Soulier et Frochot à l’hôtel de ville ; n’y ayant pas trouvé Malet, il revint à son hôtel expédier des estafettes dans les provinces, commander des habits de grande cérémonie, écrire des billets d’invitation et de faire part.

Le général Hulin
Le général Hulin
Évidemment ces deux hommes manquèrent à leur mission ; ils se reposèrent sur Malet et s’endormirent sur le succès du premier moment. Malet, après avoir donné l’impulsion au mouvement, enjoignit au concierge de la Force de ne lâcher aucun malfaiteur, puis il descendit les rues Saint-Antoine, Saint-Honoré, et se porta avec cent cinquante hommes au siège de la première division militaire. Son but était d’entraîner le général Hulin ou de l’écarter brusquement de la question. En arrivant à l’hôtel, il fit former son monde en bataille, expédia au colonel d’état-major Doucet, par un officier, des ordres et des instructions et se présenta hardiment devant Hulin.

« Général, lui dit-il, l’empereur est mort ; le sénat assemblé vient d’abolir le gouvernement impérial. » Et comme il vit Hulin chanceler, il s’empressa d’ajouter : « Je suis chargé d’une mission qui m’est pénible... Vous êtes destitué, arrêté, et je vous remplace ; rendez-moi votre épée... » Hulin essuie la sueur qui couvre son visage, puis arrêtant fixement ses yeux sur Malet debout et impassible devant lui, il balbutie : « Cependant... général... Je demanderai à voir vos ordres. – Volontiers, lui dit Malet, passons dans votre cabinet. » Il précède ce dernier, ferme la porte, se retourne au moment où Hulin lui dit : « Eh bien ! ces ordres. – Les voici », lui répond Malet en lui cassant la mâchoire d’un coup de pistolet.

Malet, qui se rendit alors à l’état-major général où il trouva le colonel Doucet lisant les pièces que l’officier venait de lui remettre, avait ordonné qu’on s’emparât de l’adjudant-commandant Laborde qu’il suspectait à juste titre. Mais l’adjudant, ayant pris avec lui vingt-cinq gendarmes, pénétra dans l’hôtel de l’état-major par un escalier dérobé, au moment où Malet allait entraîner le colonel Doucet, et le général, en voyant Laborde, lui dit d’une voix tonnante : « Je vous avais ordonné, monsieur, de vous rendre aux arrêts forcés, que faites-vous ici ? – Général, je ne puis sortir, les troupes m’ont barré le passage » et il fit un léger signe d’intelligence à Doucet. Les observant, Malet sentit qu’il n’y avait pas un moment à perdre, dégagea ses pistolets... mais une glace placée derrière lui le trahit ; Laborde et Doucet se jetèrent promptement sur lui en criant à la fois, au secours ! au secours ! Les gendarmes embusqués dans l’escalier se précipitèrent, terrassant Malet, le garrottant et le bâillonnant. Rateau, arrivant sur ces entrefaites, n’eut pas le temps de tirer son épé : saisi lui-même, il fut lié et bâillonné.

A dix heures moins le quart, Laborde et Doucet montrèrent aux troupes, sur le balcon, Malet et Rateau entourés de gendarmes, et s’écrièrent : « L’Empereur n’est pas mort ! Votre père vit encore ! Ces hommes sont des imposteurs ! » Les dispositions de Malet étaient si bien prises, que son arrestation n’eût été qu’un léger contre-temps ; il eût été bientôt délivré, et son courage et son habileté auraient réparé cet échec ; mais la mollesse et l’inintelligence des deux autres généraux firent tout avorter. Si Lahory avait exécuté rapidement ses ordres, si Guidal n’eût pas, par sa lenteur, manqué de quelques secondes le ministre de la guerre, s’ils avaient eu un peu plus de tact, d’activité et de présence d’esprit, Malet eût été bientôt dégagé et rien n’était perdu. Mais il ne pouvait être partout et ne devait pas, au début, confier la clef du mouvement à des mains maladroites ou inhabiles ; c’était à eux à le deviner, à le seconder, à s’improviser une conduite digne de leur chef.

Lahory de retour au ministère de la police, s’était occupé des détails de son installation. Il avait écrit à toutes les sociétés secrètes de l’Est et du Midi (un de ses courriers fut arrêté à Orléans). Ce fut là le seul acte de son pouvoir. Guidal fit pis encore : il se reposa tout à fait, savourant les charmes d’une liberté inespérée et invitant ses amis à déjeuner. On les surprit tous deux dans ces occupations. Lahory, consterné a la nouvelle de l’arrestation de Malet, n’eut pas la force de résister à Laborde. Il se laissa attacher dans un fauteuil sans songer à faire appel à ses soldats. Tous les conspirateurs furent successivement arrêtés et conduits à la Force. Laborde et Saulnier, ministre de la police, firent sortir Savary, Desmarets et Pasquier, qui regagnèrent tout confus leurs domiciles, « J’appris depuis, dit Saulnier, que les guichetiers et les soldats crurent que c’était une translation dans une autre prison que l’on effectuait. »

A midi, tous les fils de la conspiration étaient rompus, et, cependant, non seulement les troupes refusèrent au préfet de police Pasquier l’entrée de la Préfecture, mais il fut poursuivi à coup de crosse et obligé de se réfugier chez l’apothicaire Sillan, où il se fit administrer des calmants ; on voulut aussi tuer Savary, et Laborde lui-même, envoyé pour faire cesser le désordre, fut enlevé par les soldats qui le traînèrent malgré ses cris à l’état-major général, où ils croyaient trouver Malet. Le lendemain, les Parisiens apprirent par les journaux asservis que « des brigands, échappés de prison, avaient tenté de substituer l’anarchie à l’autorité légitime. »

Le 27 octobre, ceux qui y avaient participé comparaissaient en conseil de guerre. Lahory, qui avait été dupé comme tant d’autres, bien qu’il eût été l’un des principaux artisans de ce coup d’Etat manqué, déclara aux juges : « J’ai vu, au 18 Brumaire, une révolution qui s’est faite de la même manière, et j’ai pu me tromper. » Malet prit sur lui toutes les responsabilités et, comme on lui demandait s’il avait eu des complices, il riposta fièrement : « La France entière, et vous-même, si j’avais réussi. »

La comédie se dénoua en drame. Le 30 octobre, quatorze condamnés étaient conduits en fiacre dans la plaine de Grenelle. Tous moururent simplement et fièrement. Malet, atteint par une première décharge et entendant quelqu’un acclamer l’empereur, s’écria « Ton empereur, il est blessé à mort, comme moi. »

Quant à l’abbé Lafon, l’inventeur de cette équipée et le fabricant du faux sénatus-consulte, il se tira d’affaire. Louis XVIII, en 1815, le nomma sous-précepteur des pages et le décora de la Légion d’honneur. Il mourut en 1836, rue de Charenton, tout près de la fameuse maison Dubuisson.




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