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Lieux d'histoire. Boulevard du Temple, âge d'or des théâtres parisiens. Bobèche et Galimafré - Histoire de France et Patrimoine


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Lieux d’Histoire

Origine, histoire de nos villes, villages, bourgs, régions, châteaux, chapelles, moulins, abbayes, églises. Richesses historiques de France


Boulevard du Temple
ou l’âge d’or des théâtres parisiens
(D’après « Dictionnaire historique et pittoresque
du théâtre et des arts qui s’y rattachent », paru en 1885)
Publié / Mis à jour le lundi 5 octobre 2015, par LA RÉDACTION



 
 
 
Vers 1760 débuta pour plus d’un siècle la grande vogue du boulevard du Temple, ce coin de Paris jusqu’alors assez désert mais bientôt égayé par une foule de théâtres auxquels se joignaient petits spectacles et autres bateleurs, paradistes ambulants, dispersés sur la vaste étendue du boulevard, amusant les badauds toute la journée et toute la soirée, faisant du lieu un but de promenade et un rendez-vous de curieux

Pendant plus d’un siècle, ce chéri de la foule a été comme une sorte de foire perpétuelle, succédant aux anciennes foires Saint-Laurent et Saint-Germain, où venaient se grouper, comme dans un lieu d’élection, tous les divertissements, tous les jeux, tous les amusements qui font la joie d’une vaste capitale, aussi avide de plaisirs qu’elle se montre pleine d’âpreté au travail. Mais la notabilité de cette sorte de kermesse sans fin, son renouvellement incessant, les changements qui s’opéraient chaque jour dans l’ensemble et dans le détail de sa physionomie si mouvante, si pittoresque, si vive, si animée, rendent son histoire tout particulièrement curieuse et compliquée.

Boulevard du Temple vers 1785
Boulevard du Temple vers 1785

Les annales du boulevard du Temple, du milieu du dix-huitième au milieu du XIXe siècle, formeraient à elles seules un chapitre séduisant et plein d’originalité de l’histoire intime de Paris, ce boulevard ayant été pendant cent ans et plus le paradis des oisifs Parisiens et le pèlerinage de tous les étrangers. Quel lieu animé, en effet, quel centre vivant, mouvant, grouillant, que ce boulevard du Temple, qui dut le commencement de sa formation au plus audacieux des acrobates, à Nicolet, et qui fut frappé de mort par les conceptions du baron Haussmann, préfet de la Seine sous le règne de Napoléon III.

Que de choses vit-on s’y succéder, que de renommées vit-on s’y établir, que d’établissements de toutes sortes vit-on s’y créer, que de gloires et de splendeurs y vit-on naître, vivre et mourir, depuis la première baraque de Nicolet, devenue la Gaîté après avoir été le théâtre des Grands-Danseurs du roi, depuis l’établissement de l’Ambigu-Comique par son rival Audinot, jusqu’au cirque Olympique des frères Franconi, au théâtre Historique d’Alexandre Dumas et au théâtre Lyrique de Carvalho. A la fin du XIXe siècle, on se souvenait encore du saltimbanque Restier, de la baraque de Nicolet, du Waux-hall du « sieur » Torré, des Elèves de la dame de l’Opéra, de l’« Empire de Neptune », du cabinet de figures de cire de Curtius, en passant par l’Ambigu-Comique, le théâtre des Beaujolais, le café Turc, les Bleuettes, les Fantoccinis chinois, les Folies-Dramatiques, Mme Saqui, les Funambules, pour aboutir au café de l’Épi-scié, à Mac-Moc, au théâtre Historique et à l’Opéra-National.

Et quelles physionomies se rappelaient aussitôt au souvenir, en songeant à tout ce passé évanoui, physionomies diverses et brillantes, gloires disparues, renommées éteintes parfois, parfois pleines d’éclat encore et vivant dans l’esprit de tous : Mlle Rose, la grande sauteuse, Turco, le singe de Nicolet, le comédien Audinot, Mlle Malaga, la célèbre « tourneuse », Bobèche et Galimafré, le père Rousseau, Gringalet, Bambochinet, tous ces paradistes fameux ; et tous les excellents comédiens qui se sont fait un nom sur les planches de tous ces théâtres, MmesAdèle Dupuis, Jenny Vertpré, Adolphe, Eugénie Sauvage, Dorval, Astruc, Person, Lucie Mabire et Raffile, Tautin, Stockleit, Grévin, Marty, Frénoy, Potier, Moëssard, Saint-Ernest, Francique, Serres, Bouffé, Surville, Dubourjal, Raucourt, Mélingue, Delaistre, Laferrière, Bignon, Boutin, Lebel, Chilly, Colbrun, sans compter les plus grands d’entre tous, Frédérik Lemaître, Bocage et Debureau. Et les chevaux de Franconi, et les acrobates de Mme Saqui, et le grimacier du spectacle des Associés, et les bêtes féroces de Mme veuve Nicolet, et les arlequinades des Funambules, et les concerts du Café Turc.

Quel mélange, quel tohu-bohu, quelles promiscuités, quel étonnant voisinage de grandes et de petites choses ! Et les mélodrames de Caigniez,. de Victor Ducange, de Guilbert de Pixérécourt, et les mimodrames de Ferdinand Laloue et de Fabrice Labrousse, et les drames de Rougemont, d’Anicet Bourgeois, d’Alexandre Dumas, de MM. Denney et de Michel Masson, et les vaudevilles de Brazier, de Sewrin, de Clairville, des frères Cogniard, et les féeries de Martainville, et les pantomimes de Théophile Gautier et de Champfleury. C’est tout un côté de l’histoire intelligente, artistique, littéraire et badaudière de Paris, dont le souvenir se trouve confirmé dans un espace de quelques mille mètres carrés.

C’est vers 1760 que commença la grande vogue du boulevard du Temple, et que ce coin de Paris, jusqu’alors assez désert, commença à devenir un but de promenade et un rendez-vous de curieux. Les deux grandes foires, Saint-Laurent et Saint-Germain, commençaient à voir décroître un succès qui datait déjà de deux ou trois siècles ; les foires Saint-Clair et Saint-Ovide, aussi célèbres autrefois, étaient presque désertées. Le Palais-Royal, alors en pleine efflorescence, aspirait sans doute à recueillir leur succession ; mais le Palais-Royal, quoique très brillant, très couru, très fréquenté, ne pouvait offrir à la circulation les magnifiques espaces que l’on trouvait au boulevard du Temple, très peu bâti à cette époque, et qui formait une promenade d’autant plus charmante qu’elle était très pittoresque et irrégulière.

Bientôt le beau monde s’y porta en foule, les chaises et les carrosses l’envahirent, des industriels de toutes sortes, marchands de fruits et de gâteaux, limonadiers, fabricants de gaufres et d’oublies, musiciens ambulants, loueuses de chaises, etc., suivirent et vinrent s’y établir ; des guinguettes s’y élevèrent, et au bout de peu de temps cet endroit naguère si solitaire, tout environné d’ombre et de silence, fut l’un de ceux de Paris où l’on trouvait le plus de gaieté, d’animation, de mouvement et de vivacité.

Il est facile de concevoir que les grands amuseurs publics ne devaient pas tarder à s’y montrer. Le premier, dit-on, fut un nommé Restier, qui avait une loge à la Foire, et qui vint installer là, dans une grande salle construite en bois, son Théâtre des Grands-Danseurs, dont Nicolet était le premier sujet. Après l’incendie de cette salle, Nicolet, devenu célèbre, succéda à Restier, la fit reconstruire et y obtint d’énormes succès. Audinot vint peu de temps après établir auprès de lui son Ambigu-Comique, qui n’était alors qu’un théâtre d’enfants et de marionnettes, et tous deux furent bientôt entourés par une foule de bateleurs de toutes sortes, musicos, montreurs de chiens savants, propriétaires de ménageries, paradistes ambulants et le reste.

En 1777, on voyait déjà installés à demeure sur le boulevard du Temple, outre les deux théâtres d’Audinot et de Nicolet, qui l’un et l’autre avaient pris une grande extension, le Waux-hall de l’artificier Torré, le cirque Royal des frères Astley, le cabinet d’électricité de Comus, l’Empire de Neptune, cabinet de physique et d’histoire naturelle, le cabinet de mécanique de Dubus, et divers autres petits spectacles. Enfin, dix ans plus tard, Curtius, l’homme aux figures de cire, dont la renommée devait être européenne, avait ouvert son musée, le spectacle des Associés était fondé, le café Yon donnait des concerts très fréquentés, et l’on voyait le cabinet géographique du « sieur » Aubry et le cabinet de physique du « sieur » Noël.

Salon de Curtius au boulevard du Temple
Salon de Curtius au boulevard du Temple
Mais c’est à partir de l’époque révolutionnaire que le boulevard du Temple atteignit son plus haut point de splendeur et de prospérité. Le quartier s’était peuplé, des constructions s’y élevaient de toutes parts, le grand mouvement populaire se portait décidément de ce côté, et jamais fourmilière humaine ne fut semblable à celle qu’on voyait s’agiter sur ce point de Paris de deux heures de l’après-midi à deux heures du matin. Voici, à peu près reconstruite dans son intégralité, et avec la place exactement occupée par chacun, la liste des établissements de plaisir qui, en 1791, bordaient le boulevard du Temple depuis l’angle du faubourg du Temple et l’hôtel Foulon, qui formait cet angle, jusqu’à l’endroit où se trouve la rue d’Angoulême.

Le premier théâtre, en partant du faubourg du Temple, était celui des Délassements-Comiques, qui touchait l’hôtel Foulon. Venaient ensuite, sans interruption : le cabinet d’optique de Prévost ; la ménagerie de Mme Nicolet, veuve du frère de Nicolet ; les Fantoccini chinois ; l’Ambigu-Comique ; le théâtre de Nicolet (Grands-Danseurs du roi) ; le salon de figures de cire de Curtius ; le théâtre des Associés ; le café Yon, où se donnaient des concerts ; le café Goddet, où l’on faisait aussi de la musique ; le théâtre des Beaujolais ; le café Turc ; le café des Arts avec ses concerts.

A tout cela se joignaient une foule de petits spectacles, de bateleurs, de paradistes ambulants, dispersés sur la vaste étendue du boulevard, et qui, toute la journée et toute la soirée, attiraient la foule et faisaient le bonheur des badauds, qui trouvaient encore là des marchands de coco, des pâtissiers, des montreurs de singes, des chanteurs en plein vent, des faiseurs de tours, des hercules forains et des diseurs de bonne aventure. On se figure aisément le brouhaha, le mouvement, le va-et-vient, les bousculades, les exclamations, les cris de joie, d’étonnement et d’admiration que tout cela devait occasionner.

Avec l’Empire, qui réduisit d’une façon ridicule le nombre de théâtres et les règlements outre mesure, le boulevard du Temple conserva pourtant son originalité. Les bateleurs de tout genre continuaient d’y avoir droit de cité, et la foule ne cessait d’aller les contempler. Il en fut de même pendant les premières années de la Restauration. Sous le règne de Charles X, au contraire, les parades s’éteignirent, les saltimbanques s’éloignèrent, les baraques disparurent, et le boulevard du Temple devint, pendant les heures du jour, un quartier comme un autre, aussi paisible qu’un autre. Tout au moins reprenait-il le soir tout son ancien éclat, toute son animation, grâce aux théâtres qui petit à petit s’y étaient de nouveau groupés. Sous le gouvernement de Juillet, on en comptait six sur le boulevard, serrés les uns contre les autres, les uns profitant du trop-plein des autres, car le spectateur qui ne trouvait plus de place dans l’un d’eux s’en allait paisiblement à côté voir s’il serait plus heureux.

Ces six théâtres étaient, en suivant le boulevard : le cirque Olympique, les Folies-Dramatiques, la Gaîté, les Délassements-Comiques, les Funambules et le Lazary, auxquels, en 1846, vint se joindre le théâtre Historique, remplacé plus tard par le théâtre Lyrique. Celui-ci avait été construit sur l’emplacement du café de l’Épi-scié, où pendant de longues années les enfants avaient admiré Mac-Moc, le dernier saltimbanque du boulevard. Enfin, en 1862, le second Empire, qui ne rêvait que casernes et voies stratégiques pour venir plus facilement à bout des émeutes qu’il semblait prévoir dans l’avenir, fit perdre au boulevard du Temple son côté inégal, pittoresque, spacieux, mouvementé, afin de ménager de la place pour la nouvelle voie qui, placée d’abord sous l’invocation du prince Eugène, porta ensuite le nom de boulevard Voltaire.

Tous les théâtres durent naturellement disparaître ; quelques-uns, les plus importants, Gaîté, cirque Olympique, théâtre Lyrique, Folies-Dramatiques, furent reconstruits sur divers autres points ; quant aux Délassements, aux Funambules, au Lazary, ils disparurent sans retour, et c’est alors que Paris, privé de petits théâtres, vit surgir et fleurir partout des cafés-concerts.

La population parisienne avait donné au boulevard du Temple le sobriquet de boulevard du Crime, à l’époque où les deux théâtres de l’Ambigu-Comique et de la Gaîté s’y trouvaient réunis, par allusion aux mélodrames noirs qui se jouaient à ces deux théâtres et qui avaient pour base et pour moyens d’action tous les crimes imaginables : meurtres, empoisonnements, viols, adultères, incendies et le reste. Ce que les dramaturges du temps, les Hapdé, les Caigniez, les Cuvelier, les Victor Ducange, les Guilbert de Pixérécourt, les Bouchardy et autres ont accumulé de monstruosités et d’infamies dans leurs conceptions scéniques est véritablement formidable. De là ce surnom de « boulevard du Crime » donné par raillerie innocente, et qui lui resta jusqu’à l’époque de sa disparition et de la destruction des théâtres auxquels il avait jusqu’alors donné asile.

Deux célébrités en leur genre, deux types de paradistes fameux, qui naguère, pendant plus de vingt années, firent la joie du boulevard du Temple à l’époque où celui-ci était peuplé de théâtres, de loges d’acrobates, de spectacles et de curiosités de toutes sortes : Bobèche et Galimafré. On raconte que les deux hommes qui s’étaient affublés de ces noms singuliers avaient quitté chacun leur atelier pour embrasser la profession qui devait leur valoir une si grande popularité. L’un, Antoine Mandelot était le fils d’un tapissier du faubourg Saint-Antoine ; l’autre, Auguste Guérin, était ouvrier menuisier dans le même faubourg. Tout jeunes, ils jouaient à eux deux des parades qui faisaient beaucoup rire leurs compagnons d’atelier, et c’est ce qui les amena à s’engager avec un maître acrobate du boulevard, nommé Dromale. Antoine devint Bobèche, et Guérin Galimafré.

Bobèche et Galimafré au boulevard du Temple
Bobèche et Galimafré au boulevard du Temple

Bobèche était un garçon de taille moyenne, assez bien de sa personne, qui sur ses tréteaux adopta un costume composé d’une culotte jaune, de bas chinés, d’une veste rouge, d’une perruque filasse et d’un petit chapeau à cornes sur lequel était fixé un papillon. « Bobèche était un type original, a dit un chroniqueur, tenant le milieu entre Janot et Jocrisse, ces deux excellentes créations de Volanges et de Brunet. Il avait le visage assez distingué, l’air timide, mais de cette timidité narquoise qui décèle ce que l’on appelle un niais de Sologne, c’est-à-dire un gars rusé, finement bonasse et matois. Je vois encore son œil à demi fermé, son sourire caustique, sa lèvre inférieure se relevant aussitôt pour donner à sa physionomie un air candide et étonné. Il y avait un comédien sous cette veste rouge et sous ce chapeau gris, à cornes, surmonté d’un papillon ! »

On était alors à l’époque du premier Empire, et Bobèche, dans ses plaisanteries un peu salées, avait jusqu’à un certain point son franc parler, la censure à ce moment ne s’occupant guère de ce qui ne touchait pas à la politique. Il en profitait pour donner l’essor à sa malice, moins naïve qu’elle ne le voulait paraître, et pour mêler à ses coq-à-l’âne, à ses calembours les plus ahurissants, des réflexions bouffonnes qui excitaient les gros rires de ses auditeurs. Ces plaisanteries se présentaient toujours sous forme de dialogue avec son compère Cassandre, et elles étaient telles qu’on ne saurait les reproduire toutes. En voici un échantillon :

Bobèche. - Monsieur, vous qui êtes un savant, pouvez-vous me dire quand les médecins se trompent et donnent des recettes inutiles ?
Cassandre. - Mon ami, les médecins se trompent quelquefois parce que les symptômes des maladies diffèrent selon les tempéraments. Dans les fièvres, par exemple...
Bobèche. - Vous n’y êtes pas, Monsieur. C’est quand ils donnent une recette pour les maladies de cerveau des femmes que les médecins se trompent ; car la tête d’une femme est une tête sans cervelle.

Et encore :

Bobèche. - Monsieur, si vous aviez enfermé dans un grand sac un huissier, un tailleur, un usurier et un apothicaire, qui est-ce qui sortirait le premier ?
Cassandre. - J’avoue que je suis embarrassé ; car je ne vois pas de raison pour que l’un sorte plus tôt que l’autre.
Bobèche. - Je vous apprendrai ce secret, Monsieur, si vous voulez me payer une fiole de Bordeaux.
Cassandre. - Soit. On doit tout faire pour apprendre ce qu’on ignore.
Bobèche. - Eh bien, Monsieur, le premier qui sortirait du sac, si un huissier, un tailleur, un usurier et un apothicaire étaient dedans, je vous donne ma parole d’honneur que ce serait un voleur !...

Bobèche devint une des célébrités de Paris, et non seulement il était chéri de son public ordinaire, mais les plus grands salons se l’arrachèrent bientôt, et il n’y avait pas de belle fête dans le grand monde si Bobèche n’y venait débiter ses sornettes avec son compère.

Quant à Galimafré, son émule et son rival, Galimafré, qui appelait la foule à l’aide d’une gigantesque crécelle, il n’était guère moins aimé que lui. Vêtu d’un costume bas normand, coiffé d’une perruque dont les cheveux étaient coupés droit sur le front et qui était couverte d’un chapeau à, bombe, c’était un grand garçon long, maigre, efflanqué, dont les calembredaines balourdes, qui n’étaient point pourtant sans quelque fond de raillerie, faisaient aussi le bonheur du populaire des boulevards. L’un et l’autre avaient tant de succès, surtout quand ils jouaient ensemble, qu’ils allongeaient démesurément leurs parades et que le commissaire dut s’en plaindre plus d’une fois, à cause de l’encombrement qu’elles produisaient sur le boulevard, où la circulation s’en trouvait interrompue. Et au milieu des amateurs habituels, des partisans ordinaires des deux pitres, on voyait souvent de fins lettrés comme Nodier, de grands comédiens comme Monvel, qui venaient les entendre et les voir avec un véritable plaisir.

Leur métier de paradistes n’empêchait pas Bobèche et Galimafré d’être de bons patriotes. « En 1814, a dit un de leurs historiens, quand les troupes alliées attaquèrent les buttes Chaumont, Bobèche et Galimafré, postés derrière une barricade de la rue de Meaux, un fusil à la main, prouvèrent qu’à l’occasion les paillasses du boulevard savaient faire autre chose que des grimaces. Alors, ne voulant pas faire de parades pour les ennemis, Galimafré quitta le métier, entra comme machiniste à la Gaîté, puis à l’Opéra-Comique, où, pendant trente ans, il garda le côté cour ; aujourd’hui, c’est un paisible rentier de Montmartre, aimé de ses enfants. » Galimafré mourut en 1873.

Pour Bobèche, dont la renommée fut immense sous la Restauration, il eut la singulière idée, un beau jour, de vouloir jouer la vraie comédie, et de se faire directeur de théâtre en province. Il n’y réussit guère, paraît-il, et l’on ne sait comment il a fini. Non seulement on a imprimé quelques-unes des parades de Bobèche et Galimafré, mais on les a mis l’un et l’autre à la scène, à diverses reprises, tellement leurs types étaient devenus populaires.




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