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Coutumes et traditions : histoire de la Poste - Histoire de France et Patrimoine


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Coutumes, Traditions

Origine, histoire des coutumes, traditions populaires et régionales, fêtes locales, jeux d’antan, moeurs, art de vivre de nos ancêtres


Poste (Histoire de la)
(d’après un article paru en 1839)
janvier 2002, par LA RÉDACTION


 

La France est le premier pays où le service de la poste ait été établi. C’est la France qui l’a enseigné aux autres nations. C’est elle ainsi qui a mis dans le monde une des plus puissantes ressources dont la civilisation fasse maintenant usage. Que l’on considère ce qui arriverait si la poste se trouvait tout à coup abolie, et l’on comprendra toute la grandeur du progrès qui s’est accompli dans l’ensemble des liaisons sociales par cette institution importante.

Il est vrai qu’à la rigueur on peut soutenir qu’il y a eu des postes dans plusieurs empires de l’Antiquité, en ce sens que les souverains avaient soin d’entretenir sur les principales routes des relais destinés à leurs courriers. C’est ce qu’avaient fait en Perse le grand Cyrus ; à Rome, Auguste et ses successeurs. Mais il y avait loin d’établissements de cette espèce, institués uniquement en vue de l’État, à l’établissement de la poste aux lettres, et même de la poste aux chevaux, telles que nous les concevons.

Les uns étaient tout monarchiques, tandis que les autres sont tout populaires ; les uns ne servaient qu’aux affaires du souverain, tandis que les autres servent aux affaires de tout le monde. Le perfectionnement que la poste aux lettres a introduit dans les sociétés est véritablement immense, et certainement bien supérieur à celui que les relais entretenus par les souverains avaient pu introduire dans l’administration de leurs États.

Cette invention supprimée, il est pour ainsi dire impossible de se séparer les uns des autres sans se perdre ; on est sans communication dès qu’on ne se voit plus ; la moindre distance devient un abîme, et il n’y a plus de commerce possible entre les absents. Aussi tandis que l’institution de la poste aux chevaux et des messageries a rendu les voyages plus faciles, celle de la poste aux lettres a enlevé aux voyages leurs plus fâcheux inconvénients. Grâce à elle, les citoyens peuvent communiquer d’un bout de la France à l’autre, comme s’ils étaient réunis dans l’intérieur d’une même cité.

Enfin, j’ajouterai encore, en comparant les relais de l’antiquité romaine à ceux de l’administration française, que les premiers devaient être entretenus aux frais des habitants de la station, et étaient ainsi pour le peuple des villes, et surtout des campagnes, une source continuelle de vexations et un impôt des plus onéreux ; tandis que les relais fondés par notre administration, quoique destinés, non point à l’usage exclusif des courriers du souverain, mais à celui des particuliers, ont été entretenus dans l’origine, et jusqu’à ce qu’ils aient pu se soutenir par eux-mêmes, aux frais du trésor public.

C’est à Louis XI qu’appartient la gloire d’avoir jeté dans le milieu du quinzième siècle les premières bases de l’institution des postes. Il ne faut sans doute pas s’imaginer qu’il ait improvisé tout d’un coup cette institution telle qu’elle existe aujourd’hui. Les postes ne sont arrivées à ce point de perfection que peu à peu et par un progrès continuel ; et bien qu’il y ait dans les mesures ordonnées par Louis XI le germe de tout ce qui s’est fait depuis lors, ces mesures se rapprochaient peut-être encore plus, du moins en apparence, de ce qui avait lieu chez les Romains, que de ce qui a lieu parmi nous.

L’ordonnance qui institue les postes se rapporte en effet au service du roi plus spécialement qu’à celui des particuliers, et ce n’est que dans un seul article, et simplement comme cas subsidiaire, que ce dernier point se trouve consigné. Mais la nation, qui avait besoin des postes pour elle même, a su tirer peu à peu de leur établissement tout ce qu’il lui fallait. L’ordonnance en question est si importante et si digne d’intérêt, étant la première qui ait jamais été faite sur cette matière, que nous avons pensé que l’on serait peut-être satisfait d’en trouver ici un court extrait. Elle est datée de Luxies, près Doulens, du 19 juin 1464, et a pour but « l’establissement que le roi ordonne être fait de certains coureurs et porteurs de depesches en tous les lieux de son royaume pour la commodité de ses affaires et diligence de son service ».

« Le roy notre seigneur veut et ordonne qu’il y ait en la dite institution, et pour en faire l’establissement, un office intitulé : Conseiller grand maistre des coureurs de France, qui se tiendra près de sa personne, après qu’il aura esté faire le dit establissement ; et pour ce faire, lui sera baillé bonne commission.

« Les autres personnes qui seront ainsi establies par luy de traitte en traitte, seront appelées masitres tenant les chevaux courans pour le service du roy.

« Les dits maistres seront tenus, et leur est enjoint de monter sans aucun delay ni retardement, et conduire en personne, s’il leur est commandé, tous et chacuns, les courriers et personnes envoyées de la part du dit seigneur, ayant son passeport, et attache du grand maistre des coureurs de France, en payant Le prix raisonnable qui sera dit ci-après ».

Voilà les bases de l’établissement des relais sur les grandes routes de France ; celles de l’établissement de l’administration centrale, sous le nom de grand maître des coureurs, de ses commis et de ses coureurs ; enfin des maîtres de postes assujettis à avoir leurs chevaux en bon état, et à se tenir toujours prêts à courir pour toute personne ayant autorisation à cet effet de la part de l’administration. Non seulement les maîtres des postes devaient veiller à l’entretien des relais, mais, comme on le voit par le dernier article que nous avons cité, ils devaient faire en même temps le métier de postillons.

Un autre article porte même qu’ils devaient faire le service de courrier toutes les fois que l’administration ne jugeait pas convenable d’envoyer un courrier particulier. Soit le grand maître, soit les commis résidant dans toutes les villes frontières, transmettaient les dépêches au maître de poste le plus voisin ; celui-ci montait à cheval et les apportait au suivant, lequel faisait la même chose jusqu’à ce que les dépêches fussent enfin rendues à destination. On devine aisément tous les retards qui devaient nécessairement accompagner un pareil mode de transport. On y avait remédié en partie en ordonnant de marquer soigneusement le jour et l’heure d’arrivée, et de rechercher les auteurs du retard, toutes les fois qu’il y en aurait, pour les punir par la suspension ou le retrait de leur charge.

Plusieurs articles sont relatifs aux mesures à prendre pour empêcher les courriers des princes étrangers de parcourir le royaume à l’insu du roi. Il est ordonné à ces courriers de passer par les grands chemins, et non « par chemins obliques et destournez », d’exhiber au commis du grand maître les dépêches, ainsi que les sommes dont ils sont porteurs, afin que le tout puisse être examiné et vérifié par ces agents ; de ne commencer leur voyage qu’après ces formalités et l’obtention du passeport. La teneur de ce passeport est curieuse en ce qu’elle montre combien on était encore loin, dans ce temps-là, de se faire du secret des lettres une idée aussi absolue que dans celui-ci. On peut aussi voir, si l’on veut, dans les prescriptions de Louis XI à l’égard des dépêches étrangères à son service, l’origine de ce fameux cabinet noir qui a si longtemps souillé par sa présence une des plus belles et des plus loyales administrations de l’État.

La grande importance de l’administration des postes à peine naissante n’avait point échappé au coup d’œil habile de Louis XI, et il n’avait pas manqué d’apercevoir que, bien qu’il n’y fût question en apparence que de chevaux et de coureurs, il y avait là en principe une institution fondamentale. Aussi ne balança-t-il point à mettre la charge de grand maître des coureurs parmi les plus importantes de son administration. Le grand maître des postes paraissait alors réunir une partie des fonctions propres à un secrétaire d’État des affaires étrangères, avec celles qui se rapportent spécialement au service du transport des dépêches. Cela était tout naturel dans un temps où les administrations n’étaient point encore aussi compliquées qu’elles le sont devenues, ni par conséquent aussi divisées, et où les postes n’avaient guère pour but que de transporter les dépêches politiques. Les faire parvenir à destination, et prendre en même temps connaissance de leur contenu pour en faire rapport au roi, voilà quelle était au fond la charge de ce grand maître des coureurs.

C’était, il faut en convenir, des attributions d’une haute importance. Les appointements de ce grand maître, qu’aujourd’hui un commis trouverait mesquins, ne s’élevaient cependant qu’à huit cents livres parisis, formant « les gages ordinaires plus, une pension particulière de mille livres, outre les droits ordinaires d’office domestique de l’hostel et maison du roy » Je n’ai pas besoin de dire, pour empêcher qu’on ne se forme sur ce point des idées fausses, que ce revenu de dix-huit cents livres avait, au quinzième siècle, une valeur notablement plus considérable que celle qu’il représente aujourd’hui.

Quant aux commis dont la charge correspondait à peu près à celle des directeurs de bureaux de postes, leurs appointements étaient encore à proportion bien plus faibles, puisqu’ils se bornaient à une somme annuelle de cent livres. Le revenu fixe des maîtres de poste, payé également par le trésor du roi, n’était que de cinquante livre. On conçoit aisément qu’avec un pareil traitement, ils n’auraient jamais pu parvenir à entretenir leurs relais, si l’on n’y avait pourvu autrement.

C’est en effet à quoi l’ordonnance avait sagement pris garde en établissant un tarif d’après lequel chaque course de leurs chevaux devait leur être immédiatement payée. Du moment que le bénéfice de cette institution, essentiellement fondée en vue du service du roi, se trouvait étendu à tous les courriers étrangers, et même aux particuliers, moyennant la permission de l’administration, il était tout simple que les dépense ne fussent plus acquittées en totalité par le roi, mais l’extension de cette disposition que le trésor a fini par se débarrasser entièrement de toute dépense relative à l’entretien des relais, les droits acquittés directement par les particuliers, aussi bien que par les courriers du gouvernement, suffisant amplement pour cet objet.

Le tarif de cette époque n’était pas considérable. La course de quatre lieues pour le cheval du courrier et pour celui du postillon, n’était en tout que dix sols. Le grand maître, dans ses tournées, devait être conduit gratuitement, lui et ses gens ; les commis avaient le même droit, « au moins trois ou quatre fois l’an » dit l’ordonnance. Enfin, toutes les fois que l’on se contentait d’envoyer des dépêches, sans les confier à un courrier spécial, les maîtres coureurs devaient, sans aucune rétribution, monter à cheval et les transporter eux-mêmes d’un relais à l’autre.

Nous venons de résumer les points fondamentaux de l’institution des relais de poste aux lettres. Il ne fallut pas longtemps à la nation française pour sentir l’utilité d’un établissement si bien d’accord avec le développement des communications de peuple à peuple et d’individu à individu, que venait de causer tant de choses mises dans le monde au quinzième siècle. Bientôt chacun apprit à profiter pour ses voyages de l’article de l’ordonnance qui permettait aux particuliers de se servir des relais moyennant l’acquittement de la taxe.

Ces relais devinrent donc assez promptement ce que nous les voyons aujourd’hui, c’est-à-dire des écuries publiques, surveillées par l’administration, et dans lesquelles tout le monde peut louer des chevaux. Quant au transport des lettres, on prit d’abord l’habitude de joindre aux paquets appartenant au gouvernement, celles que l’on voulait faire parvenir dans les mêmes lieux. Mais il n’y avait encore là rien de bien régulier, les époques de départ de ces courriers étant tout à fait indéterminées. La nécessité obligea bientôt à mettre sur un autre pied cette importante partie du service.

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