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Coeur roi-martyr Louis XVII. L'énigme, mystère, analyses ADN. Mort de l'enfant à la prison du Temple le 8 juin 1795 - Histoire de France et Patrimoine


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Événements pittoresques

Evénements ayant marqué le passé et la petite ou la grande Histoire de France. Faits marquants d’autrefois.


Louis XVII est-il mort à la prison
du Temple le 8 juin 1795 ?
Publié le mercredi 8 juin 2011, par LA RÉDACTION


 
 
 
 
En dépit des analyses ADN pratiquées en 2000 sur le cœur présumé de Louis XVII conservé à la basilique Saint-Denis, on ne peut absolument pas écarter à ce jour l’hypothèse selon laquelle l’enfant mort à la prison du Temple le 8 juin 1795 n’est pas Louis XVII — qui se serait évadé grâce à l’aide de royalistes ou même de républicains, ou qui serait mort antérieurement — mais un enfant plus âgé qui lui aurait été substitué

Les analyses ADN effectuées en 2000 sur le cœur présumé de Louis XVII (Louis-Charles) conservé à la basilique Saint-Denis, montrent seulement qu’il s’agit de celui d’un enfant apparenté par les femmes à Marie-Antoinette : si le cœur peut donc effectivement être celui de Louis XVII, il peut aussi être celui du premier dauphin (son frère aîné Louis-Joseph) mort le 4 juin 1789. Il n’est en outre pas prouvé que le cœur analysé est bien celui qui fut prélevé par le docteur Pelletan lors de l’autopsie de l’enfant du Temple effectuée le 9 juin 1795. Ces différents cœurs ont en effet chacun eu un parcours mouvementé.

Louis XVII à l'âge de 8 ans. Peinture d'Alexandre Kurchaski
Louis XVII à l’âge de 8 ans
Peinture d’Alexandre Kurchaski
On sait qu’en 1793, sous la Terreur, l’abbaye du Val-de-Grâce où se trouvaient les cœurs de plusieurs enfants royaux enchâssés dans des boîtes de plomb enfermées dans des boîtes en vermeil, fut profanée. Les boîtes furent fondues et les cœurs jetés à la voirie. Celui de Louis-Joseph, fils aîné de Louis XVI échappa à la profanation grâce au citoyen Legoy, fut transmis en 1817 au maire du XIIe arrondissement de Paris, puis confié à la bibliothèque de l’archevêché de Paris, avant la mise à sac de ce dernier en 1830. Quant au cœur de l’ « enfant du Temple », il fut dans un premier temps conservé par le docteur Pelletan qui, en 1828, le déposa également à l’archevêché, avant de mourir en 1829.

Lors du sac de cet archevêché le 29 juillet 1830, la bibliothèque aurait ainsi abrité le cœur du premier Dauphin, et le cœur de l’enfant du Temple (supposé être celui de Louis XVII). Cette date marque le début d’une succession de péripéties et de confusions.

En effet Pierre Pelletan, fils légitime du docteur, habitant à quelques pas de l’archevêché, se rendit sur place quelques heures après le sac et retrouva dans le cabinet de l’archevêque la boîte en plomb abritant le cœur de Louis-Joseph, frère aîné de Louis XVII. Mais c’est le fils naturel du docteur, Philippe-Gabriel Pelletan, qui, recevant un paquet d’un certain Lescroart, ouvrier-imprimeur ayant retrouvé sur les lieux du sac le Mémoire du chirurgien, s’y serait lui aussi rendu le 6 août suivant, et aurait découvert sur un tas de sable le cœur de l’enfant du Temple avec les débris de l’urne qui le contenait.

On pensa longtemps avoir perdu la trace du cœur pourtant retrouvé par Pierre Pelletan en 1830. Si sa découverte après le pillage est consignée dans l’Aveyron Républicain daté du 2 décembre 1892, l’article s’appuie sur un « témoignage paru dans la Gazette Médicale », sans mention de date ni d’auteur. Les gazettes médicales étant nombreuses, on ne parvint à retrouver ce témoignage qu’en 2002, dans la Gazette médicale de Paris du 3 janvier 1891, qui nous révèle que le fils de Pelletan, apprenant le sac de l’évêché, se serait rendu, « de suite dans le cabinet de l’archevêque où, au milieu des papiers et objets divers qui jonchaient la pièce, il put retrouver la boîte intacte » contenant le cœur de Louis-Joseph.

Les deux frères Pelletan, Pierre et Philippe-Gabriel, étant brouillés et n’ayant plus aucun contact depuis la succession de leur père en 1829, Pierre ne sut pas que Philippe-Gabriel possédait les restes de l’urne, le cœur prélevé par son père en 1795, ainsi que le Mémoire du docteur. La découverte de ces deux cœurs après le sac de l’archevêché, par deux personnes différentes, chacune ignorant la découverte de l’autre, sera à la source de moult méprises et témoignages contradictoires.

L'urne remise à don Carlos en 1895,<br> contenant le cœur présumé de Louis XVII.<br> Au fond, morceaux de l'urne de Pelletan
L’urne remise à don Carlos en 1895,
contenant le cœur présumé de Louis XVII.
Au fond, morceaux de l’urne de Pelletan.
Lorsque Pierre Pelletan mourut de tuberculose le 12 août 1845, il avait déjà entrepris des démarches auprès des Bourbons pour leur céder le cœur qu’il détenait. Elles furent poursuivies par son fils adoptif Jules, qui mourut en 1873, laissant un fils qu’il maudissait et un testament dans lequel on peut lire : « Ma malédiction paternelle lui a été infligée, et je la confirme ici, dans cet écrit destiné à me survivre ». Le cœur aurait pourtant finalement été transmis au comte de Chambord (mort en 1883), si l’on se réfère à une lettre datée du 17 octobre 1885 écrite par le père Bole, confesseur du comte, précisant que ce Prince avait reçu le cœur du « reliquaire de M. Martin » trouvé par Pierre Pelletan.

Lorsque Philippe-Gabriel Pelletan mourut en 1879, son exécuteur testamentaire s’adressa à Barrande, administrateur des biens du comte de Chambord, auquel il transmit l’ancien Mémoire du docteur Pelletan père, afin de proposer au Prince ce qu’il affirmait être le « cœur de son cousin ». Barrande répondit que ces « témoignages sont bien indispensables pour contrebalancer les impressions fâcheuses causées par les incidents extraordinaires qui ont troublé la continuité de leur précieux dépôt ». Le comte mourut en 1883 sans avoir donné son accord pour recevoir le « cœur Pelletan » de Philippe-Gabriel (mais il possédait celui découvert par Pierre). C’est seulement en 1895 que don Carlos, neveu de la comtesse de Chambord, en prit possession, emmenant sans doute l’urne au château de Frohsdorf, en Autriche, où le comte avait résidé jusqu’à sa mort.

Ainsi, les descendants du comte de Chambord détenaient à la fin du XIXe siècle les deux cœurs trouvés par les frères Pelletan : celui du premier Dauphin, et celui de l’enfant mort au Temple. A la mort de don Carlos en 1909, c’est son fils don Jaime qui hérita de Frohsdorf et en laissa la propriété lors de son décès en 1931 à sa troisième sœur Marie-Béatrice. En 1975, les descendantes de celle-ci décidèrent de donner à la France le cœur prélevé le 9 juin 1795 sur l’enfant du Temple supposé être Louis XVII, et une urne censée précisément contenir ce cœur fut remise en avril de cette même année au Mémorial de France à Saint-Denis. C’est le cœur qu’elle contient qui fut analysé en 2000.

Or d’une part on ne peut affirmer qu’il s’agit de celui que le docteur Pelletan préleva sur l’ « enfant du Temple », d’autre part on peut parfaitement supposer qu’il s’agit du cœur du frère aîné de Louis XVII, les descendants du comte de Chambord ayant été en possession des deux et les analyses ADN ne permettant aucunement de les différencier.

En outre :
1° le cœur analysé en 2000 mesurait 8 cm ; celui examiné en 1894 avant sa remise à don Carlos et présenté comme étant celui de l’enfant du Temple mesurait 6 cm
2° l’affirmation selon laquelle la technique de conservation utilisée en 1789 pour le cœur du frère aîné (supposée être l’embaumement) aurait été différente de celle utilisée en 1795 pour Louis XVII lui-même (mélange alcool/eau), serait erronée : dès le XVIIIe siècle et devant l’inefficacité de la méthode employée encore au siècle précédent, la conservation par le mélange hydro-alcoolique semble avoir été appliquée (celle-ci impliquant, notons-le, une dessication complète du viscère, ainsi qu’une forte réduction de taille). Au demeurant, le cœur de Louis-Joseph, avant d’être remisé dans une boîte de plomb au Val de Grâce, puis à la bibliothèque de l’archevêché de Paris, avait été placé lui aussi dans une urne – ainsi que le remarque Reynald Secher en 1998 –, ce qui confirme l’utilisation d’une solution liquide pour la conservation.

Notons enfin que lorsqu’en 1894 furent exhumés les restes de l’enfant mort au Temple et enterré au cimetière Sainte-Marguerite à Paris, les médecins affirmèrent qu’il s’agissait d’un enfant d’au moins quatre ans plus âgé que ne l’était Louis XVII.

Si le résultat des analyses ADN pratiquées en 2000 est incontestable, le cœur analysé peut donc être aussi bien celui de Louis-Joseph, frère aîné de Louis XVII, que celui de Louis-Charles, Louis XVII lui-même. Ainsi, la preuve que Louis XVII serait mort au Temple le 8 juin 1795 n’est toujours pas établie.

Louis XVII : notice biographique

 

 


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