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Les boulangers d'Auch condamnés en 1776 pour refuser des gâteaux des rois à leurs clients - Histoire de France et Patrimoine


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Anecdotes insolites

Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques


Boulangers d’Auch condamnés
en 1776 pour refuser des gâteaux
des rois à leurs clients
(D’après « Bulletin de la Société archéologique du Gers », paru en 1915)
Publié le dimanche 2 janvier 2011, par LA RÉDACTION


 
 
 
 
Suite à la décision prise par les boulangers d’Auch de cesser de donner des gâteaux de rois à leurs clients, la municipalité s’émut de cette coalition et les condamna sévèrement, le texte de cette condamnation étant publié sans doute pour servir d’exemple

Un extrait des registres de l’Hôtel de ville d’Auch des 25, 26, 27 et 31 décembre 1776, ainsi que du 4 janvier 1777 stipule que : « Sur ce qui a été remontré par le procureur du Roi de l’Hôtel de ville, que si les boulangers de la ville avaient cherché à s’affranchir par les voies légales de l’obligation de donner des gâteaux des Rois, il se bornerait à veiller à l’exécution de l’ordonnance du 21 décembre dernier, qui les condamne à suivre à cet égard l’ancien usage ; mais qu’il ne peut s’empêcher de dévoiler les circonstances d’un complot qui n’a été proscrit avec quelque indulgence, que parce que nous n’en connaissions pas toute la témérité.

« Craignant l’aspect de ces lieux témoins de notre vigilance et de notre sévérité, ce n’est que dans une juridiction étrangère qu’ils ont osé le former : là illicitement assemblés le quatorze décembre devant un notaire qui eût dû leur refuser son ministère, ils se sont fièrement promis, à peine de cent cinquante livres d’amende contre chaque contrevenant, payables entre les mains de Campan leur syndic, de ne faire avant ni après les Rois, ni pour présent, ni pour argent, ni pour leurs pratiques, ni pour eux-mêmes, aucune espèce de gâteaux des Rois.

Le Gâteau des Rois. Peinture de Jean-Baptiste Greuze, 1774
Le Gâteau des Rois. Peinture de Jean-Baptiste Greuze, 1774

« Là, croyant pouvoir s’élever au-dessus de l’Autorité même, ils ont protesté que c’est à leur tribunal qu’ils appelaient de toute ordonnance, de tout arrêt même qui voudraient les contraindre ; et s’abrogeant le pouvoir législatif d’infliger des peines et amendes, dont les seuls juges sont dépositaires, ils ont d’avance condamné le boulanger à une somme de cent cinquante livres s’il s’avisait d’obéir à justice, sans avoir requis et obtenu leur approbation ; c’est là enfin que prévoyant le cas où des pratiques mécontentes du refus du gâteau voudraient changer de boulanger, ils ont unanimement voté que pas un d’eux ne la recevrait, et ne lui fournirait du pain à la taille ni à crédit ; projet d’autant plus séditieux, que dans cette ville où les habitants ne trouvant pas régulièrement du pain de vente chez le boulanger, sont obligés de s’en assurer à la taille, il tiendrait à les mettre dans l’incertitude de leur subsistance.

« En vain certains d’entre eux, instruits sans doute de ces recherches sur leur conduite, se sont hâtés par actes du 24 et 25 décembre de revenir de leur délire ; ce repentir tardif, n’ayant pas été imité, n’annonce que trop que l’intention actuelle des autres est de soumettre l’exécution de notre ordonnance au droit d’improbation qu’ils se sont despotiquement abrogés, et de nous faire éprouver dans cette exécution la résistance la plus soutenue.

« Si nous avions refusé quelquefois de prendre leurs moindres représentations en considération, si par une sévérité excessive nous avions rendu l’exactitude dans leur métier trop difficile, ils seraient moins blâmables sans doute dans leur égaiement ; mais dans un temps où nous leur avions manifesté que nous devions connaître par des nouvelles épreuves les plus exactes, si leurs murmures sur le tarif de 1713 étaient mieux fondés que ceux du public, mis sous nos yeux dans son réquisitoire du 17 décembre 1772, devaient-ils par une ligue aussi contraire à la subordination à laquelle ils sont plus spécialement que tous les autres artisans soumis, braver les usages et les magistrats qui en sont les défenseurs ?

« Que cet esprit de révolte ne fût pas arrêté dans son principe, il se porterait bientôt sur des objets plus intéressants, l’approvisionnement de la ville serait incertain, et le public, victime des intrigues du boulanger, verrait bientôt la gangrène se glisser dans les autres métiers. Il est trop instant de sévir contre un complot aussi amendable, et d’en connaître plus particulièrement les auteurs ; c’est pourquoi requiert, après avoir laissé sur le bureau l’acte du 14 décembre courant, que tous ceux qui ont été parties dans ledit acte, soient mandés et interrogés sur les circonstances dudit acte, antérieures et postérieures, pour ensuite sur leurs réponses être sur le tout pris par lui telles conclusions que de droit. Signé : SOUBIRAN-LAMAGUÈRE.

« Ayant ordonné que lesdits boulangers seraient mandés à l’Hôtel de ville, et Dominique Campan, Augustin Loubens, Jean-Baptiste l’Abbadie, Joseph Raouilh, Estienne Castex, Jean Maurosi, Jean Darré, Raymond Lacome, Joseph Deneis, Guilhaume Maurosi, Augustin Campan et Joseph Estebenet, boulangers, parties audit acte du 14 décembre, ayant été ouis :

« Nous conseillers du Roi, Maire, Lieutenant de Maire, Consuls et Assesseurs susdits :

« Vu l’acte du quatorze décembre mil sept cent soixante-seize, retenu par Segrestan, notaire-royal à Pavie, notre ordonnance de police du vingt-un, les actes de désistement du 24 et 25, notre verbal desdits jours 25 et 26, les conclusions définitives du procureur du Roi du trente-un dudit mois de décembre dernier : Euë délibérarion, ordonnons que tous les boulangers compris dans ledit acte du quatorze, seront mandés pour être admonestés, l’audience tenant, que le four de Dominique Campan, syndic des boulangers, sera démoli à la diligence du procureur du Roi, à laquelle démolition il sera néanmoins sursis pendant deux mois à cause des pratiques qui prennent le pain à la taille, avec défenses audit Campan de le relever que par une permission de notre part ; l’avons condamné à aumôner l’hôpital de cette ville de là somme de cent cinquante livres pour être employée à acheter des lits qui manquent dans la salle des soldats malades ; avons aussi condamné Augustin Loubens, Jean Maurosi et Jean-Baptiste l’Abbadie, chacun à aumôner au profit du même hôpital la somme de cinquante livres pour être employée à l’achat desdits lits ; comme aussi avons condamné Etienne Castex, Joseph Daries, Raymond Lacome, Joseph Deneis, Jean Darré, Joseph Campan, Augustin Campan, Joseph Estebenet, Guillaume Maurosi et Joseph Raouilh, boulangers, à aumôner chacun la somme de cent sous applicable comme dessus.

« Faisons défenses ausdits boulangers de tenir aucunes assemblées qu’elles ne soient présidées par un officier municipal, préalablement averti du sujet de ladite assemblée par un des syndics desdits boulangers, auxquels nous enjoignons de s’assembler incessamment dans l’Hôtel de ville pour procéder en la forme susdite à la nomination de deux nouveaux syndics. Ordonnons que la présente ordonnance sera imprimée, lue et affichée aux lieux accoutumés, et avons condamné lesdits Campan, Loubens, Maurosi, l’Abbadie, Castex, Daries, Lacome, Deneis, Darré, Joseph et Augustin Campan, Guillaume Maurosi, Estebenet et Raouilh, solidairement aux frais de la présente. Donné à Auch en l’Hôtel de ville ledit jour quatrième janvier mil sept cent soixante-dix-sept. LACROIX-DE-SALENAYE, maire ; DORGUEILH, lieutenant de maire ; MOLLIÈRES, DE REY, DUFFAUT, PARDIAC, consuls ; RAFFY, SAINT-PIERRE, assesseurs, signés à l’original. Expédié par Nous, conseiller du Roi, secrétaire-greffier de l’Hôtel de ville, à la requête du procureur du Roi, en foi de quoi, POMMÉ, secrétaire-greffier. »

 

 


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