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26 février 1808 : naissance du caricaturiste Honoré Daumier - Histoire de France et Patrimoine


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26 février 1808 : naissance du
caricaturiste Honoré Daumier
(D’après « Le Petit Journal illustré », paru en 1929)
Publié / Mis à jour le vendredi 26 février 2016, par LA RÉDACTION



 

La caricature, écrit Champfleury, est avec le journal, le cri des citoyens. Ce que ceux-ci ne peuvent exprimer est traduit par des hommes dont la mission consiste à mettre en lumière les sentiments intimes du peuple. Quelques-uns trouvent la caricature violente, injuste, taquine, turbulente, passionnée, menaçante, cruelle, impitoyable. Elle représente la foule.

Cette définition de la caricature semble avoir été inspirée à Champfleury par l’art même de Daumier. Il ne s’agit pas ici de la caricature qui n’a d’autre objet que de distraire, d’amuser, de faire rire, en montrant des physionomies connues, déformées, mais de la caricature qui vise à faire penser, de la caricature qui est la critique d’une époque, la satire des mœurs, de la caricature qui accuse, qui censure, qui stigmatise, qui flétrit. Cette caricature-là, en effet, est parfois violente, passionnée, cruelle, impitoyable même. C’est la caricature de Daumier.

Gargantua, par Honoré Daumier
Gargantua, par Honoré Daumier. Louis-Philippe en Gargantua dévore les écus arrachés au peuple
miséreux, ce dont quelques élus, proches du trône, profitent également

L’artiste, pourtant, fut bien l’homme le plus simple et le plus doux du monde ; le plus modeste aussi, le moins habile à tirer un juste profit de son talent. Il mourut le 26 février 1879, dans une petite maison de Valmondois dont il avait failli être expulsé faute d’en pouvoir payer le loyer. Sans son ami Corot, qui acheta la bicoque et la lui donna, peut-être se fût-il trouvé sans logis à l’heure de la vieillesse.

Et pourtant, quelle noble et belle carrière, que de génie prodigué ! Honoré Daumier n’était qu’un garçonnet quand ses parents l’amenèrent de Marseille, sa ville, natale, à Paris. Le gamin déjà dessinait d’instinct, saisissant de façon merveilleuse le côté ridicule des êtres et des choses. Alexandre Lenoir, le fondateur du Musée des Monuments français, ayant vu quelques-uns de ses croquis, l’encouragea et décida son père, un brave vitrier de Marseille, à le laisser suivre sa vocation. Et ce père, qui rimaillait à ses moments perdus, eut le bon esprit de ne pas combattre cette vocation. Le jeune Honoré entra dans l’atelier de Ramelet, où il apprit la technique de l’art lithographique. Mais, déjà, l’esprit satirique s’éveillait en lui. A peine Louis-Philippe était-il monté sur le trône, que la malice populaire s’égayait à ses dépens. Les petits journaux, si sévèrement contenus sous la Restauration, prenaient leur revanche, poursuivant de leurs sarcasmes le pauvre roi-citoyen, pourtant si libéral et si bon garçon.

Philipon, médiocre dessinateur, mais polémiste d’esprit incisif, extrêmement habile à trouver la légende « rosse », venait de fonder la Caricature et d’inaugurer cette amusante série de « têtes en poire » représentant toutes le roi. Daumier fut de ses premiers collaborateurs. Pour ses débuts, il fit un coup de maître. Il dessina un magnifique Gargantua attablé devant toutes sortes de pâtés symbolisant chacun un budget, et dont la tête en forme de poire ressemblait singulièrement à celle de Louis-Philippe.

La caricature, somme toute, n’était pas bien méchante ; et le roi, dit-on, en avait ri tout le premier. Mais la censure existait toujours, et la justice, que l’audace grandissante des caricaturistes commençait à énerver, prit le parti de sévir une bonne fois. Daumier paya pour tous les autres. Le journal fut saisi, l’auteur du dessin inculpé, et condamné à six mois de prison.

Cette condamnation inique l’exaspéra. Elle lui montra sa voie : la caricature politique. Il s’y lança à corps perdu. Tous les hommes du régime y passèrent. « Rien n’est omis dans le détail des familiers de la cour citoyenne, dit un biographe de l’artiste, ni les lunettes, ni les perruques, ni le coton dans les oreilles, ni les cheveux ébouriffés et les favoris en l’air, ni les faux-cols, ni les traces d’élégance à l’empois : portraits plus réels que ceux du musée de Versailles... » Certains en enrageaient, tels Guizot ou Royer-Collard ; d’autres, à l’instar du roi, s’en amusaient. Thiers, que Daumier dessina sur toutes les coutures, était de ceux-ci. Il disait volontiers que pour avoir un bon portrait de lui, ce qu’il fallait prendre c’était non pas une image officielle, mais une charge de Daumier.

Cette petite guerre à coups de crayon ne fut pas pour peu de chose dans la chute du régime et dans l’avènement de la seconde République. Mais, du jour où le roi fut parti en exil, Daumier, bien qu’on l’eût sollicité de continuer, contre le souverain déchu, sa campagne de caricatures, s’y refusa énergiquement. « Je ne piétinerai pas le roi tombé », répondit-il. Ce mot fut rapporté à Louis-Philippe, qui déclara alors, avec un peu d’émotion dans la voix : « Cet homme de talent est aussi un brave homme. »

La verve satirique de l’artiste avait, par ailleurs, de quoi s’exercer, avec ses caricatures sur l’antiquité, ses planches sur les juges, sur les avocats — ces avocats qui amusaient tant Gambetta ; ses charges innombrables sur les bourgeois, sur les provinciaux, sur les bas-bleus, sur les gens de théâtre ; et sa prodigieuse série des « Robert Macaire ». On sait quel succès avait eu l’acteur Frédérick Lemaître (1800-1876) dans la création de ce personnage de bandit fantaisiste. Daumier s’en empara à son tour et le multiplia. Sous son crayon vengeur, Robert Macaire apparut dans toutes les fonctions, dans tous les états, dans tous les métiers. Il en fit le type du fripon audacieux, cynique, du gredin dilettante et goguenard qui filoute avec la plaisanterie aux lèvres et méprise ses victimes.

Daumier a, suivant la juste expression d’un critique, « imprimé la griffe du lion sur son époque ». De 1830 à 1832, il a brossé un immense panorama de la bourgeoisie, cette puissance du moment, et fixé d’un trait caricatural ineffaçable tous les personnages marquants qui en sortirent. Dans certaines de ses planches, il a comme synthétisé telle ou telle catégorie de cette bourgeoisie. Quel document, par exemple, pourrait donner, mieux que son célèbre dessin intitulé le Ventre législatif, une idée précise de ce monde politique gourmé, prétentieux et prudhommesque du temps de Louis-Philippe ?

Honoré Daumier, par Etienne Carjat. Dessin publié dans Le Boulevard du 3 janvier 1862
Honoré Daumier, par Etienne Carjat. Dessin publié dans Le Boulevard du 3 janvier 1862

Champfleury, dans son livre sur la Caricature, raconte qu’un jour Denys de Syracuse exprima à Platon son désir de connaître les mœurs des Athéniens, et que Platon lui répondit en lui envoyant les œuvres d’Aristophane, comme étant le pur reflet de ces mœurs. De même, dit-il, qui veut se rendre compte aujourd’hui de l’époque de Louis-Philippe doit consulter l’œuvre de Daumier. Cette remarque du critique est d’une justesse absolue. L’œuvre de Daumier est le reflet même, le reflet un peu amplifié, un peu grossi par la caricature, des mœurs et des types de son époque. Mais ce n’est pas seulement pour sa valeur documentaire qu’elle doit survivre : c’est aussi pour sa valeur d’art.

Daumier est le plus grand des lithographes français. Nul n’a manié le crayon lithographique avec une pareille maîtrise. Certaines de ses planches, comme le Convoi au Père-Lachaise ou la Rue Transnonain, sont des tableaux d’une puissance, d’une intensité d’expression qui ne le céderaient pas aux pages les plus importantes d’un Rembrandt. Daumier fut encore un peintre du plus rare talent. Dans ses dernières années, à Valmondois, il avait presque abandonné le crayon pour les pinceaux. Quand il mourut, il laissait une œuvre peinte qui fut malheureusement dispersée aux quatre vents, sa veuve ayant dû faire argent de tout pour payer les frais de son enterrement.

Presque toute sa vie laborieuse, Daumier la passa dans son atelier, au numéro 9 du quai d’Anjou. Là fréquentaient Eugène Delacroix, Corot, Daubigny, Jules Dupré, Barye. On voisinait avec Théophile Gautier et Baudelaire, qui habitaient l’hôtel Lauzun, à quelques pas de là. Balzac, qui collaborait aux mêmes journaux que Daumier, venait là parfois, lui aussi, apporter à l’artiste quelques bonnes légendes et quelques mauvais conseils : « Jeune homme, lui disait-il au début de sa carrière, si vous voulez avoir du génie, faites des dettes. »

Daumier se garda de suivre l’avis. Il prouva qu’on peut avoir du génie sans embarrasser sa vie de la poursuite des créanciers. Cet atelier du quai d’Anjou abrita jusqu’à l’heure de la vieillesse sa vie simple et modeste, son labeur acharné. En 1929, à l’occasion du cinquantenaire de la mort de l’artiste, une plaque commémorative fut apposée sur la maison.




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