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Roi Thierry II (Austrasie, Bourgogne), mérovingien. Naissance, mort, couronnement, règne. Mérovingiens - Histoire de France et Patrimoine


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Rois, Présidents

Biographie des rois, empereurs, présidents français. Vie des souverains, faits essentiels, dates-clés. Histoire des règnes


Thierry II ou Théodoric le Jeune
(né en 587, mort en 613)
(Roi de Bourgogne : règne 596-613. Roi d’Austrasie : règne 612-613)
Publié / Mis à jour le lundi 11 octobre 2010, par LA RÉDACTION



 

Roi d’Austrasie et de Bourgogne, il était fils de Childebert II, qui mourut empoisonné, après avoir réuni à sa couronne les royaumes d’Orléans, de Bourgogne et une partie de celui de Paris. Il naquit en 587, et passa ses premières années à la cour de Théodebert II, son frère aîné, mineur ainsi que lui. La régence générale était entre les mains de Brunehaut, leur aïeule, tout occupée de gouverner seule, en excluant du conseil les seigneurs qui l’avaient elle-même éloignée des affaires pendant la minorité de son fils.

De tous les Français, les Austrasiens se montrèrent en tout temps les plus opposés au gouvernement des femmes. Les mécontents se concertèrent si bien qu’ils se saisirent de Brunehaut, la transportèrent hors de l’Austrasie et l’abandonnant sans secours, lui défendirent sous les peines les plus rigoureuses de reparaître dans le royaume. Cette reine altière, incapable d’oublier une injure, se retira à Orléans, qui appartenait à Thierry comme roi de Bourgogne, et aurait pris sur lui un ascendant si extraordinaire, qu’elle lui persuada que Théodebert II, son frère, n’était qu’un enfant supposé et, comme tel, usurpateur du royaume d’Austrasie. Ces affirmations émanent d’historiens ayant écrit plusieurs siècles après des agissements supposés dont on ne trouve en réalitéaucune trace.

Excités ainsi par leur aïeule, selon quelques auteurs, ou, selon d’autres, par Protade, maire du palais, les deux frères se firent une guerre acharnée. Les armées étaient en présence, lorsque les chefs de celle de Thierry eurent horreur de voir l’ambitieux ministre animer deux frères à s’égorger l’un l’autre, ils demandèrent sa tête à haute voix, et ils l’assassinèrent dans la tente même du monarque.

Les intrigues de Brunehaut, ou peut-être l’ambition de Théodebert, qui voulait rentrer en possession de l’Alsace, son ancien domaine, remirent bientôt après les armes aux mains des deus frères. L’aîné attira le cadet dans une conférence particulière, où des gens apostés le contraignirent, le poignard sur la gorge, de signer la cession de la province contestée. Thierry ne fut pas plutôt libre, qu’indigné de la trahison, il se jeta sur les Etats de Théodebert, le vainquit dans deux batailles, dont la dernière, donnée à Tolbiac, fut des plus sanglantes et des plus meurtrières ; et après qu’il l’eut exterminé, lui et ses fils, il s’empara de tous ses Etats.

Cette cruauté reçut bientôt la punition qu’elle méritait. Brunehaut, dont des sources peu sérieuses affirment qu’elle fut toujours plus ambitieuse à mesure qu’elle vieillissait, aurait redouté l’ascendant qu’aurait pu prendre sur Thierry une femme légitime. Après lui avoir inspiré dès sa jeunesse le goût de la débauche, c’est elle qui serait parvenue à faire rompre un mariage arrêté avec Hermenherge, fille de Bertric, roi des Visigoths. Cette princesse fut renvoyée honteusement, sans qu’on lui rendît les trésors qu’elle avait apportés pour sa dot.

Des enfants de son frère, Thierry n’avait épargné qu’une fille, dont la beauté fit sur lui une impression si vive, qu’il résolut de l’épouser. Brunehaut, prévoyant qu’une reine jeune, séduisante, aimée, parviendrait aisément à lui demander compte de la mort de son père, opposa à Thierry la religion, qui ne lui permettait pas de s’unir à sa nièce. Thierry, qui ne désirait rien qu’avec violence, s’emporta contre Brunehaut jusqu’à menacer ses jours, en lui reprochant tous les crimes qu’elle lui avait fait commettre (crimes que certains historiens, écrivant cent ans voir plusieurs siècles après les faits lui imputèrent, mais que d’autres réfutent catégoriquement).

Peu de temps après, il mourut empoisonné, à l’âge de 26 ans, en 613, laissant six fils bâtards, dont aucun ne lui succéda, quoique le défaut de légitimité ne fût pas alors un motif d’exclusion ; mais la haine qu’inspirait Brunehaut, la crainte de la voir de nouveau régente, décidèrent les grands de l’Etat à traiter avec Clotaire II, qui devint ainsi roi de la France entière.




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