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« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)



Roi Louis XV le Bien-Aimé, bourbon. Naissance, mort, couronnement, règne. Bourbons - Histoire de France et Patrimoine


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Rois, Présidents

Biographie des rois, empereurs, présidents français. Vie des souverains, faits essentiels, dates-clés. Histoire des règnes


Louis XV le Bien-Aimé
(né le 15 février 1710,
mort le 10 mai 1774)
(Roi de France : règne 1715-1774)
Publié / Mis à jour le vendredi 5 février 2010, par LA RÉDACTION



 

Arrière-petit-fils de Louis XIV, et fils du vertueux élève de Fénelon, il naquit à Fontainebleau, le 15 février 1710 ; il porta d’abord le nom de duc de Bretagne, et fut déclaré roi le 1er septembre 1715.

Louis XV fut doué de tous les dons extérieurs : il surpassait son bisaïeul pour la beauté des traits et l’égalait presque en majesté. Des circonstances fatales à sa famille l’avaient rendu, dès ses plus tendres années, l’espoir et l’amour de la nation. Après la mort presque simultanée de sa mère, de son père, de son frère aîné, et la maladie dont lui-même avait été attaqué, on voulait voir une sorte de miracle dans sa conservation.

Louis XV le Bien Aimé (1710-1774)
Louis XV le Bien Aimé (1710-1774)
Quoique la vie de ce jeune prince semblât un témoignage suffisant pour confondre les atroces calomnies répandues contre le duc d’Orléans, les alarmes subsistèrent jusqu’à ce qu’il fût parvenu à l’âge de la majorité. Il y touchait, lorsqu’une nouvelle maladie l’atteignit encore et réveilla les soupçons, les terreurs. C’était à l’époque où une banqueroute de l’État venait de guérir la nation de sa folle confiance dans les promesses de Law. La haine publique favorisait la calomnie. On désespérait ou l’on affectait de désespérer des jours du monarque enfant. Une saignée qu’ordonna courageusement le médecin Helvétius, malgré l’avis de ses confrères, sauva les jours de Louis.

Cette nouvelle fut reçue avec transport. Chacun voulait s’assurer par ses yeux de cette guérison. Le duc d’Orléans, heureux de voir la plus cruelle méchanceté encore une fois confondue, présenta le jeune roi au peuple assemblé. L’allégresse publique se manifesta pendant plusieurs jours, et fut signalée par des banquets de famille que chacun prenait devant sa porte, à la faveur des belles nuits d’été. Ces scènes cordiales disposèrent Louis à chérir un peuple dont il était si tendrement aimé. Quoique l’auteur de ses jours lui eût été si promptement enlevé, on peut croire que le duc de Bourgogne avait déjà déposé dans l’âme de son fils des semences de bonté que le précepteur de celui-ci, l’aimable et bienveillant évêque de Fréjus sut cultiver avec succès.

Louis dut tout ce que son règne offre de doux et de vraiment glorieux à sa tendre reconnaissance pour cet instituteur. L’esprit formaliste, le ton imposant, mystérieux et chagrin du maréchal de Villeroi, son gouverneur, ne firent pas naître en lui une si profonde affection. Un événement manifesta la différence qu’il avait mise entre ces deux instituteurs. Villeroi, après avoir bravé l’autorité du régent dans la personne de son ministre le cardinal Dubois, fut séparé de son élève et conduit en exil. L’évêque de Fréjus sembla se faire un point d’honneur de partager cette disgrâce et de se vouer lui-même à la retraite.

Le roi ne laissa éclater son désespoir que lorsqu’il se vit privé de la présence de l’évêque de Fleury. Il ne cessait de le redemander par ses pleurs, par ses cris. Le régent n’eut pas de peine à retirer ce prélat d’une retraite qu’il n’avait cherchée que par bienséance ; et le roi ne donna plus aucun regret à la disgrâce de son gouverneur. Les manières aimables du régent, le ton tout à la fois aisé et respectueux avec lequel il initiait son neveu aux affaires, en ayant l’air de les lui soumettre, semblaient le flatter agréablement.

Ce fut peut-être à cette école que Louis prit un tour d’esprit vif et piquant, que la froide dignité du trône contenait souvent, mais qui échappa plus d’une fois par des saillies originales. Malheureusement personne n’enseignait à Louis un secret plus précieux, celui de vouloir avec fermeté. Le régent, qui était tombé sous le joug du plus méprisable de ses familiers, connaissait trop peu lui-même un tel secret, et se fût bien gardé d’en donner des leçons à son royal pupille.

Quant à Fleury, une domination paisible lui était promise par l’attachement sans bornes du monarque ; et il aiguillonnait faiblement une timidité, une indolence, appuis et garants de son pouvoir prochain. L’humeur du roi parut s’attrister lorsque, peu de temps après sa majorité, une mort subite lui enleva le régent, devenu son premier ministre, et qu’il se vit forcé de confier le même emploi au duc de Bourbon, prince aussi faible qu’altier.

Les cris du peuple, des remontrances sévères que le parlement porta jusqu’au trône, enfin des révoltes fréquentes, apprirent à Louis XV que son parent n’était point aimé, et vinrent dissiper ces rêves de bonheur qui s’offrent facilement à l’imagination d’un jeune monarque. Il en gémissait avec le seul confident de ses pensées, l’évêque de Fréjus. Celui-ci attendait pour se déclarer contre le prince du sang que le signal lui en fût donné par la haine publique.

Cependant le roi fournit une grande preuve de docilité, en recevant une épouse des mains d’un parent et d’un ministre qu’il n’aimait pas. Le duc d’Orléans, longtemps brouillé avec la cour d’Espagne, avait scellé sa réconciliation avec ce gouvernement en arrêtant le mariage du roi avec une infante. La princesse n’avait alors que quatre ans. Cette union restait donc en projet. L’infante n’en fut pas moins envoyée à la cour de France (janvier 1722). Louis, parvenu à l’adolescence, se sentit humilié d’être associé aux jeux d’une enfant. Le duc de Bourbon, soit pour complaire aux vœux secrets de son jeune maître, soit pour s’assurer dans l’épouse du roi un appui permanent pour sa puissance, prit le parti d’une rupture avec la cour d Espagne, et osa lui renvoyer l’infante (avril 1725).

Après beaucoup d’hésitations sur le choix entre plusieurs princesses de l’Europe, il se détermina pour la fille d’un roi détrôné, fugitif et proscrit, de Stanislas Leczinski, roi de Pologne. Marie Leczinska avait près de vingt ans ; le roi n’en comptait que quinze. L’extérieur de cette princesse était agréable, sans être séduisant. Le plus grand charme de sa figure était de reproduire toute la bonté de son âme, et d’exprimer des vertus qu’elle devait au malheur ainsi qu’à la religion. Le roi la reçut avec transport, et parut fait pour goûter sur le trône tout le bonheur de la vie domestique. Les intrigues des courtisans les plus corrompus et de toutes les ambitieuses coquettes de la cour échouaient devant la pureté calme de cet amour conjugal.

Six ans après son mariage, le roi avait encore l’habitude, lorsqu’on lui vantait à dessein la beauté de quelque dame, de répondre par cette adroite et noble question : « Est-elle plus belle que la reine ? » Cependant, elle ne put, malgré la sincérité de sa reconnaissance, vaincre la répugnance de Louis pour le duc de Bourbon, ni affaiblir son attachement pour l’évêque de Fréjus. L’État dépérissait sous une administration désordonnée. Il tardait à Fleury d’appliquer à ce corps languissant les remèdes que sa sagesse avait conçus.

Le duc de Bourbon voyait avec épouvante s’augmenter le crédit et percer l’ambition d’un prélat septuagénaire. Il entreprit de séparer le roi de son tuteur, et ne souffrit plus que ce dernier assistât au travail sur les affaires de l’État. Fleury recommença l’épreuve d’une retraite simulée. Louis XV montra du désespoir et quelque emportement. Le duc de Bourbon fut obligé d’aller chercher lui-même son heureux rival à Issy, maison de campagne des sulpiciens, et de le ramener à la cour.

Le modeste Fleury sembla se soustraire à l’éclat d’un triomphe ; mais il en assurait chaque jour la réalité. Malheureusement il l’acheta en donnant à son élève de funestes conseils de dissimulation. Le roi était parti pour Rambouillet et il avait dit au duc de Bourbon : « Prenez garde de vous faire attendre ». Tandis que le premier ministre, charmé d’un retour apparent d’affection, préparait son départ, il reçut du souverain cette lettre foudroyante : « Je vous ordonne, sous peine de désobéissance, de vous rendre à Chantilly et d’y demeurer jusqu’à nouvel ordre. » La reine en même temps recevait cette lettre sévère : « Je vous prie, madame, et, s’il le faut, je vous l’ordonne, de faire tout ce que l’évêque de Fréjus vous dira de ma part, comme si c’était moi-même. »

On vit dès lors s’établir, dans une cour si longtemps fastueuse et prodigue, un ordre exact et minutieux. La France éprouva, comme sous Louis XII, que la plus utile bienfaisance d’un monarque consiste dans l’économie. Le roi se montrait aussi modeste, aussi régulier que son ministre. La cour ne se piquait pas d’un grand scrupule pour suivre cet exemple ; mais du moins les scandales éclatants cessèrent.

Les nouveaux impôts qu’avait levés le duc de Bourbon furent d’abord modérés, puis supprimés entièrement. Le sage vieillard s’occupa ensuite d’une réduction sur les tailles, et chaque année il offrait ce genre de soulagement aux Français. De judicieuses épargnes aidaient à réparer les calamités locales. Plus de projets aventureux dans les finances, plus de ces spéculations que l’on nomme hardies et que l’événement montre souvent ruineuses ou infâmes. La vivacité française se trouvait amortie, ou ne se produisait plus que par des jeux frivoles. On se reposait des travaux du génie en se livrant un peu trop aux recherches du bel esprit, aux inventions de la mollesse, aux inquiétudes de la pensée.

La sagesse du mentor du roi, le cardinal de Fleury, était mêlée de quelques teintes d’égoïsme. C’était en effet le Fontenelle des ministres. Il eut à lutter contre un parti qui, par ses intrigues, ses écrits, ses miracles, ses convulsions, mettait le trouble dans l’État comme dans l’Église. Le parlement prit feu pour les appelants, sous prétexte de maintenir les libertés de l’Église gallicane. De là, quelques actes d’opposition où le parlement essayait ses forces contre le trône. Louis XV, dans le commencement de ces querelles, montra un sentiment très vif de son autorité.

Au milieu de remontrances que le parlement était venu lui présenter en corps, il arrêta le premier président pas ces seuls mots : « Taisez-vous ! » Des lettres de cachet furent souvent expédiées contre les conseillers obstinés. Mais le monarque et son ministre, par un esprit de douceur et de modération qui leur était commun, mettaient un terme assez prompt à ces rigueurs. Les Français marchaient alors d’un pas bien inégal vers les nouvelles lumières qui étaient annoncées. Les prétendus miracles opérés sur la tombe du diacre Paris amusaient des dévots crédules par esprit de parti, tandis qu’un public plus nombreux et plus jeune était bien près du moment où il allait applaudir aux Lettres philosophiques de Voltaire.

Ce public railleur intervint à son tour dans l’affaire des convulsions, et le ridicule vint fort à propos seconder le pouvoir royal. Malheureusement, de si petites et de si étranges agitations entretenaient l’esprit d’inquiétude parmi les Français, qui n’appréciaient pas tout le bonheur de leur situation nouvelle.

Louis XV s’impatientait quelquefois du régime un peu monotone auquel il était soumis par son instituteur. Il en fit un jour des plaintes à deux de ses jeunes compagnons, les ducs d’Épernon et de Gesvres. Très peu de temps après, ceux-ci lui présentèrent un mémoire dirigé contre le cardinal. Le roi l’eut à peine en sa possession qu’il trembla, et se fit mille reproches de son ingratitude. Il remit à ce ministre une pièce dont le secret devait être garanti par le sceau de la parole royale. Fleury, qui n’aimait point les vengeances à la Richelieu, se contenta de renvoyer les deus étourdis à leurs parents ; et bientôt ils purent reparaître à la cour. Cette intrigue fut appelée la conspiration des marmousets.

Le calme de l’administration du cardinal fut traversé par la guerre de 1733 ; mais cette guerre fut courte, entremêlée d’assez brillants succès et terminée par une paix avantageuse. Les Français n’y furent entraînés qu’à la suite de débats très vifs, allumés entre les puissances du Nord. Dans cette guerre où la France eut surtout à se mesurer contre l’Autriche, ni le prince Eugène, ni Villars, son vainqueur à Denain, ne firent plus rien de digne de leur haute réputation. Le maréchal de Berwick, digne émule de ces deux grands guerriers, fut tué sous les murs de Philisbourg. Cette ville fut prise après un siège mémorable.

En Italie, les Français, sous la conduite des maréchaux de Coigny et de Broglie, remportèrent les victoires de Parme et de Guastalla. Comme le cardinal de Fleury ne se piquait point de l’orgueil de paraître à la tête des armées, le roi, dans tout le feu de l’âge, ne prit aucune part à ses exploits. Une petite expédition qui avait pour objet de soutenir dans le Nord une seconde élection de Stanislas au trône de Pologne n’eut qu’un résultait déplorable, et fit accuser le ministre de parcimonie et de pusillanimité. Il répondit à ce reproche en signant, en 1735, la paix de Vienne, par laquelle la Lorraine fut enfin cédée à la France ; c’était là un glorieux et utile complément des victoires et des conquêtes de Louis XIV.

Cette gloire militaire achetée sans de trop fortes dépenses jeta un nouvel éclat sur ce règne jusqu-là si doux et si bien ordonné. Les plaisirs s’animèrent ; les impôts continuèrent à décroître. Fleury s’occupa de maintenir une paix solide dans l’Europe. Il fit entre les diverses puissances plusieurs actes de médiation, qui rappelaient les plus beaux jours du règne de Saint-Louis et de celui de Henri IV.

Le ciel avait béni le mariage de Louis XV : un dauphin avait comblé l’espoir des Français et le bonheur du roi. Ce jeune prince, dès son enfance, annonçait les plus heureuses qualités. On aimait à le comparer à ce duc de Bourgogne dont tous les vieillards parlaient avec des regrets profonds et touchants. La cour était égayée par quatre jeunes princesses, filles du roi. Rien de si modeste et de si respectable que les dépenses de la reine. Son zèle charitable s’occupait, nuit et jour, des besoins des pauvres ; et, si elle se plaignait de la stricte économie du cardinal, c’est qu il prescrivait des bornes trop étroites à ses judicieuses aumônes. Elle se montrait accessible, familière, et savait concilier une gaieté facile avec la piété la plus régulière et la plus tendre.

Louis XV n’avait point cet heureux don : mais si ses paroles étaient rares et brèves, on croyait à tout ce qu’exprimait son aimable figure. Fleury, peu sensible aux productions dispendieuses des beaux-arts, et n’appréciant guère dans les productions de l’esprit que le mérite de la grâce, protégeait les sciences avec un goût plus éclairé et plus magnifique. Sa paisible administration fut illustrée par les voyages des savants, qui allèrent, les uns sous l’équateur, les autres près du cercle polaire, vérifier par des mesures exactes l’hypothèse de Newton sur la figure de la terre.

Il semblait que Louis, déjà sorti de l’âge où les passions s’annoncent dans toute leur violence, où des faiblesses trouvent le plus d’excuses, n’avait plus à craindre aucune révolution fâcheuse dans ses goûts ni dans son caractère. Mais l’extrême vieillesse du cardinal n’invitait que trop ce prince à sortir d’une réserve qui prouvait plus sa docilité que l’énergie de ses résolutions. La cour insultait à l’excessive économie du ministre, et plus encore à son esprit pacifique. Les jeunes seigneurs imaginaient que hors des conquêtes, il n’y avait plus de dignité pour un roi de France.

Deux petits-fils de Fouquet, ambitieux, avec un esprit romanesque, réchauffaient l’esprit militaire par des intrigues, des déclamations et des promesses fastueuses. Ils n’avaient déjà que trop pris d’ascendant sur l’esprit du monarque, lorsqu’à la fin de l’année 1740 la mort de l’empereur Charles VI vint exciter l’ambition de plusieurs cabinets, pour le partage de la succession d’Autriche. L’empereur ne laissait qu’une fille, Marie-Thérèse, mariée depuis quelque temps au duc de Lorraine. Chartes VI, en prévoyant sa fin, n’avait occupé ses dernières années qu’à obtenir des principales puissances une garantie solennelle qu’elles laisseraient sa fille recueillir tout son héritage.

Cette considération avait dicté la paix de Vienne, si avantageuse pour la France. Le cardinal de Fleury voulait rester fidèle à la foi des traités, et plaidait pour l’auguste orpheline, au nom de l’honneur, de la justice et même de la prudence. Louis fut, pour la première fois, indocile aux vœux de son sage instituteur ; il écouta le comte de Belle-Isle, oublia les conseils que son bisaïeul lui avait donnés au lit de la mort, et bientôt entreprit une guerre beaucoup plus injuste que toutes celles qui avaient troublés la conscience de Louis XIV.

Le roi de Prusse, Frédéric II, s’était déclaré le premier par la conquête de la Silésie. La France favorisa son ambition et celle de l’électeur de Bavière, qui, pour son malheur, fut élevé à l’empire. Nos armées s’avancèrent jusque dans la Bohême. Le comte de Saxe et son lieutenant Chevert emportèrent la ville de Prague par un des plus brillants assauts dont nos fastes militaires fassent mention. Fleury secondait à regret ces mouvements guerriers.

On vit s’établir entre les généraux français de fatales mésintelligences ; genre de malheur et de honte qu’on avait ignoré sous les règnes absolus du cardinal de Richelieu et de Louis XIV. Le comte de Belle-Isle, provocateur de cette guerre, se vit bientôt enfermé dans la ville de Prague. Mal secouru par le maréchal de Maillebois, il prit le parti de sortir de cette ville pendant l’extrême rigueur de l’hiver. Sa petite armée éprouva d’horribles souffrances. Sur 13 000 hommes qu’il avait ramenés, 4 000 périrent ; et cependant la flatterie contemporaine compara cette retraite à celle des Dix-mille.

Bientôt il fallut évacuer la Bavière, et abandonner le malheureux électeur au juste et rigoureux châtiment de son ambition. Frédéric II ne se fit pas scrupule de trahir la cause des Français, dès qu’il put par ses négociations s’assurer la possession de la Silésie, dont la conquête lui avait coûté quatre sanglantes victoires. L’Angleterre et la Hollande s’était déclarées contre la France. On vit encore une fois des armées française et anglaise se mesurer dans l’Allemagne. Le maréchal de Noailles conduisait la première, et le roi d’Angleterre, George II, la seconde : l’indocilité du duc de Grammont, neveu du maréchal de Noailles, précipita une attaque qui rompait tous les plans du général.

L’armée française était perdue, si la maison du roi n’avait rétabli le combat en perçant quatre fois la cavalerie des vainqueurs. Cette journée de Dettingen (27 juin 1743), quoique signalée par des exploits éclatants, eut les résultats d’une défaite. Le cardinal de Fleury venait d’expirer dans le pouvoir, à l’âge de 90 ans. Louis essaya un moment de régner par lui-même, mais le cardinal ne l’avait point habitué à l’activité, au travail, et il laissa bientôt retomber un fardeau qui était trop au-dessus de ses forces. La perspective de quelques exploits guerriers paraissait le séduire, et il avait résolu de se montrer à la tête de ses armées.

C’était sa maîtresse, la duchesse de Châteauroux, qui lui avait inspiré cet amour de la gloire. Louis XV n’avait pas tout à fait attendu la mort du cardinal pour s’affranchir des devoirs du lien conjugal. Déjà, pendant la décrépitude de son instituteur, il avait aimé, mais avec quelque ombre de mystère, madame de Mailly, aînée de la maison de Nesle. Cette favorite, qui était fort loin d’offrir tous les charmes de madame de la Vallière, la rappelait au moins par la sincérité de sa tendresse.

Bientôt le roi, emporté dans ses nouveaux goûts, lui préféra une de ses sœurs, madame de Vintimille. Celle-ci ne jouit que peu de temps de son indigne triomphe : elle mourut en couche ; et Louis tourna ses regards sur la jeune sœur de ses deux maîtresses, la marquise de la Tournelle (depuis duchesse de Châteauroux). Sa beauté était éblouissante ; son esprit était aimable et vif, son caractère ambitieux ; elle croyait pouvoir se faire pardonner sa faiblesse en conduisant son amant au combat : l’un et l’autre partirent pour la Flandre ; les soldats reçurent le roi avec transport, et la favorite avec les plus durs témoignages de mépris.

Il emporta successivement les villes de Menin, Ypres, Furne, et fit célébrer ses faibles succès par autant de Te Deum. L’Alsace fut menacée ; il s’y rendit : la duchesse de Châteauroux continua de le suivre. A peine était-il arrivé à Metz, le 4 août 1744, qu’il fut atteint d’une maladie dangereuse ; toute la France reçut cette nouvelle avec saisissement : dix-sept ans de bonheur se retraçaient vivement à l’imagination du peuple ; le péril que courait Louis le rendait plus cher aux Français ; on y voyait le résultat de ses fatigues militaires.

Mais, pendant que le peuple gémissait et remplissait les églises des vœux les plus sincères, une piété justement sévère, écartant le scandale, veillait auprès du lit du roi. Avant qu’on lui administrât les derniers sacrements, on lui prescrivit de renvoyer la duchesse ; il fit ce sacrifice. La reine, le dauphin et ses sœurs, s’étaient rendus à Metz. La vue de ce jeune prince produisit sur le cœur du monarque une impression aussi fâcheuse qu’inattendue : dans les sollicitudes de la piété filiale, il crut voir l’empressement d’un successeur.

On sait quelle fut l’ivresse des Français quand ils apprirent la guérison du roi : à aucune époque la monarchie ne se produisit sous des couleurs plus aimables. On crut sentir alors que l’amour en était le principal ressort. Louis, en apprenant les transports qu’avait fait naître et que prolongeait la nouvelle de sa guérison, s’écria : « Qu’ai-je donc fait pour être aimé ainsi ? » Ce mot naïf toucha les Français. On y répondit en lui donnant le délicieux surnom de Bien-aimé.

Il voulut illustrer son retour en prenant part à quelques travaux guerriers, et il vit la prise de Fribourg. Cependant il conservait contre les courtisans qui, durant sa maladie, lui avaient fait entendre des exhortations sévères et bannir sa maîtresse, plus de ressentiment que l’on n’en devait craindre de cette âme faible et douce. Son premier aumônier, l’évêque de Soissons, et le duc de Châtillon, gouverneur du dauphin, furent exilés : ces vengeances assuraient le triomphe de la favorite ; à peine Louis le Bien-aimé fut-il rendu aux vœux des Parisiens, qu’il céda au désir de la revoir : la duchesse de Châteauroux était malade quand elle reçut l’ordre tant désiré de reparaître devant le roi.

Soit qu’elle cédât à la vivacité de sa passion, soit quelle eût des pensées d’orgueil et de vengeance, elle ne voulut pas différer un moment si précieux : la mort suivit de près son imprudent triomphe. Louis parut plongé dans un désespoir profond, mais bientôt il ne sut plus combattre sa douleur que par l’ivresse des plaisirs. Madame Le Normant d’Étioles s’offrit à ses regards : dans les fêtes de la cour déjà depuis deux ans, elle avait essayé sur le roi le pouvoir de sa beauté, de sa coquetterie, en suivant la chasse royale dans la forêt de Senart. L’obscurité de sa naissance était un peu couverte par la brillante fortune de son mari, Le Normant d’Étioles. Des intrigues subalternes lui avaient appris l’art de subjuguer un caractère faible : elle domina le roi, sans lui inspirer une vive passion ; et son crédit surpassa bientôt celui des ministres, des courtisans les plus habiles, des généraux les plus renommés.

Elle laissa Louis XV partir pour l’armée, et l’y suivit. Le maréchal de Saxe venait de soutenir en Flandre deux habiles campagnes où il avait rappelé l’art de Turenne. Il investissait la ville de Tournai. On s’attendait que les armées hollandaise et anglaise, réunies sous les ordres du duc de Cumberland, tenteraient la fortune du combat pour délivrer cette place importante. En effet, on les vit s’avancer près du village de Fontenoy : le duc de Cumberland, repoussé dans toutes ses attaques par les savantes dispositions du maréchal, prît, par désespoir ou par nécessité, le parti de s’avancer entre deux flancs garnis de redoutes : le terrain resserré augmenta la force de cette colonne qui, déjà vaincue, semblait poursuivre une victoire.

Une vive inquiétude pour les jours du roi et du Dauphin troubla un moment tous les officiers : l’infanterie ne pouvait parvenir à ébranler la colonne. Quatre pièces de canon et la maison du roi restaient pour protéger sa retraite : le cri de l’honneur se fit entendre ; on parla d’opposer cette réserve à la redoutable colonne anglaise. Louis suivit ce conseil magnanime : la colonne, entamée par le feu de l’artillerie, résista mal aux attaques d’une brillante cavalerie qui combattait sous les yeux du monarque et à l’effort de la brigade irlandaise.

La victoire fut complète : ce moment éleva l’âme de Louis, et parut l’égaler jusqu’à ses plus illustres aïeux, Saint-Louis et Henri IV. Tandis que tout se livrait autour de lui à l’allégresse, il eut le courage de visiter pendant la nuit, avec le Dauphin, un champ de bataille jonché de morts, et il adressa ces paroles à son fils : « Méditez sur cet affreux spectacle ; apprenez à ne pas vous jouer de la vie de vos sujets, et ne prodiguez pas leur sang dans des guerres injustes. »

L’année suivante, le roi assista à la prise d’Anvers ; le maréchal de Saxe gagna sans lui la victoire de Raucoux, et sous ses yeux la bataille de Lawfeld. L’armée française occupait la plus grande partie des Pays-Bas : elle s’ouvrit, par la prise de Berg-op-Zoom, l’entrée de la Hollande. Le prince de Conti avait gagné dans le Piémont la bataille de Coni ; et cet exploit avait été précédé d’un passage des Alpes digne d’être célébré, mais non d’être comparé comme il le fut au passage d’Annibal. La fortune en Italie ne fut jamais longtemps fidèle à nos drapeaux ; les généraux successeurs du prince de Conti se divisèrent, furent battus, et les Autrichiens pénétrèrent jusque dans la Provence.

Les Français, dans le cours de cette guerre, avaient constamment éprouvé des désastres maritimes. A peine nous restait-il un vaisseau capable de tenir la mer. Il y avait déjà trois années que Louis, dont les armes avaient toujours été victorieuses, au moins sur le principal théâtre des combats, offrait la paix à ses ennemis ; peut-être laissa-t-il trop deviner sa lassitude et pressentir sa modération. La paix d’Aix-la-Chapelle, conclue en 1748, fut semblable à cette paix de Ryswick où Louis XIV avait montré un désintéressement qui étonna et chagrina ses sujets.

Louis, sans hésiter, rendit un grand nombre de forteresses et de riches provinces. Il stipula seulement pour ses alliés ; et tout le résultat d’une guerre injuste et mêlée de brillantes victoires fut d’établir une branche de la maison de Bourbon dans les petits duchés de Parme et de Plaisance.

C’est ici que Louis XV semble disparaître de son règne. La nation persévérait dans de molles habitudes ; mais le mouvement des esprits était d’une audace et d’une vivacité sans bornes : ce monarque fut spectateur inquiet, mais inactif, d’un mouvement qui devait opérer tant de révolutions. Cependant on s’occupait plus que jamais des débats relatifs à la discipline ecclésiastique. Le parlement luttait contre l’archevêque de Paris dans l’affaire des billets de confession que ce prélat exigeait des jansénistes, pour leur accorder les sacrements ou la sépulture ; et les magistrats montrèrent encore plus de zèle en cette occasion que lors des miracles du diacre Pâris.

L’autorité royale y intervint sans dignité, sans direction uniforme. Les deux ministres principaux, Machault et le comte d’Argenson, favorisaient, l’un le parlement, l’autre le clergé, Madame de Pompadour tenant entre eux la balance au gré de ses caprices. La capitale vit alors s’élever dans son sein plusieurs monuments utiles et splendides, tels que l’École militaire, la promenade des Champs-Élysées, la belle église de Sainte-Geneviève. La Seine à Paris fut bordée en partie de quais magnifiques ; les ponts et les canaux furent bien entretenus.

On créa des routes plus commodes et plus spacieuses ; une belle manufacture de porcelaine, établie à Sèvres, dut ses progrès à la munificence royale. L’émulation des villes et le luxe des seigneurs embellirent Paris, Lyon, Nantes, Rennes, Bordeaux, Montpellier, Reims et Dijon, de plusieurs beaux édifices. Malheureusement les arts dégénéraient à cette époque, et obéissaient trop aux volontés d’une favorite qui les protégeait avec plus d’ardeur que de goût. Le trésor royal, épuisé par la dernière guerre, l’était beaucoup plus par les aveugles et futiles prodigalités d’un roi qui avait commplètement oublié les leçons et les exemples du cardinal de Fleury.

La paix ne servait en rien au soulagement du peuple. Le roi ne fut plus nommé que dans les almanachs Louis le Bien-aimé. Une petite révolte dirigée contre des agents de police l’irrita si fortement, qu’il prit le parti de ne plus venir dans sa capitale. Enfermé dans son palais, Louis, comme les despotes de l’Orient, eut avec eux une autre conformité, celle de s’établir une espèce de harem dans le Parc-aux-Cerfs. Peut-être exagéra-t-on ce genre de scandale ; mais les mœurs françaises en furent vivement et légitimement offensées. Cette disposition des esprits entretenait dans le parlement l’ambition de résister à l’autorité absolue.

L’Angleterre était déjà lasse de la paix, parce que la guerre avait accru la force de sa marine. Ce gouvernement ne chercha aucun prétexte à ses agressions. Les Français se virent inopinément attaqués dans le Canada par l’assassinat d’un envoyé de paix, Jumonville. Bientôt tous nos vaisseaux furent enlevés. C’était beaucoup pour la France que d’avoir à se défendre contre une puissance maritime qui, depuis un demi-siècle, s’élevait sur les débris de toutes les autres. Le cabinet de Versailles commit la faute d’aller exciter sur le continent d’autres ennemis.

L’impératrice Marie-Thérèse, préoccupée du désir de reconquérir la Silésie sur le roi de Prusse, avait flatté la marquise de Pompadour. Cette favorite crut ne pouvoir reconnaître les bontés d’une souveraine magnanime, qui daignait rappeler son amie, qu’en mettant à sa disposition les armées de la France. Voilà quelle fut la double origine de la guerre de Sept ans. Elle s’ouvrit pour nous avec éclat par la prise de Minorque, due à la brillante valeur du maréchal de Richelieu et à l’enthousiasme dont il avait rempli ses troupes. Un combat naval avait précédé cet exploit et semblait fournir aux Français les plus heureux présages. Le marquis de la Gallissonnière avait combattu l’amiral Bing, et l’avait empêché de secourir Minorque.

Vers ce temps, le parlement de Paris avait excité une assez vive fermentation dans le peuple, en refusant d’enregistrer un édit qui créait un impôt de deux vingtièmes pour les besoins de la guerre. L’autorité royale supprima toutes les chambres, hormis une seule dont on ne put obtenir que de faibles soumissions. Ce coup d’État avait fait naître une fermentation sourde : le 5 janvier 1757, le roi montait en voiture pour se rendre de Versailles à Trianon. Le Dauphin et plusieurs officiers de la couronne étaient à ses côtés. La nuit commençait. Un homme s’avance entre les gardes, frappe le roi d’un coup de canif au-dessus de la cinquième côte, et rentre au milieu des spectateurs. Louis reconnaît l’assassin, qui avait conservé son chapeau sur la tête, et lui dit : « C’est cet homme qui m’a frappé ; qu’on l’arrête, qu’on ne lui fasse point de mal ».

On crut d’abord l’arme empoisonnée et la blessure mortelle. Le roi, vivement alarmé, se laissa, comme à Metz, prescrire plusieurs actes de repentir, tels que le renvoi de la marquise de Pompadour. L’assassin était un homme obscur, fanatique ou plutôt fou. Les jansénistes et les jésuites s’accusèrent réciproquement d’avoir armé le régicide. Le Dauphin, à qui toute l’autorité avait passé pendant la maladie du roi, montra toute l’étendue de son jugement et toute la noblesse de son âme, en s’abstenant de soupçons calomnieux contre les jansénistes qu’il n’aimait pas. Le parlement, rappelé par ses soins, instruisit le procès du régicide : on n’en obtint aucune nouvelle lumière ; il subit un affreux supplice.

Le roi, guéri de sa blessure légère, reprit ou parut reprendre les rênes de l’État. Son premier soin fut de renvoyer les deux ministres rivaux, Machault et d’Argenson, qui se battaient, disait-on, à coups de parlement et de clergé. L’abbé, depuis cardinal de Bernis, scella une imprudente alliance avec la maison d’Autriche. On vit avec admiration la manière dont Frédéric II, roi de Prusse, se défendit seul contre les forces de l’Autriche, du corps germanique, de la Russie et de la Suède. Il avait su prévenir ses ennemis par la conquête de la Saxe, et par une invasion dans la Bohême : mais la fortune enfin lui devint contraire.

Après la bataille de Kollin il fut chassé de la Bohême, et presque réduit à se former une armée nouvelle. Les Français, à la bataille de Hastenbeck, battirent un corps d’Anglais et d’Hanovriens, seuls alliés du roi de Prusse. Le maréchal d’Estrées avait remporté cette victoire ; et par une fantaisie de la marquise de Pompadour, ce fut le maréchal de Richelieu qui eut à en recueillir les fruits. Il poursuivit le duc de Cumberland jusqu’à la mer, et força une armée fugitive depuis trois mois à capituler ; mais il ne lui imposa d’autre condition que celle de ne plus porter les armes ; et six mois après ils rentrèrent en campagne.

La situation du roi de Prusse paraissait désespérée, et lui-même la jugeait telle, lorsqu’il rencontra près de Rosbach l’armée française commandée par le prince de Soubise, unie à l’armée des cercles de l’Allemagne. Ces troupes alliées ne mirent aucun concert dans leurs opérations : leurs généraux eurent à se reprocher plusieurs fautes grossières ; et elles furent vaincues presque sans combat. Ce qu’il y eut de pis que cette déroute, ce fut la gaieté maligne avec laquelle en France on en apprit la nouvelle. Les ressorts généreux semblaient épuisés ; la discipline était perdue : l’armée avait à peine le temps de connaître ses généraux ; les colonels manquaient souvent au poste du devoir et de l’honneur. L’abbé de Bernis sut juger toute la profondeur du mal, et il eut le patriotisme de diriger ses vues vers la paix ; mais la marquise de Pompadour sacrifia le ministre pacifique aux ombrages et au ressentiment du cabinet d’Autriche.

Cette déplorable guerre fut continuée. Les Français éprouvèrent une nouvelle déroute à Crévelt, sous les ordres du comte de Clermont, et bientôt après une défaite plus sanglante a Minden, sous M. de Contades. Le maréchal de Broglie répara seul l’honneur de nos armes à Bergen. Ces revers sur le continent étaient loin d’égaler nos désastres maritimes. Malgré les exploits par lesquels le brave Montcalm avait ouvert la campagne dans le Canada et vengé la patrie, l’honneur et l’humanité de l’assassinat de Jumonville, les Français avaient fini par perdre cette colonie, objet de tant de dépenses et cause fatale de cette guerre.

La prise de Pondichéry. malgré les efforts de Lally qui ne fut point secondé, les avait fait également chasser des Indes orientales, ou Labourdonnaye et Dupleix s’étaient avancés en conquérants. Ils avaient perdu deux grandes batailles navales, l’une à la sortie du port de Toulon, l’autre à celle du port de Brest. Les deux escadres furent presque anéanties. Le duc de Choiseul, qui exerçait alors l’autorité d’un premier ministre, ne résista ni sans courage, ni sans habileté, à des revers si accablants. Il invoqua l’appui de l’Espagne, et cette puissance eut la générosité de se déclarer pour les vaincus. Les deux branches de la maison de Bourbon s’unirent par un traité qui porta le nom de pacte de famille, et qui réalisait les vœux de Louis XIV.

Alors la puissance de la Russie pesait de tout son poids sur le roi de Prusse, vainqueur de l’Autriche, de la France, de la Suède et des cercles d’Allemagne. Les armées, qu’il avait rendues si savantes, si légères et si intrépides, périssaient dans des combats où les Russes, par le seul effet de leur immobilité, faisaient échouer tous les efforts du génie et d’une bravoure désespérée. Grâce à cette imposante diversion, les Français soutinrent avec un peu plus d’honneur les derniers combats dans la guerre de Sept ans. Il fut permis au prince de Soubise de réparer, quoique imparfaitement, la honte de sa défaite à Rosbach par une petite victoire.

Le duc de Castries en remporta une plus éclatante, quoique peu décisive, à Clostercamp, illustré par le dévouement du Décius français. Le prince de Condé eut la gloire de se mesurer avec quelque avantage contre le prince héréditaire de Brunswick, l’un des célèbres lieutenants du roi de Prusse. La mort de l’impératrice de Russie, Élisabeth, mit fin à une guerre qui, contraire à tous les vœux de la politique, féconde en froids massacres, contrastait si cruellement avec l’esprit d’humanité dont plusieurs éloquents écrivains voulaient faire l’heureux partage de ce siècle.

Le tsar Pierre III, à peine monté sur le trône, mit son bonheur et sa gloire à relever la fortune de Frédéric II, qui lui avait inspiré une admiration presque fanatique. On parla de paix ; elle fut signée à Paris au mois de février 1763. Après avoir sacrifié 1 500 hommes, les puissances rentrèrent dans leurs limites, excepté l’Angleterre, dont la force maritime s’accrut aux dépens de la France et de l’Espagne, et qu’on n’espéra plus troubler dans l’empire des mers.

A peine avons-nous eu à nommer Louis XV dans le cours de cette guerre, entreprise dans le seul but de satisfaire la vanité de sa favorite, et dont il lui laissa conduire tous les événements. Voici cependant un fait qui prouve que sa mollesse et son asservissement à une femme n’avaient point éteint en lui cet amour de l’humanité qui semblait devoir être le précieux attribut de son caractère, et qui du moins vient servir d’excuse à ses fautes nombreuses.

Pendant que les Anglais dispersaient et anéantissaient nos vaisseaux, un Dauphinois, nommé Dupré, inventa un feu plus dévorant que le feu grégeois, et qui, alimenté par l’eau même, pouvait brûler la flotte la plus considérable ; les expériences en furent faites dans plusieurs de nos ports et parurent répondre aux promesses de l’inventeur. Dès que Louis XV se fut convaincu de l’effet désastreux de cette invention, il craignit d’ajouter un tel moyen de destruction à tous les fléaux de la guerre. Il acheta le secret, et fit défense à Dupré de le communiquer, sous les peines les plus sévères.

Les débats du parlement et du clergé avaient un peu troublé les goûts et les amusements frivoles de la France et surtout ceux de la cour, pendant une guerre aussi longue que funeste. Les jésuites enfin étaient près de succomber : ce fut du Portugal et de l’Espagne, les deux royaumes les plus religieux de l’Europe, que partirent les premiers et les plus terribles coups qui leur furent portés.

La marquise de Pompadour avait longtemps flotté entre eux et les parlements : le duc de Choiseul, qui prenait un grand empire sur l’esprit de cette dame, la persuada qu’il était essentiel pour le repos du roi et pour celui de la France de faire cesser une lutte qui affaiblissait l’autorité royale. La marquise crut pouvoir désarmer une opinion dont elle éprouvait les trop justes rigueurs, en sacrifiant les jésuites aux jansénistes parlementaires, et à un parti déjà beaucoup plus nombreux, celui des philosophes.

D’abord, il ne fallut que laisser agir les parlementaires, qui rendaient arrêt sur arrêt contre des ennemis étourdis des attaques nouvelles qu’ils recevaient dans toutes les parties de leur empire. Lorsque le duc de Choiseul proposa dans le conseil du roi l’abolition de cette société en France, les jésuites ne manquèrent ni d’apologistes ni de défenseurs ; plusieurs même de ceux qui condamnaient leurs principes et criaient sans cesse contre leur morale et leurs esprit de domination, craignaient que les jansénistes vainqueurs ne succombassent à leur tour sous le ridicule lancé par les philosophes, contre les deux parties et contre la religion elle-même.

Louis XV, habitué à la fois à dissimuler ses pensées et à les sacrifier à celles d’une femme légère, n’exprima sa volonté que par ce mot si peu digne d’un roi : « Il sera plaisant de voir en abbé le P. Pérusseau ! » c’était son confesseur. L’ordonnance royale parut enfin. Les biens des jésuites, consumés par des procès et des séquestres, purent à peine suffire à payer la pension alimentaire qui était assignée à chacun d’eux.

Le triomphe que venait de remporter le duc de Choiseul sur des hommes qui avaient dominé pendant vingt ans le fier Louis XIV, fut célébré par les philosophes et leurs nombreux adeptes. Mais, quant à la marquise de Pompadour, on ne lui sut aucun gré d’avoir concouru à cette mesure ; et ceux qui s’en réjouissaient le plus ne purent y voir une compensation pour tous les fléaux de la guerre de Sept ans, son ouvrage. L’opinion publique se plaisait à lui opposer un ministre qui avait consenti d’abord à paraître son protégé : la jalousie du duc de Choiseul et celle de la favorite, formaient à la cour deux puissantes cabales, entre lesquelles le roi affectait la neutralité.

Depuis quelque temps la marquise était atteinte d’une maladie de langueur, causée peut-être et certainement accrue par le chagrin de se voir haïe des Français. Elle n’éprouva plus dans ses derniers moments que de l’indifférence de la part du roi : seulement, pour en adoucir l’horreur, il lui permit de continuer de donner ses ordres jusqu’à son heure suprême. Elle mourut en reine, et ses restes furent transportés hors du château, comme ceux d’une obscure courtisane.

Le duc de Choiseul put alors régner sans partage. Ce ministre avait conçu une profonde inimitié contre le dauphin. Louis, depuis plusieurs années, éprouvait un secret déplaisir en écoutant les éloges qu’on donnait à son fils. On connaissait l’attachement de ce prince pour les jésuites, et ce fut peut-être la principale raison qui décida le roi, la marquise de Pompadour et le duc de Choiseul à prononcer l’abolition de cette société religieuse. Le duc de Choiseul s’emporta un jour contre ce prince au point de lui dire : « Monsieur, je puis être condamné au malheur d’être votre sujet, mais je ne serai jamais votre serviteur ». Des études littéraires, les soins d’une épouse distinguée par les plus heureuses qualités de l’esprit et de l’âme, l’éducation de ses enfants, consolaient le dauphin, délaissé à la cour.

Sa santé, longtemps florissante, avait subi depuis deux ans une altération manifeste. Il voulut, malgré sa langueur, se rendre à un camp de plaisance qu’on avait établi à Compiègne ; de là il suivit le roi à Fontainebleau. Bientôt on le vit succomber à des fatigues que sa constitution affaiblie ne pouvait plus supporter (20 décembre 1765). Louis XV, qui n’avait pas voulu s’absenter de Fontainebleau pendant la maladie de son fils, fut vivement ému de sa mort, et surtout par la manière dont il l’apprit. Le duc de la Vauguyon vint présenter au roi l’aîné des princes, ses élèves, et l’on annonça Monsieur le dauphin.

En voyant paraître son petit-fils, au lieu d’un fils qui pouvait si glorieusement le remplacer sur le trône, il se troubla et dit en soupirant : « Pauvre France ! un roi âgé de cinquante-cinq ans, et un dauphin de onze ! » Ce dauphin était Louis XVI. Cette douloureuse exclamation semble faire croire que Louis XV reconnaissait combien la monarchie était fortement ébranlée, et quels orages attendaient son petit-fils. Il lui arriva plusieurs fois d’exprimer le même pressentiment avec plus de clarté, mais non avec le même accent d’intérêt et de douleur.

Cependant, l’impression qu’il avait reçue de la mort du dauphin le rapprocha pour quelque temps de la dauphine, de la reine et de ses filles. Toutes ces princesses conspiraient entre elles pour arracher le roi à l’ivresse des voluptés. La dauphine, surtout, prenait de l’ascendant sur son esprit ; mais le chagrin de survivre à son époux la poursuivait toujours. A sa langueur succéda, au bout de deux ans, une maladie mortelle. La reine suivit de près au tombeau la dauphine, sa belle-fille et son amie. La tendresse de Louis XV se réveilla vivement pendant la maladie extrêmement douloureuse de son excellente et malheureuse compagne. Il la pleura plusieurs jours au milieu de ses filles. La mort venait de lui ravir coup sur coup les seules personnes qui pussent rendre de la vigueur à son caractère et de la pureté à ses pensées.

Cependant, le peuple ne recevait aucun soulagement de la paix. Louis XV s’était abandonné à la malheureuse facilité de signer des acquits au comptant, qui étaient devenus la proie d’une foule de personnages avides ou corrompus. Il conservait dans son palais la magnificence de Louis XIV, mais n’y mêlait aucun caractère de grandeur. Il subissait, comme un esclave résigné, l’ennui d’étiquettes qu’il n’avait point inventées et qui n’étaient de nul usage pour sa politique : l’insupportable ennui qu’il en ressentait irritait son goût pour les plaisirs clandestins. Tout son bonheur était de se réfugier dans ses petits appartements et d’échapper furtivement à son rôle de roi.

Ce goût devint en lui si vif, ou du moins si habituel, qu’il en vint presque à se considérer comme un particulier dispensé de tout devoir envers l’État. De là, ce trésor particulier qu’il aimait à se former, et qu’il grossissait par des spéculations sur les grains ; de là, ces bizarres distractions qu’il portait jusque dans le conseil ; la déplorable promptitude avec laquelle il abandonnait un avis qu’il avait judicieusement énoncé ; enfin, cet égoïsme paresseux qui lui faisait dire beaucoup de mots, tels que ceux-ci : « Si j’étais lieutenant de police, je défendrais les cabriolets. »

En public, son maintien était froid, son esprit un peu sec. Dans le commerce privé, c’était un homme aimable ; un maître obligeant, facile, plein de compassion ; un Français habitué à observer envers les femmes les prévenances de la galanterie les plus délicates, et richement doué de l’esprit vif de sa nation.

On cite de lui plusieurs bons mots. « Qu’avez-vous fait en Angleterre ? » disait-il au comte de Lauraguais, qui se piquait un peu de la philosophie à la mode. « Sire, répondit le courtisan, j’y ai appris à penser. - Des chevaux », reprit le roi, importuné de cette ostentation. Le peintre Latour, en faisant son portrait, se mit un jour à disserter sur les affaires de l’Etat, et dans sa franchise étourdie, il en vint jusqu’à dire : « Il faut convenir que nous n’avons point de marine. - N’avez-vous pas Vernet ? » reprit le roi, en ramenant le peintre à son métier.

Le duc de Choiseul s’étudiait à modérer l’opposition du parlement de Paris ; mais le pouvoir et l’ambition de ce corps s’accroissaient par des concessions tacites. Le parlement, vainqueur des jésuites, voulut réprimer l’audace des philosophes. Le duc de Choiseul parut un moment montrer l’intention d’arrêter la licence ; mais peu après il s’arrangea pour rester à la fois et le courtisan et le protecteur du parlement et des philosophes. Le parlement sévit avec une incroyable rigueur dans l’affaire du chevalier de la Barre. Mais comme il se voyait à la fois abandonné par la cour et désavoué par le public, il se borna bientôt à quelques arrêts insignifiants qui accréditaient des ouvrages en voulant les noter d’infamie.

Louis XV ne tentait rien pour arrêter ce prodigieux mouvement des esprits qui allait donner une face nouvelle aux institutions sociales. On peut présumer que la douceur de son caractère arrêta souvent des persécutions commencées contre d’illustres écrivains. On croit surtout qu’il eut quelque part à cet arrêt du conseil qui couronna le plus noble des travaux de Voltaire et réhabilita la mémoire de l’infortuné Calas. L’administration du duc de Choiseul rendit un peu d’honneur à la couronne de France par plusieurs actes d’une médiation imposante.

La possession de la Corse, qu’il fallut acheter aux Génois et conquérir ensuite, fit oublier aux Français les conditions ignominieuses du traité de Paris. Louis XV cependant montrait une jalousie secrète contre son ministre principal. A l’aide d’agents particuliers et clandestins, il épiait et contrariait ses opérations. Ce qu’il y eut de pis, c’est que ces agents du roi furent sacrifiés au ressentiment du ministre dès qu’il fut instruit de leur correspondance.

Un magistrat éloquent et intrépide, La Charolais, procureur général du parlement de Rennes, soutenait, avec l’appui de tous les parlements de France, une lutte opiniâtre contre le duc d’Aiguillon, qu’il accusait d’actes violents, arbitraires et même de concussion dans son gouvernement de la Bretagne. Le duc de Choiseul, qui se rangeait toujours de l’avis des parlements, sentait sa haine animée contre le duc d’Aiguillon par la protection secrète, mais évidente, que celui-ci obtenait du monarque.

Le parlement de Paris, formé en cour des pairs, rendit un arrêt par lequel le duc d’Aiguillon était entaché dans son honneur. Le duc de Choiseul triomphait ; mais le roi cherchait tous les moyens d’échapper à la double tutelle de son parlement et de son ministre. On doutait à la cour qu’il en eût le courage. Une femme dont la jeunesse avait été souillée par une prostitution publique, madame du Barry, apprit au roi qu’il pouvait encore vouloir. L’apparition de cette femme à la cour fut un scandale au-dessus de ceux de la régence.

Le duc de Choiseul, sa sœur la duchesse de Grammont et bientôt la plupart des femmes s’éloignèrent avec indignation d’une telle favorite. Louis s’étonna, mais ne s’offensa pas beaucoup que son ignominieux caprice ne fût pas respecté par sa cour. La nouvelle favorite savait avec art répéter les leçons que lui donnaient le duc d’Aiguillon, le chancelier Maupeou et l’abbé Terray. Le duc de Choiseul fut exilé. Presque toute la cour parut vouloir s’unir à sa disgrâce : on abandonnait le roi pour aller visiter le duc à Chanteloup et se purifier auprès de lui, disait-on, de l’air de Versailles.

Ce qu’il y eut de remarquable, c’est que le monarque sembla respecter dans ses courtisans des démonstrations si nouvelles de dévouement pour un ministre disgracié. Les parlements ne devaient pas survivre longtemps à leur ambitieux protecteur. Le chancelier Maupeou avait concerté avec ses deux collègues l’abolition de ces grands corps de magistrature. Louis doutait fort que ses nouveaux ministres pussent réussir dans un coup d’autorité qu’on avait vainement essayé à différentes reprises sous son règne. Il consentit seulement à les laisser agir, résolu à mêler ses railleries à celles du public s’ils venaient à échouer.

En peu de mois, une nouvelle cour royale fut substituée à cette importante et antique puissance du parlement de Paris. Les lettres de cachet furent multipliées ; mais on n’eut pas besoin de dresser des échafauds. On prit soin de donner une satisfaction apparente à l’un des vœux des philosophes en abolissant la vénalité des charges. D’abord les princes avaient fait cause commune avec le parlement de Paris : le prince de Conti persévéra seul dans sa résistance. Les avocats s’étaient ligués pour ne point exercer leurs fonctions devant une cour qui paraissait avilie dès sa naissance ; mais plusieurs d’entre eux cédèrent aux conseils de la crainte et de la nécessité.

Les membres de l’ancien parlement sortirent par degrés de l’exil ; le gouvernement mit de l’orgueil à montrer qu’ils n’étaient plus à redouter. Le même coup frappa tous les parlements de province. L’obstacle partout fut moins sérieux et moins prolongé qu’on n’avait lieu de s’y attendre. Cette opération était à peine terminée, que le gouvernement se hâta d’en recueillir les fruits par une banqueroute partielle. L’autorité royale fut avilie au dehors par le partage de la Pologne, dont la France resta spectatrice immobile.

Ces deux événements ajoutaient beaucoup au mépris et à la haine publique, qui ne cessaient de se prononcer contre le triumvirat. La nouvelle cour était journellement insultée jusque dans l’exercice de ses fonctions. Trop de scènes abjectes s’étaient mêlées à ces coups violents de l’autorité pour ne pas éveiller un esprit de satire, d’inquiétude, de malaise, qui pouvait par degrés devenir un esprit général de rébellion.

Ce fut dans un tel état du royaume que Louis XV, atteint subitement pour la seconde fois de la petite vérole, mourut le 10 mai 1774 dans sa 64e année, après un règne de cinquante-neuf ans. Ses obsèques furent troublées par de sanglants outrages que la multitude proféra contre sa mémoire. Les vingt et surtout les trois dernières années de son règne, avaient permis d’oublier le bonheur, le calme et la judicieuse économie de sa première administration. La nation était profondément humiliée d’avoir fait des pas rétrogrades vers le despotisme. L’exemple de Louis XV prouva que, chez un monarque, la paresse peut triompher de toutes les qualités heureuses qui n’ont point la force des vertus. Cependant l’histoire lui doit un éloge sans restriction : il fut humain.




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