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Ile-de-France : origine et histoire du département Seine-et-Marne - Histoire de France et Patrimoine


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Départements français

Histoire des départements français. Les événements, histoire de chaque département : origine, évolution, industries, personnages historiques


Histoire du département de la Seine-et-Marne
(Région Ile-de-France)
Publié / Mis à jour le samedi 30 janvier 2010, par LA RÉDACTION



 

Pendant la période gauloise, le territoire du département de Seine-et-Marne fut habité par plusieurs peuples : les Vadicasses, dans la partie la plus septentrionale ; les Meldi et les Senones, qui y avaient une de leurs villes les plus importantes, Melodunum (Melun). Peu hostiles à la domination romaine, qui pesait moins lourdement sur eux que sur les peuplades des frontières méridionale et orientale, ces peuples se soulevèrent cependant en l’an 52 et prirent part à l’insurrection générale dés Gaules sous Vercingétorix.

Labiénus, avant de combattre dans les marais de la Bièvre, au midi de l’île de Lutèce, les Senones unis aux Parisii et aux Aulerques, s’empara de Melodunum, située dans une petite île de la Seine, malgré la précaution que les habitants avaient prise de couper les ponts. Les Romains, en s’établissant dans ce pays, alors compris dans la quatrième Lyonnaise, y portèrent leur civilisation.

Ainsi que Melun, les villes de Meaux (Iatinum) et de Lagny (Latiniacum) prirent une certaine importance ; de nombreuses constructions, dont il reste encore des vestiges, s’y élevèrent. Les. plaines furent mises en culture, les forêts s’éclaircirent, de longues voies sillonnèrent le pays ; la principale était celle qui, venant de Caesaromagus (Beauvais), allait à Agendicum (Sens), en passant par Iatinum (Meaux) ; la race conquérante et les anciens habitants se mêlèrent, et le mélange fut si complet qu’on les appela les Gallo-Romains.

Le christianisme pénétra dans cette région vers le milieu du IIIe siècle. Le martyr de Lutèce, saint Denis, prêcha l’Évangile aux Meldi ; saint Saintin, que l’on regarde comme le fondateur de l’évêché de Meaux, le remplaça, et saint Savinien et saint Aspais portèrent la parole Sainte aux habitants de Melun et de Provins. Quand la période de persécution eut cessé et que la foi chrétienne se fut solidement établie dans le pays, l’Église institua ses divisions diocésaines, et, sous cette forme nouvelle, le département dont nous racontons l’histoire se trouva encore divisé.

Meaux devint le chef-lieu d’un diocèse, et Melun, avec Château-Landon, Provins et tout l’arrondissement de Fontainebleau, fit partie de celui de Sens. Lagny, Tournan, Brie-Comte-Robert et Mormant furent attachés au diocèse de Paris. Les évêchés de Paris et de Meaux étaient suffragants de l’archevêché de Sens.

L’état de la contrée et de ses principales villes était assez prospère quand les grandes invasions survinrent. &AEliggidius et Syagrius furent, on le sait, les derniers gouverneurs romains de la Gaule ; Syagrius fut vaincu par Clovis à Soissons, en 486, et cette victoire livra au chef des Francs la partie de la Gaule comprise entre le Rhin et la Seine.

Conquis par Clovis, les Senones et les Meldi, à la mort du conquérant en 511, entrèrent dans le partage de Childebert, roi de Paris, et, plus tard, en 558, furent réunis par Clotaire Ier au reste de la monarchie franque ; mais leur pays fut souvent ensanglanté par les guerres des fils de Clovis et de Clotaire. En 557, Clotaire, attaqué par son fils Chramm révolté et par son frère Childebert, se jeta sur le territoire de ce dernier et ravagea toute la contrée située entre Seine et Marne.

En 577, Gontran et Chilpéric se livrèrent une bataille à Melun et détruisirent dans cette ville l’abbaye Saint-Pierre. A la mort de Frédégonde, en 597, les Austrasiens et les Bourguignons réunis envahissent les États de Clotaire II et ravagent la Neustrie. Vainqueurs à Dormeille (599), ils mettent le Gâtinais à feu et à sang. Chilpéric avait été assassiné à Chelles, par un serviteur de la reine Frédégonde, en 584. Sous le successeur de Dagobert, Clovis II, la reine Mathilde illustra ce lieu par sa piété et sa bienfaisance pendant son séjour dans l’abbaye qu’elle y avait fondée.

Les forêts dont le pays était couvert attirèrent souvent les princes mérovingiens, passionnés pour la chasse comme pour la guerre ; en temps de paix, ils avaient des résidences à Chelles, Jouarre, Lagny, La Grande-Paroisse, Faremoutiers, ville qu’a aussi rendue fameuse son monastère. A cette époque commencent a apparaître les dénominations qui ont remplacé les noms gaulois ou latins ; on trouve cités dans des actes des derniers temps mérovingiens la Brie (Brigensis saltus) et le Gâtinais, dont le nom semble venir du vieux mot gastine qui désigne un abatis de bois et d’arbres, et dérive lui-même du latin vastare. La Brie contenait les pagi de Meaux, Provins et Melun.

Les victoires des Francs Austrasiens sur les Neustriens et l’avènement de Pépin le Bref firent passer la Brie, le Gâtinais et tout ce qui dépendait de l’empire des Francs sous la domination de la famille d’Héristal. Charlemagne, dans sa grande organisation administrative, donna aux pays de Meaux, de Melun, de Provins et du Gâtinais des comtes particuliers, amovibles, chargés de rendre la justice sous la surveillance des legati et des missi dominici ; sous les faibles successeurs de cet empereur, ces chefs tendirent comme le reste des seigneurs à s’approprier les bénéfices à temps ou à vie qui leur avaient été confiés, et à les rendre héréditaires dans leurs familles.

Leurs efforts ne furent pas également heureux, grâce à la proximité do Paris et des rois carlovingiens ; mais si le pays échappa d’abord aux exigences des tyrannies locales, il eut grandement à souffrir des incursions des Normands. Meaux, Melun, Tournan, Lagny furent ravagés par ces pirates qui remontaient la Seine, la Marne et tous les fleuves de l’empire carlovingien, et pillaient les villes et les églises jusqu’au coeur de la Gaule. Pendant le grand siège soutenu à Paris par Eudes, qui devint roi après la déposition de Charles le Gros, Meaux et Melun furent saccagées, en 886.

La grande famille des ducs de France étendit son autorité sur les bords de la Seine et de ses affluents dès les premiers temps de la féodalité, tandis que les rois carlovingiens, toujours en guerre avec les grands vassaux et presque toujours battus, ne cessaient de reculer vers le nord-est. Les pays dont nous nous occupons furent compris dans les domaines des ducs de France, a l’époque où les successeurs de Charlemagne se trouvèrent réduits à la ville de Laon. Robert le Fort, Eudes, Robert II, Hugues le Grand et Hugues Capet les possédèrent successivement.

Mais on sait que, lorsque ce dernier prince eut échangé sa puissance féodale contre le titre de roi, il aliéna à titre de bénéfices une grande partie de ses possessions et fut obligé, pour consacrer son usurpation, de sacrifier beaucoup de sa puissance réelle à sa puissance nominale. C’est ainsi que se morcelèrent les pays annexés au duché de France. La famille des comtes de Vermandois, qui fut la tige des comtes de Champagne, possédait la Brie, et ses membres prenaient le titre de comtes de Meaux et de Provins. Le Gâtinais eut des comtes particuliers ; il en fut de même du pays de Goësle, dont les comtes prirent plus tard le titre de sires de Dammartin, et du pays de Galvesse, dont la capitale était La Ferté-sous-Jouarre. Seul, le comté de Melun appartenait encore à la royauté au temps du roi Philippe Ier.

Lans la période carlovingienne, la contrée s’était couverte de monastères. On sait l’influence de l’Église au Moyen Age ; tandis que, dans la société turbulente et comme en fermentation qui venait de s’établir sur le territoire gaulois, tout était désordre et tyrannie, ce qui restait des lumières et des institutions romaines s’était concentré dans le clergé ; grâce à des donations nombreuses que multiplia l’approche de l’an mille, année marquée d’avance par la superstition populaire comme devant amener la fin du monde, le clergé étendit et consolida sa domination spirituelle et temporelle et sut en user sagement pour apporter quelques remèdes aux maux de la société.

Deux conciles furent tenus à Meaux en 841 et 847, dans lesquels on s’occupa du moyen de repousser les Normands. Outre le monastère de Chelles, dont nous avons parlé, s’étaient élevés ceux de Saint-Séverin, de Château-Landon, fondé par Childebert, fils de Clovis, sous la première race ; celui de Saint-Pierre de Melun, les abbayes de Reliais, de Chaumes, de Lagny, de Faremoutiers et de Saint-Faron, à Meaux, et celle de Jouarre. La crypte de cette dernière abbaye subsiste encore ; c’est un des rares monuments de l’époque carlovingienne.

Avec Philippe Ier commencèrent les réunions a la couronne qui, à la longue, augmentèrent le domaine royal et l’autorité des rois au point de leur assurer la supériorité dans la lutte avec la féodalité. En 1062, Foulques le Réchin, comte d’Anjou, céda à Philippe le Gâtinais, en échange de quelques secours contre son frère, Geoffroy le Barbu, « et le roi jura bonnement qu’il tiendroit la terre aux us et coutumes que elle avoit esté tenue ; car aultrement ne vouldrent lé homes du pays faire homaige. »

En 1116 fut convoquée une assemblée à Melun, par Louis le Gros, dans laquelle fut résolue la guerre contre Hugues du Puiset dont la tyrannie et les brigandages désolaient tout le pays Chartrain. Pris après la destruction, de son château, le seigneur du Puiset fut détenu à Château-Landon. Quelques années après, Louis VI échoua dans une plus vaste entreprise : il eut des démêlés avec Thibaut IV, comte de Champagne et de Brie, et vint assiéger Meaux et Lagny qui faisaient partie des domaines de son ennemi ; mais ces villes résistèrent à la petite armée du roi de France.

Son fils Louis VII continua ces guerres avec ses voisins ; il fit détruire, en 1138, la forteresse de Montceaux, près de Meaux, dont un Montmorency, qui en était possesseur, se servait pour se livrer a toutes sortes d’exactions contre les habitants du voisinage. Deux ans après, le même prince prit la forteresse de Montjay, près de Villevaudé, qui appartenait à Hugues de Gournay, et la détruisit, à l’exception d’une tour dont les ruines ont subsisté jusque dans ces derniers temps.

Sous l’administration habile des puissants comtes de Champagne, tout ce pays avait vu se développer son activité et son industrie. Thibaut le Grand, qui gouverna cinquante ans, de 1102 à 1152, et son fils Henri Ier le Libéral, qui, avant de devenir comte de Champagne, avait porté le titre particulier de comte de Meaux, avaient fondé dans leur capitale, Troyes, de nombreuses manufactures et des marchés célèbres dans toute l’Europe ; ce fut une source de prospérité pour le pays de Champagne et de Brie, dont les productions se répandaient au loin.

Meaux, Coulommiers, Provins, Lagny eurent leurs foires particulières, et celles de Provins ne tardèrent pas à rivaliser avec celles de Troyes. On était alors au plus fort de ce mouvement communal qui agitait le nord de la France et séparait violemment les villes de leurs seigneurs ; les comtes de Champagne, pour prévenir cette émancipation qui eût porté atteinte à leur puissance, accordèrent à la bourgeoisie quelques concessions et privilèges ; Henri octroya, en 1179, à Meaux, une charte d’affranchissement communal confirmée par ses successeurs, et notamment en 1198 et 1222 par Thibaut III et Thibaut IV le Posthume et le Grand.

Plus tard, après la réunion à la couronne de la Champagne et de la Brie, les privilèges de cette concession furent confirmés par le roi Louis le Butin. En 1230, Provins obtint le droit de choisir un maire et douze échevins. Coulommiers reçut le même privilège l’année suivante ; seulement le comte se réserva le droit de choisir les électeurs chargés de nommer le maire.

Quant à Melun, ville du domaine royal, elle n’eut jamais de charte d’affranchissement ; ses habitants eurent, néanmoins, peu a souffrir de la tyrannie féodale, grâce surtout au séjour fréquent qu’y firent les rois de France ; Louis le Jeune et Philippe-Auguste avaient une résidence au Jard et habitèrent souvent aussi Melun, dont le château vit s’assembler plusieurs parlements royaux sous Philippe-Auguste et Louis VIII, et où saint Louis rendit plusieurs ordonnances ; il y arma chevalier son frère, le duc d’Anjou (1243), y maria sa fille Isabelle à Thibaut VIII, dit le Jeune, comte de Champagne, et roi de Navarre en 1255. En 1236, il s’était rendu maître des villes de Bray-sur-Seine et de Montereau.

C’est à cette époque que Fontainebleau commence à devenir un rendez-vous de chasse très fréquenté ; Philippe le Bel y naquit. Le château du Vivier, près de Fontenay, dont on voit encore les ruines remarquables, fut l’un des lieux de plaisance de Charles V, et son successeur y fut relégué lorsqu’il fut tombé en démence.

Mais ce pays, favorisé par le séjour des rois de France et par la munificence de ses comtes, les riches seigneurs de Champagne, dont la cour brillante rivalisait avec celle des rois, fut, au temps des guerres albigeoises, ensanglanté par les supplices. Bien qu’éloigné des provinces méridionales, principal foyer de cette hérésie, il lui donna un assez grand nombre de partisans, surtout à Provins.

Ces malheureux furent pris et condamnés aux flammes ; on en brûla 83 le 22 mai 1239, sur le mont Aimé, près de Vertus. Leur chef, qui prenait le titre d’archevêque de Moran, donnant à tous l’absolution avant le supplice, s’écria : « Vous serez sauvés par l’absolution que je vous donne ; je serai seul damné parce que je n’ai personne au-dessus de moi pour m’absoudre. »

Toute la partie du département de Seine-et-Marne, en dehors du domaine royal, qui avait appartenu aux comtes de Champagne et de Brie, fut réunie à la couronne par le mariage de Philippe le Bel avec Jeanne de Navarre, héritière de ces deux provinces, en 1285. Distraites pendant quelques années en faveur de Jeanne, fille de Louis le Hutin, elles furent de nouveau réunies pour n’être plus séparées, en 1155 et 1156, par l’abandon qu’en fit cette princesse. Dès 1297, les villes de Meaux et de Provins avaient reçu chacune un bailli royal.

Jusqu’ici nous avons vu paisiblement s’accroître la prospérité des pays qui formèrent dans la suite le département de Seine-et-Marne ; mais, après les paisibles années du XIIe et du XIIIe siècle, survinrent avec les Valois la terrible guerre de Cent ans et tous les maux qui l’accompagnèrent, la misère, la peste, la jacquerie et les ravages des Bourguignons.

Après les batailles désastreuses de Crécy et de Poitiers, pendant la captivité du roi Jean et les agitations produites par la réunion des états généraux de 1358 et les intrigues du roi de Navarre, le peuple des campagnes, ruiné par les impôts, pillé par les seigneurs, se souleva ; à des gens malheureux et justement irrités par les maux toujours renaissants de leur condition se joignirent des brigands et des troupes de soldats habitués au pillage, et ils commencèrent ce grand désordre et cette insurrection des vilains qu’on a appelée la jacquerie.

Les campagnes, naguère si fertiles, maintenant désolées de la Brie, furent le centre du mouvement. Un cri de mort fut poussé par tous les manants et vilains contre les nobles et seigneurs. Guillaume Callet, élu chef des Jacques, s’en alla avec une grande troupe, armée de piques et de couteaux, forcer et détruire les châteaux. Après avoir saccagé et brûlé plus de soixante forteresses et bonnes maisons, ils vinrent devant Meaux, où s’étaient réfugiées les duchesses d’Orléans et de Normandie avec plus de trois cents nobles dames et demoiselles.

Elles ne devaient pas espérer de merci, car aucun soulèvement populaire n’avait jusqu’alors eu le caractère terrible de celui de la jacquerie ; sur leur passage les Jacques avaient tout renversé, tout tué, jusqu’aux petits enfants, qui n’avaient pas fait encore le mal. Les habitants des villes les accueillirent en beaucoup d’endroits avec faveur, soit par crainte, soit qu’ils vissent en eux des vengeurs destinés à châtier l’orgueil des barons ; ceux de Meaux leur ouvrirent leurs portes et le maire, Jean Soulas, dirigea les insurgés qui cherchaient à s’emparer d’une île formée par la Marne et par le canal du Cornillon, dans laquelle quelques chevaliers et les nobles dames s’étaient retirés.

Les chevaliers, en trop petit nombre pour oser combattre en plaine, fortifièrent de leur mieux leur retraite et ils s’apprêtaient a vendre chèrement leur vie. Les femmes et les filles voyaient les deux rives couvertes des bandes de ces forcenés ; elles entendaient leurs outrages et leurs menaces, et elles demandaient a périr de la main de leurs défenseurs, plutôt que d’être exposées à la brutalité de ces hideux ennemis, quand un renfort inattendu délivra les captifs ; Gaston-Phoebus, comte de Foix, l’un des plus brillants chevaliers de la chrétienté, et le captal de Buch, seigneur anglo-gascon, revenant d’une croisade contre les idolâtres de Prusse, avaient appris à Châlons le péril des belles dames enfermées dans l’île de Meaux, et ils étaient accourus suivis d’une troupe de chevaliers.

Les vilains qui estaient noirs et petits et très mal armés, dit Froissart, ne purent supporter le choc d’hommes robustes et couverts de fortes armures ; un grand nombre fut massacré, beaucoup se noyèrent en voulant fuir, et la ville, en punition du secours. qu’elle leur avait donné, fut incendiée par les seigneurs ; elle brûla pendant quinze jours ; le maire Jean Soulas, pris dans le combat, fut pendu (9 juin 1358).

La même année, Charles le Mauvais s’empara de Nemours, Montereau, Lagny ; Melun lui fut livré par sa soeur, veuve de Philippe de Valois ; le régent Charles V essaya inutilement, à plusieurs reprises, de prendre la place ; ce ne fut qu’en 1364 qu’elle se rendit à Du Guesclin, qui commençait alors à s’illustrer.

Charles VI, pendant l’insurrection des maillotins, chercha successivement un refuge à Meaux et à Melun (1381). Cette dernière ville servit souvent de résidence à ce malheureux roi. Il en donna la seigneurie à sa femme Isabeau de Bavière qui s’y retirait avec le duc d’Orléans toutes les fois que les Bourguignons avaient l’avantage. En 1407, elle s’y réfugia après l’assassinat du duc d’Orléans ; on sait qu’en représailles de ce meurtre Jean sans Peur fut assassiné sur le pont de Montereau le 10 septembre 1419.

Cet événement jeta la France dans les plus grands malheurs ; les Bourguignons s’allièrent aux Anglais et firent déshériter le dauphin par son père Charles VI au traité de Troyes (1420), puis ils s’emparèrent successivement des dernières villes qui tenaient pour les Armagnacs : Montereau, Moret, Nemours, Dammartin tombèrent en leur pouvoir ; Melun fut investi et fut réduit par la famine après une courageuse résistance du sire de Barbazan. Meaux, la dernière ville de cette partie du royaume qui fût restée fidèle au dauphin, tomba l’année suivante en leur pouvoir (1421).

Pendant dix années la Brie et le Gâtinais furent ravagés par les armées ennemies, et cinquante ans après on disait que « de tout le peuple qui soloit estre n’en est pas demoré ung au pais pour montrer ne dire au peuple qui y est nouvellement venu et aux seigneurs aussi les limites et séparations de leurs terres. »

Ce ne fut qu’après l’heureuse délivrance d’Orléans par Jeanne d’Arc, que Provins, Moret, Bray, Dammartin, Lagny, Coulommiers, Melun rentrèrent successivement sous la domination du roi de France. Le territoire du département fut le théâtre d’un grand nombre d’engagements entre les Anglais et l’armée royale. Provins, Melun, Château-Landon retombèrent momentanément au pouvoir du duc de Bedford, général des forces anglaises ; Lagny résista à tous les efforts. Enfin les étrangers furent chassés de toutes ces places ; Meaux fut reprise la dernière par le comte de Richemont.

La guerre de la Praguerie, dans laquelle Brie-Comte-Robert fut prise par une bande d’écorcheurs, et la ligue du Bien public sous Louis XI (1465) agitèrent seules encore le pays dans le courant de ce siècle.

Pendant les guerres de religion, la Réforme en France prit naissance à Meaux ; dès 1523, un cardeur de laine, Jean Leclerc, y prêcha le luthéranisme. Des exécutions sanglantes eurent lieu dans cette ville en 1546. Sous Henri II, les conférences du parti se tinrent à La Ferté-sous-Jouarre, chez le prince de Condé (1559). Après le massacre de Vassy et l’édit de 1562, qui autorisa l’exercice du culte protestant, des prêches s’ouvrirent à Meaux et dans les environs, et un synode provincial se tint à La Ferté-sous-Jouarre (1563).

Au renouvellement des hostilités entre les deux partis, Bray et Montereau furent pris par Coligny, et Lagny, Lizy, Claye, La Ferté-sous-Jouarre fournirent leurs contingents a son armée. Charles IX faillit être pris a Montceaux par les réformés. La Saint-Barthélemy (1572) amena des représailles de la part des catholiques ; le lieutenant général du bailliage, Roland Cosset, livra pendant plusieurs jours les villes protestantes au massacre.

La Ligue raviva la guerre civile, qui ne finit dans le pays qu’en 1593, quand Meaux eut ouvert ses portes à Henri IV. La belle Gabrielle d’Estrées demeura à Montceaux. Henri IV séjourna souvent à Fontainebleau, qui lui dut de grands embellissements ; il commença les canaux de Briare et du Loing, achevés sous Louis XIII.

Pendant la minorité de Louis XIV et les troubles de la Fronde, Condé s’empara de Lagny (1649), et l’armée du duc de Lorraine, qui venait au secours des révoltés, ravagea la Brie et les bords de la Marne ; Crouy, Cerfroy, le prieuré de Grandchamp, Meaux, Coulommiers, l’abbaye de Jouy furent pillés par les Lorrains. Le règne de Louis XIV avait rendu quelque calme à la contrée, quand la révocation de l’édit de Nantes vint jeter le trouble parmi les nombreux protestants du diocèse de Meaux (1685) ; plus de 1 200 familles furent forcées d’émigrer.

A cette époque, le pays dépendait de la généralité de Paris pour l’administration financière et la perception des impôts. II y avait sept chefs-lieux d’élection : Meaux, Coulommiers, Provins, Rozoy, Melun, Montereau et Nemours. Meaux avait un bailliage présidial ressortissant au parlement de Paris.

Pendant la révolution de 1789, le département de Seine-et-Marne, à l’exception de Meaux qui eut ses septembriseurs, sut échapper aux excès révolutionnaires. A la fin de l’Empire, il fut le théâtre de plusieurs combats livrés par Napoléon Ier contre les armées coalisées. « Il est beau de le voir dans ce moment, dit Mignet, non plus oppresseur, non plus conquérant, défendre pied à pied, par de nouvelles victoires, le sol de la patrie en même temps que son empire et sa renommée. »

« Attaqué de tous côtés par des forces supérieures, ajoutent deux autres historiens de la Révolution, il était envahi partout où il n’était pas, partout où il n’était plus. C’est ainsi que, pendant qu’il battait Blücher sur la Marne, Schwartzenberg avait forcé le passage de la Seine à Nogent, à Bray, à Montereau et s’avançait sur Paris. Alors Napoléon quitte la poursuite de Blücher pour courir sur les Autrichiens. Secondé par le patriotisme de la population, il les bat à Mormant, à Nangis, à Donnemarie et les chasse devant lui.

« Schwartzenberg se retire, laissant tous les chemins couverts de ses morts et de ses blessés. Cependant, les Wurtembergeois veulent défendre Montereau : Napoléon accourt, il enlève les hauteurs qui dominent le confluent de la Seine et de l’Yonne, y fait établir des batteries, pointe lui-même les canons et commande le feu. Il voit tomber à ses côtés, sans s’émouvoir, les boulets ennemis. Ses soldats murmurent de le voir s’exposer ainsi ; ils insistent même pour qu’il se retire : Allez, mes amis, leur répond-il, le boulet qui doit me tuer n’est pas encore fondu. Alors, il lance Gérard sur le faubourg le plus rapproché, et Pajol, avec sa cavalerie, sur les ponts. Un plein succès couronne ces deux mouvements ; l’ennemi est refoulé dans la ville et y est écrasé ; il repasse bientôt la Seine, après avoir perdu 6 000 hommes. »

C’est encore le département de Seine-et-Marne qui fut témoin de l’abdication de l’empereur, qui eut lieu à Fontainebleau le 4 avril 1814, et qui fut suivie, le 20 du même mois, de la fameuse scène des adieux dans la cour du Cheval-Blanc. A son retour de l’île d’Elbe, Napoléon revit Fontainebleau, mais pour la dernière fois !

Si le département eut beaucoup à souffrir de l’invasion de 1815, il ne fut pas épargné non plus par celle de 1870. Dès le 12 septembre, les Prussiens étaient à Provins, et le 13, malgré les efforts des francs-tireurs, ils investissaient Melun. Le département de Seine-et-Marne fut, après ceux de la Seine et de Seine-et-Oise, le plus éprouvé sous le rapport des réquisitions et des dommages. Il eut à payer 50 904 041 francs 14 centimes, dont 932 771 francs 28 centimes représentent les contributions de guerre et amendes payées, 12 millions 658 452 francs 82 centimes pour les dépenses de logement et de nourriture des troupes ennemies et 31 106 207 francs 81 centimes, montant des dommages résultant de vols, d’incendies et de faits de guerre.




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