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Midi-Pyrénées : origine et histoire du département Lot - Histoire de France et Patrimoine


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Départements français

Histoire des départements français. Les événements, histoire de chaque département : origine, évolution, industries, personnages historiques


Histoire du département du Lot
(Région Midi-Pyrénées)
Publié le jeudi 28 janvier 2010, par LA RÉDACTION


 
 

Le département du Lot et celui de Tarn-et-Garonne ont été formés de la province qui portait, avant 1789, le nom de Quercy. Ce nom, que l’on a voulu faire dériver des chênes (quercus) dont le pays était autrefois couvert, vient des Cadurci, le peuple gaulois qui occupait cette contrée avant l’invasion romaine.

Les Cadurci étaient de race celtique. Établis dans les bassins du Tarn, du Lot et de la Dordogne, presque au pied des montagnes d’Auvergne, dont les ramifications donnaient à leur pays cet aspect aride et escarpé qui rappelle l’Afrique au voyageur, ils étaient sur la zone même où se rencontraient les peuples celtiques et les peuples ibères. A leur droite et à leur gauche, les Petrocorii (Périgord) et les Rutheni (Rouergue) étaient Celtes comme eux ; plus au sud et plus à l’ouest, l’origine ibérienne des habitants se reconnaissait et se reconnaît encore à leurs caractères, physiologiques.

Si les monuments celtiques ne sont pas aussi nombreux dans ce département que dans certains autres, ils n’y manquent point cependant. On y trouve particulièrement des monuments funèbres, des tombelles, dont quelques-unes renferment plusieurs cercueils de pierre superposés, par exemple celle qu’on nomme Puy-les-Martres (Puy-des-Martyrs) ; des dolmens, qui sont également des monuments funèbres, comme l’attestent les squelettes mis à découvert par les fouilles, et dont le principal est celui qu’on appelle la Pierre Martine, près de Livernon : il a plus de 7 mètres de longueur et plus de 3 de largeur ; sa table supérieure oscille sur ses supports pendant une minute à la moindre pression de la main ; auprès des squelettes, on a trouvé des flèches et des haches en silex, des fragments de poterie, des ornements en os ou en pierre, des épées et des poignards en cuivre. Près de Prayssac, sur la montagne de Roquebert, on voit un cromlech assez considérable.

Les Cadurci formaient une cité qui dépendait de la grande confédération des Arvernes. Ils prirent part avec ce peuple puissant à l’énergique résistance qu’il opposa aux généraux de Rome. Ils combattirent avec Britich sur les bords du Rhône contre Fabius. Plus tard, dans la grande lutte contre César, ils fournirent leurs contingents au camp d’Alésia, où Vercingétorix avait convoqué la Gaule entière, et enfin leur pays eut l’honneur de servir de théâtre aux derniers efforts de l’indépendance gauloise.

On s’est demandé où était située la ville d’Uxellodunum. Cahors, Luzech, Puech d’Usselou, Capdenac se sont disputé ce nom. Le Puech-d’Usselou ou Puy-d’Issolu, selon d’Anville, est l’ancienne Uxellodunum. Des recherches et des fouilles pratiquées sous la direction du commandant Stoffel, plaidèrent en faveur de cette opinion, malgré les assertions de Champollion-Figeac et de la commission de topographie des Gaules, qui penchèrent, celle-ci pour Luzech, et celui-là pour Capdenac. Uxellodunum était une place fortement située sur un rocher à pic, au pied duquel serpentait une rivière. Le lieutenant de César, Caninius, qui venait de vaincre Dumnacus, s’avança à la poursuite de Drapès et de Lucterius jusqu’à la place dont nous parlons et où les fugitifs se jetèrent.

Lucterius était du pays ; c’était un Cadurque à qui ses richesses et son esprit ambitieux avaient donné dès longtemps une grande influence et qui venait de l’accroître encore par des services rendus à la cause de la Gaule tout entière. Arrêté devant cette place inexpugnable, Caninius eut le bonheur de s’emparer de Drapès et de mettre en fuite Lucterius, à la suite d’une sortie qu’ils venaient de faire pour aller chercher des vivres, dont la disette se faisait sentir dans la ville.

Avoir privé la ville de ses deux meilleurs défenseurs, ce n’était pourtant point l’avoir prise, et l’arrivée de César ne fut pas inutile à son lieutenant. Il commença par empêcher les habitants de venir puiser de l’eau à la rivière, et, comme ils étaient obligés pour cela de descendre le flanc escarpé de la montagne, il y réussit facilement en disposant en face des archers et des machines à projectiles. Privés de l’eau de la rivière, les assiégés recoururent à celle d’une fontaine qui coulait au pied de leurs murs. César voulut également les en écarter et fit construire près de ces murs une tour de bois à dix étages d’où les traits pleuvaient sur eux ; ils s’en débarrassèrent en faisant rouler contre elle des tonneaux de suif et de bitume enflammé.

César trouva alors un moyen fort efficace ; une tranchée creusée dans le roc détourna les eaux de la source qui tarit subitement à la vue des assiégés ; ce qui les jeta dans un tel désespoir qu’ils virent dans cet événement moins l’habileté humaine qu’un arrêt du ciel. Ils se rendirent. César leur laissa la vie et leur fit couper les mains, « afin de rendre plus visible à tous le châtiment des méchants, » comme dit singulièrement son compagnon de guerre et le continuateur de ses Commentaires, Hirtius.

Drapès se laissa mourir de faim. Lucterius fut livré par la trahison d’un Arverne nommé Epasnact, « grand ami du peuple romain, » et mourut par la main du bourreau. La Gaule, saisie de terreur, n’osait plus remuer ; elle tremblait au seul nom de César ; et les voisins des Cadurques, redoutant leur sort, chantaient entre eux à voix basse ce refrain demeuré traditionnel :

Prends garde, fier Pétrocorien,
Réfléchis avant de prendre les armes,
Car, si tu es battu,
César te fera couper les mains !

Le pays des Cadurques fut compris, sous Auguste, dans la Gaule Aquitaine, et, sous Honorius, dans la Première Aquitaine. Il reçut, comme toutes les provinces gauloises, en dédommagement de la liberté perdue, les bienfaits de la civilisation romaine, des routes, des aqueducs, des édifices, dont nous parlerons à propos de Cahors. On ne cite guère néanmoins que trois localités du département qui datent de l’époque romaine : Cahors ; Duravel (Diolidinum), et Mercuès (Mercurii Castrum).

Au Ve siècle, le Quercy eut sa part des malheurs de la Gaule et fut ravagé successivement par les Vandales, les Alains, les Suèves, enfin les Wisigoths qui s’y établirent, et en furent chassés par Clovis. Il suivit le sort de l’Aquitaine sous les rois francs de la première et de la deuxième race. Celle-ci, toute belliqueuse et résolue à dompter enfin le midi de la Gaule, toujours rebelle au nord, entreprit ces guerres terribles que signala la résistance des princes vascons Hunald et Waïfre. Associé par sa situation géographique à la lutte des Méridionaux, le Quercy fut un des principaux théâtres de cette guerre défensive que favorisaient ses montagnes et ses nombreux défilés. Après le triomphe des Carlovingiens, il forma, avec le Rouergue, l’un des neuf comtés établis par l’empereur d’Occident dans le royaume d’Aquitaine, échu à son fils.

Quoique éloigné de la mer, le Quercy n’en fut pas moins exposé, pendant les trois siècles qui suivirent la mort de Charlemagne, aux ravages des Normands. Avoir des fleuves et des rivières navigables, c’est une richesse pour un pays ; mais, à cette époque désastreuse, c’était une calamité. Les Normands remontèrent la Dordogne jusqu’à Souillac, le Lot et le Célé jusqu’à Figeac, répandant partout la désolation.

Le régime féodal rendit au pays la sécurité. On regarde comme le premier comte héréditaire du Quercy un certain Rodolphe, qui vivait en l’an 900. Mais sa postérité ne posséda ce comté que pendant soixante ans. Robert, arrière-petit-fils de Rodolphe, ayant fait la guerre à Pons, comte de Toulouse, en fut complètement dépouillé. Depuis cette époque, le Quercy fut possédé, conjointement avec le Rouergue, par une branche de la maison des comtes de Toulouse que l’on croit avoir été la branche aînée.

Enfin, en 1065, Berthe, comtesse de Quercy et de Rouergue, étant morte sans postérité, ces deux pays furent réunis au domaine des comtes de Toulouse et suivirent les destinées de la maison de Saint-Gilles. Le divorce d’Éléonore et de Louis VII, suivi du mariage de cette princesse avec le roi d’Angleterre, Henri II, livra la Guyenne aux Anglais et leur donna des prétentions sur le comté de Toulouse. Henri II entreprit aussitôt la guerre contre Raymond V et marcha sur Toulouse ; n’ayant pu s’en emparer, il prit du moins Cahors (1159) ; mais la paix qui se fit bientôt après lui enleva sa conquête.

En 1188, la guerre recommença. Raymond V, offensé par l’un des fils du roi d’Angleterre, le fameux Richard Coeur de Lion, fit arrêter deux chevaliers anglais qui revenaient d’un pèlerinage à Saint-Jacques en Galice. Outré de colère, Richard se jeta sur le Quercy, y prit dix-sept châteaux et demeura en possession de cette province jusqu’en 1196. Devenu alors roi d’Angleterre, il fit la paix avec Raymond VI, qui avait succédé à Raymond V, et, renonçant à ses prétentions sur le comté de Toulouse, lui rendit le Quercy.

La guerre des Albigeois répandit la désolation dans tout le Midi. Le Quercy fut envahi par Simon de Montfort et la possession lui en fut confirmée par le légat du pape. Un peu plus tard, Raymond VI ayant recouvré ses États, les transmit à son fils Raymond VII ; mais celui-ci trouva un adversaire plus redoutable encore dans le roi de France. Le comté de Toulouse et ses dépendances furent presque entièrement annexés au domaine de la couronne. Le Quercy appartenait en effet au roi de France sous le règne de saint Louis ; mais il fut au nombre des provinces que ce monarque abandonna à l’Angleterre par le traité de 1259, sous condition d’hommage lige. Plus tard, conquis par Du Guesclin sous Charles V, puis repris par les Anglais, il resta en leur pouvoir jusqu’à l’époque où ils furent chassés de France, c’est-à-dire jusqu’en 1453.

Louis XI incorpora le Quercy à la Guyenne, qu’il donna à son frère Charles de Berry. A la mort de ce dernier (1472), la province fut pour toujours réunie au domaine royal. Avant cette réunion, le Quercy avait ses états provinciaux. Ces états votaient les subsides que le pays accordait au comte ; ils continuèrent d’exister et de voter les subsides pour le roi. Ils se composaient des trois ordres. Le tiers se formait des députés de 24 communes, villes et bourgs, dont les principales étaient Cahors, Montauban, Figeac et Moissac. Ils se réunissaient dans une de ces quatre villes. L’évêque de Cahors en avait la présidence. En 1552, Henri II institua à Cahors un présidial.

Les guerres de religion mirent en évidence un contraste, une rivalité même qui a toujours existé entre le haut et le bas Quercy. Le haut Quercy, où se trouvait Cahors, resta fidèle au catholicisme ; le bas Quercy, plus méridional, se déclara pour les calvinistes qui y trouvèrent une de leurs plus fortes places, Montauban. Malgré cette hostilité si marquée, l’unité administrative du Quercy subsista jusqu’à la fin de la monarchie, si ce n’est qu’une faible partie de la province, celle qui était située au nord de la Dordogne, relevait du parlement de Bordeaux, tandis que tout le reste relevait de celui de Toulouse.

L’organisation nouvelle de 1779, qui réunit, sous le nom d’administration de la haute Guyenne, le Quercy et le Rouergue, n’amena point encore de séparation, et il en fut de même en 1790, de l’organisation départementale, qui enveloppa tout le Quercy dans l’unique circonscription du département du Lot. Sans doute les circonstances étaient trop graves et les préoccupations trop considérables pour que les législateurs de la France eussent le temps de songer aux petites jalousies de Montauban contre Cahors ; mais, en 1808, comme Napoléon Ier revenait de Rayonne où il avait disposé de la couronne d’Espagne, les Montalbanais profitèrent de son passage pour lui exposer les griefs de leur vanité et solliciter le rang de chef-lieu de département. Il leur accorda ce qu’ils demandaient, et un sénatus-consulte, en détachant le bas Quercy pour en former le département de Tarn-et-Garonne, resserra celui du Lot dans les limites du haut Quercy.

 

 


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