Panier de
commande
Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie

AJOUTER

Favoris

Fil RSS

Facebook

Google +

Twitter

Blog

Videos
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme

« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


 
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme

Coutumes et traditions : les Folies de Dunkerque, carnaval, procession de chars et géants (Nord) - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Coutumes, Traditions > Folies de Dunkerque : ancêtre du (...)

Coutumes, Traditions

Origine, histoire des coutumes, traditions populaires et régionales, fêtes locales, jeux d’antan, moeurs, art de vivre de nos ancêtres


Folies de Dunkerque : ancêtre du Carnaval
(D’après « Coutumes, mythes et traditions des provinces de France » paru en 1846))
Publié le samedi 18 février 2012, par LA RÉDACTION


 
 
 
 
Les Folies, qui donnèrent naissance au Carnaval, se célébraient à Dunkerque le 24 juin, jour de la Saint-Jean ; et elles attiraient un tel concours que souvent les curieux, ne pouvant trouver place dans aucune maison de la ville, étaient obligés de coucher dans les rues.

La solennité commençait par une grand’messe, célébrée à l’église paroissiale, et, après la messe, la procession se mettait en marche, la police du cortège étant faite par des hommes habillés en diables.

Église Saint-Eloi à Dunkerque
Église Saint-Eloi à Dunkerqu
A la tête de la procession étaient les confréries de Sainte-Barbe, Saint-Sébastien et Saint-Georges. Les confrères de Sainte-Barbe étaient vêtus d’un habit rouge, avec parements et culotte noirs, et portaient des flambeaux ; ceux de Saint-Sébastien portaient un habit et une culotte rouges avec parements et veste jaunes, et tenaient aussi des flambeaux ; enfin, les confrères de Saint-Georges avaient l’habit et la culotte d’écarlate, les parements et la veste de moire blanche, avec des boutons d’or, ils portaient l’épée nue, et l’un d’eux, tenant l’étendard de Saint-Georges, faisait consister son adresse à passer et repasser cet étendard sous le ventre de son cheval pendant qu’il excitait celui-ci à caracoler.

Venaient ensuite les différents ordres religieux ; puis les bannières de la paroisse, au nombre de neuf et très riches, lesquelles précédaient le saint Sacrement porté sous un dais en moire blanche, à bâtons d’argent, enrichis de pierres précieuses. Ce dais et le clergé étaient suivis des fonctionnaires publics et entourés de cent grenadiers les armes hautes. Lorsque la procession était rentrée, les Folies commençaient.

Carnaval de Cassel dans le Nord Peinture d'Alexis Bafcop (1876)
Carnaval de Cassel dans le Nord
Peinture d’Alexis Bafcop (1876)
En avant des chars, marchaient des hommes babillés en blanc et armés de très longues perches garnies de fleurs. Le premier char, attelé de huit chevaux élégamment caparaçonnés et chargé de musiciens, représentait les Joies de était placé un jeune homme décoré de tous les attributs du dauphin de France ; au pied de son trône se trouvaient une douzaine de courtisans, environnés de musiciens ; et en avant du char marchaient vingt-quatre jeunes gens enfermés jusqu’à mi-corps dans des dauphins en carton ; ils étaient armés de lances et joutaient ensemble. Le troisième char, dit Char de la Reine, portait une jolie fille superbement vêtue et placée sur une estrade au pied de laquelle les gens de sa cour exécutaient des danses.

Le Char du Roi était disposé de la même manière. Un autre char, nommé le Paradis, était fermé par des banderoles blanches, mêlées de rouge et de bleu en dedans, lesquelles formaient des bancs où se trouvaient assis soixante à quatre-vingts jeunes gens, habillés de blanc, qui mariaient leurs voix au sons des instruments. Un char, décoré de branchages, était rempli de sauvages, vêtus d’une toile couleur de chair, sur laquelle on avait appliqué des feuilles d’arbres ; et ces sauvages étaient armés de seringues avec lesquelles ils aspergeaient les curieux.

Enfin, le char appelé l’Enfer, apparaissait : il était de forme ronde et garni tout autour d’hommes habillés en diables ; puis, à la partie la plus élevée, était un foyer que ces diables attisaient et dont ils faisaient jaillir des flammes.

Le géant d'osier au début du XIXe siècle
Le géant d’osier
au début du XIXe siècle
En avant de ce char, se démenait un homme habillé en femme, qu’on appelait Proserpine ; il était armé de deux bouquets, l’un très beau et très odoriférant, l’autre rempli d’épingles et d’épines ; et l’adresse de ce personnage consistait à présenter à quelqu’un le joli bouquet, et à lui substituer l’épineux au moment où l’on s’approchait pour le sentir. Derrière le même char, marchait un homme seul, costumé aussi en diable, portant pour couronne une espèce de réchaud, et tenant un croc en guise de sceptre.

Après lui venaient douze pages, coiffés de bonnets d’une telle hauteur qu’elle les faisait ressembler à des nains ; puis le géant d’osier, haut de six mètres et que l’on appelait Papa Reuze, lequel géant était vêtu de bleu avec des galons d’or. Il était porté par douze hommes qui le faisaient mouvoir et danser, et avait dans sa poche un enfant qui criait sans cesse : papa ! papa ! tout en mangeant des gâteaux que le public lui jetait. Douze gardes, armés de pertuisanes, fermaient le cortège.

Vue des environs
Vue des environs
Si la naissance du Reuze, dont le nom vient du flamand reus signifiant géant, est située vers 1550, son existence est officiellement attestée en 1694, date à laquelle on trouve une affiche évoquant la procession de la Saint-Jean et mentionnant la présence de la « nouvelle machine d’un géant » appelé Titenka, précédée par « l’ancien géant » appelé Reuze. Ce qui montre que ce dernier existait effectivement avant 1694.

Deux légendes se disputent l’origine du Reuze, la première étant la plus vraisemblable. Il pourrait être la représentation d’Allowyn (ou Hallewyn), chef militaire scandinave dont les guerriers, d’une imposante stature, envahirent la Flandre. Blessé, celui-ci aurait été soigné puis baptisé par saint Eloi, avant de passer le reste de son existence à Dunkerque, d’où l’hommage que lui rendirent les Dunkerquois. Mais il pourrait être le fruit de la dérision qu’exprimèrent les paysans flamands à l’égard des Reuzes, leurs seigneurs, lorsqu’ils obtinrent de ces derniers leur liberté au Moyen Age : le géant aurait ainsi été construit pour être brûlé lors de la fête flamande de la Saint-Jean, fête du solstice d’été marquée par de grands feux.

Considéré comme un symbole du fanatisme religieux à la Révolution, le Reuze sera tour à tour vêtu du chapeau des Représentants de la Nation, de la carmagnole et du bonnet phrygien, avant que les différentes têtes du géant ne soient vendues en 1792 à des particuliers. C’est seulement en 1840 qu’il renaît à l’occasion d’une fête de bienfaisance organisée au profit des familles de marins disparus en Islande l’année précédente. Il apparaît dès lors au sein des cortèges du Dimanche gras et de la mi-carême, toujours accompagné d’enfants.

 

 


  Pas de commentaires

 Réagir à cet article

 

Soutenir l'association La France pittoresque, c'est prendre part à
la conservation et la transmission de la TRADITION, de notre IDENTITÉ,
de notre HISTOIRE, de notre PATRIMOINE,
des US ET COUTUMES de nos aïeux, du SAVOIR-FAIRE à la française
 
 
Ne bénéficiant d’aucune subvention ni d’aucune aide privée ou publique,
La France pittoresque compte exclusivement sur la générosité et la confiance de ses
lecteurs lui offrant de préserver son indépendance et sa liberté éditoriale
 
Le paiement peut également s’effectuer par chèque à l’ordre de :
La France pittoresque, 14 avenue de l'Opéra, 75001 PARIS
(association loi 1901 à but non lucratif fondée en 1997)

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec
notre magazine d'Histoire de France...

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 

 
 

 

 Hôtellerie et restauration jadis : de l'auberge du Moyen Age au grand restaurant du XIXe siècle
 
 Louis XVI insuffle vie aux premières statues d’hommes de lettres
 
 Premier billet de banque (Le) moderne naît en Nouvelle-France
 
 Fleurette : premier amour du futur Henri IV âgé de 12 ans
 
 « L'État m'a tuée » ou la France en souffrance
 
 MAGAZINE N°44 > Cliquez ici
 
BON À SAVOIR
 Servez monsieur Godard ! Sa femme est en couches
 
 C'est le fils de la poule blanche
 
MANIFESTATIONS
 
 
 


Temps de travail au Moyen Age
Nos ancêtres n’étaient pas les brutes de travail qu’on imagine : ils avaient 190 jours de congés par an
Louis XVII : roi martyr emprisonné au Temple
Itinéraire d’un enfant que la République a voulu corrompre puis a délibérément tué
Altermanuel d’Histoire de France
L’historien Dimitri Casali répertorie ce que nos enfants n’apprennent plus au collège
Duc d’Anjou (roi Louis XX)
L’héritier du trône de France s’exprime au sujet de la découverte de la tête d’Henri IV
+ de vidéos "Histoire France"+ de vidéos "Patrimoine"

 


Les plus récents
 
 Chanson à boire : itinéraire d'une initiative de lettrés du XIIe siècle
 
 Fête des Omelettes (Hautes-Alpes)
 
 Corsaires : des pirates « de métier » ?
 
 Farces et farceurs du Premier Avril : l'insolite et le comique à l'oeuvre
 
 
Et puis aussi...
 
 Premières figures du féminisme apparaissant au XVIIIe siècle
 
 Vacances estivales : nécessité imposée par une vie quotidienne toute de stress pétrie ?
 
 Fête de l'être suprême au Champ de Mars à Paris
 
 Dictionnaire de l'Académie française : une élaboration lente et minutieuse
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 196 ARTICLES

 

 

 


 
Pinterest FrPittoresque

 


 

 

 

     

 
 
Copyright © 1999-2014 E-PROD
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI, la SGDL et l'APP (infos légales)
 
Audité par Xiti et Hit-Parade | Optimisé pour Internet Explorer et Firefox
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
 
 
Groac'h de Lok Election Baudouin empereur d'Orient Histoire des métiers 4 novembre 5 novembre 6 novembre 7 novembre 8 novembre 9 novembre
10 novembre 11 novembre 12 novembre 13 novembre 14 novembre 15 novembre 16 novembre 17 novembre 18 novembre 19 novembre 20 novembre
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Blog

Facebook

Google +

Twitter

Pinterest

Tumblr

Second Life

YouTube

Paris pittoresque

Prénoms

Citations latines