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Mode, Costumes

Variations des costumes depuis les Gaulois jusqu’au XIXe siècle. Histoire du costume, vêtement, coiffures, chaussures. Mode vestimentaire


Xe siècle (Costumes au)
(D’après un article paru en 1843)
Publié le lundi 18 janvier 2010, par LA RÉDACTION

 
 

Seigneurs, commerçants et artisans
Au dixième siècle, les seigneurs laïques et ecclésiastiques habitaient des châteaux, où se réunissaient tous ceux qui jouissaient de quelque indépendance de fortune, et qui affectaient, dans leurs vêtements ou dans leurs maisons, de l’élégance et du luxe ; mais autour d’eux régnaient le découragement et la solitude.

Bourgeois, musicien et chanoine, d'après Herbé
Bourgeois, musicien et chanoine,
d’après Herbé
L’industrie et les arts utiles languissaient obscurément dans les villes que les invasions des Normands n’avaient pas encore saccagées, et le commerce, restreint dans ses développements, avait été forcé de suivre les consommateurs. Ainsi ce n’était point dans les anciennes capitales des Gaules qu’on trouvait les riches magasins, les assortiments d’étoffes et les armures dont les seigneurs et les nobles dames faisaient usage dans leurs châteaux. Le commerçant voyageur, comme dans tous pays où le peuple est opprimé, cheminait avec ses voitures et portait ses marchandises du manoir d’un seigneur à celui d’un autre. Sans demeure fixe, sans dépôt, comme sans fortune appréciable, il échappait de la sorte aux extorsions des grands, qui d’ailleurs ne pouvaient guère se passer de ses services.

Quant aux professions mécaniques, qui demandaient moins de capitaux et s’exerçaient également partout, les hommes puissants avaient soin d’y destiner quelques-uns uns de leurs serfs.

Charlemagne, dans le capitulaire De villis, avait ordonné de pourvoir chacun de ses châteaux ou maisons royales d’ouvriers en fer, d’orfèvres ou argentiers, de tailleurs, de tourneurs, de charpentiers, d’armuriers, de ciseleurs, de savonniers, de brasseurs capables de bien faire la cervoise, le cidre, le poiré et toute autre liqueur bonne à boire, de boulangers, de faiseurs de filets pour la chasse, et d’autres hommes encore exerçant des métiers qu’il serait trop long d’énumérer. A l’exemple de Charlemagne, chaque prélat, chaque comte ou vicomte s’était appliqué à avoir pour son propre usage les mêmes artisans, et le nombre de ceux-ci fut toujours en proportion de la richesse ou de la puissance de celui au service duquel ils étaient attachés. C’est pour cela que la fondation d’un couvent ou celle d’un château avait pour conséquence la fondation d’un petit bourg où se rassemblaient, à l’ombre de la grande maison, les hommes dont le travail était nécessaire au maître.

Cavalier et soldats, d'après Mifliez
Cavalier et soldats, d’après Mifliez
Costumes militaires
Le costume militaire était en grande partie resté au dixième siècle ce qu’il avait été sous Charlemagne ; il conservait encore quelque chose des traditions romaines : c’était pour les uns les longues tuniques resserrées par une ceinture et recouvertes d’un ample manteau ou chlamyde, et pour les autres le costume militaire romain, où l’on commençait à voir l’invasion du mauvais goût. Les boucliers, les épées, les casques avaient pris des formes bizarres qui les éloignaient chaque jour davantage des modèles sur lesquels on avait voulu les façonner. Les soldats portaient une cotte de mailles très courte sur une tunique qui descendait jusqu’aux genoux. Leurs souliers étaient attachés par des bandelettes comme en portaient beaucoup de Français au temps de Charlemagne. Leur coiffure avait la forme du bonnet phrygien. Outre l’arc, les flèches et l’épée, ils avaient pour arme offensive la lance, et pour arme défensive le bouclier.

La figure de cavalier que nous reproduisons porte un casque orné d’un volet et l’écu au bras. L’armure qui reparaît à son pied autorise à croire qu’il est entièrement bardé de fer. Son cheval, couvert d’une longue draperie qui ne laisse apercevoir que la queue et le bas des jambes, a la tète garnie de lames de fer, et porte une aigrette entre les deux oreilles.

Costumes de femmes
L’habillement des femmes paraît avoir éprouvé peu de changements au dixième siècle. Rien de plus simple que leur coiffure, de moins étudié que leur frisure, de plus uni, ni en même temps de plus fin, que leur linge. La coupe élégante de leurs vêtements rappelait encore la parure des Grecques et des Romaines. Leurs robes étaient parfois serrées au point de laisser voir toute la finesse de leur taille ; d’autres étaient si haut montées qu’elles leur couvraient entièrement le cou : on nommait ces robes cottes-hardies. La cotte-hardie, qui a été longtemps le vêtement des femmes françaises, et qui était commune aux hommes et aux femmes, était une tunique longue, descendant jusqu’aux talons, serrée d’une ceinture, et fermée aux poignets.

Les reines, les princesses et les dames nobles, y ajoutaient un long manteau doublé d’hermine ou une tunique avec ou sans manches. Souvent aussi leur costume se composait de deux tuniques et d’un voile ou draperie, qui remontait jusque par-dessus la tête, entourait le cou, et venait retomber par-devant sur la poitrine.

Princesse, dames nobles et seigneurs, d'après Montfaucon et Herbé
Princesse, dames nobles et seigneurs,
d’après Montfaucon et Herbé
Barbes
Vers le commencement du dixième siècle, on vit refleurir la mode des visages barbus. Il est parlé dans l’histoire de la barbe du roi Robert, concurrent de Charles-le-Simple : « Elle était longue et toute blanche, disent les auteurs ; il la mit hors de son armure, pour être mieux reconnu de ses soldats et comme signe de ralliement dans la mêlée. » Les barbes prirent, à cette époque, diverses formes. Ce fut la mode, pendant un temps, de les séparer en trois parties ; d’avoir de la barbe sur les deux joues, sous le nez et au bas du menton. On supprima par la suite la barbe des joues ; mais on réunit les moustaches à la barbe qui environnait le menton.

Sous Henri Ier, fils du bon roi Robert, les Français se décorèrent singulièrement la figure : les cheveux, les moustaches et la barbe étaient disposés pour ainsi dire en cascade. Les cheveux, ronds, égaux et plats, ne passaient point les oreilles ; c’était la première chute ; les moustaches, tombantes, dégagées et sans pointes, formaient la seconde ; une barbe fort longue, fort pointue, et placée à l’extrémité du menton, terminait la troisième.

C’était ainsi qu’Hugues, comte de Châlons, avait la tête décorée, lorsqu’après avoir été vaincu par Richard, duc de Normandie, il vint se jeter à ses pieds, une selle sur le dos, pour marquer qu’il se soumettait entièrement à lui : aussi les chroniqueurs disent-ils qu’on l’aurait pris plutôt pour une chèvre que pour un cheval.

Costumes des femmes âgées
On voyait autrefois sur un tombeau, dans l’église de Saint-Aubin d’Angers, la statue d’Adélaïde de Vermandois, veuve du comte d’Anjou, Geoffroy dit Grisgonelle, morte en 987. Cette figure, d’après la copie qui en a été conservée, porte l’ajustement entier des dames âgées du dixième siècle : le manteau recouvrant une robe à manches larges, passée elle-même par-dessus un autre vêtement, dont les manches serrées et boutonnées se terminent au poignet ; puis la guimpe, qui couvre le haut de la poitrine, entoure le cou et va rejoindre la coiffure, recouverte d’un voile assez court, relevé, et formant, aux deux côtés de la tête, sur chaque oreille, deux gros bourrelets.

Figures de rois ou de saints
Au dixième siècle, les artistes avaient un costume de tradition ou de convention pour représenter les personnages de l’histoire sacrée. Les figures de rois ou de saints étaient d’ordinaire vêtues de la toge, drapées à la romaine. La plupart portent de riches chaussures semées de perles, couvertes de plaques d’orfèvrerie, ou fixées par de longues bandelettes (fasciolae), qui montent en s’entrecroisant jusqu’au genou.

 

 


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