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Mode, Costumes

Variations des costumes depuis les Gaulois jusqu’au XIXe siècle. Histoire du costume, vêtement, coiffures, chaussures. Mode vestimentaire


XVe et XVIe siècles (Costume militaire aux),
sous les règnes de Charles VIII et Louis XII
(D’après un article paru en 1848)
Publié le jeudi 7 octobre 2010, par LA RÉDACTION

 
 

Le règne de Charles VIII est l’un des plus pauvres que nous connaissions en fait de monuments. A en juger par quelques figures d’une exécution très imparfaite, il ne changea pas l’armure chevaleresque ; il ne fit qu’en perfectionner certaines pièces. C’est alors que fut trouvé le système usité depuis pour l’articulation des épaulières ; c’est alors aussi que la mode ridicule et gênante des poulaines fut abandonnée pour faire place à des chaussures arrondies du bout, suivant la forme du pied ; on appela cela des sollerets.

Il est difficile de dire ce que la mode rapporta de la première expédition d’Italie ; peut-être les panaches tombant du cimier sur la nuque comme on en voit aux figures du temps de Louis XII, peut-être les saies ou sayons, sorte de tuniques ajustées de corsages et froncées de la jupe, qui remplacèrent à la fois les huques et les journades.

Une scène d’intérieur, qui se trouve dans l’historiographe Jean d’Auton, nous fait assister à la toilette militaire de Louis XII. Elle nous servira de texte pour constater les changements survenus entre l’époque de Louis XI et les premières années du seizième siècle. L’anecdote se place à l’année 1507, pendant l’expédition des Français contre Gênes.

« Le roi se reposait à Asti ; et lui, un jour, se sentant dispos, dit qu’il se voulait essayer en son harnais et chevaucher un des coursiers de son écurie pour s’en aider à la bataille, laquelle chacun espérait. Et comme ce jour, je fusse entré en sa chambre (c’est Jean d’Auton qui parle) pour lui vouloir bailler quelque écrit joyeux que j’avais en la main, je le trouvai en pourpoint avec peu de gens, et messire Galéas de Saint-Séverin, son grand écuyer, aussi en pourpoint, lequel lui chaussait ses sollerets et harnais de jambes avec les cuissots. Ce fait, demanda la cuirasse, et avant que la vouloir prendre, dit audit messire Galéas : « Je la veux voir premièrement sur vous, car mon harnais est presque fait pour vous. » Après que ledit écuyer fut armé de ladite cuirasse, le roi la regarda de tous côtés et la trouva bien faite disant : « Je cuide qu’elle me sera bonne et bien aisée. » Et fit désarmer celui écuyer, puis se fit armer de sa dite cuirasse et de toutes les autres pièces ; et essaya dessus son harnais une saye d’orfèvrerie bien riche, et tout autour semée d’écriteaux où était écrit en lettres romaines : Nescis quid vesper trahat, ce qui est à dire : Tu ne sais quelle chose le soir amène. »

Commencement du XVIe siècle. Louis XII faisant son entrée à Gênes.
Commencement du
XVIe siècle.
Louis XII faisant
son entrée à Gênes.
Le meilleur commentaire à ce passage est la figure équestre de Louis XII ci-contre. Elle représente le roi dans le costume qu’il portait le 28 avril 1507, jour de son entrée triomphale à Gênes : armé de toutes pièces, une houssine à la main et l’armet en tête ; par dessus sa cuirasse une saye cramoisie, brodée en or d’A couronnés, qui fermaient le chiffre de sa chère Anne de Bretagne. On remarquera la visière pièce de l’armet, pièce dont jusque-là le casque avait été dénué ; la couronne de perles et de panaches montée sur le tortil ou bourrelet du cimier ; l’épée courte ou estoc attachée à l’arçon de la selle, indépendamment de l’épée d’armes passée dans la ceinture ; les harnais du cheval ornés de perles, son chanfrein d’acier, la selle et la housse en velours galonné d’or, les caparaçons, pareils à la saye du cavalier. Tous ces détails sont de la plus grande fidélité historique ; il n’est pas jusqu’à la couleur noire du cheval qui ne soit spécifiée dans les relations de l’entrée à Gênes. Commencement du

La gendarmerie, à la richesse près, portait le même costume que celui qui vient d’être décrit. Des armures ciselées ou damasquinées distinguaient les capitaines des soldats. L’uniforme commençait à s’établir par suite de la distribution de chaque arme dans des corps particuliers. Ainsi, par exemple, dans les compagnies où la lance était toujours comptée pour six ou sept cavaliers, l’adjonction de tant d’hommes à un seul n’existait qu’administrativement : car, en marche comme en bataille, les archers et coutiliers, compagnons de la lance, formaient des escadrons à part, ayant leurs guidons particuliers et des officiers à eux qui ne dépendaient que du chef suprême de la compagnie.

La maison du roi formait aussi plusieurs corps distincts. En premier lieu étaient les deux cents gentilshommes de la garde, partagés en deux compagnies et formés de vétérans d’élite, presque tous ayant porté enseigne et guidon dans l’armée. Ils chevauchaient autour du roi, la hache à la main, armés du harnais chevaleresque, et richement habillés de leurs armes. Venaient ensuite les vingt-cinq archers écossais, appelés les archers du corps, tous vêtus d’un sayon blanc brodé d’or du haut en bas, avec une couronne sur le milieu de la poitrine. Les quatre cents archers français, autres gardes du corps, avaient sayons et hoquetons tout brodés d’or, aux couleurs et devises du roi. Les couleurs de Louis XII étaient le cramoisi et le blanc ; ses devises, l’A couronné et le porc-épic.

Les archers de la prévôté de l’hôtel, non compris parmi les archers français, avaient une épée brodée sur leurs hoquetons. Les archers des toiles, affectés à la garde et au service des tentes, étaient habillés de rouge ; enfin les Cent-Suisses de la garde portaient le costume de leur pays, avec les couleurs du roi, et force plumes dont ils recevaient deux livraisons par an.

Voici les corps qui complétaient l’armée française en dehors de la garde royale :

  • Les corps d’infanterie qui avaient remplacé les francs archers, formés pour la plupart de Gascons et de Picards, et dès lors devenus redoutables sous le nom d’Aventuriers ;
  • Les Suisses ;
  • Les lansquenets (landsknecht), mercenaires allemands qui n’étaient qu’une doublure des Suisses, maniant comme eux la pique et les mousquets si lourds, si imparfaits, si incommodes, appelés dans ce temps-là hacquebutes (d’où est venu arquebuse). Les lansquenets étaient empanachés comme les Suisses, mais mieux garnis d’armes offensives. Ils avaient sur la poitrine le hallecret, cuirasse faite de lames mobiles et à recouvrement, à laquelle nos vieux auteurs donnent quelquefois le nom d’écrevisse ;
  • Les conducteurs ou condottieri, gendarmerie italienne, plus légère que la française, et mieux appropriée aux reconnaissances ;
  • Enfin les Albanais, autre corps de cavalerie légère qui n’avait pour arme que la lance et l’yatagan. « Ils estoient tous Grecs, dit Philippe de Commines venus des places que les Vénitiens ont en Morée et devers Duras ; vestus à pied et à cheval comme les Turcs, sauf la teste où ils ne portent ceste toile qu’on appelle tolliban (turban). »
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