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Le mirage de la Tour Eiffel en 1889 - Histoire de France et Patrimoine


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Anecdotes insolites

Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques


Le mirage de la Tour Eiffel en 1889
(D’après « La Nature » paru en 1890
et « La Science illustrée » paru en 1889)
Publié / Mis à jour le dimanche 9 juillet 2017, par LA RÉDACTION


 
 
 
En 1890, le journal L’Astronomie, dirigé par le célèbre Camille Flammarion, signala un très curieux phénomène de mirage dont la Tour Eiffel avait récemment été l’objet, et similaire à celui observé 20 ans plus tôt près des quais du Louvre

Le journal L’Astronomie donne à ses lecteurs la copie d’un courrier reçu du Dr Charles-Henri Martin au sujet du mirage de la Tour Eiffel :

« Le vendredi 6 décembre 1889, vers 9 heures du matin, MM. Lion, ingénieur de la ville, Didier et Laureau, se trouvaient sur la place du Trocadéro, au coin de l’avenue Kléber. De ce point, on aperçoit la moitié supérieure de la Tour Eiffel, au-dessus la partie gauche des bâtiments du palais du Trocadéro.

La Tour Eiffel réfléchie dans les nuages. Mira observé au Trocadéro le 6 décembre 1889. D'après une gravure publiée par L'Astronomie
La Tour Eiffel réfléchie dans les nuages. Mirage observé au Trocadéro le 6 décembre 1889.
D’après une gravure publiée par L’Astronomie

« En ce moment le temps était clair et le soleil brillant. Tout à coup les observateurs s’aperçurent que la Tour se trouvait surmontée, pointe à pointe, par une seconde Tour renversée, dirigée dans le même axe que la véritable. Cette image renversée était très nette, au point que l’on apercevait distinctement la pointe, la boule terminale et toutes les travées de la dernière partie de la Tour ; la seconde plate-forme se voyait assez bien ; puis la partie moyenne était moins visible, et la base s’évanouissait, perdue dans une bruine supérieure.

« Très près et derrière la vraie Tour Eiffel, au-dessus du Champ de Mars, on pouvait remarquer, surtout à droite, vers l’ouest, un nuage bas, stationnant à la hauteur de la partie moyenne de la Tour, très brillant, éclatant comme de l’argent, d’une apparence pailletée. L’apparition resta nette pendant les quelques minutes que les observateurs demeurèrent sur la place. Elle était encore visible lorsqu’ils eurent traversé les bâtiments du Trocadéro jusqu’à la fontaine. Le soleil brillait à travers la brume, à gauche de la Tour, presque à la hauteur du deuxième étage.

C’est là, assurément, un fort intéressant phénomène météorologique, qui se produisit dans les conditions suivantes : la couche d’air, immédiatement supérieure à la Tour, faisait l’office de miroir. À la surface du sol, la température était de 0°. À cette même heure, au sommet de la Tour, elle était de - 3,5°, et le vent était nord-est faible.

À la suite de cet événement, et dans la revue scientifique La Nature qu’il dirige, Gaston Tissandier juge intéressant de résumer ici quelques-uns des faits du même genre ayant été signalés dans des circonstances à peu près semblables. Il confie qu’il lui a été ainsi donné d’observer un phénomène de mirage supérieur tout à fait analogue il y a une vingtaine d’années, en 1868, lors d’un voyage aérien exécuté au-dessus de la mer du Nord avec l’aéronaute Jules Duruof. Et de donner la description qu’il en avait publiée dans son Histoire de mes ascensions :

« À peine ai-je cessé de regarder les nuages qu’un phénomène de mirage bien inattendu vient ajouter à mes surprises. Nous cherchons les falaises de Douvres et nous nous étonnons de ne pas voir les côtes d’Angleterre qui ne sont pas bien distantes de notre aérostat ; elles sont cachées par un immense rideau de vapeurs plombées qui s’étend vers ce côté de l’horizon. Je lève la tête pour chercher la limite de cette muraille de nuages, et quel n’est pas mon étonnement quand j’aperçois dans le ciel une nappe verdâtre qui ressemble à l’image de l’Océan !

« Bientôt un petit point semble se mouvoir dans cette plage céleste : c’est un bateau, gros comme une coquille de noix, et en y fixant avec soin mes regards, je ne tarde pas à constater qu’il navigue à l’envers sur cet océan retourné ; ses mâts sont en bas et sa quille en haut. Un moment après je vois l’image du bateau à vapeur qui vient de partir de Calais pour l’Angleterre, et, avec ma lunette, je distingue la fumée qui s’échappe de son tuyau. Voilà bientôt deux ou trois autres barques qui apparaissent au milieu de cette mer magique, tableau vraiment saisissant d’une éblouissante fantasmagorie du mirage. »

Vingt ans avant le mirage de la Tour Eiffel, un phénomène similaire fut observé sur les quais de Paris, et fut relaté dans L’Atmosphère. Entre 3 et 5 heures du matin, le 14 décembre 1869, des passants attardés virent les quais du Louvre et les maisons avoisinantes être réfléchis dans le ciel, absolument comme dans un miroir. Apparut au-dessus de la Seine l’image renversée des différents ponts, au fond Notre-Dame et le Panthéon, plus près les Tuileries et le Louvre. L’heure matinale de l’apparition empêcha bien des gens de l’observer.

Le Louvre et les quais de Paris réfléchis dans les nuages. Mirage observé le 14 décembre 1869
Le Louvre et les quais de Paris réfléchis dans les nuages.
Mirage observé le 14 décembre 1869

Il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau. Au Moyen Age, des armées apparurent dans le ciel et, la superstition aidant, le phénomène resta absolument inexpliqué. Les astrologues prédirent des guerres, des calamités de toutes sortes. Aujourd’hui le phénomène s’explique facilement. Ce type de mirage est désigné par les météorologistes sous le nom de mirage supérieur. Il semble que dans ce cas, le fait de la réflexion intervient presque exclusivement, tandis que dans le phénomène, peut-être plus fréquent, des mirages inférieurs, la réfraction joue un rôle prépondérant — c’est le cas dans le désert, les couches d’air inférieurs faisant office de miroir. Les mirages supérieurs sont tout à fait semblables aux mirages latéraux qui donnent une image située, non pas au-dessus, mais à côté de l’objet.

Le mirage qu’observa Gaston Tissandier à bord de son ballon en 1868 fut vu, de terre, dans des conditions un peu différentes, comme le montre le récit suivant mentionné dans la Physique de Daguin : « M. Vince, de sa maison de Ramsgate, vit avec un télescope, en regardant du côté de Douvres, un navire qui se trouvait à l’horizon, reproduit en l’air et renversé, de manière que les extrémités des mâts de l’image étaient en contact avec les extrémités de ceux du navire. » Il s’agit ici d’un phénomène absolument semblable à celui auquel la Tour Eiffel donna lieu en 1889.




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