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7 juillet 1784 : mort d'Antoine Anseaume, l'un des pères de l'opéra-comique - Histoire de France et Patrimoine


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7 juillet 1784 : mort d’Antoine Anseaume,
l’un des pères de l’opéra-comique
(D’après « L’Opéra-comique en France au XVIIIe siècle » (par
Philippe Vendrix) paru en 1995 et « Le Nouvelliste » du 2 mai 1851)
Publié / Mis à jour le jeudi 1er juin 2017, par LA RÉDACTION


 
 
 
Auteur de quelque 25 pièces, comptant avec Poinsinet parmi les plus anciens librettistes de la nouvelle Comédie-Italienne, le modeste et laborieux souffleur Louis Anseaume, un des pères de l’opéra-comique, naquit à Paris en 1721, son professionnalisme lui valant d’être sollicité par plusieurs compositeurs importants

Sa production fut variée, allant des comédies en vaudevilles et des parodies italiennes de la fin des années 1750 au drame bourgeois de L’Ecole de la jeunesse (1765). Il excella dans les comédies brillantes, serrées, à la « verve parfois exhilarante », comme le dira l’historien et critique musical Arthur Pougin (1834-1921). Ses œuvres inspirées de La Fontaine donnent le ton aux opéras-comiques de genre fabuleux durant la seconde moitié du siècle.

Les Deux Chasseurs et la Laitière (1763, musique d’ Egidio Romualdo Duni (1709-1775)), oeuvre délicieuse basée sur deux fables, révèle quelques-uns de ses dialogues les plus humoristiques ainsi qu’une fine perception du comique visuel. Ses personnages sont attachants et leurs caractéristiques propres ressortent dans les textes qu’ils chantent.

Le chanteur et comédien Jean Elleviou (1769-1842) dans le rôle de Pierrot en 1811, dans l'opéra-comique Le Tableau parlant composé par Anseaume et Grétry (1769)
Le chanteur et comédien Jean Elleviou (1769-1842) dans le rôle de Pierrot en 1811,
dans l’opéra-comique Le Tableau parlant composé par Anseaume et Grétry (1769)

Grimm résuma ainsi l’attitude du librettiste : « Quant au style, M. Anseaume n’a pas une grande correction, ni beaucoup de force et d’élégance ; mais il a de la vérité, du naturel, une grande facilité : de tous les poètes qui travaillent pour le nouveau genre d’opéra-comique, c’est le plus lyrique. »

La Clochette (1766, musique de Duni) révèle à nouveau l’imagination théâtrale d’Anseaume. Son élément central — le son d’une cloche pendue au cou d’un mouton considéré comme perdu — est à la fois visuel et musical, et s’ajoute à l’agencement calculé des mouvements de scène du voleur et de son rival qui contribuent a comique. Dans le duo comico-sérieux, « Quand on prend une ferme », Nicodème explique à Colin que les diverses manières d’acheter une ferme et de prendre femme fonctionnent identiquement. Ses arguments ironiquement logiques illustrent parfaitement le type d’humour intelligent dans lequel excellait Louis Anseaume.

Les Deux Chasseurs et La Clochette furent deux des opéras-comiques les plus populaires des années 1760, avant que ce genre de farce pastorale ne soit remplacé par des comédies sentimentales et morales. Le style clair et spirituel d’Anseaume convenait merveilleusement au style italien de Duni qui, lui aussi, ne paraîtra démodé qu’après 1770. Anseaume pouvait donner dans la vraie folie, comme dans Mazet ou L’Ile des fous (1760) ; mais il pouvait aussi créer des scènes de profonde émotion, comme le prouve le monologue de Cléon dans L’Ecole de la jeunesse. Cette pièce illustre à quel point les deux collaborateurs, Anseaume et Duni, parvenaient à s’accommoder de nouvelles orientations littéraires de l’opéra-comique.

Anseaume travailla également avec le compositeur André Grétry (1741-1813) qui le recommanda pour la versification des textes chantés du Jugement de Midas de d’Hèle. La collaboration entre Grétry et Anseaume, qui donna naissance au Tableau parlant (1769) trouve son origine dans l’anecdote suivante : en 1769, Grétry venait de donner, à peu de mois d’intervalle, ses deux premiers ouvrages : Le Huron et Lucile. On lui reprocha de manquer de gaieté ; il répondit par Le Tableau parlant, dont les paroles furent écrites par Anseaume.

L'acteur Pitrot dans le rôle de Cassandre en 1829, dans l'opéra-comique Le Tableau parlant composé par Anseaume et Grétry (1769)
L’acteur Pitrot dans le rôle de Cassandre en 1829, dans l’opéra-comique
Le Tableau parlant composé par Anseaume et Grétry (1769)

Personne ne s’était encore avisé de faire pleurer à l’Opéra-Comique. Or, le plus beau morceau de Lucile, le fameux quator : Où peut-on être mieux qu’au sein de sa famille ! n’avait eu qu’un succès de larmes. Grétry raconte, avec une vanité naïve et débonnaire, qu’il suffisait de chanter son quator pour disposer les parents à la douceur, les fils à l’obéissance, les époux à la tendresse.

Un père trop cruel refusait-il sa fille à un jeune homme qui n’avait ni bien, ni rang, ni naissance, on lui chantait le quator de Lucile, et le voilà tout à coup radouci ; s’il résistait encore, l’amant éconduit allait se jeter aux pieds du duc d’Orléans, et lui disait : « Monseigneur, j’ai vu pleurer Votre Altesse au quator de Lucile, j’aime éperdument la fille d’un gentilhomme de votre maison ; il me la refuse, sous le vain prétexte que je n’ai point de fortune : je viens implorer votre protection. Où peut-on être mieux... — Relevez-vous, jeune homme », répondait le prince attendri, et le mariage était conclu sous les auspices du bienheureux quator.

Deux frères se boudaient-ils, une femme détestait-elle son mari, un beau-père était-il brouillé avec sa bru, Grétry n’avait qu’à s’approcher du piano ; aux premières notes de ce touchant quator, les cœurs les plus endurcis se sentaient fondre et amollir comme la cire au soleil, et la paix se faisait dans le ménage.

Une seule fois, toujours au dire de Grétry, ce morceau, d’une sensibilité si contagieuse et si universelle, au lieu d’inonder les banquettes, excita une immense hilarité. C’était dans un théâtre de province. On jouait une tragi-comédie héroïque intitulée : Samson. Les autorités de la ville honoraient ce spectacle de leur présence. Au plus beau moment de cette burlesque parodie, comme Arlequin s’escrimait contre un dindon, la pauvre bête, poursuivie à outrance, ouvrit ses lourdes ailes et alla se réfugier dans la loge du maire. Aussitôt le parterre se mit à chanter en chœur : Où peut-on être mieux qu’au sein de sa famille !

Cette plaisanterie d’un parterre de province décida peut-être André Grétry, autant que les critiques qui lui refusaient la gaieté, à écrire une pièce franchement comique. Il n’osa pas demander une parade au célèbre Marmontel ; un écrivain plus facile et plus accommodant la lui livra en peu de jours. L’auteur des paroles du Tableau parlant se nommait Anseaume.

On le savait homme laborieux et modeste, rempli d’esprit et de sel, cumulant les emplois de souffleur et de secrétaire à la Comédie-Italienne. Il avait écrit nombre d’opéras-comiques en se jouant et sans prendre aucun souci de ces enfants perdus de sa plume dont il revendiquait rarement la paternité. Il avait du goût, de l’instruction, de la finesse beaucoup plus qu’il n’appartient à un souffleur, et même à un secrétaire. Au demeurant, jamais auteur n’était moins auteur que lui : on pouvait estropier ses pièces, leur couper bras et jambe, retrancher des scènes entières, changer le dénouement, l’allonger ou le raccourcir à volonté, Anseaume ne songeait pas à s’en plaindre.

André Grétry. Gravure (coloriée) d'Amédée Félix Barthélémy Geille d'après le dessin de Jean Baptiste Isabey (1767–1855), publiée dans Le Plutarque français (Tome 6) paru en 1847
André Grétry. Gravure (coloriée) d’Amédée Félix Barthélémy Geille
d’après le dessin de Jean-Baptiste Isabey (1767–1855), publiée dans
Le Plutarque français (Tome 6) paru en 1847

« J’ai éprouvé, dit Grétry, combien il est difficile de faire de la bonne musique sur des paroles trop spirituelles. Dans son Amitié à l’épreuve, Favart, dont le style est plein d’esprit, m’a coûté des peines infinies ; dans son Tableau parlant, Anseaume, rempli de bonhomie, ne m’a coûté que la peine d’écrire. » Le Tableau parlant fut remanié et corrigé par le duc de Nivernois. Anseaume ne dit mot. Après la représentation, on fit honneur au duc du succès qui revenait au souffleur. Anseaume ne sortit point de son trou pour réclamer sa part de bravos.

Ce fut pendant les jours de printemps que Grétry composa de verve et d’inspiration ce délicieux ouvrage. « J’étais si plein de mon sujet, dit-il dans ses Essais sur la musique, qu’un jour, après le dîner, je fis, chez l’ambassadeur de Suède, quatre morceaux de musique sans interruption : 1° Pour tromper un pauvre vieillard ; 2° Vous étiez ce que vous n’êtes plus ; 3° La Tempête de Pierrot ; 4° Le duo : Je brûlerai d’une ardeur éternelle », les quatre plus beaux morceaux du Tableau parlant.

Cet opéra ne réussit que médiocrement à la première représentation. Le chanteur lyrique Clairval (1735-1795) — pseudonyme de Jean-Baptiste Guignard — et la cantatrice Marie-Thérèse Laruette (1744-1837) n’osèrent s’abandonner à leur verve et à leur entrain. La pièce parut froide et languissante. Mais peu à peu, les personnages de Colombine et de Pierrot s’affranchir de leur gêne, et sans blesser le goût ni les bienséances, attirèrent tout Paris, femmes du monde et grisettes, étudiants, gens d’esprit, magistrats, philosophes et financiers. Ce fut alors un autre vacarme : les envieux firent les difficiles et les dégoûtés ; les coquettes rougirent et se voilèrent les yeux de leur pudique éventail ; une prude affirma, au souper du duc de Choiseul, qu’on ne pouvait entendre deux fois cet opéra, « parce que les accompagnements étaient d’une indécence outrée. »




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