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20 avril 1671 : mort de Daniel Hay du Chastelet, premier occupant du fauteuil 37 de l'Académie française - Histoire de France et Patrimoine


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20 avril 1671 : mort de Daniel Hay
du Chastelet, premier occupant du
fauteuil 37 de l’Académie française
(D’après « Revue de Bretagne et de Vendée », paru en 1873)
Publié / Mis à jour le vendredi 31 mars 2017, par LA RÉDACTION



 
 
 
Né d’un père juge civil, criminel et de police, Daniel du Chastelet était un homme de moeurs paisibles, et aimant l’étude il eut, dès l’âge de 25 ans, le doyenné de l’église collégiale avec le prieuré de Notre-Dame de Vitré, son goût pour la retraite le retenant presque toujours dans sa patrie

Les documents contemporains sont à peu près muets sur cet obscur immortel, frère du brillant polémiste Paul Hay du Chastelet (1592-1636), magistrat et conseiller d’État sous Richelieu.

Nous savons qu’il naquit le 23 octobre 1596, quatre ans après Paul, et que destiné, en qualité de cadet de famille, à l’état ecclésiastique, il obtint de bonne heure (1623) de la munificence du duc de la Trémouille, baron de Vitré, l’abbaye de Chambon, dépendant de la vicomté de Thouars, sur les confins du Poitou.

Mais à l’âge de vingt-cinq ans, il était déjà prieur de Notre-Dame de Vitré, et doyen de l’église collégiale de Laval, ou son père était lieutenant civil et criminel ; aimant fort la solitude, il vivait très retiré près de son père, et quoiqu’il passât à Laval pour controversiste habile et grand mathématicien, sa renommée ne franchissait guère le petit cercle de ses intimes.

Lorsque son frère eut fixé sa situation au conseil du roi, près du cardinal de Richelieu, Daniel fit quelques apparitions à Paris, et grâce à Paul entra en relations scientifiques et littéraires avec les principaux personnages de la république des lettres : il travaillait beaucoup et entassait de nombreux manuscrits sur ses deux études favorites, la controverse et les mathématiques ; mais aucun de ses travaux n’avait encore émigré de son cabinet chez le libraire, lorsqu’au mois de février 1635, Paul du Chastelet pria ses confrères de l’Académie naissante de vouloir bien admettre Daniel dans la compagnie.

Ancien couvent des Augustins de Vitré (Ille-et-Vilaine). Gravure du XVIIe siècle
Ancien couvent des Augustins de Vitré (Ille-et-Vilaine). Gravure du XVIIe siècle

Paul avait déjà rendu d’éminents services aux académiciens ; on comptait sur son appui au palais Cardinal : aucune voix ne s’éleva contre sa proposition et l’abbé de Chambon fut reçu le 26 février. Il était temps, car l’Académie comptait déjà trente-sept membres, et le nombre fatidique de quarante allait bientôt résonner à l’oreille des nouveaux candidats.

Daniel du Chastelet suivit fort assidûment pendant plusieurs années les travaux des séances académiques. Chapelain, écrivant le 14 janvier 1639 à son ami Godeau, l’évêque de Grasse, lui racontait ainsi « les exercices de la troupe », terme railleur qui lui était assez familier : « Vous n’en saurez donc autre chose, sinon qu’elle s’assemble chez l’abbé de Châtillon, naguère de Bois-Robert ; que l’abbé de Bourzeys y préside, que l’abbé de Cérisy n’y vient plus parce qu’on n’y harangue plus, et que l’abbé de Chambon n’y vient que pour travailler ses Bretons, à l’ombre de son Committimus. »

Qu’était-ce que ce travail sur les Bretons ? Nous n’avons pu le découvrir, car il n’est resté aucune trace des manuscrits de l’abbé. D’un autre côté, la requête des dictionnaires, échappée à la verve jalouse du célèbre Ménage, nous apprend que Daniel du Chastelet fut un des défenseurs des adverbes, proscrits dans la fameuse querelle du Car :

Mais, grâces à l’abbé Chambon,
À Sirmond, au Père Bourbon,
Au sieur Godeau le paraphraste,
..........
Ces mots ont été maintenus.

Enfin, la Rymaille sur les plus célèbres bibliotières de Paris, publiée en 1649 par « le Gyrouargue Simpliste », déclare que :

La curiosité de Chambon
Est un ramas utile et bon.

ce qui semble indiquer chez l’abbé une passion bibliographique sérieuse ; mais en dehors de ces petits détails nous sommes très peu éclairé sur sa carrière silencieuse.

Une lettre non datée, de Costar, peut encore nous apprendre en quelle haute estime le défenseur de Voiture tenait les talents modestes du frère de son ancien patron ; mais elle ressemble beaucoup trop aux dédicaces pompeuses de ce temps pour qu’on puisse prendre ces éloges au pied de la lettre. En l’absence d’autres documents plus complets sur notre académicien, citons-la tout entière :

« À Monsieur l’abbé de Chambon, official du Mans.

« Monsieur,

« Il vous a plu autrefois de me promettre beaucoup d’amitié, en considération de M. votre frère qui m’honorait de ses bonnes grâces. Depuis ce temps-là, je ne vous en ai point fait souvenir, et quelque intérêt que j’eusse à ne perdre pas un si grand bien, je n’ai point pris de soin de le conserver, et je m’en suis tenu à votre générosité.

« Cependant, Monsieur, je suis devenu Provincial, et d’une province où vous tenez un des premiers rangs. Il y a tant d’honneur à être aimé de vous, et tant de honte à n’en être pas connu, principalement à un homme qui fait profession des lettres, que je n’ai pu me défendre de dire en beaucoup d’endroits que je ne vous étais pas indifférent. J’appréhende, qu’on ne m’ait crû trop véritable, et que dans cette opinion, quelques-uns de mes amis ne m’emploient auprès de vous. Ce me serait une grande douleur si vous les désabusiez, et s’ils reconnaissaient que je m’étais vanté à faux.

« J’ai donc jugé, Monsieur, que la première recommandation que je me ferais, devait entre pour moi-même, et qu’il fallait que j’apprisse de vous d’abord comment j’étais en votre esprit. Il est si beau, qu’il y a peu d’honnêtes gens qui ne tâchent d’y entrer, et qu’il n’y a point de si petite place qui n’y soit bien disputée.

« Mandez-moi, s’il vous plaît, Monsieur, celle que vous avez agréable que j’y tienne, et ce que m’a valu la faveur des morts, et le bonheur peut-être d’être approuvé de quelque autre personne que vous estimez. La meilleure raison que j’ai de bien espérer, c’est qu’il me semble que je suis le mesure que j’étais quand vous me témoignâtes la première fois de la bonne volonté, et que vous me fîtes la faveur de me recevoir pour votre très humble serviteur... »

La suscription nous apprend que Daniel du Chastelet avait ajouté à tous ses titres ecclésiastiques celui d’official du Mans ; et l’on sait que cette charge avait une grande importance, car l’officiai était un juge d’Église qui exerçait la juridiction ordinaire de l’évêque ou de l’archevêque. Il fallait être licencié ou docteur en théologie pour occuper cette fonction ; et tous les clercs du diocèse étaient justiciables du tribunal de l’officialité.

Quant à l’abbaye de Chambon, c’était, dit le Gallia Christiana, un monastère du Poitou, voisin de la Scie en Brigon, de l’ordre de Saint-Benoît et placé sous le patronage de la Vierge. Elle avait été enrichie par les libéralités des vicomtes de Thouars ; mais elle était si obscure qu’à peine les savants auteurs de cette compilation peuvent en citer quelques abbés. Le seul qu’ils mentionnent avant Daniel du Chastelet est Georges de la Trémouille en 1559 ; nous ne savons s’il fut le prédécesseur immédiat de l’académicien : dans ce cas, il serait bort fort vieux, et Daniel aurait été nommé très jeune abbé du monastère.

L’abbé de Chambon mourut à Laval, le 20 avril 1671 ; et d’Olivet, qui donne cette date, rapporte que son neveu, Paul du Chastelet — deuxième du nom et souvent confondu avec son père, le magistrat Paul évoqué plus haut —, l’auteur du traité de l’éducation de M. le Dauphin, devenu héritier de ses manuscrits, n’y connaissant rien, et ne voulant pas qu’un autre les débrouillât, prit le parti de les jeter au feu. C’est ainsi que Daniel du Chastelet est un des rares académiciens dont il ne nous reste absolument rien, pas même une phrase.

Son successeur à l’Académie fut Bossuet, qui se borna, dans son discours de réception, à faire un éloge pompeux du grand cardinal et de l’institution académique en général, sans adresser un seul mot de souvenir à son humble prédécesseur. Le directeur Charpentier, qui lui répondit, suivit un si noble exemple.




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