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25 mars 1918 : mort du compositeur Claude Debussy - Histoire de France et Patrimoine


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25 mars 1918 : mort du compositeur
Claude Debussy
(D’après « La Revue hebdomadaire » du 4 mai 1918
et « Les Annales politiques et littéraires » du 7 avril 1918)
Publié / Mis à jour le jeudi 16 mars 2017, par LA RÉDACTION



 
 
 
Affirmant s’en tenir à la sensation pure, subite, isolée, fugitive, simplement goûtée pour elle-même, Claude Debussy restera comme un des artistes originaux de son temps, d’abord incompris du public, accueilli avec défiance dans les concerts où furent exécutées ses premières oeuvres, avant de s’imposer tout à coup en 1902

Né le 22 août 1862 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), Claude Debussy fréquenta le Conservatoire de 1873, où il y entrait dans une classe de solfège, jusqu’en 1884, où il en sortit avec le premier grand prix de Rome, ayant accroché dans l’intervalle un second prix de piano, quelques récompenses en accompagnement et aucune en harmonie.

C’est que, justement, les premiers signes de son originalité se manifestèrent par son indocilité aux enseignements scolastiques d’Émile Durand, lequel professait alors cette branche de la doctrine. Ernest Guiraud fut plus sagace qui, au cours de composition, discernant les promesses de cette indépendance, conseilla seulement au jeune homme d’en ajourner les dangereuses fantaisies jusqu’après l’épreuve définitive du prix de Rome que Debussy obtint en effet, grâce, dit-on, à une intervention en sa faveur du noble et doux Gounod.

Claude Debussy. Peinture de Marcel Baschet (1884)
Claude Debussy à 22 ans. Peinture de Marcel Baschet (1884)

La cantate de l’Enfant Prodigue, exhumée par les éditeurs et les directeurs de concerts après le triomphe de Pelléas, montre chez ce jeune homme de vingt-deux ans, avec le don musical le plus manifeste, une rare habileté, poussée jusqu’au seuil de la rouerie, dans le dosage des formules selon Massenet, destinées à enlever le succès, avec des hardiesses qui, tant soit peu accentuées, eussent compromis ce succès.

Libéré désormais de toute discipline scolaire, Claude Debussy, une fois l’hôte de la Villa Médicis, donna libre cours à son inspiration — et à sa malice — dans deux envois de Rome : la Damoiselle Elue et le Printemps. La Damoiselle Elue, poème chanté d’après Rossetti, commence par une impertinente série de quintes parallèles, subversives de toute saine doctrine académique. Et le Printemps, écrit dans le ton un peu monté en couleur de fa dièse, mélange à l’orchestre les voix traitées à la manière instrumentale, d’une façon également révolutionnaire.

La malice de Debussy, qui était un trait caractéristique sinon essentiel de sa nature, s’est exprimée tout à l’aise dans des articles (Revue BlamJie et Gil Blas) d’une forme vive. : et primesautière, où quelques-uns des plus grands noms de la musique sont assez malmenés et "où le souci ,d* « épater le bourgeois », qui né fut peut-être pas Wcrjours absent de sa musique elle-même, — ajoute moins qu’il ne semble à la liberté du jugement.

Le digne Institut prononça un froncement de sourcils qui n’intimida point le jeune lauréat et le désigna à l’attention des cénacles avancés. Au reste, il y avait déjà, dans le préraphaélitisme musical de la Damoiselle Élue presque toute la souplesse de Pelléas et dans le Printemps cette vibration à tous les rayonnements de la nature, que l’on trouvera plus tard dans les Nocturnes, dans la Mer... et, pour quitter la musique, dans certains poèmes de la comtesse de Noailles.

Depuis 1884 et durant quinze années environ Claude Debussy, ayant terminé son éducation proprement musicale, parachève son éducation artistique, c’est-à-dire qu’il nourrit et abreuve son art aux sources des arts voisins, poésie et peinture. C’est l’époque par excellence du dilettantisme : les gens de goût se disent esthètes, les novateurs décadents, les poètes symbolistes ; termes un peu vagues, qui conviennent seuls pour désigner des tendances souvent indécises, où rien ne s’affirme, où tout cherche à se mêler, où la nonchalance concilie les contraires.

Les oeuvres écrites ou publiées par Debussy durant la période de formation (1880-artistique 1895) trahissent encore, pour la plupart, quelque indécision. Certaines d’entre elles, comme la Petite Suite, pour piano à quatre mains, ne dépassent pas de beaucoup Guiraud ou Delibes. En revanche, dès 1892, l’interprétation orchestrale que Debussy donne à Mallarmé dans le Prélude à l’après-midi d’un faune est un chef-d’œuvre décisif, pour le caprice de l’invention mélodique, la subtilité des rythmes et des timbres et le frisson si vivant de l’atmosphère sonore.

L’année suivante, un autre chef-d’œuvre, le Quatuor à cordes, fait preuve de la même sensibilité, avec une adresse que met en relief le cadre plus rigoureux de la musique pure. En 1899 les trois Nocturnes pour orchestre, flottement de Nuages, échos de Fêtes, appels de Sirènes, ravissent les auditeurs par la palpitation frémissante de leurs suggestions. Entre temps quelques plaquettes de mélodies, agiles et incisives pour traduire le fantasque Verlaine, langoureuses pour s’adapter au lyrisme voluptueux de Pierre Louïs dans les Chansons de Bilitis, moins heureuses dans leur expression quand elles abordent l’âpre Baudelaire, unissent ainsi que la vigne à l’ormeau une déclamation libre comme le vers libre et comme la parole même au décor d’une trame musicale qui l’enveloppe plus qu’elle ne la soutient.

Connues et admirées d’un petit cercle, attaquées ou dénigrées par un grand nombre de gens dont beaucoup les ignoraient, ces oeuvres n’assuraient encore à Claude Debussy qu’une notoriété restreinte, une célébrité de cénacle. En revanche, ce fut un coup d’éclat que fut au contraire, dans le grand public et dans la presse, la première représentation à l’Opéra-Comique, le 30 avril 1902, de Pelléas et Mélisande, le choc des sarcasmes contre les acclamations, la victoire d’abord disputée, gagnée, de jour en jour et bientôt définitive.

Le drame lyrique de Pelléas et Mélisande, représenté en 1902, obtint en effet un succès retentissant. Ceux-là même qui contestaient le talent de l’auteur se firent ses apologistes enthousiastes. Le « debussysme » devint une sorte de religion... Le critique Pierre Lalo contribua alors plus que tout autre à former autour d’elle une atmosphère d’admiration et de sympathie. Quelques jours après la disparition du musicien, il confie aux Annales politiques et littéraires ce que Debussy a apporté de nouveau à la musique française :

« Revoyez par la pensée l’Après-midi d’un faune, les Nocturnes, Pelléas et Mélisande, les œuvres que nous avons aimées des le temps de leur apparition, et lorsque le debussysme n’existait pas encore ; rappelez-vous par quelles qualités et quelles grâces essentielles elles nous ont séduits et conquis. La sensibilité d’abord, une sensibilité d’une fraîcheur, d’une délicatesse, d’une spontanéité sans pareilles et véritablement uniques, où ne se trahit rien de voulu ni d’apprêté, qui saisit sans effort ce qu’il y de plus exquis et de plus subtil dans le spectacle et l’impression des choses, qui l’exprime avec tant de bonheur, tant d’intensité et tant de naturel à la fois, que la musique est égale aux choses elles-mêmes, qu’on est pénétré de l’une précisément comme l’on serait ému par les autres, et qu’on a l’illusion entière de leur charme ou de leur beauté.

« Songez à la sortie du souterrain dans Pelléas, ou à la scène de la terrasse, ou encore à celle de la grotte, ou bien aux Nuages des Nocturnes, et dites si vous ne vous sentez pas enveloppé du frémissement de l’air et de la caresse de la lumière, si vous n’êtes pas devant cette musique comme devant la nature ; c’est vraiment la fleur et la jeunesse premières de la sensation. Le goût n’est pas moins merveilleux que la sensibilité. Aucune recherche de l’effet, aucun désir de plaire ou d’étonner ; le langage le plus discret, le plus fin et le plus léger.

« Ce n’est pas un auteur qui parle à un public ; c’est un esprit qui évoque pour lui-même les images dont il a été charmé. Images brèves et fugitives clans leur justesse presque magique elles apparaissent et passent ; elles ont tout dit, ne se répètent et n’insistent pas ; images qui sont des évocations, non des descriptions et des peintures ; où il n’y a ni minutie de détails, ni mutations de la réalité, mais la suggestion de la vie et de l’âme des choses. Et pour exprimer tout cela, les moyens les plus simples et les plus délicats ; jamais d’accumulation, de complication ni de bruit ; une sobriété et un choix exquis : souvenez-vous des Nuages, ou du soleil couchant sur la terrasse, ou de la nuit au seuil de la grotte, relisez la partition d’orchestre : cela est fait avec rien, comme on dit, et rien n’y manque.

« Enfin, il y a dans les oeuvres de ce temps-là une unité profonde. Unité imprécise, unité qui ne se manifeste ni par une forme définie, ni par des développements symétriques ; mais unité intime, exactitude achevée des proportions, harmonieuse correspondance de toutes les parties, qu’il est peut-être difficile de démontrer et d’expliquer, mais qui sont des faits à la fois mystérieux et évidents. »

Claude Debussy. Photographie de Nadar
Claude Debussy. Photographie de Nadar

Le triomphe de Pelléas donnait à Claude Debussy non seulement la gloire, mais la vogue dont ses détracteurs, vaincus sans être désarmés, se faisaient maintenant malgré eux les artisans. Il pouvait tout entreprendre, tout oser. Mais après Pelléas, il ne donna plus au théâtre que deux ouvrages secondaires : le Martyre de Saint-Sébastien, musique de scène pour le drame de Gabriele d’Annunzio, et Jeux, ballet pour Nijinsky. Dans Saint-Sébastien, une sorte d’aplanissement et d’élargissement du style évoque parfois la polyphonie religieuse du XVIe siècle. Dans le divertissement de Jeux, l’anglomanie de Debussy s’essaye moins à illustrer la chorégraphie que le sport, et l’oeuvre a peu d’importance.

Ainsi, après Pelléas et Mélisande, Debussy déserta la scène, qu’il avait conquise de haute lutte. Il revint à des œuvres où sa poétique, absolument indépendante, exclusivement individuelle, pouvait à la fois s’affirmer et se raffiner. Ses œuvres, soit pour l’orchestre, soit pour le piano, larges esquisses symphoniques comme la Mer ou feuilles d’album comme les Jardins sous la pluie, porteront presque toutes cependant des titres pittoresques et emprunteront de plus aux arts plastiques des désignations collectives : Estampes, Images.

La santé de Claude Debussy se détériora à partir de 1910 : il acheva ses dernières œuvres et ne sortit plus que très rarement, notamment en 1913 pour une tournée à Saint-Pétersbourg couronnée de succès. Il mourut le 25 mars 1918 et fut d’abord inhumé au cimetière du Père-Lachaise, avant d’être transféré au cimetière de Passy, dans le 16e arrondissement de Paris, reposant aux côtés de sa fille et de son épouse, Emma, morte en 1934.




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