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18 mars 1907 : mort du chimiste et académicien Marcellin Berthelot - Histoire de France et Patrimoine


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18 mars 1907 : mort du chimiste
et académicien Marcellin Berthelot
(D’après « Le Petit Parisien » et « Le Petit Journal », parus en 1907)
Publié / Mis à jour le jeudi 9 mars 2017, par LA RÉDACTION



 
 
 
Le grand savant, l’illustre penseur, avait pris place, de son vivant déjà, auprès des plus hautes figures du XIXe siècle. Sa fécondité était admirable ; sa pensée embrassait toutes les connaissances ; son oeuvre apparaît comme une des plus vastes qui aient été accomplies

Chimiste, Marcellin Berthelot révolutionne la chimie ; philosophe, il met la science positive, sereine et pacifique, à la base de sa conception des choses. Professeur, sénateur, ministre, il transforme notre enseignement public ; écrivain, il ajoute, à nos trésors littéraires, des pages d’une pureté classique. Marcellin Berthelot était un Parisien de Paris. Il y était né le 25 octobre 1827, dans une maison située place de Grève, devenue, depuis lors, la place de l’Hôtel de Ville.

Après de brillantes études au lycée Henri-IV, il obtint Ie prix d’honneur de philosophie au concours général de 1846. Sans passer par aucune école, il conquit tous ses grades. Dès le mois d’avril 1854, il passait l’examen de docteur ès-sciences avec une thèse sensationnelle sur les Combinaisons de la glycérine avec les acides et reproduction des corps gras neutres naturels. Depuis trois ans déjà, il était attaché au Collège de France en qualité de préparateur des cours de chimie de Balard.

Marcellin Berthelot. Gravure de 1885
Marcellin Berthelot. Gravure de 1885

En 1861, l’Académie des sciences lui décernait le prix Jecker pour ses recherches sur la reproduction artificielle des composés organiques par la synthèse organique. Deux ans plus tard, à la demande des académiciens les plus notoires, la chaire de chimie organique était créée pour lui, au collège de France, « afin qu’il y pût développer ses idées personnelles » :

« Adonné, a-t-il pu écrire en toute fierté, dès mes débuts dans la vie, au culte de la vérité pure, je ne me suis jamais mêlé à la lutte des intérêts pratiques qui divisent les hommes. J’ai vécu dans mon laboratoire solitaire, entouré de quelques élèves, mes amis. » En ces quelques lignes, Marcellin Berthelot a retracé toute sa vie.

Nommé membre de l’Académie de médecine en 1863, il concourut, en 1867, par ses conseils, à la fondation de l’école des hautes études et à la rénovation de l’enseignement scientifique. En 1873, il était nommé membre de l’Académie des sciences et, en 1889, secrétaire perpétuel de cette compagnie. Enfin, le 28 juin 1900, il était appelé à s’asseoir, à l’Académie française, dans le fauteuil devenu vacant par la mort de Joseph Bertrand. Son élection avait lieu sans concurrent, par 19 voix sur 28 votants, avec 9 bulletins blancs.

Quatre ans après, les savants français célébraient son jubilé en une manifestation grandiose. Membre du Conseil supérieur des beaux-arts, du Conseil supérieur de l’instruction publique, et des principales sociétés savantes de France, il appartenait également à de nombreuses académies et sociétés scientifiques étrangères, telles que la Société royale de Londres, la Société de physique de Genève, la Société des naturalistes de Moscou, les académies de Saint-Pétersbourg, Copenhague, Dublin, Lisbonne, etc. Le 30 avril 1886, il fut promu au grade de grand-officier de la Légion d’honneur.

Pendant le siège de Paris durant la guerre de 1870-1871, Berthelot prit à partir du 2 septembre 1870 la présidence du Comité scientifique de défense, rendant d’éminents services en ces heures sombres. Son activité le porta à s’occuper de la fabrication des canons et des explosifs, et le concours patriotique qu’il donna à la défense de Paris lui valut d’être par la suite nommé membre du Comité consultatif des poudres et salpêtres, puis président de la commission des substances explosives.

L’œuvre scientifique de Berthelot est immense. Ses principaux travaux peuvent être. cependant, groupés autour de deux idées fondamentales : la synthèse des composés organiques au moyen des corps élémentaires et la thermochimie, véritable mécanique chimique qu’il a créée presque de toutes pièces. C’est lui qui découvrit l’acétylène. Sa théorie nouvelle des explosifs nous a valu la poudre sans fumée. Enfin, il a publié plus de 600 mémoires, disséminés dans divers recueils. Voulant faciliter ses travaux, en le mettant à même de les poursuivre dans la tranquillité nécessaire, l’État lui avait fait construire un laboratoire modèle, à Meudon.

Il fallait être un assidu des séances de la Haute-Assemblée pour connaître l’attitude favorite de Marcellin Berthelot, sénateur inamovible. Cette attitude était toute de songerie et d’apparente indifférence. Le grand savant, qui ne faisait de la politique que pour aider, en servant son pays, à l’éducation et au perfectionnement des masses, le grand savant paraissait dormir au plus fort des discussions. Engoncé dans son fauteuil, la nuque sur le haut du dossier, la tête rejetée en arrière et les yeux clos, les mains jointes, il semblait n’accorder à tous les discours, à toutes les interruptions, qu’un peu moins du minimum d’attention.

Et cependant rien ne se perdait pour lui d’un débat intéressant. Au moment du vote, son bulletin allait immuablement se joindre à ceux de la gauche. Élu sénateur inamovible en 1881, Marcellin .Berthelot fut deux fois ministre. A l’Instruction publique, dans le cabinet Goblet, en 1886, il s’occupa de la réorganisation de l’enseignement avec un zèle qui rendit son nom populaire. C’est lui encore qui fut vice-président de la commission chargée d’élaborer les lois relatives au recrutement de l’armée en 1888. Ministre des Affaires étrangères dans le cabinet Bourgeois en 1895, il ne fit au quai d’Orsay qu’un stage assez court.

Peu habitué aux lenteurs de la diplomatie, il s’en fallut d’assez peu qu’il ne signât point la convention franco-anglaise à propos du Siam. Il la signa cependant. Mais il démissionna peu après, le 28 mars 1896. Il revint alors à ses travaux scientifiques mais ne cessa point, pour cela, de venir au Sénat où il comptait tant d’amitiés précieuses.

La vie de Marcellin Berthelot, si fertile en beautés diverses, fut encore embellie par l’amitié légendaire qui l’unit à celle d’Ernest Renan. Ce dernier, dans une de ses lettres intimes dit dans quelles circonstances il rencontra Marcellin Berthelot.

Le futur auteur de la Vie de Jésus venait de quitter les ordres. Il était alors maître répétiteur dans une pension et menait l’existence la plus triste du monde, après la crise de sa jeunesse, loin de son pays, de sa famille et sans amis dans ce Paris qui l’épouvantait. Un jour, un de ses élèves, de quatre ans à peine plus jeune, lia conversation avec lui et Renan découvrit en ce jeune homme le plus bel et le plus noble esprit qu’il connût. C’était Berthelot.

Dès lors était fondée cette amitié peut-être unique que jamais rien ne troubla et que seule la mort devait briser. Lorsque, plus tard, la gloire et les honneurs vinrent à eux avec les amitiés illustres, ils n’oublièrent jamais le jour qui les fit se rencontrer et, dans leur correspondance, on peut suivre pas à pas cette admirable fraternité spirituelle des deux maîtres de l’intelligence contemporaine.

Bien qu’ils semblassent différentes d’aspect et de caractère — Renan, très corpulent, toujours réfléchi et rêveur, paraissait l’opposé même de Berthelot, nerveux, actif, qui portait en lui ce fiévreux besoin de travail qui le poussait à étudier avec un égal bonheur toutes les sciences et à prendre dans toutes la première place — ils ne cessèrent pas un seul jour de se voir, de parler de leurs labeurs et de s’aimer.

Dans l’admirable discours que prononça, en 1904, Berthelot, lors de l’inauguration du monument élevé, à Tréguier, à la mémoire de Renan, il disait la lucidité conservée par ce dernier jusqu’à sa mort. Cette lucidité, cette puissance de travail, cette activité, Marcellin Berthelot les avait lui aussi gardées jusqu’au dernier moment.

Depuis qu’il était secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, Marcellin Berthelot habitait l’Institut. Le savant occupait un vaste appartement situé au premier étage d’un des corps de bâtiments ayant appartenu naguère à l’école des Beaux-Arts.

Marcellin Berthelot avait épousé en 1861 Sophie Niaudet, nièce de Louis Breguet, le célèbre horloger. Avec son épouse, Marcellin Berthelot vivaient très simplement. Ils n’avaient à leur service qu’un valet de chambre et une vieille femme de charge qui leur était fort attachée. Leurs seuls plaisirs consistaient à recevoir, une fois par mois, leurs amis et leurs enfants. Travailleur infatigable, Berthelot restait enfermé des journées entières dans son cabinet de travail.

Marcellin Berthelot dans son laboratoire. Gravure de 1927 réalisée par Carol Nonumaye
Marcellin Berthelot dans son laboratoire. Gravure de 1927 réalisée par Carol Nonumaye

Sophie Berthelot s’adonnait à de bonnes œuvres, et en 1907, malgré ses soixante-dix ans, elle était encore vigoureuse et se montrait infatigable lorsqu’il s’agissait de faire le bien et de soulager quelque misère. Trois mois avant de mourir quelques heures avant son époux, la pauvre femme fut prise de malaise : elle était atteinte d’une maladie de cœur que son grand âge rendait périlleuse. Marcellin était lui-même cardiaque et souffrait d’une angine de poitrine.

Les souffrances de sa femme devaient avoir fatalement leur répercussion sur son organisme épuisé. C’est seulement lorsqu’elle était endormie que l’admirable vieillard se retirait, un instant, dans son cabinet de travail. Là, loin de tous, bien seul, il s’effondrait parfois dans un fauteuil où il souffrait à son tour. Le lendemain, ses enfants s’inquiétaient de sa pâleur et de sa fébrilité ; il les rassurait en leur disant qu’il avait passé la nuit à terminer quelque mémoire.

Quelques jours avant le 18 mars 1907, l’état de la malade s’aggrava. Les crises devinrent plus fréquentes, à intervalles réguliers. La pauvre femme étouffait. Infatigable de zèle et de dévouement, Marcellin Berthelot et ses enfants ne la quittaient plus, un dénouement fatal étant à craindre d’un moment à l’autre. Vers seize heures ce 18 mars, Sophie Berthelot rendait le dernier soupir. Son mari, blême, s’effondra alors sur le tapis : l’illustre académicien, l’homme de cœur et de bien qu’il avait été avait également cessé de vivre.

Les Berthelot laissaient quatre fils : André, né en 1862, ancien député de Paris et administrateur du Métropolitain ; Daniel, né en 1865, préparateur au Collège de France ; Philippe, né en 1866, secrétaire d’ambassade, ancien chef de cabinet de Léon Bourgeois aux Affaires étrangères ; et René, né en 1872, agrégé de l’Université. Il laissait également une fille, Camille, qui avait épousé Charles-Victor Langlois, professeur à la Sorbonne, une autre de ses filles, Marie-Hélène, ayant épousé Georges Lyon, recteur de l’Université de Lille.




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