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29 décembre 1661 : Jacques Chausson est brûlé vif, coupable de viol et sodomie - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

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29 décembre 1661 : Jacques Chausson
est brûlé vif, coupable de viol et sodomie
(D’après « Les procès de sodomie aux XVIe, XVIIe
et XVIIIe siècle publiés d’après les documents judiciaires
conservés à la Bibliothèque nationale », paru en 1920)
Publié / Mis à jour le jeudi 15 décembre 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
Affirmant vivre de l’écriture, Jacques Chausson est accusé en août 1661 de viol et sodomie sur un jeune aristocrate de dix-sept ans, l’affaire faisant bientôt grand bruit et débouchant sur un procès dont le verdict est emblématique de ceux rendus à cette époque pour de tels crimes

L’affaire fut portée à la connaissance de la justice par la plainte déposée le 12 août 1661 par des amis de la victime, Octave des Valons, le procès-verbal étant ainsi libellé :

« L’an mil six cent soixante et un, le mardi douzième jour du mois d’août, sont comparus par-devant nous, Jean Baptiste des Molets, commissaire au Châtelet de Paris, Germain des Valons, écuyer, sieur de Duchesne, lieutenant dans le régiment de Montrevel, et Aymard de Bellezair, écuyer, sieur du Tremblay, lesquels nous ont déclaré qu’ils se portaient pour plaignants de l’insulte faite à Octave Julien des Valons, âgé de dix-sept ans, fils mineur dudit Germain des Valons sieur de Duchesne, lequel Octave Julien des Valons aurait été introduit depuis quinze jours chez le nommé Jacques Chausson, dit Des Étangs, demeurant à Paris, rue Saint-Antoine, proche de la vieille rue du Temple, par un jeune homme appelé Le Sueur, et que ce matin [le 12 août 1661], sur les dix heures et demie, une femme appelée Chrétienne Le Laboureur, travaillant à la journée, serait venu chez le susdit Aymard de Bellezair, l’avertir qu’on assassinait ledit Octave Julien des Valons, son neveu, dans la maison sise rue Saint-Antoine ;

L'Hôtel de Ville et la place de Grève (Paris) — place qui pendant 500 ans, du début du XIVe siècle à la fin du XVIIIe, fut le lieu consacré aux exécutions capitales et aux supplices publics — en 1751, par Jean-Baptiste-Nicolas Raguenet
L’Hôtel de Ville et la place de Grève (Paris) — place qui pendant 500 ans, du début
du XIVe siècle à la fin du XVIIIe, fut le lieu consacré aux exécutions
capitales et aux supplices publics — en 1751, par Jean-Baptiste-Nicolas Raguenet

« Qu’à l’instant ledit Bellezair ayant suivi cette dite femme, serait entré dans une chambre de la susdite maison, où étant monté au second appartement, accompagné de laquais, il aurait effectivement trouvé ledit Octave Julien des Valons, tout en sang, et se débattant entre plusieurs particuliers, entre lesquels était ledit Jacques Chausson, dit Des Étangs ; qu’ayant tiré de force ledit Des Valons, son neveu, il était allé trouver le susnommé Germain Des Valons de Duchesne, son père, pour venir faire la présente plainte et requête verbale ; ajoutant lesdits plaignants qu’ils souhaitaient poursuivre ladite plainte, et nous en ont demandé une copie collationnée, laquelle nous leur avons dès à présent délivrée. »

Le 19 août suivant, ordre était donné d’appréhender Jacques Chausson et de le conduire à la prison du grand Châtelet afin de l’interroger puis de statuer sur sa culpabilité. Le compte-rendu de l’interrogatoire du 21 août nous donne des précisions sur les circonstances du crime qui lui est imputé par les plaignants : Chausson « fut amené et conduit par-devant nous, un quidam vêtu de drap gris de Maure, ledit quidam de présent prisonnier ès prisons du grand Châtelet, lequel quidam avons interrogé et questionné en la manière et forme suivante :

« Interrogé quel nom il avait, a répondu être nommé et appelé Jacques Chausson dit Des Étangs.

« Interrogé quelle était sa profession et vacation, a répondu qu’il avait autrefois été commis à l’hôtel des fermes du roi, mais que, depuis deux ans et demi, il n’avait plus d’emploi, et était obligé de vivre d’écritures et de copies qu’il faisait pour les uns et les autres qui voulaient l’employer.

« Interrogé quel âge il avait, a répondu qu’il avait eu quarante trois ans et demi le vingt cinquième du mois dernier.

« Interrogé du sujet qui l’avait porté à la violence commise envers le nommé Octave Julien Des Valons, le mardi douzième jour du présent mois, a répondu que ledit Des Valons, qui venait quelquefois chez lui, s’étant vanté qu’il avait sur la fesse la marque d’une rose, il lui avait demandé de la voir ; ce que ledit Des Valons avait refusé, mais que lui, Chausson, ayant parié un écu qu’il la verrait malgré lui, s’était mis en devoir de lui déboutonner ses culottes, sur quoi ledit Des Valons lui aurait donné un coup de poing ; que lui, Chausson, piqué de cette violence, aurait répliqué par un coup de pied, mais que ledit Des Valons, se sentant le plus faible, s’était mis sur le champ à crier qu’on l’assassinait, et qu’on voulait le violer.

« Interrogé qui était ledit quidam vêtu de drap rouge, avec des brandebourgs d’or sur son habit, a répondu qu’il ne le connaissait point.

« Interrogé et menacé qu’en cas qu’il ne dit point le nom dudit quidam que l’on savait fort bien, et qu’il devait sans doute connaître, de le faire mettre en prison, et en cas de plus longue résistance, de le faire mettre et appliquer à la question, a répondu ledit accusé que le quidam ci-dessus désigné était appelé Jacques Paulmier, dit Fabry. »

Le 29 août suivant, Octave des Valons était à son tour interrogé pour donner sa version des faits :

« Interrogé quel était le sujet de la dispute qu’il avait eu, le mardi douzième jour d’août dernier, avec les nommés Jacques Chausson et Jacques Paulmier, dans un second appartement d’une maison située rue saint Antoine, auprès de la vieille rue du Temple, occupée par ledit Chausson ; a répondu que, connaissant ledit Chausson, et ayant été mené chez lui par un jeune homme appelé Le Sueur, il était enfin venu chez lui ledit jour douze août, et que ledit Paulmier avait dit audit Chausson en parlant de lui Des Valons : Voilà un joli blondin ! sur quoi ledit Chausson avait répondu : Je le crois assez joli garçon pour vous offrir ses services ; que lui Des Valons ayant répliqué qu’il souhaiterait être propre à quelque chose, ledit Chausson avait pris la parole, et dit que le service qu’on lui demandait ne lui coûterait rien, et que ledit sieur Paulmier était de son coté assez obligeant pour lui en rendre de pareils lorsqu’il voudrait ; que lui Des Valons, ayant eu le malheur de témoigner qu’il ne demandait pas mieux que d’effectuer de sa part l’envie qu’il avait d’obliger ledit Paulmier, ledit Chausson s’était avancé, et l’ayant embrassé lui avait défait en même temps le bouton de sa culotte, et ensuite ledit Paulmier s’était mis en devoir de le connaître charnellement, et de commettre avec lui le crime de sodomie, ce qu’ayant senti, il s’était mis à crier, et s’était débattu, en sorte qu’une vieille femme, travaillant à la journée chez le sieur Petit, marchand de bas, principal locataire de ladite maison, était accourue, et qu’il lui avait dit d’aller chez le sieur Du Tremblay, son oncle, qui demeure dans le voisinage, vieille rue du Temple, au coin de la Rue de Bercy, et qu’un moment après ledit sieur Bellezair Du Tremblay était venu avec son laquais, et l’avait retiré des mains desdits Chausson et Paulmier. »

Les semaines suivantes, plusieurs témoins furent entendus, les présumés coupables de nouveau interrogés, et les accusations d’une mère les désignant coupables du rapt de son fils consignées. Le 25 novembre suivant, la sentence du lieutenant criminel tombait : Jacques Chausson et Jacques Paulmier étaient « bien et dûment atteints et convaincus d’avoir dit et proféré les blasphèmes et impiétés mentionnés au procès ; et en outre d’avoir commis et fait commettre le crime de sodomie et péché contre nature, pour réparation desquels cas et crimes énormes, les avons condamnés à faire amende honorable nus en chemise, la corde au col, devant l’église de Notre-Dame de Paris, où étant dans leurs tombereaux, et nus tête à genoux, et tenant en leurs mains chacun une torche de cire jaune ardente du poids de deux livres, ils diront et déclareront à haute et intelligible voix que méchamment, malicieusement et malheureusement ils auraient dit et proféré les blasphèmes et impiétés mentionnés au procès, dont ils se repentaient, et demanderont pardon à Dieu, au roi, et à la justice.

Vue de l'Hôtel de Ville de Paris et de la place de Grève au XVIIe siècle. Détail d'une gravure d'Israël Silvestre (1621-1691)
Vue de l’Hôtel de Ville de Paris et de la place de Grève au XVIIe siècle.
Détail d’une gravure d’Israël Silvestre (1621-1691)

« Ce fait, seront conduits à la place de Grève pour être attachés chacun à un poteau et avoir la langue coupée, et ensuite leurs corps brûlés et réduits en cendres, lesquelles cendres seront jetées dans la rivière de Seine. » En outre, leurs biens étaient confisqués pour être vendus, la somme de 1600 livres parisis étant prélevée afin d’être reversée pour une moitié à l’Hôpital général, et pour l’autre moitié au grand Hôtel-Dieu de Paris, également prélevée un montant de 800 livres parisis d’amende envers le roi.

Le 29 décembre 1661, la cour du Parlement rendait son arrêt définitif dans cette affaire et confirmait la sentence du lieutenant criminel. A noter que la sentence du lieutenant criminel est reproduite différemment dans cet arrêt, en ce qui concerne le passage suivant : « ... et avoir la langue coupée et ensuite être leurs corps brûlés vifs, avec leur procès, et réduits en cendres, icelles jetées au vent... » et plus loin : « ... et l’autre moitié à l’Hôtel-Dieu de cette ville de Paris ; 800 livres parisis pour les réparations du Châtelet et pareille somme envers le Roy ».

La sentence fut exécutée le jour de la prononciation de l’arrêt, Jacques Chausson et Jacques Paulmier étant brûlés vifs.




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