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Lieux d'histoire : L'île de Noirmoutier (Vendée) - Histoire de France et Patrimoine


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Lieux d’Histoire

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Noirmoutier (L’île de) (Vendée)
(D’après « Histoire des villes de France (Tome 4) » paru en 1845)
Publié / Mis à jour le vendredi 10 avril 2015, par LA RÉDACTION



 
 
 
Roche granitique de vingt-huit kilomètres de tour et recouverte d’une épaisse couche d’argile et de terrain d’alluvion, l’île de Noirmoutier était, avant l’ouverture en 1971 du pont reliant Barbâtre — au sud de l’île — à La Barre-de-Monts — sur la côte nord-vendéenne, séparée du continent par le Gois (ou Goâ), canal de 5306 mètres, guéable à marée basse, et classé comme chemin vicinal de grande communication

La partie basse de l’île, provenant de dessèchements, est, dans les hautes marées, à cent trente ou cent soixante centimètres au-dessous du niveau de la mer ; mais les habitants ont opposé à l’envahissement des flots des digues de vingt-cinq kilomètres de longueur. On compte à Noirmoutier, outre la ville capitale de l’île, les villages de Barbâtre, La Fosse, L’Épine, l’Herbaudière, et plusieurs autres de moindre importance.

Noirmoutier s’appelait primitivement Her, Hero, ou Herio. Vers 680, saint Philbert y fonda une abbaye de Bénédictins, sur un terrain donné par Ansoalde, évêque de Poitiers : la dénomination de Noirmoutier (Nigrum monasterium) dérive par corruption de Her-Moutier, et non pas, comme on l’a prétendu, du costume noir que portaient les religieux. En 740, l’abbaye avait pris un tel développement, que saint Viau la quitta pour chercher un asile plus solitaire.

Plage de l'Anse Rouge et Tour Plantier (construite en 1861)
Plage de l’Anse Rouge et Tour Plantier (construite en 1861)

Elle fut dotée par Charlemagne et Louis le Débonnaire au début du IXe siècle. Les Normands y débarquèrent, le 20 août 835, dans une anse qu’on nomme conche des Normands, et la pillèrent après avoir mis en fuite les troupes que leur opposait Hainaud, comte d’Herbauge. En 843 , ils descendirent la Loire jusqu’à son embouchure , et pénétrèrent une seconde fois dans l’île d’Herio. où ils renouvelèrent leurs déprédations : Usque Herio insulam ingressi sunt. Les moines se réfugièrent dans le couvent de Déar, au pays d’Herbauge, puis sur un territoire que leur donna Charles le Chauve, auprès de Loudun. L’abbaye ne fut rétablie que longtemps après, et réduite à l’état de prieuré conventuel (1601).

Un autre couvent, Notre-Dame de la Blanche, de l’ordre de Cîteaux, fut établi, en 1172, dans l’îlot du Pilier, par Pierre de la Garnache, puis transféré, en 1205, à la pointe septentrionale de l’île, en face de l’embouchure de la Loire. L’abbé Jean Cahuau, « loup sous la peau d’une brebis », suivant le Gallia Christiana, y introduisit les protestants, en 1562 ; ce fut la seule incursion qui troubla la paix de Noirmoutier, jusqu’à 1674.

A cette époque, l’amiral hollandais Tromp croisa à l’embouchure de la Loire, avec quatre vaisseaux de ligne et soixante petites chaloupes ; le 2 juillet, le comte de Horn occupa Noirmoutier, en détruisit les fortifications, enleva les cloches, les bestiaux et les blés, et imposa aux habitants une contribution de quatorze mille écus d’or, pour la garantie de laquelle il exigea des otages. En 1767, le prince de Condé, marquis de Noirmoutier, vendit sa seigneurie à Louis XV. Un tiers appartenait au roi, un tiers aux ecclésiastiques et bénéficiers, un dernier tiers aux habitants. Ceux-ci étaient exempts de capitation et de presque tous les impôts ; leurs privilèges avaient été confirmés par arrêt du conseil du 21 février 1774 ; mais l’abbé Terray, contrôleur général des finances, parvint à soumettre Noirmoutier aux taxes ordinaires.

Dès les premiers troubles de la Vendée, le 5 mars 1793, l’île fut livrée à Charette, ainsi qu’une patache armée de six canons ; le général Boulard reçut ordre de la reprendre : « Toutes les ressources de notre armée sont à votre disposition », lui écrivait, le 10 avril, le représentant Niou, « mais prenons Noirmoutier ; c’est là le repaire, le trésor, et le chef-lieu de nos ennemis ». Deux cents hommes de l’escadre de Villaret-Joyeuse y débarquèrent, le 27 avril, à minuit, et se rendirent maîtres des forts. Le 30, l’adjudant-général Beysser, avec quatre cents hommes, vint recevoir la soumission des habitants. On confia la défense de l’île au commandant Wielland ; celui-ci fut averti que les Vendéens avaient conservé des intelligences dans la place, mais, soit incapacité, soit trahison, il négligea de prendre des mesures pour déjouer leurs complots. Le 30 septembre, vers quatre heures du matin, les insurgés désarmèrent la garde des postes du Gois et de la Fosse, et allèrent au-devant de Charette, qui avait réuni des troupes dans le détroit ; mais, avant qu’elles eussent atteint le rivage de l’île, les soldats cantonnés au village de Barbâtre coururent aux batteries, en déclouèrent les pièces, et repoussèrent l’ennemi. Charette, plus heureux dans une seconde tentative, s’empara de Noirmoutier, le 12 octobre.

Passage du Gois
Passage du Gois

La Convention, craignant que les Vendéens n’y établissent des forces et des moyens de défense, en tirant des secours de l’Angleterre, prit aussitôt la résolution de les en chasser : « C’est un coup de main qui doit avoir l’effet de la foudre », écrivait, le 21 octobre, le comité de salut public, aux représentants Prieur et Jean-Bon-Saint-André. Conformément à ces ordres, la frégate la Nymphe, la corvette le Fabius et la canonnière l’Ile-Dieu, se rangèrent, le 30 décembre suivant, par le travers du bois de la Chaise, situé à l’ouest de la ville capitale. La canonnade s’engagea à deux heures de l’après-midi ; les Vendéens y ripostant par une grêle de boulets rouges, forcèrent les trois vaisseaux à la retraite. Pour réparer cet échec, le chef de brigade Jordy débarqua, le 2 janvier 1794, avec quinze cents hommes, à la pointe de la Fosse. Les républicains enlevèrent d’abord à la baïonnette les villages de Lépine et de Barbâtre ; mais leur chef ayant eu la cuisse cassée, et le pariétal enfoncé d’un coup de feu, ils se trouvaient sans direction, quand le général Haxo arriva de Beauvoir, à la tête d’une réserve de sept cents hommes, accompagné du général en chef Turreau, et des représentants du peuple Bourbotte et Prieur de la Marne.

Dans ses Mémoires, Turreau raconte que « la ville était défendue par dix-huit cents hommes, vingt bouches à feu, et surtout par sa position au milieu des marais salants, qui en rendent toutes les avenues étroites et difficiles ». Les républicains ne pouvant se déployer, multiplièrent leurs colonnes ; quelques monticules masquaient leur peu de profondeur : l’ennemi, qui était en bataille sous les murs, crut avoir affaire à des forces considérables ; ses mouvements devinrent incertains, et il demanda à capituler. Cependant, les républicains avançaient toujours : après avoir dépassé les premières batteries, Turreau somma les rebelles de se rendre à discrétion et entra dans la ville. Parmi les prisonniers, au nombre de mille, se trouvait Gigost d’Elbée, généralissime des armées catholiques. Traduit, le 29 janvier, devant une commission militaire, il fut fusillé le lendemain sur la grande place avec ses compagnons d’armes Boisy, Duhoux, et le général Wielland.

Port de L'Herbaudière
Port de L’Herbaudière
Depuis lors, aucun événement important ne s’est passé à Noirmoutier. Chef-lieu d’un canton compris dans l’arrondissement des Sables d’Olonne, sa population s’élevait au milieu du XIXe siècle à plus 7 000 habitants. La ville principale en contenait près de 2 500 ; elle est tortueuse, irrégulière, pavée de galets, mais d’une propreté remarquable.

La plupart des maisons ont alors des cloisons et des plafonds en bois. On y remarque la crypte romane de l’église, le château, ancien manoir de l’abbé d’Her, et une jolie place. Le port peut recevoir des bâtiments de deux cents tonneaux, et occupe de trois cent cinquante à quatre cents marins : on y fait le commerce de blé, de sel, de soude, de varech et de poisson.

C’est un spectacle curieux que le passage à pied sec du continent à l’île de Noirmoutier. « En ces mêmes lieux », dit Piet, « où, il n’y a qu’un instant, la mer en courroux élevait en montagnes ses flots écumeux, succède tout à coup une plage immense qui se couvre d’hommes et d’animaux, de voyageurs tant à pied qu’à cheval et en voiture. Le navire, qui tout à l’heure contrarié par l’aquilon et violemment agité par les vagues, s’est vu forcé de jeter l’ancre, repose immobile sur le sable, tandis qu’à ses côtés un lourd chariot, freiné par des bœufs, traverse cet espace que le vaisseau n’a pu franchir ».

Dans son excellente Statistique de la Vendée, de la Fontenelle de Vaudoré ajoute : « On passe ordinairement le Goua en caravane. Les personnes prudentes arrivent un peu avant que la mer se soit entièrement retirée, et, lorsqu’elle est parvenue à cet état, on voit se mettre en route de cent à deux cents voyageurs. Ceux qui sont à pied ont à traverser, de distance en distance, des flaques d’eau de la profondeur du genou ». Des balises ont été établies pour servir au besoin de refuge flux voyageurs, quand le flot de la mer vient les surprendre, et, en effet, il leur est arrivé plus d’une fois d’y recourir dans un moment de détresse.




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