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3 novembre 1793 : Olympe de Gouges est guillotinée - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

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3 novembre 1793 : Olympe de Gouges
est guillotinée sur ordre
du Tribunal révolutionnaire
(D’après « Bulletin de la Société archéologique de Touraine », paru en 2009)
Publié / Mis à jour le samedi 29 octobre 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
Célèbre auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle s’était d’abord essayée avec insuccès au théâtre et au roman, et ce fut comme écrivain politique qu’Olympe de Gouges, considérée plus tard comme une des pionnières du féminisme français, devait se signaler. Si les premières brochures qu’elle publia en 1789 étaient nettement royalistes, elle se fit brusquement républicaine deux ans plus tard, après l’évasion de Louis XVI arrêté à Varennes.

On se perd encore en suppositions et conjectures sur le début de sa vie. En effet, née Marie Gouze le 7 mai 1748, elle est issue d’une famille modeste formée d’un père « officiel » boucher et d’une mère servante dans la région de Montauban. Le 31 octobre 1737, sa mère Anne-Olympe avait pourtant épousé un jeune marchand nommé Pierre Gouze. Mais le nom de celui-ci n’apparaît sur aucun document important, que ce soit au baptême de leur fille Jeanne en 1741 ou à celui de Marie en 1748. Cela a entraîné une mise en question de sa paternité.

Aujourd’hui cependant, on le reconnaît comme son père, alors qu’un troisième personnage semble avoir été le véritable père : il s’agit de Jean-Jacques Lefranc, riche bourgeois anobli, marquis de Caix et de Pompignan, entré ensuite à l’Académie française, ce qui fera dire plus tard à Olympe quand elle sera interrogée sur ses origines : « je ne suis point fille de roi, mais d’une tête couronnée de lauriers ».

Olympe de Gouges par Alexandre Kucharski (1741-1819)
Olympe de Gouges par Alexandre Kucharski (1741-1819)

Elle a reçu une éducation peu complète : elle sait lire et écrire mais assez mal. A 17 ans, en 1765, elle se marie à un homme beaucoup plus âgé qu’elle, Louis Aubry ou Aubrey, officier de bouche d’un petit noble, Messire de Gourgues. Deux ans après naît son fils Pierre. Trois ans encore, son mari meurt. Elle décide alors de changer de nom, prend le second prénom de sa mère, transforme son nom patronymique en Gouges et adopte une particule. Elle sera désormais Olympe de Gouges et décide de ne pas se remarier.

Elle quitte alors le Quercy avec son fils, « monte » à Paris, y vit en femme libre, devient la maîtresse de nombreux hommes, car aux dires de tous d’une beauté exceptionnelle, en particulier de Louis-Sébastien Mercier, publiciste, écrivain, Conventionnel, de l’Institut, qui va l’entretenir, ce qui la dégage de toute préoccupation matérielle.

Après avoir appris à mieux pratiquer le français, elle va alors se consacrer aux lettres. Elle reçoit chez elle et fréquente les salons, publie en 1784 les Mémoires de Mme de Valmont, roman épistolaire et autobiographique. Pour un court laps de temps, elle s’intéresse au théâtre, mais ses pièces étant jugées vulgaires et de mauvais goût, elle cessera assez vite d’en écrire, tout au moins pour un temps et par elle-même.

Cependant, elle monte L’esclavage des nègres ou l’heureux naufrage en 1789 et insulte à cette occasion les Comédiens Français qui refusaient de se teinter le visage avec du jus de réglisse pour jouer les noirs. Le 6 novembre 1788, le Journal Général de France annonce à sa Une la publication de son premier pamphlet politique, Lettre au peuple, projet d’une caisse patriotique par une citoyenne. Il s’agit là d’une critique de « l’impôt volontaire » payé par tous les ordres.

Le 15 décembre suivant, elle publie Remarques patriotiques, vaste programme de réformes sociales cherchant à critiquer la vie de Cour et à mettre en relief les abus des membres les plus puissants des deux premiers ordres (noblesse et clergé). Elle y préconise une sorte de socialisme d’État, de gouvernement comparable au nôtre, en ce qui concerne du moins les droits des citoyens.

Le roi Louis XVI ayant décidé de convoquer les États Généraux en mai 1789, quelques temps après, Olympe de Gouges publie deux pamphlets, Le cri du sage par une femme et Pour sauver la Patrie. Elle y commente les événements, s’inquiète de la division des représentants sur le mode de vote (par tête ou par ordre). Elle publie également entre temps des affiches et écrit donc des pièces de théâtre, sans doute dictées.

Le 9 juillet 1789, les représentants des États prennent le titre d’Assemblée Nationale Constituante. Elle dicte alors une Épître dédicatoire, dans laquelle elle pousse le roi et l’Assemblée à rédiger une constitution. Le 14 juillet, après la prise de la Bastille et le renvoi de Necker, elle s’engage encore une fois avec la Séance royale, dans laquelle elle encourage Louis XVI à abdiquer, l’abdication lui semblant une bonne solution à la crise du moment. En même temps, elle se laisse gagner par les grandes causes humanistes : scandale de la pauvreté, des laissés-pour-compte, impôt sur le revenu, reconnaissance et égalité pour les enfants adultérins.

En avril 1790, elle envisage de s’exiler et de gagner Londres, en partie pour pouvoir y monter une de ses pièces sur les injustices de l’esclavage. Elle ne le fera pas et s’engagera au contraire de plus en plus dans la Révolution : elle passe de plus en plus de temps dans les tribunes jacobines et à l’Assemblée Nationale, insistant sur ses projets de société, faisant valoir les droit des femmes et réclamant l’égalité entre les sexes : remplacement du mariage par une sorte de contrat social signés par les deux époux, droit au divorce, accès aux charges et emplois, libre disposition de leurs biens par les femmes, etc. Elle prononce un discours remarqué avec son Projet sur la formation d’un tribunal populaire et suprême en matière criminelle et s’occupe de faire abolir la peine de mort.

Olympe de Gouges présentant sa Déclaration à Marie-Antoinette et Louis XVI. Caricature d'époque
Olympe de Gouges présentant sa Déclaration à Marie-Antoinette
et Louis XVI. Caricature d’époque

En septembre 1791, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen est publiée en préambule de la loi constitutionnelle que Louis XVI signe le 14 septembre. La célèbre Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne, rédigée et diffusée par Olympe de Gouges, date du même jour. Elle reprend tous les articles de la Déclaration des Droits de l’Homme, en rajoutant quand il le faut femme, ou citoyenne, ou en détournant un peu le texte primitif.

Ainsi, dans son préambule adressé à Marie-Antoinette elle donne le ton : « (...) considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements (...) [le peuple] résout d’exposer dans une déclaration solennelle les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ».

L’article X porte que : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes fondamentales. La femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune ». L’article XIII : « pour l’entretien de la force publique et pour les dépenses d’administration, les contributions des deux sexes sont égales. [La femme] a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles ; elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, emplois, charges, dignités et industrie ».

Elle rédige des pamphlets contre Marat et Robespierre, si bien que ceux-ci deviennent ses ennemis. D’autre part, royaliste tiède, puis républicaine, mais ayant proposé de défendre Louis XVI lors de son procès, trouvant que Malesherbes âgé ne saura pas défendre le roi comme il le faut, pensant d’autre part qu’un roi vivant vaut mieux qu’un roi mort qui aurait fatalement un successeur et deviendrait aux yeux de l’émigration un martyre, et que d’autre part elle ne condamne que le souverain mais pas l’homme, elle se lie avec les Girondins (Vergniaud, Roland, Condorcet) et, contre la dictature jacobine, réclame le libre choix de la forme du gouvernement. Elle sera solidaire de ces hommes lors des journées de mai-juin 1793 et est accusée d’être l’auteur d’une de leurs affiches.

Son fils Pierre, en ce printemps 1793, est adjudant-général, chef de bataillon à l’armée des Côtes de la Rochelle. Il n’a pas donné de nouvelles depuis un moment et elle le croit mort ou au moins blessé. Elle se rend à Tours, car c’est dans cette ville que se trouvent sa compagne, Marie-Anne-Hyacinthe Mabille et leurs enfants. Elle y arrive en avril, accompagnée de sa servante, Justine Thomas. Elle y apprend que son fils a bien été blessé mais qu’il est à Paris pour obtenir un meilleur grade auprès de la Convention. Grâce à l’appui de Choudieu — membre de l’Assemblée législative et de la Convention, il avait voté la mort de Louis XVI —, Richard — botaniste, de l’Institut —, Ruelles — député d’Indre-et-Loire à la Convention, il sera en novembre suivant en mission aux armées de l’Ouest et y luttera contre les Vendéns — et Tallien, il obtient en effet celui de chef de brigade.

C’est à cette époque que se promenant sur les coteaux au nord de Tours, elle voit à vendre une petite maison adossée au coteau à Saint-Étienne-de-Chigny, en bord de Loire, dominant les vallées de la Bresme, de la Loire et la départementale 76 venant de Luynes, exactement route de la Chappe. Ce « Clos-Figuiers », entouré de quatre hectares de prés, bois et vignobles lui plaît. Cette closerie en tuffeau, agrémentée d’une terrasse et d’un jardin fleuris, a été rebâtie vers 1730 par Pierre Demontreuil. La maison de maître a deux niveaux et un comble. Elle possède des communs troglodytiques (ancien logis du closier), une cave avec un pressoir et des fûts et une étable contenant quatre vaches et un taureau.

Olympe de Gouges, conquise par cet ensemble, fait part au propriétaire, un boulanger de Cinq-Mars-la-Pile, de son désir de l’acheter, le priant de faire le nécessaire auprès du notaire, Maître Juge. Elle pense s’y réfugier si les choses vont mal à Paris. En mai, son fils Pierre revient à Tours pendant que sa mère le croyant encore à Paris part à sa rencontre. Ils se croisent sans se voir. Revenue à Paris fin mai, elle retourne fin juin à Saint Etienne pour y transporter du mobilier. Le 1er juillet, elle signe à Tours le contrat d’acquisition des Figuiers pour 10500 livres, somme équivalant au reste de son ancienne fortune. Cette maison sera vendue comme bien national aux enchères le 29 prairial an II (10 juin 1794).

Elle revient ensuite à Paris, y écrit le 13 à son notaire Juge en lui demandant de faire rentrer la moisson et les récoltes « et tout ce qui doit [me] nourrir dans [ma] paisible retraite ». Dénoncée par la famille Meunier, ses afficheurs, qui ont eu peur de se compromettre avec elle à la suite de la préparation d’une affiche intitulée Le Combat à mort des 3 gouvernements, dans laquelle elle réclamait que chaque département français pût s’exprimer sur le choix de son gouvernement, elle est arrêtée le 20 juillet 1793 : elle tombe en effet sous la loi du 29 mars précédent qui punit de mort quiconque essaierait de participer par ses écrits au rétablissement d’un gouvernement autre que républicain, un et indivisible.

Olympe de Gouges. Miniature de 1790
Olympe de Gouges. Miniature de 1790

Gardée dans de très dures conditions — un gendarme a ordre de ne pas la quitter des yeux ; son linge n’est pas changé ; blessée, sa plaie qui suppure n’est pas soignée —, condamnée à mort le 2 novembre par le Tribunal Révolutionnaire, elle est exécutée le 30novembre, à 46 ans, ayant prononcé ces paroles : « Enfants de la Patrie, vous vengerez ma mort ». Avant cette issue elle avait eu le courage, d’une de ses prisons, d’envoyer une Adresse au tribunal révolutionnaire dans laquelle elle s’en prenait à Robespierre, à Fouquier-Tinville et aux Jacobins avec violence et éloquence, et dénonçait encore une fois les conditions de détention des prisonniers.

Les Jacobins se servirent de son exécution, suivie de celle de Mme Roland de la Platière le 8, pour inciter les femmes à se détourner de la politique. Le 17 novembre, on lisait dans La Feuille du Salut Public : « Olympe de Gouges, née avec une imagination exaltée, prit son délire pour une inspiration de la nature. Elle commença par déraisonner et finit par adopter le projet des perfides qui voulaient diviser la France : elle voulut être homme d’État et il semble que la loi a puni cette conspiratrice d’avoir oublié les vertus qui conviennent à son sexe ».

Olympe de Gouges fut un auteur prolixe, entre 1788 et 1793 : 31 romans, mémoires et écrits isolés ; 43 pièces de théâtre ; 68 pamphlets révolutionnaires ; 8 articles de presse importants, parus dans la Chronique de Paris (Amis des Noirs), le Journal de Paris (Esclavage des Nègres), le Fouet National (Bailly et les Comédiens Français), le Courrier de Paris (Esclavage des Nègres encore), le Thermomètre du Jour (l’Esprit Français), le Moniteur (le général Jean-Baptiste Gouvion), le Journal de la Convention Nationale.




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